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XI* LEÇON. — CHLORE DISSOUS

2° A rétai de dissolution. — Si l'on veut du chlore dissous dans l'eau, on remplace, dans l'appareil représenté par la figure 70, le tube dessiccateur C et le flacon A par deux ou trois flacons à trois tubulures, et l'on aura ainsi un appareil de Woolf, dont le dernier tube de dégagement devra plonger dans une dissolution alcaline pour fixer le chlore qui échapperait à l'action dissolvante de l'eau {fig.li),

3° A l'état liquide. — Si l'on entoure de glace un des flacons de l'appareil précédent, il s'y forme une masse de petits cris-

Fig. 71. — Appareil pour la préparation du chl(^ dissous dans l'ean.

A ballon où se trouve le mélange générateur du chlore. B flacon laveur.

C flacons contenant de l'eau distillée destinée à dissoudre le chlore. D éprouvette contenant une dissolution alcaline. On peut la supprimer'si le dernier tube de dégagement sort du laboratoire dans une cour.

taux jaune-verdâtre d'une nuance plus intense que celle de la dissolution. Ces cristaux représentent un hydrate défini composé de 28 parties de chlore et de 72 d'eau (Cl + ^0 aq). Apn s avoir été comprimés rapidement entre des feuilles de papier sans colle, on les introduit dans un tube recourbé en croissant, que l'on ferme à la lampe : en plongeant l'extrémité vide dans un bain réfrigérant, et l'autre extrémité dans de l'eau à 35",

aie Xr LECJON. — PROPRÏlI^TÉS DU CïlLOBE*

on tli^L'ouipostî riivdrate, t;t l'oa voit appaniître d^ui.v coui;hes de densitt] dilît-^rcritc ; l'iiifiiritiiire est t'olorée: l 'ei^t du nhloro Ikjiiîdc ; laHupéricure, beaucoup inoinH colorL^c^ est une dis^o- Juliûii faibît! de chlore; la coutlic infërioore cuire en ébullitiouj et sa vapeur va ae eoudenseï-, sous forme liquîde^dans l'extrémité refroidie: c'est uuc véritable dislilîation de chlore liquide.

149. Propriétés du chlore. — Le ehlorc est un gaz jauneverdàtre, caraeti^rc qui lui a valu siui nom. Il a une odeur particutit>rô très-desagi\'able ; il e^t irrespirable, ear non-j^eulenient il asphyxie^ amis il exerce une action désorganisa tri ce Bur les poujnons. Lors<]ue, pour le prépan'rj on ne prend pas de précautions, on peut être saisi par la tonx, et rnôme erai:lier le sangj si Ton en respire une quantité un peu forte* Un litre de chlore pûse 3»î',16 ; sa densité est 2,44; à Tétat liquide il a une densité épie à \yQ.

Le clilore n*est pas nu ^az permanent; comprimé jusqu'il ce qu'il occupe le quart ou le cinquième de son volume pi'iuiilifj il se liquéfie. SI à la pressîoji on ajoute urje basse tempéraiure, la liqucfacUou s'cfi'ectue avec facilitt^ )1 est soluble dans l'eaUj et la solubilité varie avec la température : dans les circou^îlauces normales de température et de pression, un volume d'eau a 0^ dissout 1 vol. 44 de cblore; 'à H°, lien dissout '^fil ; à 17*^^ 2,42 ; a 7U", \fil (tiAï-LussAc) : on voit donc que le niaximum de solubililé du clilore se réalise lorsi^ne l'eau qui sert de dissolvant est à S°.

Nous avons vu qu*à ù" le cblorc peut se combiner avec t'eau it former un véritable bydrate : ce cunjpûsé est permanent fi la chaleur de l'été, s'il est renfermé hermétiquement dans des tubes: ceux-ci étant plongés dans de Teau à 4()*^j l'bydrale se décompose, mais il se rétablit en partie quand il revient à la température ordinal le (Woulcu).

l'iU. Allotropie du chlore détermtnèe par Taction de la, lumière. — L'hydrogùne et le chlore se combinent ensemble lejdcment sous t'influence de la lumière diiïuKe ; leur cornbïnLLi:::on est instantanée sous l'action de la lumii''re directe.

M. [Irappor a trouvé que du chlore préparé à une faible lumif^re artificielle^ pouvait rester indéûuinieni en contact avec de riiydrogi ne siujs s y combiner, si toutefois le mélange était conservé à Vabii de la Inmii^re. Ce même observateur a également trouvé que du clitoro préparé dans robscurité, et par

XI* LEÇON. — ALLOTROPIE DU CHLOBE. 217

cela même inactif, devient actif et susceptible, par conséquent, de se combiner avec l'hydrogène par le simple contact et malgré l'absence de lumière, si, an préalable, il a été exposé au soleil.

