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PREPARATION DE L IODE

de soude marquant 36*» ou 37° de l'aréomètre de Baume. On y verse par petites portions, à l'aide d'une burette graduée et en agitant sans cesse, une solution d'acide sulfureux, jusqu'au moment où l'iode se sépare nettement du liquide ; alors la liqueur étant filtrée doit passer limpide, légèrement ambrée, et se décolorer instantanément, sans apparition de précipité, par la simple addition d'une seule goutte de solution sulfureuse. Cela fait, on recommence la môme opération, à cela près qu'au lieu d'une dissolution sulfureuse, on se sert d'une dissolution chlorée : dans le premier cas, on saura quel volume de dissolution sulfureuse il faudra ajouter à un mètre cube, par exemple, d'eau mère ou de dissolution concentrée d'azotate de soude, pour précipiter tout l'iode qui se trouve à l'état d'iodate ; dans le second cas on saura combien d'eau chlorée il faudra ajouter pour isoler tout l'iode qui est à l'état d'iodure. Les deux opérations étant successives, la totalité de l'iode reste isolée en môme temps.

On égoutte l'iode en le transportant dans une fontaine de grès, munie à son fond d'un filtre composé de plusieurs cou-

Fig. 78. — Appareil pour la sublimation de l'iode.

C, G cornues en grès chargées d'iode pulvérulent.

B caisse en fonte remplie de sable destiné à régulariser la température des cornues.

R, R récipients à deut tubulures dont une reçoit le bec de la cornue, l'autre un tube par où se dégagent les Tapeurs.

ee faux fond mobile percé de trous, qui permet l'égouttage de l'eau condensée.

ches successives de grès quartzeux, et dont la grosseur des grains décroît de bas en haut : ensuite on le dessèche en la déposant dans des caisses en plâtre.

Dès que la dessiccation est suffisante, on charge rapidement

XIIl*^ LËGON* — USAGES DE L*IODE. 2Sl

l4ode dans des cornues en grès {fig. 78), afin d'obtenir l'iode cristallisé par sublimation.

Dans toutes ces manipulations, on se sert de spatules, cuillères, etc., etc., de grès, afin d'éviter le contact avec la peau, que l iode ne manquerait pas d'attaquer.

178. Usages et>ssais de Tiode commercial. — L'iode est employé en médecine pour combattre les affections glandulaires, et notanmient le goitre : sa dissolution serait, d'après MM. Brainerd etGreene, un antidote du venin des crotales, du curare, du ticunas. On en fait une grande consommation pour préparer les plaques daguerriennes : en combinaison avec le mercure, ij est employé en teinture.

L'iode cristallisé doit se volatiliser, sans laisser de résidu, en belles vapeurs violettes, lorsqu'on le chauffe à 1 80» : il doit être entièrement soluble dans l'alcool, et sa solution doit être décolorée soit par un excès d'amidon hydraté, soit par un équivalent de potasse ou de soude.

i78 bis. Constatation de faibles quantités d*iode. — On ajoute au liquide, que Ton soupçonne contenir de l'iode, quelques gouttes d'eau de chlore et un peu de dissolution d'amidon : ce mélange est versé dans un tube où se trouvent du zinc et de l'acide sulfurîque, et où par conséquent se dégage de l'hydrogène. Si le liquide essayé contient de l'iode, on verra, au bout d'un certain temps, la masse liquide prendre une teinte plus ou moins bleue (Henry fils et Humbert). Quand on cherche, par le chlore, de faibles quantités d'iode, il arrive presque toujours que ce corps, rendu libre d'abord par le réactif, se combine avec lui aussitôt en formant du chlorure d'iode : c'est ce composé que l'hydrogène naissant attaquera en ramenant de nouveau l'iode à l'état libre. Dès ce moment, la réaction bleue caractéristique se manifeste.

COMBINAISONS OXYGÉNÉES DE l/lODE.

On connaît^ avec certitude, deux combinaisons oxygénées de l'iode:

|o l'acide iodique.,.. ,. . HO,IOS

2° — hypcriodique. * H0,I07

Ceà composés, ainsi que leurs formules le démontrent, sont semblables à ceux que peut former le chlore. Il est probable

ïo5 XIll^ LEIUIN. — ACIDE lODiOUE.

qu il y a pour les troiss corps tîlénieiitairesj que nom venous d'exiirtiintu.j trois scncs de combinaisons par faite me ut mnespouilau(es.

ACIDE lODIQCIi,

179. Prépaï'atioit de Taclde lodlqae, — L'un des deux acides de l'iode, ïiKideioâiqiuti a uue cerlaiiie importance comme un oxydant dotU raction est Irès-conmiode à diriger. Sa prepa* ration est tn^s-facile, grâce aux recherches de M. Millon. Ou fait bouillir dans uu ballon 80 grammes d'iode, 75 grammes de chlorate de potasse, 400 grammes d'eau distillée et 1 gramme d'acide azotique, tant que le chlore se dégage en abondance etjuijqu'à ce *]ue tout l'iode ail disparu. On ajoute au liquide uue disijolurion de W griiumies d*azotate de baryte ; tout l'acide iodique se dépose sùut* rornjt'. d'iodale de cette base; ou décante la partie liquide j ou lave le dépOt deux ou trois foiSj puis ou y ajoute 40 grammes d'acide aulfurique étendu de ISO gramuics d'eau distillée ; il se forme ainsi du sulfate de baryte (sel insolnble)^ l'acide iodique devient libre et reste dissous dans Veau» V^v l'évaporation on l'obtient cristallisé.

18Ô. Théorie de la préparation de Tacide iodique. — La théorie de ce procédé est très-simple. L'acide azotique met en liberté une quantité équivalente d'acide chLorique ; cet acide, qui est trcs-instablej surtout à chaud, cède son oxygène à une portion d'iode et le convertit en acide iodique; celui-ci réagi tj de son cùlé, sur une nouvelle portion de chlorate, dont l'acidCj devenu libre, se décompose à son tour et donne naissance h une nomelle quantité d'acide iodique. Cette série de phénomènes se eontirme jusqu'à ce que tout le chlorate de potasse se soit transformé en iodate : ce sel passe, grâce à rintenentîon de l'azotate de baryte^ à Tétat d'iodate de baryte que l'acide sulfurique découïpose ensuite^ ou mettant on Uberlé l'acide iodique. 11 est inutile de dire que l'acide azotique ne sert qu'à coumicnccr Lat:tion.

181. FropHétës de Tacide iodique. — L'acide iodique cristallise en tables à six faceSn Oess6che-t-on cet hydrate à 170% il passG à l'état d'acide anhydre. 11 est soluble dans

XIII* LEÇON. — ACIDE lODHYDRiQUE. 253

l'eau. Sa dissolution rougit d'abord le tournesol, et plus tard elle le décolore. L'alcool faible dissout Facide anhydre autant que son hydrate, mais l'un et l'autre sont insolubles dans l'alcool absolu. Au rouge sombre il se décompose en iode et en oxygène. Les substances réductrices décomposent l'acide iodique avec une extrême facilité. Aussi suffît-il de verser une dissolution d'acide sulfureux sur une autre dissolution d'acide iodique, pour que l'iode se précipite immédiatement, tandis que l'acide sulfureux se suroxyde et passe à l'état d'acide sulfurique. L'acide iodique a une tendance prononcée à se combiner avec les oxacides pour former des composés définis ; mais l'acide chlorhydrique le décompose en dégageant du chlore.

ACIDE lODHYDRIQUE.

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