I\* LEÇON
PROPRIÉTÉS DE l'hYDROGÈNE.
les circonstances normales de pression et de température, pese0ï%0896.
L'hydrogène est le plus léger de tous les gaz connus ; il pèse iC rois moins que l'oxygène, et 14 ^ fois moins que l'air. On prouve sa grande légèreté par une expérience dont les principales circonstances sont indiquées par les figures 18, 19 et 20.
On constate d'abord que l'éprouvette A {fig, 18) est remplie d'aifj en y introduisant une bougie allumée; ensuite on prend une éprouvette H {fig. i9), d'égal diamètre, remplie d'hydrogène, et on la retourne de manière que son ouverture qui se trouve
Fig. W.
•Fig. 19.
Fig. 20.
on haut s'adapte à l'ouverture- de l'éprouvette qui se trouve en bas. Si, un infant après, on introduit dans l'éprouvette A une bougie allumée, le gaz qui y est contenu s'enflammera en éteignant la bougie {fig. 20), ce qui prouve que l'air a été remplacé par l'hydrogène.
Une autre expérience aussi simple peut servir à la même démonstration. On remplit de gaz hydrogène une vessie à laquelle doit se trouver adapté un robinet portant un tube d'un très-petil diamètre: on plonge l'extrémité de ce tube dans de Teau de savon, et après l'en avoir retirée, on tourne un peu le ro-
rv* LEÇON.
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binet, et on presse légèrement la vessie. On forme ainsi à Textrémité du tube une bulle de savon qui, en se détachant, s'élève ds^ns l'air au lieu de tomber par terre.
48 . Faculté éminemment endosmotlque de Thydrogéne. — C'est à cause de sa faible densité que l'hydrogène est doué d'un pouvoir endosmoUque considérable. On sait qu'un gaz renfermé dans un flacon bouché par une membrane animale, s'échappe peu à peu à travers la membrane en môme temps que de l'air pénètre dans l'intérieur du vase; mais cet échange ne se fait pas par volumes égaux, puisque les quantités des gaz qui traversent une membrane sont en raison inverse des racines' carrées de leurs densités. (Gradam.) Or, l'hydrogène pesant 14 { fois moins que l'air, il doit s'en échapper un volume environ quatre fois plus considérable que le volume d'air qui entre. On s'expliquedè^ lors pourquoi l'hydrogène s'échappe beaucoup plus vite que l'air par une fêlure d'un récipient de verre, et pourquoi il traverse avec autant de facilité le papier. (Luyet.)
49. Combustibilité de l'hydrogène. — En démontrant la faible densité de l'hydrogène, nous avons incidemment constaté sa combustibilité; étant donc un gaz combustible, l'hydrogène doit agir tout autrement que l'oxygène, qui est un gaz comburant : aussi les corps qui brûlent se ravivent-ils dès qu'on les plonge dans l'oxygène, et s'éteignent-ils, au contraire, lorsqu'on les plonge dans l'hydrogène.
On peut encore montrer que l'hydrogène est inflammable, au moyen d'un appareil connu sous le nom de îampe philosophique {fig. 21), et qui consiste en un flacon à deux tubulures, dont l'une porte un entonnoir à longue tige, et l'autre un tube à extrémité ouverte et effilée.
Dans ce flacon se trouvent de Tacide sulfurique étendu d'eau et du zinc, et il s'en dégage par conséquent de l'hydrogène : en approchant une bougie allumée à l'extrémité du tube effilé, il se manifestera une flamme jaune peu lumineuse.
En faisant cetle expérience, ainsi que toutes celles où l'hydrogène doit s'enflammer, il est essentiel de s'assurer que l'air de l'intérieur des appareils est complélement expulsé et remplacé par de l'hydrogène, car autrement des explosions peuvent avoir lieu par suite du mélange de l'air avec de l'hydrogène.^
Fig. 21.
Lampe
philosophique.
g; IV** LEÇOH. — UAHMONICA CHIMIQUE.
Quand on enflamme do riiydrogL'Hc^ peu impcn'te qu iî sorte do la lampe philosophique^ ou qu'il se trouve conLejiu d;iusune épiouvettej on remarque toujours une faible dL-loualion^ cY^st que riivdi'ûgène^ en brûlant, se combine avec de l'oxygène et forme de l'eau quij une foiseundensée, a un volume incomparablement plus petit que celui des deux gaz d'où elle piovient. Quand on met le feu à ur mtUange d'hydrogène et d'oxygène^ ou bien encore ù un mélange d'hydrogène et d air^ il doit donc se fûruier un vide où Tair se précipite: c'est rarrivée brusque
de t'air dans ce vide qui eccasionue le bruit ^ qui sera faible si le volume du mélange gazeux est petitj et qui deviendra une détonation si le volume du mélange est considérable.
C'est ainsi qu on a prétendu expliquer le ph*!nomL^ne de l'harmonica chimique, ou le son que Von produit lorsqu'on suspejid un tube en verre d'un certain diamètre sur ta flamme de la lampe philosophique, et qu'on le baisse peu à peu, mais de façon à conserver toujours la flamme dans son axe {/ig. 22).
Dans CCS ciixonstances, a-l-en ditj de petites quantités de gaz hydrogèue se mêlent, à la faveur du courant d'air réglé, avec l'air atmosphérique, et détonent- SI le nombre des petites détonations qui ont lieu dans une seconde se rapproche de celui des vibrations que la colonne d^air^ dans le tube de verre, doit exécuter dans le mûme temps pour produire le son fondamental^ ce son se fera entendre^ et il passera même à Toctave immédiatement supérieure, si le nombre des vibrations dans une seconde devient double.
Cette explication a été combattue par M. Faraday en démontrant que le phénomène a également lieu quand on rcûiplace la flamme de l'hydrogène par celle de l'oxyde de carboiie* Dans ce dernier cas^ il ue peut y avoir ni formation de vapeur d'eau.
Fîfç^ iî- — EarmoDica. chimique.