Toutefois, d'après les expériences de M. Roscoe, il est démontré que la quantité d'action chimique du chlore est directement proportionnelle à la durée de l'exposition et à l'intensité de la lumière.

MM. Favre et Silbermann ont constaté, de leur côté, que le chlore insolé dégage plus de chaleur que le chlore non insolé, lorsqu'il agit, à parité de circonstances, sur une dissolution concentrée de potasse.

Ces faits prouvent surabondamment Valloiropie du chlore^ et il reste acquis à la [science, que ce corps insolé a des affinités plus énergiques que celui qui n'a jamais vu la lumière; de môme qu'il existe un oxygène actif et un oxygène inactif, il existe de môme un chlore actif et un chlore inactif.

151. Action réciproque du. chlore et de Teau sous Tinfluence de la lumière et de la chaleur. — Une dissolution aqueuse de chlore conservée dans un récipient en verre, finit par perdre sa couleur jaune : une fois décolorée, elle ne renferme plus de chlore, mais bien de l'acide c h lor hydrique, de l'oxygène libre, et aussi, suivant MM. Millon et Barreswil, une combinaison oxygénée de chlore (acide perchlorique = ClO^). Quoi qu'il en soit, les principaux produits sont l'acide chlorhydrique et l'oxygène, et le phénomène le plus sensible, est la dis* parition du chlore. Si donc on veut conserver une dissolution de ce gaz, il faudra, ou qu'on la garde dans l'obscurité, ou dans un récipient imperméable à la lumière ; ou bien encore dans un récipient transparent, et qui pourra rester exposé à la lumière, mais à condition qu'il soit rouge, jaune ou vert ; en effet, les rayons lumineux, ainsi colorés, n'excitent ptis les facultés chimiques du chlore comme le font les rayons bleus ou violets. Enfin, on pourra aussi conserver de l'eau de chlore, pendant longtemps, si on y ajoute 10 0/0 d'acide chlorhydrique (Roscôe). Le chlore, sous l'influence d'une forte température, décompose l'eau, donne naissance à de l'acide chlorhydrique et met en liberté de l'oxygène.

Cl + UO « CIH + 0

Eau. Ac. chlorhydrique. Oxygène.

nm

OrTH€

tfNIVERSlTY

XI* LEHON- — CïlLÛÎ^E OXVnAflt,

Oïl constate ce fait en Dnsuiit aiTivci' du chlnre dans une eorime où il \ a de l'eau en ébuliitmn, lU en dirigeant le mélange de vapeur d'eau et de chlore dans un (ube en port;plai.nc chauflTe au rouge el rempli de fragrnentts de la mOme matière {fig.Ti).

F] g. Ti* ^ Appartf]! icrvanl k El(!!mi)Titrfr U iJi^cùmpoâitmn i\t L'eau [tar le chiair et lia rhEiïeuf,

n tlacon laycur+

e cornue cuuteiiïii( de l'êiiu Inïtiilluitti^.

n tub(^ «"H porct^laiui' reufcj'TuaaL dc^ fi'a^ntfras du ikurcdsiui:.

£ allùii}j;:c {Tiiurhi^c.

F ràci[iîi-iit ûû se coudeusi' dfi l'acide i:]ilio'fci^ilr]qmît

G ^irourplte où at-rÎTe l'uivf^'^ntî.

Si h ce tube est adapté un récipient communiquant avec une ép ro u ve 1 1 e , on au r a d an s ce 11 e-c i de l'ox y gè n c , e t dans le r c cipient il se condensera do l'eau contenant de l'aride chlorhyflrîque.

152. Pourquoi le chlore est un corps oxydant. — La manière dont le ciilorc agit sur l'eau doit Otre bien saisie, car par elle on explique poiirqtioi ce ^nz est qunlifie de corps oxyâiud^. Comment le chlore, qui est un corps îî^imple^ pourrail-il fixer quelque pari de Toxygène ? Cependant rien n'est plus aisé k prou VIT. Si Ton verse du chlorure de barjuni dans; une dissolulion récente d'acide suHiireux, on jie la trouble pas seiisible- TTient; md^^ ^\, avant d'employer le céarlif, on ajoute à la dissalulion quelques gouttes de chlore, le trouble se produit, ce qui

