‹ Leçons élémentaires de chimie moderneChapitre 227 sur 386 · KC · texte numérisé non relu

KC

+ (Cy6Fe)5Fe*

Chlorure

Ferrocyanure

Ferrocyanure ferrique

feiTique.

de polassiuni.

(bleu de Prusse).

Le bleu de Prusse du commerce se présente en morceaux ordinairement cubiques, offrant une bille couleur bleue et des reflets cuivrés.

' Calciné au contact de l'air, il laisse un résidu de peroxyde de fer. Il est insoluble dans l'eau, l'alcool et les acides faibles. L'acide oxa lique le dissout; cette solution est employée comme encre bleue

FERRICYANURE DK POTASSIUM.

(PRDSSUTE ROUtir DE POTASSE.)

{Cy»Fe)*K« Ce beau sel, qui a été découvert par Lcopold Gmelin, prend

naissance lorsqu'on dirige un courant de chlore dans une solution de ferrocyanure de potassium. Il se forme du chlorure de potassium et du ierricyanure qui colore la liqueur en brun-vert foncé. l'ar Févaporation, elle laisse déposer le nouveau sel, qu'on purifie par une seconde cristallisation. Le chlorure de potassium reste dans les eau.\ mères :

2(Cy6FeK*) + Cl^ = 2KC1 + (CysPej^K»

Ferrocyanure Ferricyanure

de potassium. de potassium.

Le ferricyanure de potassium forme de magnifiques prismes clinorhombiques, d'un beau rouge de rubis. Ces cristaux sont anhydres.

Ils renferment Cy'^Fe^.K^ On peut y admettre l'existence d'un radical hexatomique Cy'^Fe* formé par l'union de 2 radicaux ferrocyanogène : (Cy6Fe-FeCyS)^'i= ferricyanogène.

Le ferricyanure de potassium se dissout dgns 3, S parties d'eau froide et dans une quantité moindre d'eau bouillante. La solution est d'un brun-jaune foncé. Elle ne précipite point les sels ferriques. Dans les sels ferreux elle donne un précipité bleu analogue au bleu de Prusse, et qu'on désigne sous le nom de bleu de Tunibull :

(Cy6Fe)«K« + 5S0*Fe = oSO^K^ + (Cy6Fe)*Fe5

Ferricyanure SuUate ferreux. Sulfate Ferricyanure

du potassium de potassium. ferreux

(bleu de Turnbull I.

NITROFERROCYANURES.

Ces sels, qui ont été découverts par M. Playfair, prennent naissance par l'action de l'acide azotique sur certains ferrocyanures alcalins. Le plus connu est le iiitro ferrocyanure de sodium, qu'on nomme quelquefois niiroprussiate de soude.

On le prépare en oxydant par l'acide azotique étendu le ferrocyanure de potassium. En évaporant on obtient des cristaux d'azotate de potassium et un dépôt d'oxamide. L'eau mère, saturée par le carbonate de sodium, donne du niiroprussiate de sodium qui cristallise par l'évaporation, et qu'on nurifie par de nouvelles cristallisations.

Ce sel se présente en yros prismes orthorhombiques, rouge de

CHLORURES DE CYASOGÈ>E. 477

rubis. Sa composition est représentée par la formule C\*(AzO)Fe,Na- -r2H*0. Sa solution aqueuse, qui est d'un rouge-brun, donne dans les solutions des sulfures alcalins une coloration pourpre trèsnitense, mais fugace.

CHLORURES DE CYANOGÈNE.

On en connaît deux, un chlorure CyCl, liquide au-dessous de 15», 5, et un chlorure solide Cy'Gl^ : ces deux chlorures offrent un curieux exemple de polyuiérie.

i;hlorare de cyanogène liquide, CyCI=:CÂzCI. — On le prépare en dirigeant un courant de chlore sur du cyanure de mercure, ou mieux, dans une solution aqueuse d'acide cyanhydrique qu'on a soin de maintenir à la température de 0°. Il se forme de l'acide chlorhydrique et du chlorure de cyanogène :

GÂzH + Cl» = CÂzCi -f nci.

En chauffant doucement la solution saturée de chlore, on en dégage du chlorure de cyanogène qu'on fait passer à travers un tube renfermant de l'oxyde de mercure, puis du chlorure de calcium, et que l'on condense dans un récipient refroidi. L'oxyde de mercure retient l'acide prussique non décomposé.

Convenablement purifié, le chlorure de cyanogène est un liquide incolore, doué d'une odeur très pénétrante et qui irrite fortement les yeux. Il bout à 15%5. Il se solidifie à — 5° ou — 6°. Pur, il se conserve sans altération, mais, lorsqu'il renferme une trace de chlore, il se convertit bientôt en chlorure solide.

Chlorure de cyanogène solide, Cy5CP = G*Az'CP. — Ce corps résulte de la transformation polymérique que subit spontanément, dans certaines circonstances, le chlorure liquide. On peut l'obtenir aussi en exposant l'acide cyanhydrique à l'action du chlore au soleil.

C'est un corps solide, cris'.allisable en aiguilles jaunes brillantes ou en lamelles. Il fond à HQ". Il bout à 190°. Il est doué d'une odeur irritante particulière. L'eau bouillante le décompose immédiatement en acide chlorhydrique et en acide cyanurique :

C'Az-Cl^ -f- ÔU^ = C3Az--(011)5 -h 5IICI

Chlorure df cvanogèiie Acide cyanurique

47t LEÇONS DE CHIMIE MODERNE.

