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CHLOROFORME

av, c un mélange de chlorure de chaux et de chaux caustique. Le liquide distillé est formé de deux couches, dont l'inférieure est du chloroforme impur. On le sépare, on le lave à l'eau, puis avec une solution de carbonate de potassium, et on le rectifie sur le chlorure de calcium.

Le chloroforme est un liquide incolore, très-mobile, doué d'une odeur élhérée particulière et des plus suaves Sa densité est égale à 1,525 à 0°. Il bout à 60°, 8. 11 ne ôcnflamme pas au contact d'une allumette ou d'une bougie.

Très-peu soluble dans l'eau, il se dissout facilement dans l'alcool et dans l'élher. 11 dissout lui-même le soufre, le pliosphore, l'iode, les corps gras, les résines, un grand nombre d'alcaloïdes, et, en général, les matières organiques très riches en carbone.

Le chlore le convertit, par une action prolongée, en perchlorure de carbone CCI* (page 499).

Une solution alcoolique de potasse le décompose, à l'ébuUition, en formiate et en chlorure :

CHC15 + 4KH0 = 211^0 + 5KC1 -h CnKO^

ClilorofonBe. Formiale

de potassium

Lorsqu'on fait bouillir le chloroforme avec une solution alcoolique d'élhylate de sodium, il se forme du chlorure de sodium et une combinaison élhérée, CH(0C*ll5)5, dans laquelle 5 groupes oxélhyle, OC*H*, remplacent les 5 atomes de chlore du chloroforme (Kay).

CHC15 4- 5C^U50Na = SNaCl ■+■ CH(0C*H5)5

Chloroforme. Êihylate Étber de Kay.

de sodium.

Chauffé à 180* avec de l'ammoniaque aqueuse ou alcoolique, la chloroforme donne du cyanure d'ammonium et du sel ammoniac. Celte transformation a déjà lieu à 100° en présence de la potasse caustique :

CHCl' + SAz'P := CAz.AzlI* + 5(Âzll«CI).

Le chloroforme réagit d'une façon très- remarquable sur les phénols en présence d'un alcali comme la soude ou la potasse. Il se forme des aldéhydes aromatiques. Cette réaction, due à Reim'er, sera décrite plus loin (voy. Phénol).

Cliauffé avec une solution alcoolique d'éthylamine , le chloro-

498 LEÇONS DE CHIMIE NUuERNE.

forme, en présence de la potasse, donne de l'êthylcarbylamine (page 518). Une réaction semblable s'accomplit avec d'autres alcaloïdes analogues à l'éthylamine : elle est caractéristique des aminés primaires (Iloimann).

Le chloroforme est très-employé en chirurgie comme ag?nt anestliésique. On l'emploie généralement en inhalations, qui amènent bientôt l'insensibihté et l'abolition du mouvement.

lODOFORME.

CHl»

L'iodoforme prend naissance par l'action simultanée de l'iode et d'un alcali sur l'alcool et sur beaucoup d'autres substances organiques. Pour le préparer on dissout dans 10 p. d'eau 2 parties de carbonate de sodium cristallisé, on ajoute 1 p. d'alcool et l'on chauffe vers 80°, puis on introduit dans la solution, par petites portions, 1 p. d'iode. L'iodotorme se sépare en paillettes jaunes. L'eau mère, additionnée de potasse et d'alcool, en fournit une nouvelle quantité si l'on y fait passer du chlore.

L'iodoforme cristallise en lames jaunes, brillantes, hexagonales, qui prennent quelquefois de grandes dimensions.

Il possède une odeur particulière, qui rappelle celle du safran. 11 fond à 119°. 11 n'est pas dislillable, mais il possède à 100° une tension de vapeur suffisante pour se volatiliser avec la vapeur d'eau. Insoluble dans l'eau, il se dissout dans l'alcool et dans l'éther. L'acide ioilhydrique le convertit, à chaud, en iodure de mèlhylcno avec séparation d'iode :

ciir- + m = CIH^ + I«.

Ce réactif se comporte, dans ce cas comme dans beaucoup d'ai 1res, comme un a"eut réducteur.

NITHOFOHME.

CH(AzO*,»

Ce corps est le trinitrométhane, c'est-à-dire du méthane CH*dans lequel trois atomes d'hydrogène ont été remplacés par trois groupes azotyle (AzO*). Il prend naissance en petite quantité par l'action de

TÉTRACHLORIRE DE CARBONE. 499

lacide nitrique sur divers composés organiques. Il se forme aussi lorsqu'on fait bouillir le trinitro-acétonitrile (page o01)avec de l'eau:

C(AzO^)''-CAz + 2H'-0 = CIl(AzO*)5,ÂzH' ■+■ C0«

Trinitro- Sel ammoniacal

at:étoiii:rile. du nitroforme.

