XVI* LEÇON. — DIAMANT ARTIFICIEL
étant dur, compacte et difficilement combustible, on supposait que la nature s'était servie de températures et de pressions énormes pour le former : on employa donc ces deux moyens, mais inutilement. On s'obstinait à expérimenter sur du charbon, parce qu'on se figurait que la nature en avait fait autant, et l'on trouvait dans la couleur noire et dans la structure stratiforme de la partie corticale de certains diamants une donnée pour conclure que ce qui était autrefois charbon noir ordinaire était devenu diamant. Dans ces derniers temps on est parveuu, à obtenir sinon des cristaux de carbone pouvant être isolés et pesés, au moins des cristaux microscopiques ayant la dureté de la poudre de diamant, et pouvant rendre les mêmes seiTices à l'art lapidaire. A cet eifet :
jo On a placé à la partie inférieure de l'œuf électrique un cylindre de charbon pur, et à la partie supérieure un faisceau de fils très-déliés de platine. On a dirigé le courant d'induction de manière que le charbon fût dans la partie rouge de l'arc, et les fils de platine dans la partie violette. L'expérience ayant duré plusieurs mois, les fils de platine se sont couverts d'une couche noire de charbon, dans laquelle, à Taide du microscope, on a distingué des octaèdres tronqués noirs et des octaèdres blancs opalins. En mêlant cette poussière avec un peu d'huile, on a constaté qu'elle polissait le rubis, comme la poudre de diamant.
2<> Pendant six mois, du chlorure de carbone liquide étendu d'alcool a été soumis à l'action de deux éléments très-petits et trèsfaibles ; le fil positif de cuivre s'est couvert de cristaux verdâtres, et le fil négatif de platine s'est entouré d'une gaîne brunâtre mamelonnée, parsemée de petites faces miroitantes. Quand on a • voulu la détacher, elle s'est réduite en poudre, mais cette poudre polissait le rubis. (Despretz.)
On est donc parvenu à obtenir du diamant artificiel, tout en se passant de températures très-élevées et de très-hautes pressions.
Ceux qui prétendent que la nature procède à la formation du diamant par voie humide, s'appuient sur ce fait qu'il y en a un grand nombre qui présentent dans leur masse de petites cavités comme des glandes, et que d'autres présentent d'une manière bien visible l'empreinte de grains de sable.
Il s'agit maintenant de savoir si le diamant est d'origine végétale. Newton le pense ainsi qu'une multitude de savants. Le docteur Goeppert prétend avoir réuni un tel nombre de preuves
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qvie si clks n'établissent pas d'une manière infaillible Bon orîgino Tégétale, elles rendent difficile à coup sûr une îifrirmation négafive.
Les diamants sont fort rares dans la nature ; on estime <iue le iîrésit en produit annuellement de 4 à 5 kilogrammes; maifi la taille et le polissage en réduisent considérablement le poids. Au surplus, il y en a qui sont connus sous le nom de diamaiit de nature, dont la forme est sphéroldalCj et qu'on ne peut tailler.
[Le plus gros diamant taillé est le Régmitf ainsi qu'on le YOit par le tableau suivant ;