COMPOSÉS SULFURÉS DU CHLORE
On connaît autant de combinaisons du chlore avec le soufre qu'on connaît de combinaisons du chlore avec l'oxygène ; mais comme il n'existe aucune analogie de composition entre les deux séries, on ne peut pas acUnettre que le soufre de l'une d'elles corresponde à l'oxygène de l'autre. D'ailleurs, nous avons vu, en parlant du soufre, que ce corps, lorsqu'il se trouve combiné avec le chlore, joue vis-à-vis de ce dernier le rôle d'élément combustible ou électro-positif, rôle complètement opposé à celui de l'oxygène qui, dans tous les cas, est celui d'un corps comburant par excellence, et par conséquent électro-négatif.
Ainsi, dans les combinaisons chloro-sulfurées, c'est le chlore qui est Vêlement comburant, et le soufre qui est Vêlement combustible.
338 XH^ LEiJON* ^ — mOTÔCnLORURE I>E SOumË.
Le chlore fomic avec Ii; soufre cinq combinaîsonsj dont trois ûeuleraent sont connues à Fétat de liberté ;
le protochlorure . . , * * . , SH;:L
le bictilonire , SC!*
le ctïlorure iateniiédiaire .,.*,> $%ï\
Les douï autres chlorures ont des formules qui rappellent Tafide sulfureux et Taeide sulfurique ;
SCI* SGl^
Aui^sij quelques chimistes ont-ils envisagea tort ces deux cornpnsrs comme de l'acide sulfureux et de l'acide sulfurîijue anhydres^ dontVoxygônc aurait été remplacé par des quantités atomiques correspondantes de chlore r k tort, avons- nous dit^ car le soufre et le chlore n étant pas des corps congé ne res^ ils ne peuvent pas se remplacer dans les combinaisonSj sans en changer îes propriétés fondamentales.
[.*■ protopJdonire d^ soufre est la seule de toutes ces combinaisons qui nous olTre de rintérilt, à eause de son application h la. volcanisation du caoutchouc.
PROTOCHLORUnK DE SÛUKaE. S^Cl^r et ,50.
SK:i* = ia&,
170. préparation du protochlorure ûe soufre. — On fait arriver un courant très-lent de chlore lavé et sec dans une cornue où se trouvera du soufre fondu et entretenu à la tempei^ture de JS3" à t30^. Le col de la cornue doit être engagé dans un récipient tubulé, continuellement arrose par un jet d"eau froide (A,'?. "^6).
Le chlore arrivant avec lenteur dans la cornu e, il se trouve en présence d'un excès de vapeur de soufre; c'est pourijuGi il ne se forme que du proiochlorurc. Si le courant était rapide, on obtiendrsiit dans le récipient un mélange de deux ehloruretj. Il est donc inipoi'tantj pour la réussite de Texperîencej que le chloie se dé[^uge avec lenteur* L'opération doit être couijidérce comme
XII*^ LEdoN. — PROTOCIILORUUÈ DE SOUFHE. 239
étant terminée lorsqu'il ne reste plus dans la cornue qu'une faible quantité de soufre.
Le produit recueilli dans le récipient renferme un excès de soufre entraîné par volatilisation. On le purifie en le soumettant
Fig. 76. — Appareil pour la préparation du protochlorure de soufre.
A ballon contenant le mélange qui doit donner un courant lent de chlore.
B flacon laveur contenant une légère couche d'eau destinée à laver le chlore.
G éprouvette étranglée où se trouve du chlorure de calcium destiné à dessécher le chlore.
I) cornue soutenue par un support et chauffée par une lampe à alcool : elle doit contenir du soufre.
T thermomètre indiquant la température qui ne doit pas être supérieure à 130".
E ballon tubulé où distille le protochlorure de soufre.
F seau réglant, par son robinet, le jet d'eau qui doit refroidir sans cesse le halloni
R terrine où tombe l'eau qui arrose le ballon.
S récipient destiné à recueillir l'eau déversée par la terrine.
