FLUOR
Apràs le chlore^ le brome et Fiodûj vient le (hwr : le priucipal [iiolif qui lui a fait assigner eettc place, c'est que les fluorure^ii so[fct isomoiplies avec les ehloiurcs, bromures et iodures eorrespoiidanls. Comme le fluor est extrêmement difficile à étudiera l'état isuléj son histoire est peucouïiue. Son isomorphisme avec le chlore j le brome et Tiode, explique sa grande difrusîou dniiis la nature. En elfetj ou a constaté la présence de ce corps dans les eaux douces et dans celles des mei's, dam les animaux et dans les plantes.
187. Difficile préparation du iliLor. — La grande affinité du fluor pour presque tous les corps, surtout loi^qu'il est k l'état naissant, est une des causes qui en rendeïit la préparation difficile. Les frères Knox et M, Louyet le préparent en se servant de récipients formés de fluorure de calcium (spath fluor), minéral qui, par cela même qu'il est fine ré, ne peut pas être attiuiué par le fluor, La difficulté qu'on éprouve à préparer et îi consei-ver ce gaz fait que l'on ignore pour aijîsi dire encore aujourd'hui la plupart de ses propriétés. On sait seulement qu'il est incolore, odorant^ qu'il décompose l'eau à froid et dans l'obscuj'itc, qu'il ne blanchit pas les matières coïorantes régé*taîes, et qu'il attaque, surtout lorsqu'il est à Tctat naissant, tous les métaux, même le platine. Ce corps, pris isolément, ne nous offre dïtilleui's aucun intérêt ♦ occupons- nous donc de s:i combin^iison avec rhydron:ène,
HFl = 20,00.
183. Préparation de Taclde fluorhjrdrique. ^ L'appareil le plus ordinairement employé pour préparer l'acide fluorhydrique, consiste en une eonnie de plomb formée de deux: pièces qui s*cmbollent {{ifj. 30). La pièce inférieure A est destinée h contenir un mélange de fluorure de calcium (fluate de chaux) et d'acide sulfurique ; la pièce supérieure B forme le dOnie et le col de la cornue, et doit diriger les vapeui's acides dunts un riîcipient C en plomb. Lelui-ci est formé par un tuyau
recourbe qui s'ajuste k frottement sut- le m\ de la cornue ; h son extrémité e une très-petite ouverture lîvmpasange ù Fair dilaté. Pendant la préparation, rc récipient doit avoir sa courbure entourée dp glju'e. Pour Mre rexpérieuce^ ou ûiet en A du fluorure de calcium t)ieJi pulvi^ïtsé que l'on réduit en pfite un pou liquide en le mêlant^ à l'aide d'une baguette en boiSj avec de
l'acide aullurique; on adapfe ensuite R Jl C et A à B, on mil*! du papier tout autour don jointures, et, enfin on elimilTc légèrement le fond de la cornue^ qui doit reposer sur un fnurnean : une légère clialeur fait dégager l'acide fluor jiydrique, qui va se
Fig. SL — Apiïikrwl pour la préparation de l'flckle tltstjihvdnqutî,
condenser dans k courbure du récipient C, d'où on le transvase dans des tiacons de plomb ou mieux encore de platine*
Voici rijppEU'eH supposé en activité (/?//, 81),
L'acide ainsi préparé est un liquide fn niant trea-a( ide qui a une densité = J5O6 ; il ne se cori^^ele k aueuiie température el bout vers 30° ; son affinile pour Teau est si grande quO;, lors-
aCO Xin'' LEÇON. —USAGES DE LA. rLUORR YDBl QUE
qu'on en \êrse dans ce liquide, chaque goutte produit un siff!eni<;nt tromme si c'était du fer rouge. Cet acide attaque presque tous les corps, entre autres le verre r ison premier effet est de te dépolîrj ce qui a lien parce qu'il le décompose ; nous verrous de quelle manière lorsque nous parlerons de la silice.