De la combinaison ammoniacale formée dans cette réaction l'acide sulfurique sépare le nitrolorme à i'éiat d'une huile incolore, épaisse, qui se prend au-dessous de + lo" en cristaux cubiques.

Le nitroforme est assez solubledaiis l'eau. Cliauffé brusquement, il détone.

Il joue le rôle d'un acide énergique. L'unique atome d'hydrogène qu'il reulerme devient lortement basique en raison du voisinage de trois groupes azotyle. On a décrit un sel de potassium, C(AzO*)-^ K.

CHLOROPICRINE.

CCl»(AzO*)

La chloropicrine, qui est connue depuis longtemps, représente du chloroiorme dans lequel l'atome d'hydrogène est remplacé par un groupe AzO-. Elle se forme par l'action de l'acide nitrique sur un grand nombre de substances organiques chlorées, telles que le chloral. D'un autre côté, en faisant réagir le chlore ou le chlorure de chaux sur des composés nitrogénés comme l'acide picrique, le lulminate de mercure, etc., on obtient pareillement de la chlorolicrine. Pour la préparer on distille du chlorure de chaux, réduit len bouillie avec de l'eau, avec une solution saturée d'acide picrique (trinitrophénique). La chloropicrine passe avec les vapeurs d'eau.

C'est un liquide incolore doué d'une odeur très irritante et exci-

it le larmoiement au plus haut degré. Sa densité est z= 1,665. bout à 112°. Lorsqu'on la chaufle brusquement, elle détone.

tydrogène naissant dégagé par le fer et l'acide acétique la r»^duit méthylamine :

* CCP(AzO*) + 6H* = AzH^CH-> + 3I1CJ + SH^O

Chloropicrine Métbylami e.

TÉTRAClILORURi: DE CARBOSE CCI»

Le perchlorure de carbone ou tétrachlorométhane se forme par

raction prolongée du chlore sur le chloroforme, exposé à l'action directe des rayons solaires. On l'obtient aussi en dirigeant dans un tube de porcelaine chauffé au rouge un mélange de chlore sec et de vapeurs de sulfure de carbone. 11 se forme en même temps, dans cette dernière réaction, du chlorure de soufre dont on se débarrasse en agitant le produit le la réaction avec une solution de potasse.

Le perchlorure de carbone est un liquide incolore, doué d'une odeur agréable, rappelant celle du chloroforme. Sa densité à 0° est = 1,629. 11 bout à 77°. Dirigé à travers un tube chauffé au rouge, il se décompose, en donnant les chlorures de carbone C-Cl* et C^Gie.

Lorsqu'on le chauffe avec de l'iodure d'aluminium Al-I^, il se convertit en tétraiodure de carbone CI*, qui se dépose de sa solution éthérée en octaèdres réguliers d'un rouge foncé (Gustavson).

CYANURE DE MÉTIIYLE.

CnP\7. = CH^Cy

On obtient ce corps en distillant un mélange de méthylsulfate de potassium et de cyanure de potassium, ou encore en distillant l'acétamide avec l'acide phosphorique anhydre, qui lui enlève une molécule d'eau :

C*H'O.ÂzH^ — 11-0 = C^U'Az

Acétaniide. Cyanure de mèthyle

ou acéloiiitrile.

Le produit obtenu dans celte dernière réaction, identique avec le premier, a reçu le nom (ïacétonitrile.

Le cyanure de méthyle est un liquide incolore doué d'une odeur désagréable. Il bout à 77°. Une solution bouillante de potasse caustique le décompose en ammoniaque et en acétate :

CH^-CAz 4- 211*0 = CIP-CO.OH -f AzlI^

Cyanure de mélbylc. Acide acétique.

On doit à M. Gautier la découverte d'un isomère du cyanure de méthyle, la mélhylcarhjlamine. Ce corps prend naissance, en même temps que le cyanure de méthyle, lorsqu'on distille un mélange de uiéthylsulfate et de cyanure de potassium. 11 bout à 58-59*. Il se dissout dans 10 parties d'eau.

