XVIII* LEÇON. — LAMPE DE SÛRETÉ
travail par le peu de clarté, déchirela toile, et provoque ainsi le désastre que Ton veut éviter. Aussi a-t-on apporté successivement à la lampe de sûreté, beaucoup de modifications dont le but principal est de la rendre plus éclairante. Mais le principe sur lequel est fondée la découverte de l'illustre chimiste anglais
Fig, 105. — Lanterne de Davy ^
Fij. lOd. — Lampe de sûreté de M. Combes *.
est toujours resté intact. M. Combes a tâché de réunir les avantages de toutes les modifications successivement proposées depuis trente ans. Il est parvenu à construire une lampe dont la
1 a réservoir de i'buile.
b cylindre en toile métailique.
c fil de fer qui passe à frottement par le tube qui traverse le réservoir a : il
est destiné à moucher la mèche.
d ouverture fermée par une vis et servant à verser de l'huile dans le réservoir. tf,e,tf gros fils de fer qui se réunissent au-dessus de la lampe pour protéger le cylindre en toile métallique b, et pour former le point de suspension m. m point de suspension.
* a réservoir de l'huile.
c cylindre eu cristal enveloppant la flamme. m cheminée cylindrique en toile métallique, w tuj)e en cuivre conceutri<|ue au cvlindrc w.
SS8 XYIll® — LAMPE DE SÛRETÉ. -f -*'
clarté est suffisante et qui a sur la lampe de Davy TavaDtage de pouvoir être fortement agitée dans Tair sans s'éteindre. En voici la coupe ifig. 406). Le réservoir d'huile est disposé comme dans l'autre lampe. L'enveloppe est en cristal : elle est surmontée par une cheminée cylindrique en toile métallique qui entoure un tube concentrique en cuivre : celui-ci s'enfonce dans l'intérieur du cylindre en cristal, sert de cheminée et active le tirage de l'air par les ouvertures percées au-dessus du réservoir. L'appareil de M. Combes répand plus de clarté ; l'enveloppe de la flanmie est en cristal. D'un autre côté, cette enveloppe ne pourra jamais s'échauffer assez^pour déterminer la combustion du mélange détonant extérieur ; au surplus, il n'y a de communication entre l'air et l'intérieur de la lampe qu'à travers la toile métallique dont chaque centimètre carré renferme au moins 50 mailles ; condition indispensable pour que sa faculté refroidissante ne s'affaiblisse pas.
25 1 . [Connexion entre les explosions du feu grisou et Tétat de Tatmôsphère. — D'après la discussion des observations météorologiques d'une longue série d'années (1743 à 1854), il paraît que le feu grisou est d'autant plus fréquent que le baromètre est bas ou la température extérieure élevée.
Dans le premier cas, la pression atmosphérique étant moindre, l'écoulement du grisou est plus abondant, et la proportion de ce gaz dans l'air de la mine augmentant, l'atmosphère en devient explosive.
Dans le deuxième cas, l'air extérieur étant chaud, la masse qui circule par ventilation dans les galeries diminue, et la quantité relative du grisou augmente.
Les cyclones ou ouragans circulaires, en parcourant les pays des houillères, peuvent occasionner des vides dans les mines, et déterminer ainsi un écoulement considérable du grisou.
De 1743 à 1854, on compte 514 explosions survenues en Angleterre.
Le minimum des explosions en un mois correspond à février, mois le plus froid de l'année.
Le maximum tombe en juin ou juillet, période la plus chaude de Tannée.
Parmi les 5 1 4 explosions on en compte 22 en 1850, 53 en 1851, 67 en 18o2, 75 en 1853, 77 en 1854. Il y a peu d'explosions qui ne soient accompagnées ou précédées de deux ou d'une des cir-
byGpogle
X^flt^LBÇON. — PHÉP. DE L*nY. BICARÔONÉ. 3ÔÔ
constances qui facilitent l'écoulement du grisou. Aussi la grande onde ouraganique de novembre 1 854, qui se termina par Teffroyable tempête de la mer Noire, fut-elle signalée par 5 explosions arrivées coup sur coup dans 5 mines différentes et en 4 jours, c'est-à-dire pendant la durée de la grande dépression du niveau barométrique causée par cet ouragan.
