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VI* LEÇON. — COMPOSITION CONSTANTE DE L AIR

l'acide carbonique et de l'oxyde de carbone. Nous ne parlons pas dans ce moment des causes accidentelles qui peuvent produire le même effet, telles que les putréfactions, les fermentations, et une foule de réactions chimiques difficiles à déterminer.

Ce qui précède fait ressortir toute l'importance de bons systèmes d'aérage et de ventilation qui sont développés dans des ouvrages spéciaux, dont un des plus remarquables en France est celui de M. Péclet {Traité de la chaleur); et il est toujours bon de se souvenir qu'il est indispensable aux hommes, aussi bien qu'aux animaux qui séjournent dans des enceintes fermées et sans ventilation, d'avoir une quantité d'air assez considérable pour empêcher les produits de la respiration de faire prévaloir leurs propriétés malfaisantes. Ainsi chaque homme ne doit pas avoir moins de 6 mètres cubes d'air par heure; un cheval ne doit pas en avoir moins de 18; il y aurait avantage à augmenter ces quantités. En tout cas, on ne doit pas compter sur les mauvaises jointures des portes et fenêtres, dont l'influence est presque nulle.

89. Invariabilité probable de la composition moyenne de Tatmosphëre. — Il est probable que, depuis que l'homme existe, la composition moyenne de l'air n'a pas varié, et qu'ilen sera toujours ainsi, en vertu du jeu régulier des forces qui agissent à la surface de la terre ; et si on voulait désormais s'en assurer, il faudrait analyser, à ^ies époques éloignées, des quantités notables d'air, telles que, par exemple, un à deux mètres cubes.

« [Voici quelques calculs approximatifs qui montrent jusqu'où « il faudrait pousser l'approximation pour atteindre la limite où « les variations de l'oxygène pourraient se manifester d'une ma- « nière sensible. Supposons que chaque homme consomme un « kilogramme d'oxygène par jour, qu'il y ait un milliard d'hom- « mes sur la terre, et que par l'effet de la respiration des ani- « maux, cette consommation soit quadruplée. Admettons de plus « que l'oxygène dégagé par les plantes vienne compenser seule- « ment l'effet des causes d'absorption d'oxygène oubliées dans « notre estimation. Eh bien ! dans cette hypothèse exagérée, au « bout d'un siècle, tout le genre humain réuni, et trois fois son « équivalent, n'aurait absorbé qu'une quantité d'oxygène égale « au poids de i5 à 16 cubes de cuivre d'un kilomètre de côté, 0 tandis que l'air en renferme près de 1 34,000. Les modifications « que l'air peut éprouver sous le rapport de l'oxygène, seront

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« donc tout au plus du même ordre que les modifications que « l'on observe dans l'air sous le rapport de l'acide carbonique. « Or, il a été facile d'estimer rigoureusement le poids de l'acide « carbonique, qui varie de 7—7 à 77^77. En supposant que cet « acide carbonique vienne de l'oxygène formé par l'air, la diffé- « rence de ces nombres qui est égale à —77 du volume de l'air, extt primerait la variation que l'oxygène aurait éprouvée. Ainsi, dans « 10,000 volumes d'air, on trouverait 2,09i ou 2,093 d'oxygène, i< différence inappréciable si l'on analysait 25 grammes d'air, car « elle ne serait représentée que par 2 à 3 milligrammes; mais « en opérant sur un kilogramme, la différence serait représentée « par 200 à 300 milligrammes. (Dumas.)

« Quant à l'acide carbonique, rien ne saisit davantage l'imagi- « nation que la pondération entre les causes qui tendent à faire « disparaître l'acide carbonique, et les causes qui tendent à le « ramener dans l'atmosphère.

tt La portion que la formation des êtres organisés soustrait à tt Tair est remplacée par le produit des combustions lentes. En t( supposant qu'un homme moyen brûle en respirant 10 grammes « de carbone par heure, rien que la race humaine engendrera (( annuellement 160 milliards de mètres cubes d'acide carboni- « que : un hectare de terre, moyennement fumé et considéré « sous l'épaisseur de 8 centimètres, en dégage toutes les 24 heu- « res presque 160 mètres cubes. Avec de pareilles sources on « peut donc concevoir un équilibre entre la production et la « fixation.

« Mais à côté des êtres organisés qui se décomposent et brûlent « par la voie de la pourriture, de la fermentation, de laputréfac- « tion, il existe d'autres sources qui, en définitive, doivent tendre « à augmenter l'acide carbonique dans l'air.

« L^Europe retire tous les ans des viscères de la terre 530 mil- « lions de quintaux métriques de combustibles dits minéraux (V qui, en brûlant, donnent naissance à 80 milliards de mètres c( cubes d'acide carbonique. En outre, si l'on pouvait calculer « tout l'acide carbonique que les volcans vomissent et que a certaines sources minérales laissent dégager à chaque instant, « on arriverait peut-être à des chiffres auprès desquels les 80 mil- « liards dont on vient de parler ne seraient qu'une quantité (1 insignifiante.

« Quelle est donc la (5ause concurrente qui entretient Téquili- « bre ? Dans les eaux, il s'opère sans cesse un travail de fixation

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