XW* LEÇON. — EAU ET SELS
Mais lorsque les sels, en se dissolvant, n'occasionnent aucun changement appréciable de température, ou ne font que relever, il faut admettre l'intervention d'influences qu'il importe de préciser. Nous savons que le dégagement de chaleur, loi's du contact des coit)s, est toujours un indice de leur combinaison. Rapportons cette notion au cas qui nous occupe et tirons la conséquence que, dans l'acte de la dissolution, lorsque la température du mélange s'élève, c'est que le dissolvant entre en combinaison avec le corps qu'il dissout. Les exemples ne nous manquent pas pour les sels solublés. Si l'on verse de l'eau sur du sulfate de soude anhydre (NaO,SO'), la température de la masse s'élève d'une manière très-sensible ; évapoi'e-t-on la portion liquide, on obtient du sulfate de soude combiné avec \0 molécules d'eau (NaO,SO'4-*^aq). Dans ce cas le dégagement de chaleur et l'hydratation du sel sont deux faits solidaires.
Que faudim-t-il penser des sels qui, en se dissolvant, ne produisent aucun changement de température ? Comme l'absorption de chaleur, c'est-à-dire le refroidissement, est un effet nécessaire du passage d'un corps de l'état solide à l'état liquide^ il faut admettre que, dans le cas d'absence de manifestation calorifique, il y a équilibre entre la chaleur absorbée par le sel qui fond, et la chaleur émise par le sel qui s'hydrate. I.e plus souvent, les phénomènes calorifiques que nous apprécions Ibrs de la dissolution des sels n'expriment que des différences. Si la chaleur provenant de Thydratation l'emporte sur celle qui est absorbée par suite de la liquéfaction, la température s élève : elle baisse au contraire lorsque la quantité de chaleur absorbée l'emporte êur la quantité émise : si l'absorption et l'émission s'équivalent, rien ne se manifeste : il y a équilibre. En dissolvant le même sel on peut donc avoir tantôt un dégagement, tantôt une absorption de chaleur. Le chlorure de calcium, le carbonate de soude, le sulfate de soude, etc., etc., produisent de la chaleur s'ils sont anhydres, du froid s'ils sont hydratés. Dans le premier cas, ils se dissolvent dans l'eau et s'y combinent : dans le second eus, ils se dissolvent purement et simplement.
Dans ce que nous venons de dire, nous avons fait abstraction d'autres influences dont l'action doit contribuer à modifier le résultat final : telles sont l'affinité entre le dissolvant et les corps à dissoudre, la dilution, etc., etc.; mais les modifications déterminées par ces influences réunies étant très-faibles, on peut les