‹ Leçons élementaires de chimieChapitre 237 sur 284 · XXIII* LEÇON. — ENCRES SYMPATHIQUES · texte numérisé non relu

XXIII* LEÇON. — ENCRES SYMPATHIQUES

d'hiver, en représenterait une de printemps, si on le ehaufifôit après avoir dessiné les feuilles et Therbe avec du chlonire de cobalt et de nickel, les baies et les fleurs rouges avec de Tazotate de cobalt, les-fleurs jaunes et les fruits avec du chlorure de cuivre, les fleurs bleues et quelques parties du ciel avec du chlorure de cobalt.

Aujourd'hui le nombre des encres sympathiques est très-considérable, parce qu'elles ne sont pas faites seulement avec des chlorures métalliques. Ceux-ci s'emploient particulièrement pour les écritures qui apparaissent et disparaissent plusieurs fois. Une foule de substances peuvent servir à tracer des caractères invisibles qui persistent, dès qu'ils sont apparus par suite d'une influence quelconque. Ainsi presque tous les acides qui ne colorent pas le papr<fr à la température ordinaire, sont des encres sympathiques qui se manifestent d'une manière permanente sous l'action de la chaleur. Tel eM l'acide sulfurique étendu d'eau, le jus de citron (acide citrique), etc. Les liquides contenant quelques sels fixes en dissolution produisent un effet analogue : la salive, le lait, l'urine en sont des exemples. La cause de ces différentes réactions est la môme. Que l'on suppose une feuille de papier, sur laquelle se trouvent des caractères tracés avec un acide ; si Ton chauffe cette feuille, la portion qui est imprégnée d'acide noircira avant que le reste du papier éprouve la moindre altération; si les caractères avaient été tracés avec un liquide salin, la portion du papier qui en serait imbibée, résisterait au contraire à l'action du feu, se conserverait blanche tandis que l'autre portion se carboniserait : dans le premier cas on aurait une écriture noire sur un fond blanc, et dans le second cas une écriture blanche sur un fond noir.

Tous les sels métalliques qui, par de doubles décompositions, fournissent des précipités colorés, "sont encore des encres sympathiques. Ainsi les caractères tracés avec une dissolution de sulfate de cuivre, apparaissent avec une couleur marron, lorsqu'on trempe le papier dans une dissolution de prussiate jaune de potasse (cyano- ferrure de potassium). Si au liéti d'écrire avec un sel de cuivre, vous écrivez avec un sel de fer, vous aurez, par le môme réactif, une coloration bleue, etc., etc. Mais nous nous proposons moins de donner ici des recettes pour faire des encres sympathiques que des moyens de les découvrir. 11 est rare que les caractères iniisibles ne deviennent pas apparents par suite des épreuves suivantes : on commence d'abord par chaulfer

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le papier ; si rien ne se manifeste, on le plonge dans une dissolution de prussiate jaune de potasse, ou d'hydrosulfate d'ammoniaque, ou bien encore dans de la teinture de noix de galle : ces trois réactifs donnent lieu à des dépôts colorés, lorsqu'ils sont mis en contact avec presque toutes les dissolutions métalliques. La teinture d'iode fera reparaître les caractères qui auront été tracé? avec de l'amidon sur du papier collé à la gélatine. Quelquefois on emploie deux encres, l'une ordinaire, l'autre faite avec de l'encre de Chine, c'est-à-dire avec du charbon ; l'ensemble de l'écriture présente ainsi un sens indifférent. Mais fait-on disparaître, à l'aide du chlore, Tencre ordinaire, le sens change ; il faut donc ajouter à la série des épreuves l'emploi d'une dissolution de chlore, pour s'assurer si l'écriture est faite avec une eiicre d'une seule espèce. Enfin, l'on peut tracer des caractères invisibles avec des matières collantes, qui, saupoudrées avec des poudres colorées, produisent une écriture visible. Cette épreuve ne doit pas être oubliée.

En définitive, il y a deux classes d'encres sympathiques : la première comprend celles qui servent à tracer des caractères invisibles que la chaleur ou certains réactifs font apparaître : dans la seconde on trouve les encres colorantes.

RÉSUMÉ

506. Il existe des sulfures opaques à éclat métallique (pyrites, galènes), et des sulfures translucides sans .éclat métallique (cinabre, blende) : les sulfures fondus sont de bons conducteurs de l'électricité. On les prépare par réduction des sulfates, par double décomposition, ou par l'action du soufre sur les métaux ou leurs oxydes.

507. On divise les sulfures comme les oxydes, et Ton subdivise les sulfures basiques de la première section en sulfures proprement dits, en polysulfures et en suif hydrates de sulfures. Ces derniers correspondent aux oxydes hydratés, et Thydrogène sulfuré y joue le rôle d'eau.

508. L'oxygène décompose, par voie ignée, les sulfures suivant la nature de leurs métaux. Si ceux-ci peuvent, en s'oxydant, devenir des bases fortes, il se formera des sulfates ; s'ils deviennent des bases faibles, il se formera de l'acide sulfurique que la chaleur décomposera ; si les métaux passent à l'état d'oxydes acides, il se dégagera de l'acide sulfureux ; si les oxydes sont décomposables par la chaleur, il ne se formera que de l'acide sulfureux, et les métaux seront mis à nu. Les sulfures dissous, exposés à l'action de l'oxygène, passent à l'état d'hyposulfites qui, plus tard, deviennent des sulfates.

Le soufre des sulfures exposés à l'action du chlore passe à Tétat de chlorure de soufre, et le métal se combine avec le chlore.

kG% XXÏV* LEÇON. — SELS.

Le carbone réduit peu de sulfures, en produisant du sulfure de carbone,

L'bydrogène, surtout lorsqu'il est à l'état naissant, réduit les sulfures en donnant naissance à de Thydrogène sulfuré. Les métaux des premières sections enlèvent généralement le soufre aux sulfures des dernières.

309. Les oxydes et les sulfures se comportent semblablement à l'égard des mêmes agents.

510. Les chlorures delà dernière section (ceux d'argent et de mercure exceptés) sont les seuls que la chaleur décompose. Sous l'influence de la chaleur, l'oxygène n'attaque que des chlorures qui n'appartienuent ni à la première ni à la septième section. Les métaux décomposent toujours les chlorures des sections qui suivent ceUes auxquelles ils appartiennent. L'eau en excès décompose certains chlorures acides et çn dissout d'autres, en les hydratant à jamais. Les chlorures basiques et plusieurs chlorures indifiéren(s de la dernière section se dissolvent dans Teau en s'hydratant; mais par Tévaporation de l'eau ils passent de nouveau à l'état anhydre.

3il. On prépare les chlorures par l'action directe du chlore sur les métaux ou sur les oxydes, ou bien encore par l'action directe des métaux sur les chlorures .

512. Lés encres sympathiques sont souvent des chlorures qui, étant anhydres, ont une couleur qu'ils perdent lorsqu'ils deviennent hydratés. Tous les sels métalliques qui, par de doubles décompositions, donnent des précipités colorés, sont encore des encres sympathiques; beaucoup d'autres substances (les acides, les liquides animaux, etc.) peuvent servir au même usage.

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