Xl^ LEÇON. — CHLORE DÉCOLOllANl*. SlD

prouve la présence de Tacide sulfurique. Un peu de chlore dissous dans l'eau a donc suffi pour suroxyder l'acide sulfureux . Ce phénomène n'a eu lieu que par suite de l'action que le chlore a exercée sur l'eau en présence de l'acide sulfureux; sollicitée par deux forces simultanées, l'eau s'est décomposée ; l'un de ses éléments (l'hydrogène) s'est combiné au chlore, et l'autre (l'oxygène) à l'acide sulfureux. On ne devrait donc pas dire que le chlore est un oxydant : il est un déshydrogénant par excellence, et l'oxydation qui en résulte est un effet indirect de son action sur l'eau*

i53. Propriétés désinfectantes, antiseptiques et décolorantes du chlore. — Ce qui se passe lorsqu'on met de l'hydrogène sulfuré en contact avec du chlore prouve la faculté déshydrogénante de ce dernier gaz encore mieux que ce que nous venons de dire. A mesure que l'on introduit du chlore dans une éprouvette renversée sur l'eau et contenant de l'hydrogène sulfuré, le volume du mélange dinainue, tandis que les parois intérieures se recouvrent de soufre. Cette expérience, outre qu'elle rend évidente l'affinité du chlore pour l'hydrogène, explique l'application du chlore à la désinfection des matières putrides et à l'assainissement des habitations. L'hydrogène sulfuré est un des produits de la putréfaction ; il sort en abondance des fosses d'aisances, il infecte les appartements par son odeur d'œufs pourris, et noircit l'argenterie et les tableaux : 1q chlore, le décomposant instantanément, se trouve naturellement indiqué pour désinfecter et assainir, car le gaz sulfhydrique étant décomposé, ses facultés malfaisantes disparaissent. Le chlore désinfecte donc et assainit parce qu'il est déshydrogénant.

Nous allons voir que la même cause lui donne ses propriétés décolorantes. Si l'on verse de la dissolution de chlore dans une teinture végétale préparée, par exemple, avec du tournesol ou des violettes, elle perd de suite sa couleur et devient faiblement rougeàtre : or, les matières végétales se composent essen* tiellement de trois ou quatre principes : l'oxygène, l'hydrogène, le carbone et l'azote ; si l'un d'eux est enlevé, la matière végétale est détruite ou singulièrement modifiée : comme presque toutes les matières colorantes sont de nature végétale, le chlore peut les décomposer en leur enlevant un de leurs principes.

Mais il s'agit de prouver que le principe enlevé par le chlore est très-probablement de l'hydrogène. Mettons d'abord hors de

4iÛ il' LfiijOrf, ^ LSAt^ES DU CHLOÏïE.

cause l'azoU) , car ce corps n'a pas des affini Uis assez p romp tes poui admettre que lorsqu^il fait partie constituante d'un compose^ il soit attaqué par le ctilore tie pi^féreuee aux autres élémeuls, Quatït au carboue^ une cxpcricuce très-simple va prouver combien est grande son indifférence pour le clilore. Qu'on enGamme un mélange forme de ^ de chlore et ; d'un gasÈ composé d'il ydrogène et de carbone (hydroj^'ène bicarboné) ; on Terra des fumées très-blanches, et en mâme temps une couche de charbon très-divisé se déposer sur les parois intérieures de Teprou* vette. Ces fumées é tarit formées par de l'acide chlorhydrique, il faut corïdurc que le chlore, sans toucher au carbone, enlève à celui-ci tout Thydrogène avec lequel il est combiné. DonCj entre le carbone et ^h^(]rogèue le chlore n'hésite pas. Ce que Ton sait relativement à l'action du chlore sur Teau^ suffi niit pour dissiper toute esjièce d'incertitude quant àla manière dont ce gaz se comportera lorsqu'il a à choisir entre l'hydrogène et l'oxygène»

En somme, le chlore n'hésite jamais entre le carbone^ Vo%y gène etl'hydrogène; sa faculté décolorante dépend de sa grande affinité pour ce dernier corps.

De tous ces fait Sj on doit conclure que le chlore blanchi t, décolore, désinfecte et assainit, en vertu de sa faculté déshydrogéuante*Les miasmes et les exhiiluisons putrides étant de nature organique, et renfermant de Thydrogène^ le chlore les dénature en les dcshydrogcnant.

1^4. ApplicatioDs du GMore. — Le chlore n'est aujourd'hui appliqué d'une manière directe ni au blariehiment^ ni à Vassainisscmenl; on se ï^ert, en général, d'une combinaison d'un acide du chlore avec une base ; mais cette combinaison est tellement instable^ que Tair suffit pour la détruire et pour rendre le chlore libre. On peut dire que c'est de ce gaz que l'on condense pour des motifs d'économie; en effetj le chlore gazeux occupe trop de volume pour ^tre transporté. Si on le dissout dans l'eau, ce que l'on gagne par la diminution de volume on le perd pnir l'augmentation de poids. Actuelle ment, le chlore n'est d'un usage très-fréquent que dans les laboratoireSj et on en consomme des quantités énormes pour préparer les chlorures dits décolorants (hypochlorites de chaux, de potage ^ de soude).

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