Les mineurs devraient denc se tenir sur leurs gardes lorsque le baromètre est déprimé, ou lorsque Télévalion du baromètre coïncide avec une forte élévation de la température atmosphérique (Thomas Dobson).
HYDHOGÈNE BICARBONÉ (ËTHYLÈNe).
257. Préparation de rhydrogéne biûarbôné. — L'hydrogène bicarboné est un produit de l'art : on le prépare en chauffant un mélange formé d'une partie d'alcool et de 5 à 6 parties d'acide sulfurique, dans un ballon contenant du sable, et communiquant avec deux flacons laveurs, dont le premier renferme une dissolution de potasse, le second de l'acide sulfurique concentré. Le gaz qu'on obtiendra ainsi sera débarrassé des acides sulfureux et carbonique, et des vapeurs d'éther qui l'accompagnent toujours au moment de sa formation {fig. i07).
Par précaution on fait le mélange de l'alcool et de l'acide sulfurique dans une terrine, et on verse peu à peu l'acide sulfurique sur l'alcool , puis on introduit le mélange dans le ballon : le sable qui se trouve dans celui-ci est destiné à régulariser la formation du gaz et à éviter les boursouflements. Moyennant cet artifice, qui a été indiqué par M. Wôhler, la préparation de l'hydrogène bicarboné est devenue une des opérations les plus simples, tandis qu'autrefois elle en était une des plus gênantes : avec cette précaution, fîO grammes d'alcool à 80° centésimaux fournissent plus de 22 litres de gaz.
D'après M. Ebelmen, on peut préparer l'hydrogène bicarboné en chauffant dans une cornue un mélange de trois parties d acide borique fondu et une partie d'alcool absolu. Suivant M. Mitscherlich, on obtient le môme résultat en faisant arriver de la vapeur d'alcool (densité 0,84) dans de l'acide sulfurique étendu de ^ d'eau et chauffé à i 60°. Les théories de tous ces procédés
Uù xviii' LEÇON. — rftÈrAn- hi: ÎVii, Birlffiftwir hc ressemble ni. Sous Tinfluenci) ée Tacidêj l'iiU'ool ^ îléilouîile
l\. U\7. AppflreiJ puiir lu [>rq] a ration Av J liydrijj:onc bkaihuii'-.
n tmikm doiit^dftqt le mélaniçu d'acide stilfuri^uiij d'alcool ol de sable» Vi fîaoùji ïaveur coiiEuxiËut une dlssolkitlûn de [HïtasBe* H flacon laveur coistennnt du l'acicfe euIfLiriqutf i:ùncciitré, jf luLe (ibdkictcur du gnz jjiir.
e (îprtitiTétle pour récrueiULr le gai,
en eau \}t mi hydmgèJie Mcarliorn^. En cffet^ Talcool renferan^ lea t^ldments de ces deux substances,
mm^ ^ G*H* + 2110
A Icûol. H j d l'Oif eue h ic a rbflxi p}* Eau .
Lorsqu'on pr^pure ce gaz par le procédé gumle plus ordûiaî-
XVIII* LEÇON. — PROPR. DE L'h. BICARBONÊ. 361
rement dans les laboratoires, et qui est celui dont nous avons parlé en premier lieu, la réaction est complexe, car il se forme de l'acide sulfureux, de Tacide carbonique, une espèce d'huile (huile de vin) et du charbon devient libre ; mais pour se rendre compte de la formation du gaz, on peut faire abstraction de ces produits accessoires, et ne voir que le dédoublement de l'alcool, déterminé par l'acide en vertu d'une action de présence.