à une nouvelle distillation. Le point d'ébullitîon du soufre étant beaucoup plus élevé que celui du protochlorure, celui-ci passe seul danft le récipient, si la température à laquelle on le soU-» mefn'est pas supérieure à \ 40^
ni. Propriétés du protochlorure de soufre. — Le protochlorUre de soufre est Un liquide jaunâtre fumant à Tair, ayant une odeur fétide et une densité égale à 1,628* Il entre en ébulli-^ tion à i 39° : la densité de sa vapeur est de 4,668^ ce qui indiqUd qu'Un volume de ce corps à Tétat de vapeiir est formé de :
îhO XÎI* LEÇON. — t»R0TOdHLORURÊ DE SOUFRE.
{ vol. de chlore 2,i40
1 vol. de vapeur de soufre 2,21 8
Mis en contact avec l'eau, îl se décompose peu à peu, en donnant naissance à de l'acide chlorhydrique et à des acides oxygénés du soufre, qui se décomposent ensuite en acide sulfureux et en soufre.
Plusieurs métalloïdes, tels que le soufre, le sélénium et le phosphore, sont simplement dissous par le protochlorure de soufre. Le chlore, au contraire, s'y combine, foime un liquide rouge foncé qui, pour la môme quantité de soufre, renferme une quantité double de chlore ; c'est le bichlorure SCI. Les métaux décomposent souvent le protochlorure de soufre avec une telle violence, que l'opérateur pourrait se trouver en danger, s'il oubliait de prendre des précautions. Si, par exemple, on laisse tomber un fragment do potassium récemment coupé dans un demi-gramme de protochlorure de soufre contenu dans un verre de montre, il se produit une vive détonation accompagnée d'un dégagement de lumière rouge , le verre se brise et l'excès de chlorure de soufre est projeté au loin : aussi doit-on se tenir à une certaine distance du verre, et n'y introduire le métal qu'à l'aide d'une longue baguette à extrémité aplatie.
Quand on met dans un verre à pied dix grammes de mercure et autant de protochlorure de soufre, et qu'on agite avec unebaguette, la masse s'épaissit, s'échauffe, puis tout à coup elle devient incandescente et dégage d'abondantes vapeurs. Dans tous les cas, il se forme des sulfures et des chlorures mercuriels.
Le protochlorure de soufre est attaqué à froid par l'acide azotique avec une extrême violence. Le gaz ammoniac sec le décompose à froid, avec production d'abondantes vapeurs blanches ; il se forme un dépôt d' hydrochlorate d'ammoniaque et de soufre, et il y a dégagement d'azote. Avec l'ammoniaque dissoute dans l'eau, on obtient les mômes produits ; mais il se forme, en outre, du sulfate et du sulfite d'ammoniaque ; la réaction est instantanée, la chaleur produite est très-grande, et une partie du produit se volatilise en donnant lieu à des tourbillons épais d'une fumée rougeâtre et violacée. Cette expérience est remarquable.
Les promptes réactions du protochlorurc de soufre indiquent
Xll® LEÇON. — RESUME DE LA XII* LEÇON- :^ ^1
que ses éléments constituants sont retenus par des affinités liisfaibles, ce qui n'est pas extraordinaire quand on pense t]ui; It^ chlore et le soufre n'occupent pas des places éloignées lu ne cU; l'autre dans l'échelle électro-chimique.
RÉSUMÉ
165. On prépare en grand l'acide ^hlorhydrique en faisant agir ^le l'acide sulfurique sur du chlorure de sodium dans des cyliiidrea ru fonte.
164. On purifie l'acide chlorhydrique du commerce par remploi soc-, cesâif du deutoxyde de manganèse, qui convertit l'acide sulfuroiax on acide sulfurique ; du chlorure de harium qui fait passer Yacidt: mlUirique à l'état de sulfate de baryte, et du sulfure de barium, qui IriuiKforme le chlorure d'arsenic en sulfure d'arsenic.
I6â. L'acide chlorhydrique gazeux est obtenu au moyen du cbloniro de sodium fondu et de l'acide sulfurique.
166. Le gaz chlorhydrique est liquéûable, très-soluble dan^s rt^-m, avec laquelle il forme trois hydrates : il est composé de volumes iliiiuw de chlore et d'hydrogène.
