ÉTAIN
Sn = 118
liltat naturel et extraction. — Le seul minerai d'étain que l'on exploite est le bioxyde [cassitérite). On le rencontre en filons dans les terrains les plus anciens, ou disséminé dans les sables provenant de leur désagrégation. Les principales mines d'étain sont situées aux Indes, dans la presqu'île de Malacca et dans lile de Banca, en Angleterre et en Saxe.
Laminerai d'étain est généralement mêlé à divers minéraux denses.
ETAI.N.
tels que sulfures et sulfo-arséniures de fer, sulfu-es de cuivre, de plomb. Après l'avoir bocardé et lavé pour entraîner les matériaux terreux plus légers, on le grille. On oxyde ainsi et l'on désagrège les
sulfures et bulfo-arséniures. Le produit grillé et bocardé est soumis à un second lavage qui entraine les oxydes légers en laissant la cassitérite. Ce dernier oxyde est chauffé avec du charbon dans un four à manche [fig. 108), sorte de fourneau prismatique terminé, à sa partie inférieure, par un creuset où le métal se rassemble. On y injecte de l'air par une tuyère D. Il se forme de l'oxyde de carbone qui réduit l'oxyde stannique. L'étain se rassemble dans le creuset. De là on le fait passer dans un bassin I, où on l'agite avec des bâtons de bois vert. La vapeur d'eau et les gaz provenant de la carbonisalion du bois contribuent à agiter la masse fondue et à amener à la surface les matières étrangères ou crasses, qu'on enlève. Le métal est ensuite coulé dans des moules.
Ainsi obtenu, il est généralement allié à de petites quantités de cuivre, de fer, de plomb, d'antimoine, d'arsenic. Pour le purifier, on le chauffe lentement sur la sole inclinée d'un fourneau à réverbère. L'étain pur fond le premier et s'écoule au dehors du fourneau, tandis que les alliages d'étain moins fusibles restent sur la sole. Ce mode d'affinage se nomme îiquation.
Propriétés. — L'étain pur est un ruétal blanc qui se rapproche de l'argent par sa couleur et son éclat. Il fond à 228°. Par un refroidissement lent, il cristallise. On obtient aussi des cristauï d'étain en précipitant ce métal par voie galvanique. Ces cristaux appartiennent au type du prisme à base carrée (Miller.) Leur deniilé est égale à 7. 178. Celle du métal fondu et refroidi lentemeut est de 7,375. (H. Deville.)
L'étain est ductile et malléable. Lorsqu'on plie un saumon d'étain, ou entend un bruit parliculier qu'on nomme le cri de Tétaui
Ce métal se conserve sans altération à l'air. Fondu, il se recouvre rapidement d'une pellicule grisâtre d'oxyde.
L'acide chlorhydrique concentré dissout rétain,avec dégagement d'hydrogène. L'action est rapide lorsqu'on chauffe.
Expérience. Si l'on verse de l'acide azotique ordinaire sur de l'étain en grenailles, une action très-vive se- manifeste immédiatement. L'étain se convertit en une poudre blanche de bioxyde, et il se dégage des torrents de vapeurs rouges.
Très-étendu d'eau, le même acide attaque l'étain presque sans dégagement de gaz. La Uqueur renferme, au bout de quelque temps, une petite quantité d'azotate stanneuxet de l'azotate d'ammoniaque. L'ammoniaque se forme ici par suite de la réduction simultanée de l'eau et de l'acide azotique par l'étain.
AzO^Il+H^O — 20* = AzIl5
Lorsqu'on chauffe l'étain avec une solution concentrée de potasse ou de soude, il se dégage de l'hydrogène et il se forme un stannate alcalin.
L^sages de l'étain. — L'étain entre dans la composition des bronzes. On s'en sert pour la fabrication de plats, de couverts et de ces lames minces dont on entoure divers objets de consommation, tels que le chocolat.
L'étamage des ustensiles de cuisine en métal consiste à les recouvrir d'une mince couche d'étain. Celle-ci est destinée à protéger le cuivre ou le fer contre l'action dissolvante des acides qui entrent dans la composition de certains aliments. Pour étamer ces objets, on commence par en décaper la surface en les frottant avec du sable, et on les trempe ensuite dans un bain d'étain. Après avoir séparé l'excès de métal, on les frotte avec des étoupesou des Hnges imprégnés de sel ammoniac.
Le fer-blanc est de la tôle recouverte d'une mince couche d'étain. Pour le fabriquer, on commence par décaper la feuille de tôle, en la plongeant dans de l'acide sulfurique étendu, qui enlève Toxyde; on la frotte ensuite avec du sable, puis on la plonge successivement dans un bain de suif fondu, et dans un bain d'étain recouvert d'une couche de suif. Elle se couvre ainsi dune couche d'étain. Au contact du fer, l'étain est entré en combinaison, formant un véritable alliage; celui-ci est recouvert par une couche d'étain pur.
Lorsqu'on lave la surface du fer-blanc avec un mélange d'acide
ANHYDRIDE STANNIQUE. 383
rblorhydrique et d'acide azotique, on dissout la couche superficielle d'élain, et on met à nu l'alliage cristallisé d'étain et de fer. C'est ce qu'on nomme le moiré métallique.