258. Propriétés de Thydrogéne bicarboné. — L'hydrogène bicarboné est un gaz incolore, ayant une faible odeur empyreumatique. M. Faraday Ta liquéfié en le comprimant dans un tube entouré d'un mélange réfrigérant formé d'acide carbo^ nique solide et d ether. Il est un peu soluble dans l'eau; il l'est beaucoup plus dans r»éther, l'alcool, l'acide sulfurique normal et le protochlorure ammoniacal de cuivre. Il brûle avec une flamme brillante; sa densité est 0,P85, et un litre pèse 1«%274. Lorsqu'il est exposé à l'action d'une série d'étincelles électriques, ou bien à une très-haute température, il se décompose en carbone et en hydrogène ; le volume de ce dernier gaz est le double de celui sur lequel on a expérimenté. Cette donnée et la connaissance de la densité suffisent pour fixer la composition de l'hydrogène bicarboné; en effet
2 voL hydrogène = 0,4386 ) ^ (< voL d'hydrogène
1 vol. vapeur de carbone. == 0,8468 j ( bicarboné*
\ volume d'hydrogène bicarboné et 3 volumes d'oxygène constituent un mélange qui, au contact d'un corps incandescent, donne lieu à une explosion telle, que i volume de 100 à 420 centimètres cubes suffit pour briser le vase qui le contient. Aussi doit-on avoir la précaution, lorsqu'on fait cette expérience, d'entourer le flacon où se trouve le mélange détonant, et dont la capacité ne doit jamais dépasser 400 ou 120 centimètres cubes, avec une serviette en plusieurs doubles et mouillée.
Un des caractères dlâtinctifs de l'hydrogène bicarboné est celui dé se combiner directement avec le chlore et de former ainsi Une huile plus pesante que l'eau.
Si l'on introduit dans une éprouvette renversée sur l'eau, de
r hydrogène bicarboné et du chlore à volumes égaux, bientôt
t'eau montera, et il s'y formera une huile qui tombera au fur et
à mesure, sous forme de gouttelettes pesantes. C'est cette pro^
I* îl
36a \YIII' LKÇUN* — PEHCULORUflE hE CAniiOMS
priétc qui a valu à riivdiogèiie bicarbotié la qualificatioii d*j tjaz olèifkmt; l'huile à laquelle il Oonno Jiabsancc^ en se combiuatit avec le chlore^ cbl appelée huikiks HoUandaiSf parce que quâti^e chimistes hollandais eu firent k dtitou verte -
Nous connaîtrons la constitution et la composition de cette substance quand nous t^tudierons l'alcooL
Lorsqu'on introduit dans une grande éprouvette 1 volume d'hvdï'ogtne bi carbone et 3 volumes de chlore^ et qu'après avoir bouche réprouvette avec un obturateur, ou Vagite vivement pour déterminer immédiatement le mélange des deux g<iï et qu*ûTi met le feu à ce mélange ^ il se forme une longue flamme fumante y et les parois intérieures de l'éprouvelte se tapissent de charbon très-divisé.
L'hydrogène bicarbonc pur n a pas d'application : il fait partie du mélange gazeux que Ton obtient en distillant la houille et qui sert à leclaii-age.
PRBCHLORLfRE DE CAllBOKE*
CSCI*— 154 € Cl* =154
Les deux combinaisons gajteu&es que nous venons d'étudier peuvent changer successivement tout leur hydrogène contre une quantité équivalente de chlore^ et se transformer en dthntre <k carbQni\ C'est par urie réaction de cette nature que Ton obtient des conibinaisous de carboJie et de chlore en faisant agir ce der- 1 1 ie 1" c 0 r ps sur des h v d rogù n es carboné s , liqu ides ou gîi^e nx . Nous avons déjà dit ailleurs que ces deux corps ne se combinent jamais entre eux directemontj ce qui indique qu'iU n'ont pas une grande aftinité l'nn pour l'autre; cependant j une l'ois combinés^ il est difficile de les séparer. Les combijiaisons chlorurées du carbone sojit encore plus nombreuses que les combinaisons hydrogénées, car ces substances ayant la propriété de changer successivement toutes leurs molécules d'hydrogène contre un jiombre équivalent de molécules de chlorcj il en résnltc qn'à chaque échange or j ohtiejit nn corps nouveau chloré. Ainsi i>our donner un exemple^ CW donnera