‹ Leçons élémentaires de chimie moderneChapitre 166 sur 386 · BISMUTH · texte numérisé non relu

BISMUTH

Expérience. Qu'on ajoute une très-petite quantité de cliloruie Cr-Cl* à de l'eau chaude tenant en suspension du chlorure vio.'i't 'ir*CI'', ce dernier se dissoudra à l'instant en formant une solution verte.

On connaît un anhydride chlorochromique CrO-CI*. Pour l'obtenir, on chaulfe un mélange préalablement fondu de sel marin et de bi chromate de potassium avec de l'acide sulfurique : il se dégaj,'e des vapeurs rouges, abondantes, qui se condensent sous forme d'un liquide rouge de sang. Ce corps bout à 116°, 8. Sa densité est égale à 1,920 à 25°. (Thorpe.) Jlis en contact avec de l'eau, il forme de l'acide chlorhydrique et de l'anhydride chromique.

CrO«Cl« + H«0 = CrO^ + 2HC1 BlSMU'ifl

Di = 210

Extraction. — Ce métal se rencontre à l'état natif dans uingangue quartzeuse. Pour l'extraire, il suffit de chauffer le minerai dans des tuyaux de tôle ou de fonte, disposés dans un four suivant une direction inclinée. Le bismuth fond et s'écoule par une ouverture pratiquée à l'extrémité inférieure.

Le bismuth du commerce nest jamais pur. Il renferme quelques traces d'autres métaux, presque toujours de larsenic, quelquefois du soufre.

Pour l'en débarrasser, on le réduit en poudre ; on le mêle avec le ^ de son poids d'azotate de potassium et l'on chauffe au rouge dans un creuset de terre. Les métaux étrangers, plus oxydables que le bismuth, se transforment en oxydes, l'arsenic en arséniate, et le soufre en sulfate. Au besoin, on répète ce traitement une seconde fois.

Propriétés. — Le bismuth est un métal d'un blanc gris, offrant un reflet jaunâtre. Il présente une cassure cristalline, lamelleuse. Sa densité est égale à 9,83. 11 fond à 264°, Par le refroidissement, il cristallise. On l'obtient en beaux cristaux, en laissant refroidir lentement quelques kilogrammes de bismuth, perçant ensuite l:i croûte solide, qui se forme à la surface, et laissant s'écouler le métal demeuré liquide. L'intérieur du vase présente alors de magnifique^ trémies pyramidales, offrant les teintes irisées les plus vives. Les

cristaux sont des rhomboèdres. Leur surface est recouverte d'une mince pellicule d'oxyde, qui donne lieu aux jeux de lumière des bulles de savon.

Le bismuth augmente de volume en se soUdifiant. Au rouge blanc, il se volatilise. 11 est inaltérable à l'air, à la température ordinaire. Chauffé au rouge, il attire loxygène et brûle en formant de l'oxyde bismuthique. Son meilleur dissolvant est l'acide azotique, qui le convertit en azotate.

Les divers composés du bismuth offrent la plus grande analogie avec ceux de l'antimoine, à côté duquel ce métal doit être rangé, dans la famille de corps comprenant l'azote, le phosphore, l'arsenic, Tantimoine, le bismuth.

L'analogie de l'antimoine et du bismuth se révèle notamment dans les composés suivants :

BiCP SbCP

Trichlorure de bismuth. Trichlorure d'antimoin».

Bi»05 Sb-Oî

Oiyde bismuthique. Oxyde antimonieux.

Bi*0« Sb*05

Anhydride bismuthique. Anhydride antomoniquc

Bi»0* Sb*0*

Cismuthate de bismuth. Antimoniate d'antimoine.

Bi^S» Sb«S5

Sulfure de bismuth. SulHire d'antimoine.

Le bismuth se rapproche d'ailleurs des métaux proprement dits, non-seulement par ses propriétés, mais encore par la faculté qu'il possède de former des sels définis. II est triatomique dans ses combinaisons les plus importantes : l'oxyde, le chlorure, l'azotate.

OXYDE BISMUTHIQUE.

Bi*0»

On obtient ce corps en décomposant l'azotate par la chaleur. C'est une poudre d'un jaune paille, fusible à la chaleur rouge et donnant, par le refroidissement, une masse vitreuse d'un jaune foncé. Il attaque les creusets de terre encore plus facilement que la litharge.

On obtient un oxyde de bismuth hydraté en traitant l'azotate ou le sous-azotate par la potasse ou l'ammoniaque. C'est une poudre

azotatï: de dishuih. s?»

blanche, insoluble dans un excès d'alcali, et qui, soumise à l'ébullilion dans la potasse, se convertit en oxyde anhydre cristallin.

CHLORURE llbllUTlIlQLE.

mci»

Le bismuth, très-divisé, brûle dans le chlore et se transforme en chlorure. Pour préparer ce dernier, on dirige un courant de chlore sec dans une cornue de verre, dans laquelle on a fondu du bismuth. Le chlorure distille et se concrète dans le récipient en une masse cristalline, fusible, déliquescente, qu'on désignait autrefois sous le nom de beurre de bismuth. On peut obtenir un chlorure de bismuth cristallisé et hydraté, en évaporant une dissolution de bismuth dans l'eau régale.

Le chlorure de bismuth se dissout dans l'eau chargée d'acide chlorhydrique, mais se décompose lorsqu'on le traite par l'eau pure; il est converti, dans ce cas, en oxychlorure, qui se précipite sous la forme d'une poudre blanche, ténue, en même temps qu'il se forme de l'acide chlorhydrique.

SBiCl^ + 2U«0= 2BiOCl H-4UC1

L'oxychlorure de bismuth est connu sous le nom de blanc de perle. 11 renferme BiOCl.

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