‹ Leçons élementaires de chimieChapitre 206 sur 284 · XX*' LEÇON. — CLASSIFICATION DES,MÉTAUX · texte numérisé non relu

XX*' LEÇON. — CLASSIFICATION DES,MÉTAUX

sent l'eau en s'emparant de son oxygène. 11 est évident qu'il fallait séparer les métaux qui décomposent l'eau à froid, de ceux qui la décomposent à des températures de plus en plus élevées, et, à plus forte raison, de ceux qui ne la décomposent pas du tout. Cette classification a rendu de grands services à l'enseignement, et si elle a dû être remaniée, grâce aux progrès de la science, son esprit et son fond n'en sont pas moins restés néanmoins les mêmes. L'ancienne classification de Thenard comprenait seulement six divisions, celle que l'on suit aujourd'hui en contient sept, et un plus grand nombre de métaux, ce qui ne l'empêche pas d'être à son tour défectueuse, ainsi que nous le montrerons en son lieu. {Voir le tableau ci-après.)

Dans la première section, on rencontre les métaux qui décomposent l'eau à toutes les températures. Les oxydes auxquels ils donnent naissance sont connus des chimistes sous le nom di'oxydes alcalins (potasse, soude), et à'oxydes terreux alcalins (bar^fte, strontiane, chaux), parce qu'étant solubles ils communiquent à l'eau ce goût urineux que les anciens chimistes appelaient alcalescent. Pour plusieurs d'entre eux le degré d'affinité pour l'oxygène va en décroissant à mesure que l'on descend la série, ainsi que Texpérience semble le prouver. Jetons dans l'eau un peu de potassium, nous verrons ce métal s'entourer d'une flamme, tournoyer pendant quelque temps, puis disparaître. Faisons la môme expérience avec le sodium : le métal deviendra le centre d'une effervescence assez vive, se livrera à des mouvements rapides et disparaîtra à son tour. Dans les deux cas, il y a eu décomposition de l'eau : l'oxygène a oxydé les deux métaux, et l'hydrogène est devenu libre; mais l'oxydation du potassium a produit une telle chaleur, que l'hydrogène s'est enflammé, ce qui n'a pas eu lieu pour le sodium. Si l'on admet que la chaleur dégagée dans l'acte d'une combinaison est la mesure de l'énergie avec laquelle la combinaison même s'effectue, il faut conclure que le potassium a plus d'affinité pour l'oxygène que le sodium.

Par cela seul que les métaux de la seconde section ne décomposent l'eau qu'à une température de 100°, il est établi que leur affinité pour l'oxygène est moindre que celle des métaux de la section précédente. On peut en dire autant des trois sections suivantes, car les métaux qu'elles comprennent ne décomposent l'eau qu'à la chaleur' rouge plus ou moins intense.

La troisième section se distingue par une particularité spé-

Page 1