IV* LEÇON. — HARMONICA CHIMIQUE
ni condensation de cette vapeur, ni formation de vide, et cependant le phénomène ne manque pas à se produire.
M. Schrœtter, en s'appuyant sur des expériences directes, a donné de ce phénomène une autre explication.
Quand on observe, dit-il, dans l'obscurité l'appareil en activité de Yharmonica chimique, on remarque, outre la flamme principale, une seconde petite flamme bleue renversée qui semble entrer par la pointe du tube de dégagement, dont l'ouverture sert alors de base commune aux deux flammes. Ces deux flammes ne brûlant pas successivement, mais à des intervalles successifs (rès-courts il en résulte des intermittences très-rap^rochées qui occasionnent le son, et voici de quelle manière. Le courant d'air qui monte dans le tube extérieur entraînant la flamme principale détermine un plus grand écoulement de gas hydrogène, et de là une diminution de tension dans le flacon de dégagement, et forcément une rentrée d'air par l'orifice du tube effilé : c'est cet afflux d'air qui détermine l'apparition de la flamme bleue intérieure et renversée : mais comme celle-ci ne tarde pas à son tour à opérer un appel, il en résulte qu'elle se trouve chassée par le courant qu'elle détermine elle^nôme. Ces apparitions et ces disparitions de la petite flamme bleue se succédant avec une grande rapidité et d'une manière régulière, engendrent dan^ la colonne d'air du tube extérieur une suite de vibrations d'où naît un son musical.
L'hydrogène, étant un gaz combustible, ne peut pas être respirable, car le but principal de la respiration est d'introduire dans l'économie un corps comburant qui doit brûler certains principes, et produire ainsi une grande partie de la chaleur nécessaire à la vie. La respiration exige donc un gaz comburant et non combustible. Voilà pourquoi rien n'est respirable que Toxygène, car lui seul est comburant.
L'hydrogène, bien qu'impropre à la respiration, n'est pas délétère, ainsi qu'on l'a cru dans un temps ; il peiit asphyxier, mais il n'empoisonne pas. [Cependant, il y a quelques années, un chimiste anglais expérimenta sur lui-môme pour savoir jusqu'à quelle lixxnie on pouvait respirer impunément l'hydrogène : l'expérience était à peine commencée qu'il fut saisi d'un malaise général, et une stupéfaction complète se déclara bientôt ; au bout de quelques heures il mourut victime de son imprudence. Imprudence, ai-je dit, car d'autres expérimentateurs ont respiré de l'hydrogène sans conséquences funestes, probablement parce
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qu'ils se sont arrêtés à temps, ou à cause que le gaz était trèspur. Pilatro de Rosier fut assez téméraire pour aspirer un mélange détonant, qu'il enflamma en Vexpirant, Il en fut quitte , Ainsi qu'il le dit lui-même, pour une commotion douloureuse surtout dans la bouche.]
^0. Intensité calorifique de la flamme de Thydrogèiie* ^^ Bien que la flamme de l'hydrogène soit des plus faibles, elle n'en est pas moins des plus chaudes ; un gramme de ce gaz dégage en brûlant 34462 calories, et sa flamme a une température de 3259 degrés centigrades. (Bunsen.) Cela étonne d'autant plus, que d'habitude on mesure, par la pensée, la température dun corps incandescent d'après son éclat; mais une* flamme n'est lumineuse qu'autant qu'elle contient des corps solides. Imaginons qu'un bec circulaire à gaz ordinaire soit alimenté par de Thydrogène : la faculté éclairante de celte flamme sera si faiblr, qu'à peine on distinguei:^ un objet à quelques pas d'elle ; mais qu'on y plonge un anneau en toile de platine, ayant le mémo diamètre et la même hauteur que la flaname, aussitôt i[ se produira un éclat éblouissant, supérieur môme à celui du gaz d'éclairage. Une toile d'amiante ou de toute autre matière fixe produirait un effet analogue.
Pour rendre lumineuse la flaname de l'hydrogène, il suffit de mêler nycc ce gaz une vapeur ou un autre gaz combustible et renferrnjuit du carbone. Verse-t-on, en effet, un peu d'essence de térébenthine ou un peu d'éther ordinaire dans la lampe phiînsophiiine, ou bien enflamme-t-on l'hydrogène après lui avoir hit ti ïiviTser une légère couche de benzine {fig, 23), on obtiendra dans tous les cas une flamme douée d'éclat. On aura'l'explitation do ce phénomène en parlant de l'air atmosphérique.