Bromure et iodnre de cyanogène. — Il existe un bromure et un iodure de cyanogène qui correspondent l'un et l'autre au chlorure liquide, lis prennent naissance par l'action du brome ou de l'iode sur le cyanure de mercure. Ces corps simples décomposent le cyanure de mercure avec formation de bromure ou d'iodure de mercure, l'excès de brome ou d'iode s'unissant au cyanogène pour former un bromure ou un iodure de cyanogène.

Le bromure de cyanoijène CAzbr est solide et cristallise en cubes brillants. 11 fond à + 4° et se vaporise déjà à + 15".

Viodure de cyanogène CAzI se sublime spontanément en belles aiguilles incolores, lorsqu'on place au fond d'un vase un mélange d'iode et de cyanure de mercure. Il se forme de l'iodure mercurique.

L'iodure de cyanogène est très volatil et vénéneux . Son odeur est pénétrante.

DÉ;aVÉS AMIDÉS DU CYANOGÈNE.

Cyanamidc, CAz-H*= C$\ ,.. — Ce corps se forme par l'action

de chlorure ou de bromure de cyanogène sur une solution éthérée d'ammoniaque. On l'obtient aussi en désulfurant par l'oxyde dé mercure ou l'oxyde d'argent la sulfo-urée (page 491) :

CS:lf^, + «SO = HgS + H«0 + C^^^lî

Sulfo-urée Cyanamide.

La cyanamide se présente en cristaux fusibles à 40", solubles dans l'eau, l'alcool et l'éther. Le nitrate d'argent ammoniacal précipite de sa solution un composé argentique jaune CAz*Ap'-. Sous l'influence des acides elle fixe de l'eau et se convertit ci^ urée (page 486). Avec l'hydrogène sulfuré elle régénère la sulfourée :

^^AzH + ^-^ = ^^-AzH*

Mélamine, C^\z^H'. — Lorsqu'on chauffe la cyanamide à 150% elle se polymérise et se convertit en tricyanuramide. Ce dernier corps est connu sous le nom de mélamine. Il cristallise en octaèdres ortliorhombiques brillants, solubles dans l'eau chaude, insolubles

GUANIDINE. 479

dans l'alcool et dans Tétlier. La mélamine peut s'unir aux acides pour former des sels. Lorsqu'on la fait bouillir avec des alcalis étendus ou des acides, elle se convertit successivement en décomposant une, deux ou trois molécules d'eau et avec dégagement d'une, de deux ou de trois molécules d'ammoniaque, en amméline, amméiide et acide cyanurique :

( ÂzH^

C'Az^ ] AzU*

( AzH*

(OH

C'Azs { AzlI*

C'Az' { OH

C\\z'' } OH

( kd'r

( Azll^

(OH

Mélamine.

Ammèlice.

Amaélide.

Acide cjaDurique

Nous décrirons plus loin l'acide cyanurique qui prend naissance en vertu de la réaction suivante :

C\\z3iAzH*)5 4- 3H*0 = C5Az5(0H)5 + ôkzïP

Kclamine. Acide cyanurique.

GDANIDISE.

CflVU»

Ce corps se rattache aux amides du cyanogène. On l'a obtenu d'abord par l'oxydation de la guanine retirée du guano : de là son nom. Depuis on l'a obtenu par synthèse à l'aide des réactions suivantes.

1* La guanidine se forme lorsqu'on chauffe à 100" de l'iodurede cyanogène ou de la cyanamide, en solution alcoolique, avec du sel amm.oniac :

^^Azll + AzHs.Clll = A2H=CC^'-HC1

Cyanamide. Chlorhydrate de guanidine.

L'iodure de cyanogène donne d'abord de la cyanamide.

2' Elle se forme en petite quantité par l'action du gaz chloroxycarbonique sur l'ammoniaque (G. Bouchardat).

5* La guanidine prend naissance par l'action de l'ammoniaque sur l'élher orthocorbonique ou sur la chloropicrine (page 499) :

C{OC'H»)* + oAzHs = GAz^Hï + 4C*U».0H

Etber ortb»:arbomque. Guanidine Alcool.

4° Le mode de formation qui est généralement mis à profltpour la préparation de la guanidine consiste à chauffer pendant long-

480 LEÇONS DE CHlSHt; MODERNE.

temps le suUocyanate d'ammonium (page 490) de 180° à 190». Il se forme de la sulf'o-urée qui se dédouble en hydrogène sulfuré et en sulfocyanate de guanidine :

2CSAzMI* = H«S + CAz^Hs.CAzSH

Sulfo-uiée. Sulfocyanate de guanidine

Propriétés. — La guanidine se présente en cristaux déliquescents, très solubles dans l'eau et dans l'alcool. Elle possède une réaction fortement alcaline et attire l'acide carbonique de l'air. Elle forme avccles acides des sels cristallisables. Le nitrate CAz"'ll5,Az03ll se précipite en lamelles lorsqu'on ajoute de l'acide nitrique à une solution aqueuse de guanidine. Le carbonate (GAz-lI^)* CO^H^ cristallise en prismes quadratiques. Sa solution présente une réaction alcaline.

Page 1