XIX* LEÇON. — BORE' AMORPHE. S
cédé. Ce procédé consiste à chauffer légèrement un creuset de platine où se trouve de l'acide borique fondu, bien sec et pulvérisé, et du potassium, l'un et l'autre disposés par couches alternes : une réaction vive a lieu, à la suite de laquelle, l'oxygène d'une partie de l'acide borique se fixe sur le potassium et l'oxyde, tandis que^ la portion d'acide borique inaltéré se combine avec la potasse et forme du borate de potasse.
4BoO» + 3K = 3KO,BaO» + Bo
Acide borique. Potassium. Borate de potasse. Bore.
En traitant le résidu par de l'eau, on dissout le borate de potasse, et le bore reste indissous : on le recueille sur un filtre qu'on lave à l'eau alcoolisée.
Le filtre auquel adhère un peu de bore sec et amorphe brûle avec une facilité et un éclat remarquables, dus à ce que le bore brûle à son tour et s'oxyde : le papier auquel adhère du bore non amorphe brûle sans éclat, attendu qu'à la température de la combustion du papier, il ne peut pas s'oxyder : aussi le trouvet-on dans, les cendres. Cette expérience très-simple permet de faire voir la différence qui existe entre ces deux variétés du bore. (Deville.)
270. Préparation rapide de grandes masses de bore amorphe suivant le procédé de MM. "Woliler et Deville. — On introduit dans un creuset de fonte bien roUge un mélange de 100 grammes d'acide borique fondu et concassé, et de 60 grammes de sodium. On recouvre la masse avec 40 à 50 grammes de sel marin fondu, et on ferme le creuset. Quand la réaction est terminée, on agite la masse fondue avec une tige de fer, et on la verse, étant encore incandescente, dans de l'eau acidulée par de Tacide chlorhydrîque et contenue dans une terrine profonde. Il ne reste plus qu'à jeter le tout sur un filtre qu'on lave avec de l'eau acidulée tant qu'il y a de l'acide borique, et puis avec de l'eau pure, qui entraîne toujours un peu de bore à travers les pores du papier. On sèche le filtre sUr des briques, et à froid, car autrement le bore pourrait s'enflanuner.
270 bis. Propriétés du bore amorphe. — Le bore amorphe peut être transformé en bore cristallisé, si on brasque un creuset de terre avec du bore amorphe, et si on y introduit un morceau d'aluminium. Ce métal, par une température élevée, se charge de bore qui cristallise en refroidissant : on dissout la
XIX'' LEÇON. ^- BÔllB AMOBPUE.
masse dans Tacide ulilorhyddque qui n'attaqua? pas le bore. Le creuset bra&que avec du bore doit être. contenu dans un creusni brafiqué avec du cliarhou.
Le bore tiuioi-pLie lorlenient nhimffé au milieu d'un {Quraiit <raï;ûle se t^ombinc avec ce gaz et forme de Tastolure de bore blanc L^t iuiuaible.
rtauiï uiï coui'aot de bio\\dc d'azote le bore amorphe prend fca an muge somhre, produit une lumière éblouissantej et il sq transforme en aeide borique et en azoture de bore :
Slîo + lïAzO* = 2BoO^ + 3BoAz
Bi^wdi! iI'aiuLu.
AciiIl' liuriiitLif.
Aïotiirp lie Itorer
Le mélange tvEiité par l'eau et l'acide azotique laisse de î"a/.olure de bure indissou^.
Voici la diispoïiifioii de Lappiin^il {fig. \t2) k l'aide duquel on peut fab'e celte brillante expérience^
ïuj' le bore tiUioi'[»h^',
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XIX® LEÇON. — ACIDE BORIQUE. 3»â
Au rouge, le bore amorphe prend feu dans la vapeur d'eau avec production d'hydrogène et d'acide borique dont une partie se volatilise avec l'eau, tandis que l'autre partie, en fondant j protège le bore contre l'action de la vapeur. .Dans l'hydrogène sulfuré il se forme à chaud du sulfure de bore. Les gaz chlorhydrique et bromhydrique sont décomposcîs par le bore amorphe avec dégagement de lumière, et k une température pas trop élevée. Le chlorure et le bromure de bore qui résultent de cette réaction, ne sont pas gazeux mais liquides, et le point d'ébiillition, pour le chlorure de bore (BoCI'), est à 17°, et pour le bromure de bore (BoBr"), il est à 90".
Le bore a des propriétés réductives qui le rapprochi'nt en môme temps du charbon et des métaux les plus voisins des métalloïdes.
Les chlorures métalliques, tels que les chlorures de mercure, de plomb, d'argent, sont réduits à une haute température avec production de chlorure de bore reconnaissable à ses i'iimces épaisses.
Le sulfure de plomb (galène) est décomposé par le bore avec formation de sulfure de bore. (Wôhler et Deville-)