AZOTITE DE MÈTIIYLE ET NITROMETIIASE. 501

Sous l'influence des alcalis, il se dédouble en acide formique et

en inêthylamine :

C=AzCU5 + KHO + H*0 = CHKO* + AzU^.Cir'

Mélbylcarbylamine. Pormiale Vétli)' lamine.

de potassium

Le dérivé trinitré du cyanure de méthyle C*(AzO*)5Az porte le nom de trinilro-acélonilrilc. C'est une masse blanche qui ressemble au camphre. Il fond à 'il%5 et détone à 200',

AZOTATE DE MÉTUYLE. AzO».Cfl»

Pour le préparer, on place dans une cornue 50 grammes de salpêtre en poudre et l'on y ajoute un mélange de iOO grammes d'acide sulfurique et de 50 grammes d'esprit de bois. La réaction s'accomplit sans le secours de la chaleur. On l'achève en distillant au bain-marie. On lave à l'eau le liquide condensé dans le récipient, et on le rectifie à plusieurs reprises sur un mélange de massicot et de chlorure de calcium.

Liquide incolore, neutre, d'une densité de 1,182. Point d'ébullition 66'.

La vapeur de l'azotate de méthyle détone avec violence lorsqu'on la chauffe au-dessus de 150'.

Mis en contact avec de l'ammoniaque, l'azotate de méthyle se dissout en donnant de l'azotate d'ammoniaque et de la méthylamine :

AzOs.CH^ + 2AzU3 = AzOs.AzH* + AzH^CQ*

Azotate Méthjlamine.

d'ammoninm

AZOTITE DE MÉTHYLE ET NITROMÉTHANE.

Ces deux composés offrent un exemple très remarquable d'isomérie dans des combinaisons d'une grande simplicité.

Le premier, AzG.OCH^, qui représente l'acide azoteux, AzO.OH, dont l'hydrogène est remplacé par du méthyle, s'obtient lorsqu'on chauffe l'alcool méthylique avec l'acide azotique en présence du cuivre. C'est un gaz doué d'une odeur agréable, condensable, par le froid, en un liquide jaunâtre bouillant vers — 12'

Le second, aussi appelé nitrocarhol, représente le gaz des marais dont un atome d'hydrogène est remplacé par le groupe azotyle (AzO^)' :

CH* CH'(Az02)

Cas des marai*. Nitrométhane.

On l'obtient par l'action de l'azotite de potassium sur le monochloracétate de potassium (Kolbe) :

CH^CI.CO^K + AzO^K + H*0 = KGl + CH'(AzO^) + CO'KIl

Chloracélate de Azotite de Nitrométhane. Carbonate

potassium potassium. monopotassique

Il se produit aussi par l'action de l'azotite d'argent sur l'iodure de méthyle. (V. Meyer.)

Le nitrométhane est un liquide bouillant de iOl à 102°. 11 présente un caractère acide et Ton peut y remplacer un atome d'hydrogène par du sodium.

Voici une propriété qui distingue nettement le nitrométhane de l'azotite de méthyle : l'hydrogène naissant transforme le nitrométhane en méthylamine, ce qui n'a pas lieu avec son isomère (V. Meyer) :

CH3(AzO*) + 311* = AzH^CH* + 2U*0

Nitrométhane. Méthylamine

ACIDE MÉTIIYLNITROLIQUE.

Voici une combinaison très remarquable que M. V. Meyer a obtenue en faisant réagir l'acide azoteux sur le nitrométhane :

CH5(AzO*) + AïO.OH = CH^^^^Qjj + H*0

Nitrométhane Acide Acide méthylnitroUque.

azoteux.

On voit que dans ce composé deux atomes d'hydrogène du groupe méthylique CH^ sont enlevés par un atome d'oxygène de l'acide azoteux, et remplacés par le reste (Az.OH).

1 Pour préparer l'acide méthylnilrolique on dissout 5 gr. de nitrométhane dans l'eau ; on ajoute une solution étendue de nilrite de potassium, refroidie à 0°, puis de l'acide sulfurique étendu et pareillement refroidi à 0% enfin une lessive étendue de polasse

FULMINATES DE MERCDRE ET D'ARGENT. ^^'3

auâsi longtemps que la coloration rouge persiste. A ce moraent on ijoute de nouveau de l'acide sulfurique jusqu'à décoloration, puis, iprès avoir saturé par le carbonate de calcium, on agite le tout avec de l'éther qui dissout l'acide méthylnitrolique.

Celui-ci reste, après l'évaporaf ion de l'éther, sous forme de gros prismes incolores, transparents, fusibles à 54*, en se décomposant en acide forraique et en oxydes d'aiote. Cette décomposition a lieu spontanément au bout de quelques jours. L'acide sulfurique étendu dédouble l'acide méthylnitrolique en acide formique et en protoxyde d'aiote. II jouit de propriétés acides :

CH»Az«03

= CH

+ ki'-O

Acide

Protoxyde

ronniqac.

d'aiote.

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