XXII* LEÇON. — OXYDES ET MÉTAUX
ignorenf s'ils fixent l'air à leur tour, ou s'ils se bornent à en faciliter le dégagement. Les chimistes du dix-huitième siècle diraient que les principes réducteurs sont formés en gi^ande partie de phlogistique ; que celui-ci se combine avec les chaux métalliques et les change en métaux; mais ils ne se préoccuperaient pas non plus des changements qu'éprouvent les principes réducteurs eux-mêmes. Ces deux théories n'expliquent pas complètement le phénomène. Depuis Lavoisier, tout est expliqué au contraire : un oxyde se réduit et diminue de poids parce qu'il perd l'oxygène que le métal avait fixé en s'oxydant ; et comme • on connaît la forme sous laquelle l'oxygène s'en va, on peut constater que le poids, dont l'oxyde a diminué, est égal au poids de l'oxygène que le principe réducteur a enlevé. Les chimistes de la première époque, guidés par une sorte de bon sens, s'approchaient plus du vrai que ceux de la seconde, qu'une illusion égarait : cependant il ne manquait à ces derniers que de faire usage de la balance pour découvrit la vérité ; tandis que cet instrument aurait été inutile entre les mains des autres, bien qu'ils n'ignorassent pas que les métaux augmentaient de poids lorsqu'ils 'devenaient chaux métalliques. Si Stahl avait pesé un oxyde avant de le réduire, et s'il avait pesé le métal provenant de la réduction, il aurait interverti le rôle qu'il faisait jouer à son phlogistique qui serait devenu de l'oxygène.]
30o. Action des métaux et des acides sur les oxydes. — Bien qu'il soit difficile d'établir des généralités sur l'action réciproque des métaux et des oxydes, néanmoins, avec le souvenir de la classification des métaux, on peut prédire quelques résultats. Les métaux, dont l'affinité pour l'oxygène est considérable, réduiront les oxydes, dont les métaux auront pour l'oxygène une affinité moins forte; ainsi le* potassium réduira tous les oxydes des métaux appartenant aux autres sections, sauf la quatrième et plusieurs de ceux qui sont compris dans la première. Plusieurs métaux de la troisième section réduisent les oxydiE^ des trois dernières, sauf quelques exceptions. Cependant le principe est consacré, et on l'applique fort utilement dans les opérations métallurgiques.
Tous les oxydes n'appartenant pas aux métaux de la cinquième section, et qui ne sont ni singuliers ni salins, se combinent directement avec les oxacides et forment des sels : en général, ils sont tous décomposés par les hydracides et donnent