VI' LEÇON. — COMBUSTION ET RESPIRATION
environ à 450 litres. Il doit donc, quelle que soit la quantité de ce dernier gaz qu'il introduira, sous forme solide, dans son économie, au moyen des aliments, en puiser la plus grande partie dans l'air atmosphérique. Par conséquent, toute cause qui tendrait à diminuer la proportion de l'oxygène dans l'air serait 4iéfavorable à la respiration. Un homme peut vivre néanmoins dans une atmosphère confinée qui ne contiendrait, par exemple, que 18 ou 19 p. 0/0 d'oxygène au lieu de 21 ; dans une atmosphère confinée, dis-je, car c'est dans cette condition seulement que la diminution relative de l'oxygène est admissible ; or, dans l'air confiné et dans l'état normal des choses, l'oxygène soustrait est remplacé par des gaz irrespirables.
M. Leblanc, par une série d'expériences fort bien faites, et dont on trouve les détails dans le cinquième volume de la troisième série des Annales de Chimie et de Physique, a démontré qu'une atmosphère viciée par 3 ou 4 p. 0/0 d'acide carbonique, provenant de la combustion du charbon, devenait subitement mortelle pour un chien de forte taille, tandis que, pour produire le môme effet, il fallait { 0 fois plus d'acide carbonique pur. C'est qu'il suffit que l'air renferme 1 p. 0/0 d'oxyde de carbone pour être aussi asphyxiant que s'il contenait 30 à 40 p. 0/0 de gaz acide carbonique. Avec de l'air qui ne contenait que 4,6 p. 0/0 de ce dernier gaz et 0,54 d'oxyde de carbone, M. Leblanc a asphyxié un chien aussi subitement qu'avec de Tair artificiel qui contenait 30,4 p. 6/0 d'acide carbonique pur. On s'explique ces différences en se souvenant que, pendant la combustion du charbon, il se forme presque toujours une certaine quantité d'oxyde de carbone. Par une raison du môme ordre, on comprend pourquoi l'homme pourrait vivre, sans être notablement gôné, dans de l'air qui ne contiendrait que 2 à 3 p. 0/0 d'acide carbonique pur, tandis qu'il éprouverait une sensation de malaise prononcée si la proportion de ce gaz ne s'élevait qu'à \ p. 0/0 par l'effet de la respiration. Les gaz expirés renferment des matières animales difficilement saisissables par l'analyse, et qui, aspirées de nouveau, exagèrent la sensibilité du système nerveux et la rendent plus impressionnable à l'influence du gaz acide carbonique.
Ainsi les causes principales qui vicient l'air confiné sont : la respiration, qui lui enlève de l'oxygène et y introduit de l'acide carbonique et des matières animales ; la combustion, surtout du charbon et du bois, qui lui soustrait de l'oxygène et y verse de