167. Les métaux qui décomposent l'eau à froid et au-dessous de la chaleur rouge enlèvent le chlore à Tacide chlorhydrique, donnent naissance à des chlorures et mettent en liberté l'hydrogène. Itms los oxydes métalliques, dont il existe des chlorures correspondants, dccoinposent l'acide chlorhydrique et produisent de l'eau et des chlorures métalliques: les oxydes correspondants au deutoxyde d'hydrogcot^ tenu oxygénée) donnent Ueu à la même réaction, mais ils mettent en libirlù du chlore.
168. Veau régale est le produit de l'action réciproque des acides azotique et chlorhydrique ; elle est appelée régale parce qu'elle dissout les métaux nobles ; elle les dissout parce qu'elle leur offre du i:li[orti naissant : son action spéciale est à la fois chlorurante et oxydaiiU?,
169. L'acide chlorhydrique est très-employé dans les laborntolrcs ei dans les arts.
170. Le protochlorure de soufre S'Cl est le produit de l'art ion iln chlore sur un excès de soufre.
171. Ses éléments étant retenus par de feibles affinités, il est i[ci uinppsé avec une extrême facilité par la plus grande partie des cori^s simples ou composés. 11 sert à la volcanisation du caoutchouc.
byGttogle
542 MIT'' LEtlON. — BUOME*
XTl^ LEÇON
HBOMC, IOOE, FLUOE
SnMYitHt. — ilï. PréparaUMi tiu brome* — ï73. Prupriétés et u$a^ du brotnc. — 174. Pré^karBlhoii qI propriï^K^s de Vacid*! bromiqtie. '*- iT5* Préjuaratioiiel pr^ipriétys fie l'acide hromh^dffqnr. — 176. ProprîiUiîi deL'iWp, — Ml. Préparation de 1 îûdc par le trnitemf^nL des cauT mcres des soudes de ^afech cl par le traitement de Pa^otate de soude brtit et uaturd du Chili. -^ 17S. Csaf^ef* f?t essai de riode coînmercial. — 178 bii. Constatât ion de fnihleB rouant il^s d'iode- — 170, fréparalLuD de V^c.ide wdique^ — iSO. Théorie de cette j^ri^paratÎËMi. — Iftl. Propriiîî*» de l'aeide lodique. — 1 S*. Pri^paraticin de Vfi^ide iûd hydrique à Vét^ii de pat. — 1*3. Préparation de ladide iwlhxdrique liquide^ — 1^4^ Propriéli^s de l'adde iodh>drique. — i^^. ^rip^rstmn et iiraptlfi.té&dë Viûdtife d'usote. — !8fi. Comparaison des etïmbJDaîsoiis oïvjçt^Ji^îes et hydro^éoécs du chlore^ du brome et de Tiode* -^ 1S7. Irifïieile préparatlou du fluor . — \M, Préparation de l'ac/rfe fliiOTh^jdriqufi. — 1^9. Isaçes de Taeide llucirh;dni|ut'. — lyo, ]tJauicment dan^j^reu^ de ecl acide. — îtisvau.
Les traits principaux de Thistoire chimique du chlore ee repiiïtluiscntaYcc une telle précision dans l' histoire du brome et de Fiode^ que l'on peut dire que nous connaissons déjà les principaux composes auxquels ces deux corps donnent naissance^ lorsqu'ils se combinent avec l'hydrogène et avec Toxygène, En elTet^ si notis rdunissîons dans un mûme tableau toutes les proprit^tes des combinaisons oxjgénties et hvdrogcnées du chlore, du brome et de l'iode, iioui? serions tenté de nous demander si ces trois corps ne seraient pas trois modifications de la m(}mc substance. Celte ini|iression reste la mûme lorsqu'au lieu de leurs composés on considère leur maniùre d'ûtre dans la nature: ils se suivent partout; où l'un d'eux se trouve, les detix autres se rencontrent ; leur état physique n'est pas le inûme, il est Vraij car le chlore est gitzenx^ le brome liquide, et Tiode solide ; mais cela ne les empfiche pas de se i^rn placer en toutes proportions dans les composés dGfînîs, dont ils n'altèrent imlatdctnent ni la forme^ ni la constitution chimique ; ce qui prouve
leur isomorphistnCi
BEOM^é
n?. Préparatlop du brome. — On inii-Oduil daiis ùntî ctit-