Pendant longtemps on a cru que les viipeurs d'acide flaortiydrique avaient seules la propriété d'attaquer le verre, mais M, iNickltiî a montré que d'autres arides jouissent de la même propriété^ qui fail défaut toutefois lorsque au verre ou sub:stïîue une lame de quartz. On peut admettre que le réactif le plus sensil>te pour déceler te fluor c^st le quartz {acide Silicique), et non le verre^ ainsi qu'on l'a cru jusqu'à présent,
180* Usages de Tacîde fluorhydrique. — Des artistes ont mis à protit la facilité avec laquelle l'acide fluortiydrique attaque la silice pour graver et dessiner sur verre qui n'est qu'un silicate. On conçoit, eu effets que si Ton recouvre d'un venus gtas (4 parties de cire jaune et 1 partie de térébenthine ordinaire) la surface d'un tube ou d'un carreau^ et qu'avec un stj^let on fasse des traits sur le premier ou des dessins sur le second^ de manière à mettre le verre à nu; on conçoit, dis-je, qu'après avoir déposé, au moyen d'un pinceau^ de l'acide fluortiydriqne sur les parties découvertes, celles-ci soient entamées. En etk levant le vertus^ lefs parties attaquées se distingueront de celles qui ne le sont pas, et, par le contraste, formeront des dessins, C/est par ce procédé que^ dans les laboratoires^ on grave les tubes et les cloches* On peut également graver par la vapeur d'acide fluorhydriquc. On $ù sert, h cet effets d'une petite caisse en plomb dans laquelle on fait le mélange d'acide suîfuriquc et de fluorure de calcium ; on recouvre l'ouverture de la caisse avec le carreau préparé, et Ton excite le dégagement de la vapeur acide par une chaleur eïtrtïmement légère. Les vapeurs agissent sur les parties découvertes du verre de manière à les rendre opaques. Ce procédé est encore préférable au précédent, loi^que les parties du verre mises à nu sont excessivement déliées,
{90. Maniement dang^ereu^ de l*a,ûide flnorhydrlqne, — Je ne connais pas de nmtïèi^e dont Taction sur la peau soit aussi terrible que cello de l'acide fluorhydrique. Supposons que les mains restent trop longtemps exposées aux vapeurs de ii'i acide : au bout de plusieurs heures j les extrémités des doigts
XITl* LEÇON. — RÉSUMÉ DE LA XIII® LEÇON. 261
deviendront sourdement douloureuses ; plus tard, les souffrances seront excessives, et cet état pourra se prolonger un grand nombre d'heures. Supposons aussi qu'une gouttelette très-petite d'acide concentré tombe sur la main, et qu'on ne s'en aperçoive pas assez tôt pour l'enlever avec de l'eau : après quelques heures, une cuisson ardente se fera sentir sur le point qui a reçu la gouttelette; alentour il se manifestera une auréole blanche, au milieu de laquelle il se formera une proforide ampoule remplie de pus. Bien qu'on fasse ouvrir cette ampoule, on n'en souffrira pas moins pendant trois ou quatre jours, et l'on ne sera entièrement guéri qu'au bout d'une quinzaine. Il faut donc prendre beaucoup de précautions lorsqu'on veut préparer l'acide fluorhydrique ou s'en servir : ce qu'il y a de mieux à faire, c'est de ne le manier qu'avec des gants. Une fois qu'il a cessé de fumer, ou, en d'autres termes, quand il est étendu d'eau, il perd toutes ses redoutables qualités et ne présente plus aucune espèce de danger.
L'extension que vient de prendre la gravure à l'acide fluorhydrique, rend très-fréquents les accidents occasionnés par le maniement de cette substance. Heureusement que M. Kessler a trouvé dans Vacétate d'ammoniaque un remède aussi sûr que commode. 11 suffit en effet d'appliquer sur les brûlures des compresses imbibées d'une dissolution de ce sel pendant le premier jour ou la première heure, si la brûlure est récente, et d'en injectet dans les ampoules si on leur a laissé le temps de se fonner. Si cependant l'acide s'est insinué dans certaines places difficiles à imbiber, comme à travers les ongles, il faut substituer l'ammoniaque liquide à l'acétate et ne pas se préoccuper de la douleur souvent très-vive mais passagère qui accompagne ce traitement.
RÉSUMÉ
172. Le brome est extrait des eaux mères des soudes de varech dont on a déjà retiré Tiode.
175. Son affinité pour l'hydrogène est moindre que celle du chlore : néanmoins, il décolore les matières colorantes végétales en leur enlevant l'hydrogène. Il est employé en médecine et dans la photographie.
174 175. 11 se combine avec l'oxygène et avec l'hydrogène, et donne des composés analogues aux produits oxygénés et hydrogénés du chlore.
176-178. On extrait l'iode des eaux mères des soudes de varech, en les chauffant après leur avoir ajouté un peu de deutoxyde de manganèse et d'acide sulfurique. L'iode a moins d'affinité pour l'hydrogène que le chlore et le brome ; mais, en revanche, il a plus d'affinité pour l'oxy-
202 XtV" LEÇON. — PHOSPHORE.
gène que ces deux corps : il est caractérisé par les couleurs magnifiques qu'il développe en se combinant avec le mercure ou avec l'amidon. Il est très-répandu dans la nature minérale et vivante. Il sert à combattre les affections glandulaires et les effets du venin des crotales^ du curare et du ticunas : il est très-employé dans le daguerréotype.
178 f)is. On constate de faibles quantités d'iode dans un liquide, en soumettant celui-ci à l'action de l'hydrogène naissant après l'avoir mêlé avec un peu de dissolution d'amidon et avec quelques gouttes d'eau de chlore.
l79-i8i. L'iode se combine avec l'oxygène et forme différents acides, entre autres l'acide iodique 10*, remarquable par la facilité avec laquelle il se décompose en cédant son oxygène aux corps réducteurs.
182-184. L'iode se combine également avec l'hydrogène et forme l'acide iodhydrique HI, qu'on prépare par la décomposition de l'iodure de phosphore. Cet hydracide est très-instable, et il se décompose en abandonnant tantôt son hydrogène^ tantôt son iode aux agents avec lesquels on le met en contact.
185. Lorsque la moitié de l'hydrogène de l'ammoniaque est remplacée par de l'iode, on a l'iodure d'azote AzHi»!*», corps qui détone par le plus léger contact.
186. Les combinaisons oxygénées et hydrogénées du chlore, du brome et de l'iode ont la même constitution chimique.
187-188. Le fluor est à peineconnu, et il ne peut être préparé que dans des récipients de fluorure de calcium. Il ne se combine pas avec l'oxygène, mais avec l'hydrogène il donne l'acide fluorhydrique HFI, qu'on prépare par l'action de l'acide sulfurique sur le fluorure de calcium*
189*190. Le caractère le plus remarquable de cet acide est d'attaquer le verre avec une extrême facilité, et d'agir d'une manière dangereuse et toute particulière sur la peau.