Î XXI* LEÇON. — PROPRIÉTÉS DES ALLIAGES
par cela môme plus électro-positifs qu'ils ne le sont à l'état libre : tels sont le fer, le nickel, le cobalt, le zinc, l'étain, l'antimoine, le cuivre, le plomb, le bismutb ; les seconds, ceux qui dégagent de la chaleur, deviennent au contraire plus électro-négatifs: tels sont le cadmium, le potassium et le sodium. En général, on peut dire que, lorsque dans l'amalgamation il y a abaissement de température, le métal amalgamé s'élève dans l'ordre des affinités positives : dans le cas contraire, le métal amalgamé est négatif par rapport au métal libre. (Jules Regnacld.)
Quand on soumet à l'action de la chaleur un alliage composé de deux métaux dont l'un est volatil, celui-ci entre en vapeur et laisse l'autre à nu. C'est ainsi qu'on retire l'argent et l'or des combinaisons qu'ils forment avec le mercure; c'est ainsi qu'en chauffant convenablement du laiton, composé de cuivre et de zinc, on peut faire complètement volatiliser ce dernier métal, et obtenir l'autre presque pur. Lorsque les alliages sont formés de plusieurs métaux, et renferment des combinaisons différentes pour la composition et la fusibilité, il se produit, en leschauffant graduellement, un phénomène particulier connu en métallurgie sous le nom de liquallon. Voici en quoi il consiste ; si l'on chauffe graduellement un alliage, la combinaison métallique fdsant partie de cet alliage, et qui sera la plus fusible, se liquéfiera la première, et suintera à travers le reste de la masse encore solide. Effectivement, lorsqu'on chauffe peu à peu un alliage composé d'équivalents égaux de cuivre et de plomb, il se sépare d'abord un alliage liquide formé de douze équivalents de plomb et d'unde cuivre, tandis qu'il reste un alliage solide renfermant douze équivalents de cuivre et un équivalent de plomb. On profite de ce partage pour faire passer dans le plomb l'argent qui est dans le cuivre, argent que l'on isole plus tard par la coupellation.
Certains alliages ont la singulière pi-opriété d« perdre leur dureté par suite de la trempe : ion peut citer comme exemple celui qui est composé de quatre-vingt-quatorze parties de cuivre et de six d'étain. Cet alliage, lorsqu'il a été refroidi lentement, est si dur qu'on peut le pulvériser à coups de marteau ; si, au contraire, il a été trempé, c'est-à-dire refroidi brusquement, il est aussi malléable que le cuivre. Ceci tient peut-être à ce que la trempe empêche les arrangements moléculaires auxquels se rattachent certaines propriétés physiques de la masse. Quoi qu'il en soit, c'est grâce à ce phénomène que nous pouvons aujourd'hui fabriquer les /am-^amquejadis nous tirions de l'Orieut.