Si l'hydrogène produit une flamme très-chaude auand il brûle dans Vair^ il en produit une plus chaude encore en brûlant dans l'oitygène. On est ainsi parvenu à fondre les corps les plus réfractairL'S, tels que le platine et le quartz. Pour obtenir lemaximun de chaleur par la combustion de l'hydrogène dans l'oxygène, c'est-à-dire pour obtenir une flamme dont la température soit de 800 1 degrés centigrades (Bunsen), il importe que le volume du premier de ces deux gaz soit le double du volume du second ; mais comme un pareil mélange est éminemment détonant et peut occasionner des explosions dangereuses, on se borne à mêler les deux gaz au moment où ils sortent de leurs gazomètres respectifsj en les faisant arriver simultanément dans un chalumeau
I\* LEÇON. — POUYOIR CALORIF. DE L'HYDROG. 67
métallique de petit diamètre (fig, 24). On conçoit que l'écoulement étant réglé par un robinet à cadran, la flanuue restera invariable pendant des expériences de longue durée.
Faute de gazomètre, on peut le remplacer par deux vessies d'inégale grandeur : elles suffisent déjà pour fondre l'extrémité
Fig. 23. — Appareil pour rendre lumineuse la flamme de l'hydrogène.
A flacon où se dégage l'hydrogène.
B éprouvèlte à pi^ où se trouve une couche de benzine.
R tube efBlé par où sort le gaz donnant une flamme éclatante.
Fig. 24. — Chalumeau pour les mélanges gazeux détonants.
R robinet à triple ouverture.
0 branche du chalumeau qui communique ayec le gazomètre à oxygène.
H branche du chalumeau qui communique avec le gazomètre à hydrogène.
C bec du chalumeau.
M cylindre rempli de rondelles de toile métallique.
68 iV LEÇON* — INFLAM. DE l'UïDROG. A FROID.
d'mi fll de platine d'un dcini-mllliiiiètrc de diamètre, et pour arrondir les arOtcs d'une esquUlti tu quarlz; mais, dans ce cas, il faut avoir le chalumeau de BaHiel! qui œnsiste en deux tubes mdtalliqiR^s coneriilrique:? et i^e lermitiant par une petite chambre ce mi que [lereee, qui est le bec du rlialumeau : les diamètres des lieux tubes sont tels, que la pression exercée sur les vessies élaut la niCuie, le volume du ^az qui s'écoule par l'un des deux tubes est le iloubledu volunie (|ui s'écoule par Tautre. Le tube à plus pelit dianièlrej et qu'où peut appeler tube^ axial.
H vcBsie à hyilrogéne.
O vessie à oxyi^^èiiCK
r robîne't \m^i'\ un laUv inti^riiiUi' ûu ûïial par où s'écoule l'oxygène.
robinet vt^sii tui litho rst^irictir par tnï ia^i5c<.njl<î rh|«trogène. b bcii du cLu]u:[iL>!<iu, t^u tlmjiibjc m aboutissent lus deux tubes et où se mêlent le;> deux ^ai.
se vî&se au robiiiel de hi petite messie à oxygène, et le tube extérieur se ^isse au lobiuet de lu ^^rjuide vessie à hydrogène iftg, 211),
Lil. Inflammation de l'hydrogène sans intervention directe et immédiate de chaleur, — Si, à l'aide d'une pince, on approche de 1 ouverture du tube eflile de la lampe philosophique (h^j/^V"-') ^iii P^'Li d épouse tie platine, l'hydrogène s'enïlamnieia iuiuic^dîaleuuHit. Ces! sur ectte propriété qu'est fondée la cousE rue lion des bii quels à bvdrogène, que les allumettes cliÎQiiques ont luit presque tomber dans l'oubli. Si, au Heu d' éponge de platiuc^ ou jippioebe de l'ouverture du tube effilé UQ peu de pajner ou d'îiinaiiuii enduits de noir de plàtinç (platine extrùuiemeiit di v isé), l amadou et le papier s'allumeront ; et parcilleniuul uu mélange de deux volumes d'hydrogène et