PROPORTIONS DÉFINIES, ÉQUIVALENTS
acides sur les bases, elle est vraie pour toutes les combinaisons chimiques. On peut l'exprimer ainsi :
Les rapports en poids suivant lesquels les corps s'unissent sont in variables pour chaque combinaison. '
Mais il y a dans les lois qui régissent la composition en poids des corps un trait de plus qu'il importe de bien saisir.
Interrogeons l'expérience.
Je prends 100 gr. de mercure et je les mets en présence de ce gaz jaune qu'on nomme chlore, corps très-puissant dans ses affinités. Je forme ainsi du chlorure mercurique ou sublimé corrosif, et je trouve qu'il faut 55»',5 de chlore pour convertir les 100 gr. de mercure en ce composé. Ces chiffres 100 et 35,5 expriment le rapport invariable suivant lequel ces corps simples y sont combinés. Voilà le fait des proportions définies.
Prenons maintenant les 135»', 5 de sublim.é corrosif, dissolvonsles dans l'eau et plongeons dans la solution une lame de cuivre; ce métal déplacera le mercure, et, s'emparant des 55»',5 de chlore, formera du chlorure cuivrique, qui restera en solution, et colorera la liqueur en vert. Les 100 gr. de mercure se sont donc précipités, et l'on pourra reconnaître que 31", 75 de cuivre sont entrés en solution et actuellement combinés avec 55*'',5 de chlore.
Mais, dans cette solution de chlorure cuivrique, plongeons maintenant une lame de zinc; à son tour, tout le cuivre va être précipité et 35 gr. de zinc entreront en combinaison avec les 55*',5 de chlore pour former du chlorure de zinc.
Remarquons que les 35*',5 de chlore ont été combinés successivement avec
100 gr. de mercure 51,75 gr. de cuivre 35 gr, de zinc.
Ces nombres, qui expriment les quantités respectives de mercure, de cuivre, de zinc, qui se combinent avec une même quantité de chlore, se nomment les équivalents de ces métaux. En effet, ces quantités-là s'équivalent par rapport à la même quantité de chlore, l'expérience nous ayant appris que, pour déplacer 100 gr. de mercure combinés avec 35«',5 de chlore, il ne faut que 31*',75 de cuivre, que 33 gr. de zinc.
Mais poursuivons.
Je combine 100 gr. de mercure avec l'oxygène, et je trouve que le mêlai en prend 8 gr. pour former cette poudre rouge, qui esl l'oxyde mercurique.
Mais combien faudra-t-il d'oxygène pour former de l'oxyde cuivrique avec 31«%75de cuivre? Chose remarquable, il faut 8gr. d'oxygène, et il en faut 8 gr. aussi pour former de l'oxyde de zinc avec 35 gr. de zinc.
100 gr. de mercure 51,75 gr. de cuivre 53 gr. de zinc
qui s'équivalent par rapport à 33«',5 de ciilore sont donc équivalents aussi par rapport à 8 gr. d'oxygène.
On peut oxyder le chlore lui-même, et il existe un composé gazeux de chlore et d'oxygène qui renferme pour "5*%5 de chlore précisément 8 gr. d'oxygène.
Ainsi, s'il faut
„„.,, , , (100 gr. de mercure
35,5 gr. de chlore pour chlorurer. • • • j 31 -5 <t,- de cuivre 8 gr. d'oxygène pour oxyder | ss'gr.^de zinc
il faut aussi
8 gr. d'oxygène pour oxyder 3j,5 gr. de clilore.
En général, si
A, B, G se combinent avec D
A, B, G se combinent aussi avec E
et de plus D se combine avec E
les lettres A, B, C, D, E, représentant les quantités pondérables de différents corps simples qui entrent en combinaison, ou, si l'on veut, les proportions suivant lesquelles ces corps se combinent entre eux. On les exprime par des nombres qu'on nomme nombres proportionnels ou équivalents; ceux-ci représentent des rapports en poids ou, si l'on veut, des poids relatifs. Ils sont rapportés, en effet, à une unité qui sert de terme de comparaison et qui est l'équivalent de l'hydrogène. Cela veut dire que, la quantité d'hydrogène qui entre en combinaison avec 55,5 de chlore étant 1 , les quantités équivalentes d'oxygène, de zinc, de cuivre, de mercure, seront représentées par les nombres 8 — 53 Zl.la — 100.