‹ Leçons élementaires de chimieChapitre 190 sur 284 · XIX** LEÇON. — BORE CRISTALLISÉ · texte numérisé non relu

XIX** LEÇON. — BORE CRISTALLISÉ

fois colorés en rouge grenat ou jaune de miel, par la présence des matières étrangères.

Leur réfrangibilité n'est comparable qu'à cello du dlamaut, et ils en présentent tous les effets de lumière réfléchie et réfractée. Le bore est aussi dur que le diamant, et comme colui-ci, ÎI raye le corindon ou rubis oriental ; le diamant lui-inôme peut vive rodé et poli par le bore.

Le bore varie de dureté suivant la variété à laquelle ilappar* tient : le bore en lames est plus dur que le bore rmtallisé.La forme cristalline du bore adamantin appartient à l'oclaèdre fétragonal. Sa densité est 2,68. La température produite avec le chalumeau à gaz oxy hydrogène est insuffisante pour foudre le bore cristallisé.

L'oxygène n'oxyde le bore cristallisé qu'à la tempéra (ure à ïaquelle brûle le diamapt; mais l'acide borique, qui iie forme h E5U surface, empêche l'action de se propager.

Le chlore, au contraire, agit avec une énergie remarquable sur le bore, qui s'enflamme au rouge dans une aliuo^iihère tla ce gaz, et se transforme en chlorure de bore gaziaiv.

Lorsque le bore cristallisé brûle, il augmente de volume précisément comme le diamant.

Tous les acides, quels qu'ils soient, purs ou mélangées, iront aucune action sur le bore; seulement, au rouge viT, le bisulfate de potasse le transforme en acide borique avec dégajjfement d'acide sulfureux.

Une dissolution alcaline concentrée et bouillante ne l'altère pas, mais la soude monohydratée et le carbonate de ,^oude chauffés au rouge le dissolvent lentement^^ï/azotate de ]k) laisse {nitiHï), à cette température, ne paraît pas agir sensiblemeiiE ^iur le bore cristallisé. C'est donc le plus inaltérable de tous les corps simples, et si un jour on parvenait à en obtenir facilinient de gros cristaux, il pourrait remplacer le diamant. Facilement, ai- je dit, car déjà un ingénieur, M. Gerner, et un chimiste, l'uu el l'autre américains, sont parvenus à préparer des cristaux de bon^ de dimensions extraordinaires. M. Schrôtter a fait voir à 1 4cadéniie des sciences de Vienne, en avril 1800, les cristaux préparus par M. Gerner, à l'aide du procédé de M. Deville.

268. Préparation du bore cristallisé. — On prépare le bore cristallisé en fondant ensemble, dans un creuset dt^ i barbon, SO grammes d'aluminium en gros morceaux ot iOO grammes d'acide borique fondu et en fragments. Le creuset de chai'-

aSO XIX* LEÇON, —BORE ÀMQBPHE.

bon est introduit avec dé ia brasque * dans un creuset de plombagine de bonne qualité, et le tout est mis dans un fourneau à vent astiez puissant pouf fondre farilement le nickel pur. On maintient la température à son maximam, pendant cinq heures environ, en ayant bien soin d*enlever avec un ringard toutes les scories qui pourraient engorger la grille. Après le refroidissemeotj on casse le creuset^ et ou ^ trouve deux couches distiactes ; Tune vïtreusc, composée d'acide borique et d'alumine, l'autre métallique, caverneuse^ i^ris de fer, hérissée de petits cristaux do bore ï c'est de l'aluminium imprégné dans toute sa masse de bore cristallisé. Toute la partie mctallique est traitée par une lessive de soude moyennement concentrée et bouillante qui dis* sont l'aluminium; puis par de Tacide chlorhydriquc bouillant qui enk>vc le fer, et enfin par un niciange d'acide fluorhydrique . et diacide nitrique pour extraire les traces de silicium que la soude aurait pu laisser mélangées avec le bore.

Cependant le bore n'est pas encore pur, et sa composition est à peu près :

Carbone 4,2

Aluminium 6^7

Bore 89,1

n est presque certain que le carbone du bore est à l'étal de diamant, car plus il y en a, plus la trausparence du bore est grande, (Deville.)

269. Bore amarphe, ou bore de Gay-Lussac et Tbenard. — Le bore amorphe s'ob lient en môme temps que le bore crislalHsé; il suffît qu'un petit globule d'aluminium se soit trouvé en présence d'une grande masse d'acide borique : le bore n'ayant pas pu être dissous par l'aluminium, à mesure qu'il s'est formé, il a dû se séparer h Tétat désagrégé et pulvérulent; après Taction de la soude et des acides, on l'obtient sous la forme d'une substance brun ctiocolat elairj ayant toutes les propriétés que Gay-Lussac et Thcnard assignent au bore préparé par leur pro-

i On brasque un crcusset en le rcn^p lissant peu à peu d'une pâte form^tr de poudre dâ charbon et d'eau, en aj'ant aoin de preâsier â^alement chaque portion de la pAle i|u'oii introduit. P^r li. desdccatiou, les particules du charbon adhèrent Les unes bu\ outres, flt forment pour âJusî dire ua tout coatiim avec le creuset en lerre. En pratlf|uant une cavité dans le sens dp Vuxe de la masse du charbon,^ on forme Binsi un creusol tie cbai-bou concentrique à [lu creuâeL de leri'e qui se trouve ûJors ht&sqaû.

Page 1