XX* LEÇON. — CLASSIFICATION DES MÉTAUX
ciale : tous les métaux qu'elle renferme décomposent Teau à froid en présence des acides énergiques. Le fer, qui ne décompose Teau qu'à une température de beaucoup supérieure à iOO°, la décompose néanmoins à froid si l'on fait intervenir de Tacide sulfurique. Si nous opérons de môme avec de l'étain, par exemple, métal de la cinquième section, il n'y aura nul dégagement de ce gaz, ce qui prouve que Teau ne se décompose pas. Cette différence s'explique par la raison que les oxydes des métaux, appartenant à la troisième section jouent le rôle de bases énergiques, tandis que les oxydes des métaux appartenant à la quatrième et à la cinquième section jouent, au contraire, le rôle d'acides et contractent de préférence des combinaisons avec les bases, ou sont eux-mômes^ des bases faibles.
11 semblerait à priori que les métaux de la sixième section dussent, à leur tour, décomposer l'eau en présence des acides, car leurs oxydes sont aussi basiques que ceux de la troisième ; cependant il n'en est rien. Mais si l'on songe que le cuivre, le plomb et le bismuth ne décomposent Teau que très-faiblement, et à une température très-élevée, on voit que, s'ils ne répondent pas aux sollicitations des acides, c'est que leur affinité pour Toxygène n'est point considérable.
On peut en dire autant pour les métaux de la dernière section. Ils ont si peu d'affinité pour l'oxygène, que leurs oxydes se réduisent par la simple action de la chaleur. Voyez l'oxyde d'argent qui est brun olivâtre : il suffit qu'on le chauffe avec une lampe à esprit-de-vin pour qu'il devienne d'un blanc mat, c'està-dire, pour qu'il devienne métal.
286. [Remarques sur la classification précédente. — Malgré l'apparente simplicité de cette classification, il ne faut pas oublier que,itiinsi que toutes ces sortes d'artifices, elle suppose des démarcations. Or, la nature n'en fait pas, puisqu'elle procède par transition; aussi arrive-t-il qu'on y trouve des espèces dont la place n'est rien moins que certaine. On peut dire plus : les classifications dites artificielles, ne pouvant être conçues qu'à un point de vue particulier, sont destinées à périr à cause des découvertes qu'entraîne à sa suite le progrès des' sciences. Ainsi par exemple, plusieurs propriétés chimiques de l'aluminium et du glucinium ou glucium, placent ces deux métaux à côté du fer (M. H. Deyille, M. Debray), le lithium pourrait se rapprocher du magnésium (M. Troost), et le magnésium pouvait se trouver à côté du zinc, etc., etc., etc.