IV* LEÇON
HYDROGENE ALLOTROPIQUE.
d'un volume d'oxygène détonera immédiatement, si l'on y introduit une très-petite quantité de noir de platine.
[Comme on obtient le môme résultat en se servant d'autres métaux très-divisés, tels que le rhodium par exemple, on en avait attribué la cause à l'état de grande division auquel ces métaux pouvaient être réduits ; mais cette explication est insuffisante, car si l'on abandonne une lame ou un fil de platine dans un mélange détonant, le volume de celui-ci diminuera peu à peu : ce qui prouve que les deux gaz se combinent lentement par le simple contact du métal. Il y a donc ici une action de contact, ou si l'on veut une action de présence qui est tout à fait indépendante de la division ou de la porosité du métal. En somipe, on peut admettre que la combustion de l'hydrogène par le platine en présence de l'air ou de Toxygène n'est pas encore complètement expliquée.]
52. Hydrogène allotropique. — On a vu que l'oxygène obtenu par l'électrolyse de l'eau acide possède des affinités énergiques et^eut oxyder à froid des corps qu'il n'oxyde directement dans aucun cas (argent), ou qu'il n'oxyde qu'à chaud (mercure).
Fig. 26. — Appareil pour préparer l'hydrogène allotropique.
R récipient contenant l'eau fortement acidulée par de l'aoide sulfurique de Nord-
hausen récemment distillé.
C fil de l'électrode en platine allant au pôle positif de deux éléments de Bunsen. Z fil de l'électrode en platine allant au pôle négatif. F flacon sans fond à deux tubulures, dont une livre passage au fil de l'électrode,
et l'autre au tube abducteur.
/ tube abducteur.
0 verre contenant le réactif.
D'après les expériences de M. Osann, l'hydrogène qui provient de l'électrolyse de l'eau est doué à son tour de propriétés réduc-
70 lY® LEÇON. — APPLICATION DE l'hYDROGÈNE.
tives qu'on ne constate pas dans l'hydrogène préparé par les procédés ordinaires. En effet, si l'on dirige un courant d'hydrogène normal dans une faible dissolution de perchlomre de fer, où se trouve un peu de prussiate rouge de potasse (ferricyanide de potiissiuiij), on ne remarquera aucune réaction. Mais si c'est de l'hydiûgèim |i revenant de l'électrolyse de l'eau, il se formera un dépOt de bleu de Prusse qu'on n'obtient dans les circonstances ordiiKiires qu'eu opérant avec du. protochlorure de fer. Il est donc evîdeni i\\î(\ l'iiydrogène provenant de la décomposition électrique de l'e:iii a réduit le perchlomre de fer et l'a fait passer à réiat de pi otochlorure, car autrement la réaction n'aurait pas eu lieu (/^>, l'O),
aà. [Expérience de M. Osann, -^ Pour démontrer à la fois ' Véïni allfilmpifïae de l'oxygène et de l'hydrogène provenant de la dé^fmlpn^ition de l'eau, M. Osann s'est servi d'électrodes foi'niL'es iJe hinies de platine platinées, c'est-à-dire recouvertes d'une cûuclie de noir de platine. Après avoir fait passer le courant peu [Ja lit quelque temps dans l'eau fortement acidulée par de rjicide iî^lfurique de Nordhausen récemment distillé, il a plijugé I élet'lrnde négative dans une solution de sulfate d'argent, et LVlet tmLÎp jtûsitive dans une dissolution amalycée d'iodure de potiis&îuiji. Cette dernière a bientôt bleui, et l'autre dissolution a laissé déposer de l'argent métallique, ce qui prouve la réduc- - tioii du sulfate d'argent par l'action de l'hydrogène. Le m^me expériTiiontatinir a observé que l'hydrogène est toujours dans un élat allotropique, peu importe que l'eau d'où il se dégage par rélectrolyse soit acide ou alcaline, tandis que l'oxygène ne devieiiL iillolmpique ou ozone qu'en se dégageant d'une eau acide. M. Osann dit également que l'hydrogène devient allotropique" rien que par son contact avec le platine très-divisé.]
i>i. Applications de rhydrogène. — Pendant longtemps on a chargé les aérostats avec l'hydrogène; aujourd'hui on préfère le giu provenant de la distillation de la houille. Celui-ci éîïirit plus dtMise, il faut que le diamètre du ballon soit plus giainU pour iivoir la même force ascensionnelle; mais cet inconv(.'nÎEiit est compensé par une plus longue conservation de 1fi i'harf;e ('i5)-
L iiydrogèite. sert aussi à éclairer, pourvu qu'on rende sa rtamme éelabuite (50). On a essayé de le faire servir comme moyen de elîimlTage, en se fondant sur sa puissance calorifique de combu.Htîon (50;.. Ce gaz est principalement employé en mélange