V* LEÇON. — PURIFICATION DES EAUX
grande partie de ces dernières par des moyens chimiques; on éloigne les autres par des moyens mécaniques.
a. Par des moyens chimiques. — Les eaux limpides sont souvent impropres aux usages de la vie et se prêtent mal aux opérations de rindustrie, lorsqu'elles renferment une trop grande quantité de sels calcaires. Si elles sont riches en bicarbonate de chaux, elles offriront l'inconvénient de se troubler par TébuUition et de fournir des dépôf s calcaires ; mais si, étant limpides, on y ajoute un peu d'eau de chaux, elles se troubleront immédiatement et laisseront déposer du carbonate de chaux. Une fois éclaircies par le repos ou par le filtrage, elles se trouveront purifiées et seront aptes, par conséquent, au savonnage, à la cuisson des légumes, à la fabrication du savon, etc.
Si elles étaient séléniteuses, c'est-à-dire riches en sulfate de chaux, on les en débarrasserait par un peu de carbonate de soude, qui donnerait naissance à du carbonate de chaux insoluble et à du sulfate de soude ; ce sel resterait dissous dans l'eau, qui ne serait pas moins propre aux usages domestiques et industriels.
Quelles que soient la nature et la quantité des substances terreuses tenues en suspension dans une eau bourbeuse, celleci deviendra potable dans un intervalle de 7 à 10 minutes, si pour chaque litre on lui ajoute 0*«%28 de sulfate d'alumine, en ayant soin d'agiter la masse au moment où l'on introduit le réactif. Dans ces circonstances, le sel se décompose, l'alumine devenue libre entraîne, en se déposant, les substances troublantes et humiques. L'acide, devenu libre à son tour, attaque les carbonates dissous dans l'eau, et engendre des sulfates qui ne nuiront point à la qualité de l'eau, si toutefois ils ne sont pas en excès. (Jknnet.)
L'eau qui renferme beaucoup de substances organiques peut être épurée par son contact avec le fer. L'azote de ces substances est transforaié par le métal en acide azoteux qui oxyde et détruit chaque particule de matière putride ou putrescible. (Medi.ock.)
J'ai bien souvent constaté que du fil de fer plongé dans de l'eau de la Vilaine (eau remarquable par sa richesse en matières organiques) s'entoure, après quelques heures, d'une matière floconneuse, et donne lieu à un dépôt ordinairement jaune rougeâtre. Dès que l'action paraît arrêtée, vient-on à filtrer l'eau, on la trouve d'une pureté remarquable. L'eau de la Tamise puisée
V^ LEÇON. — FILTRE FONYIELLE.
à Londres n'a plus aucun goût et devient parfaitement potable en séjournant dans des tonneaux de fer à bord des vaisseaux de guerre. Le plomb agit comme le fer; mais, tandis qu'il ne reste pas de trace de ce dernier métal dans l'eau, on y trouve au contraire des quantités notables de plomb. Cela explique pourquoi les réservoirs en plomb ne sont pas attaqués par toutes les eaux, mais seulement par celles qui sont riches en substances organiques.
6. Par des moyens mécaniques. — Le moyen mécanique le plus convenable pour la purification des eaux est le filtrage ; mais l'emploi des filtres réclame des soins sans lesquels une eau peut perdre ses qualités, par cela seul qu'elle a été filtrée.
L'eau abandonne aux filtres les matières qiii la rendent trouble ; à la longue, ces filtres s'imprègnent d'une espèce de vase qui, accumulée au delà de certaines limites, altère l'eau qui la traverse. Il faut donc qu'un filtre en activité soit nettoyé de temps
Fig. 36. — Coupe verticale de l'appareil Fonvielle pour la filtratioa des eaux.
en temps, et, pour ainsi dire, remis à neuf. V appareil Fonvielle, que nous donnons comme exemple d'un filtre, se trouve dans de bonnes conditions sous ce rapport.
Ainsi qu'on le voit par la coupe verticale de la figure 36, le