OZONE OD PEROXYDE D'OXYGÈNE
McoDTert par Sditabein en 1840.
On sait que les déchaînes répétées d'une bonne machine électrique développent une odeur particulière. Elle est due à la production d'un corps que Schônbein a nommé ozone (de ô!;<ii, je sens).
Expérience. On mêle dans un mortier du permanganate de potassium avec du bioxyde de baryum, et après l'avoir introduit dans un ballon, on arrose ce mélange avec de l'acide sulfurique. On perçoit immédiatement l'odeur caractéristique de l'ozone, et si l'on plonge dans le col du ballon un papier humide, imprégné d'amidon etd'iodure de potassium (*), on voit le papier bleuir immédiatement. Cet effet est dû à l'ozone qui se dégage.
Ce corps remarquable se forme, en outre, dans les circonstances suivantes :
i' Par le passage d'étincelles électriques à travers l'oxygène. 11 suffit de faire passer ces étincelles à travers de l'oxygène contenu dans un tube au-dessus d'une solution d'amidon ioduré, pour voir apparaître la coloration bleue (fig. 20).
On a remarqué qu'il se produit une plus grande quantité d'ozone lorsque le passage de l'électricité à travers l'oxygène s'effectue, non pas par des étincelles, mais sans lumière, par des décharges obscures {Andrews et Tait, de Babo). L'oxygène sec et pur peut se convertir en ozone dans ces circonstances. Mais, en général, cette conversion ne s'accomplit que partiellement, l'ozone formé demeurant mêlé à
(*) On nomme un tel papier ozonoscopiqne. Il Lleuit par l'action qu'exerce sur l'amidon l'iode mis en liberté par l'oione. D'après M. Houzeau, il est préférable de se servir d'un papier de tournesol rouge yineui très-sensible, dont la moitié est imprégnée d'iodure de potassium. L'ojone fait bleuir cette dernière moitié, car en décomposant l'iodure de potassium, il met de la potasse en liberté et celle-ci bleuit le papier rougi. Dans ces condiUons, l'autre moitié ne change pas de couleur, tandis qu'elle passerait au rouge Tif sous l'inHuence Je vapeurs acides, et au bleu sous l'influence de l'ammoniaque.
un grand excès d'oxygèae. Une contraction se produit au momeni où Toxygène se transfornïe en ozone. Ces expériences prouvent qu( l'ozone est de l'oxygène condensé (Andrews et Tait, de Babo, Soret),
MM. Ilautefeuille et Cliappuis ont montré récemment qu'or augmente noI;iliiement la proportion d'ozone, par l'action des ef- Iluves électriques sur l'oxygène, en refroidissant ce dernier. .\ — 23», sous la pression de 700', la proportion d'ozone peut atteindre 0,214 pour \ partie d'oxygène.
2° Par rélectrolyse de l'eau. Lorsqu'on décompose par le courani de la pile de l'eau acidulée, l'oxygène dégagé autour du pôle positif renferme de petites quantités d'ozone. La formation de ce corps est favorisée lorscju'on aionl-^ à l'eau une quantité assez notable d'acide sulfurique ou d'acide chromique.
3° Dans les oxydations lentes.
Qu'on introduise dans un grand flacon de l'eau et quelques bâtons de phosphore, de manière que ceux-ci dépassent le niveau du liquide, et qu'on agite le tout de temps en temps bientôt l'atmosphère du flacon sera chargée d'une petite quantité d'ozone.
D'après Schônbein, qui a observé ces faits, l'ozone se produit dans toutes les oxydations lentes. Ainsi, lorsqu'on abandonne lessence de térébenthine à l'air, sous l'influence de la lumière so'.aire, elle s'oxyde lentement, en se résinifiant, et se charge en même temps d'une petite quantité d'ozone qu'elle dissout.
4" Par la décomposition du bioxijde de baryum par l'acide sulfurique. Cette décomposition donne naissance à du sulfate de baryum et à de l'oxygène chargé d'une petite quantité d'ozone (Ilouzeau).
S0*H2 + BaO- = SO*Ba + H^O + 0
Il convient d'introduire le bioxyde de baryum par petites por-
Fig. 20.