VIT LEÇON. — ' DEUTOXYDE B AZOTE
Dans quelques cas Je bioxydc d'azote se rcduit avec autant de facilite qu'il sesumxvde. Q^iîind on fait passer un mélange de bidxyde d'azote et d'hydro^^i^ne sur de l'éponge de platine chaude, il se forme de Teau et de l'ammoniaque, et le bioxyde disparait^en vertu de la réaction exprimée par Té galitr^ Sfuivantc:
Az02 + 5H = AzH^ f £110 l>cutyï\tie d'azote. U^drogène. Ammoniaque. Eau.
Les dissolutions des sels à base de protoxyde de fer absorbent, avidement le deutoxyde d'azote, et passent de la couleur vert bleuâtre clair, qui leur est propre, au rou^^e brun qui se fonce d'autant plus que T absorption augmente. Cette propriété e^t utilisée pour séparer le deutoxyde d'azote qui se trouverait mOlé avec d'autres gaz, et pour reconnaître la prÉsencc de l'acide aïo tique dans un liquide donné (93 bis).
Les quatre combinaisons que nous venons d'étudier constituent pour ainsi dire un. seul fiusceau : Ttiistoire de Tune implique celle des autres, et aucune d'elles ne peut Otre isolément conçue par la pensée. Le résume suivant va le prouver. L'acide azotique (de Teau duquel nous ferons abstraction pour plus de simplicité), en perdant une molécule d'oxygène, passe il l'élat d'bypoazoHde {AzO^ — 0 ^ AzO*) ; ceiui-ci, par Taction de l'eau froide, reproduit de Tacide azotique et donne naissance en même temps à de Tacide azoteux ;
(2AzO* = Ai£Û*-f AzO^),
Si Tacide aKOlique perd 2 molÉeules d'oxygène, il devient acide azoteux (AzO^ — 0^= AzO^); celui-ci, sous Vinfluenee de l'eau à la température ordinaire, reproduit à son tour Tatidc azotique et engendre en mOmc temps du deutoxyde d'azote (3Az03 = AzO" -l^SAzO'); s'il perd 3 molécules d'oxygène, l'acide azotique passe à l'état de deutoxyde d'azote {Az(F — 0*— AzO*) ; ce gaz, en présence de l'air humide, devient hypoazotide et eusuile acide
3AzO»t=2AzO» + .UO')' '^'''°'"' '^'"' '" ^o^'^'er acide et le deutoxyde d'azote non-seulement sont les extrêmes de la série, a cause de leur composition, mais encore par leurs propriétés* Effectivement, ils sont l(?s plus stables des quatre composés, et dans les circonstances les plus ordinaires, c'est-à-dire en
vil* LEÇON. — Î^ROTOXTDE D*AïOTE.
pi'pSLHice de l'air et ik l'eaUj on loy voit tour à tour paraître rt disparaître, et signaler ainsi le commencement et la fin d'une série de phénomènes Irès-remarqnablcs.
l! nous reste à examiner le cas où l'acide azotique perd 4 équivalents d'oxygène^ et se transforme Qnprotoa^de d'azok.
PBOTOXVPE D AZOTR
10!^. Préparation du protoxyde d*azote< — Pour obtenir le protoxyde d'azote (gaz découvert par Pnestley, en 1772, sous le nom de^a; nitreux di^phlogwtiqué)^ on décompose de lazotate d*ammomaque à l'aide de la chaleur : le sel doit âtre contenu
Ki^. 1)4. ~ -ipparcJL pour Ja pri^ptàratiuLi du' [iroloi^du é
dans nn petit ballon qui communique par un tube abducteur avec une éprouvette remplie de mercure (fig. S4). Voici ce qui se passe :
Le se! se convertit en eau et en proloiyde d'azote :
AïH^HÛ.AzO^ — 2AzO + iliO A iota le cruiiiioouiâque. Protoiyde d'ftiotc .
104. Propriétés du protoxyde d'asote. — Le protoiyde d'nzote est incolore et inodore, et^ bien que formé par deux gai
rais/ ^
Vil® LEÇON. — TROTOXYDE D'aZOTE. 145
permanents, il ne l'est pas lui-même : il se liquéfie à zéro sous une pression de 30 atmosphères, et devient solide à — iOO". D'après M. Dumas, ce gaz liquéfié peut se conserver quelque temps dans des tubes ouverts , surtout si l'air ambiant est sec. Sa vaporisation produit un froid extrême que l'on utilise dans les cours pour réaliser une très-curieuse expérience. On vexse un peu de mercure dans un tube contenant quelques centimètres cubes de protoxyde d'azote liquéfié ; le métal se congèle ; on laisse tomber dans le même tube un petit fragment de charbon incandescent qui surnagera en répandant un vif éclat provenant de sa combustion devenue plus énergique. Ainsi dans la partie inférieure du liquide un froid capable de congeler le mercure, à la surface une vive combustion^ et par conséquent dégagement d'une forte chaleur.
La densité théorique du gaz protoxyde d'azote est. . 1 ,524 somme d'une densité entière de l'azote. . . .' . 0,972 et d'une demi-densité de Tôxygène . .• 0,552
l,5?4 La densité trouvée par l'expérience est 1,5*27.
Un volume de ce gaz renferme ( . ,* ,,^^ ^'
° ( * vol. d oxygène.
("ette composition, exprimée en équivalents, devient :
1 équiv. azote. 14 = 63,77
i équiv. oxygène 8 = 36,33
Un litre de ce gaz pèse 18%976.
Le protoxyde d'azote a une saveur légèrement sucrée ; l'eau à 1 5° en dissout la moitié de son volume ; il semble être un très-bon comburant, car lorsqu'on y plonge un corps incandescent, la combustion se ravive. Si, en effet, on introduit dans une large éprouvette remplie de ce gaz une capsule contenant un peu de phosphore déjà enflammé, sa lumière devient plus éclatante .
Néanmoins, le protoxyde d'azote n'est pas plus comburant que le deutoxyde. Lorsqu'un corps y continue à brûler, c'est que la température du corps déjà en combustion le décompose; il se forme par conséquent, autour du combustible, une atmosphère d'azote et d'oxygène, dans laquelle ce dernier gaz est en plus