XXIII* LEÇON. — CLASSIFICATION DES CHLORURES
sont volatils et liquides. C'est ce qui faisait dire aax anciens chimistes que le chlore donnait des ailes aux métaux, La volatilité des chlorures est une circonstance qui favorise leur facile formation surtout à chaud, car le métal, se trouvant à nu, à cause de l'éloignement du chlorure qui se forme à sa surface, l'action n'est pas entravée. Si, en efiPet, on introduit du potassium dans une atmosphère de chlore, il se forme une croûte de chlorure de potassium tout autour du métal ; et comme la chaleur qui provient de la combinaison des deux éléments n'est pas suffisante pour volatiliser le chlorure formé, l'action s'arrête ; brise-t-on la croûte, l'action recommence. Si l'on fait la môme expérience avec de l'antimoine, la chloruration sera très- vive et complète, car le chloioire d'antimoine, étant facilement volatil, n'entrave point, par sa présence, l'action du chlore sur lé métal.
Le mode d'après lequel le chlore se combine avec les métaux nous suggère une remarque que nous avons faite ailleurs : nous avons observé que les corps halogènes ou congénères du chlore, en se combinant avec les métalloïdes, ne proîiuisent pas des combinaisons aussi nombreuses et aussi variées que celles qu'engendrent les corps amphigéties ou congénères de l'oxygène : or il en est de môme pour les combinaisons entre le chlore et les métaux. Nous trouverons autant de chlorures que d'oxydes basiques ou acides, et très-peu qui correspondent aux oxydes salins; mais nous n'en trouverons pas qui correspondent aux oxydes singuliers, de sorte que le nombre des chlorures est inférieur à celui des oxydes, et, à plus forte raison, à celui des sulfures. Mais comme les chlorures ont une grande tendance à se combiner entre eux, et que leurs propriétés basiques ou acides sont relativement tranchées, il en résulte qu'on peut les classer à la manière des oxydes. On aura donc des chlorures :
Basiques. Indifférents. •
Acides. Salins.
Cette classification admet implicitement que les chlorures doubles sont des chloro-sels comparables aux oxysels et aux sulfo-sels. Cette opinion a été soutenue par M. Deherain, qui, en s'appuyant sur des expériences, a montré que les chlorures doubles se prêtent aux mômes échanges que les oxysels. En effet, un chlorure plus soluble ou plus puissant chasse d'une combinaison saline un auti*e chlorure moins soluble ou moins énergique, et deux chlorures doubles mis en présence peuvent