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FULMINATES DE MERCURE ET D'ARGENT

Parmi les combinaisons importantes qu'on peut rattacher aux composés organiques les plus simples, nous devons mentionner encore les sels explosifs qui sont connus sous le nom de fulmi' natei de mercure et d'argent.

On les obtient en dissolvant du mercure ou de l'aident dans de l'acide azotique et ajoutant de l'alcool à la solution encore chaude. Au bout de quelques minutes, il se déclare une vive effervescence, et le fulminate de mercure ou d'argent se dépose sous forme d'un précipité blanc cristallin. Secs, ces corps détonent avec violence soit par le choc, soit par la chaleur. Le fulminate de mercure forme la base des capsules fulminantes.

La composition de ces sels est digne d'intérêt : le fulminate de mercure renlerme un groupe raonoatomique azotyle (AzO*), un groupe cyanogène (CAz) et un atome de mercure, tout cela uni à i atome de carbone dont les 4 valences se trouvent ainsi saturées.

Le fulminate d'argent offre une composition analogue.

On peut donc rattacher les fulminates aux composés organiques renfermant 1 atome de carbone, particulièrement au cyanure de méthyle, CH'.Cy. Cette conception est due à M. Kekulé. Voici la liste de quelques-uns de ces composés :

C H H H H gaz des marais.

C H H II Cy cyanure de méthyle.

C AzO*/H H H nitrométhane.

CiA20*/U U Ka sodiiim-nitrométbaite

C(AzO*)H H Cl nitrométhane monochlore.

C(A7.0*^ Cl Cl Cl nitrométhane Irichloré (chloropicrine^.

C(AzO') fAzO»] (AzOMI nitroforme.

C'AzO*)* méthane tctranitré.

C(Az(J-)' AgAgCy fulminate d'argent.

C(AzO*)' (Hg)" Cy fulminate de mercure

GACODYLE OU DIMÉTIIYLARSINE.

As*(CH»)*

Ce composé intéressant est connu depuis longtemps à l'état impur. En 1760, Cadet, démonstrateur de chimie au Jardin du Roi. s'avisa de distiller un mélange d'arsenic blaac (acide arsénieux) et d'acétate de potasse. Il recueillit dans le récipient un liquide oléagineux, doué d'une odeur épouvantable et répandant à l'air d'épaisses fumées blanches. De là le nom de liqueur fumante de Cadet.

M. Bunsen, dans un travail demeuré classique, a approfondi l'histoire de ce corps et de ses combinaisons. D'après ses recherches, la liqueur fumante de Cadet est un mélange de deux corps, dont l'un, formé de carbone, d'hydrogène et d'arsenic, joue le rôle de radical : c'est le cacodyle ; l'autre corps est l'oxyde de ce radical.

Pour obtenir le cacodyle à l'état de pureté, on traite le produit brut de la réaction précédente par l'acide chlorhydrique, qui transforme l'oxyde de cacodyle en chlorure :

As*(CH3)*0 + 2HC1 = 2As(CH5)2Cl + H*0

Oxyde de cacodyle Chlorure de cacodyle.

Ce chlorure, séparé par distillation, étant traité par le zinc à 100°, dans des tubes scellés, fournit le cacodyle libre.

Le cacodyle est un liquide dense bouillant à 170% d'une odeur arsenicale pénétrante. 11 est très vénéneux. Il répand d'épaissefumées à l'air et peut même s'y enflammer spontanéraenl. 'a densité de vapeur = 7,101.

D'après cette densité de vapeur, il convient de représenter le cacodyle par la formule As"- (Cil')* = (CH5)*As-Âs(ClP)^

L'arsenic étant un élément tri valent ou quinti valent, on voi( que le cacodyle n'est pas saturé : aussi peut-il fixer direclemeni le chlore, l'oxygène, etc., pour donner deux séries de comp

CACODYLE OU DIMETIIYLARSLXE. 505

Ainsi 1 molécule de cacodyle As-Me* peut fixer 1 ou 5 molécules de chlore pour former deux chlorures :

As*Me* -f- Cl» = 2AsMe»Cl As*Me* - 3CI« = SAsMe'Cl-'

À ces deux chlorures correspondent des bromures, iodures, oxydes, sulfales, elc. Les composés oxydés sont les suivants :

Oxyde de cacodyle (AsMe*)*0 Acide cacodylique As¥e*O.OH

Indépendamment des composés du cacodyle, on connaît d'autres combinaisons mélhyliques de l'arsenic, les mélhylarsinea et les composés du tnélhiilanonium.

Ces corps forment deux séries qui ont été découvertes et étudiées par M. Baeyer et qui se rapportent aux types AsX^ et AsX'. Les composés appartenant à la première série ne sont pas saturés et peuvent fixer Cl* ou l'équivalent de Cl*, pour passer à l'état de composés appartenant à la série saturée AsX* :

Sérii As î>

SéKe As ï»

AsMe». . . .

AslIe*Cl

Trimêthylarsine.

Chiomre de tétramëUiTlarsoniaia

ksMeKl . . .

Aslle»Cl*

Xonocblomre (le djmétbylarsue.

Dicblorore de trimèuiyiarsine

AsMcCl* . . .

AsMe*CP

Dicblorore de monoaiéUiylarsinc.

Trichlorare de dupetliyUrsiiie

AsCF. . . .

AsMeQ*

Trichlorare (fu-senic.

Tétracblonire de moDomèthylarsiAe.

[AsCI»]

Il est à Ti-marquer que le trichlorure d'arsenic est incapable de flxer Cl- pour passer à l'éfat de pentachlorure.

Nous ne décrirons point tous ces composés. Faisons remarquer seulement que la triméShylarsine, As(CH5)3, prend naissance en même temps que le cacodyle par l'action de l'iodure de méthyle sur Tarséniure de sodium. C'est un liquide bouillant au-dessous de 100°.

COMBINAISONS ÉTHYLIQUES.

L'éUnjle est le reste raonoatomique (C-H")' =: C-U^ — H, qui forme le radical de l'alcool ordinaire. On connaît de nombreuses combinaisons dans lesquelles entre ce radical.

Uni à rhydrogêne, il forme un gaz, C-H", qu'on nomme hydrure d'élhyle ou éthane. Les chlorure, bromure, iodure, cyanure d'éthyle sont quelquefois désignés sous le nom d'éthers simples :

CH^Cl chlorure d'élhyle.

C^H^Br bromure d'éthyle.

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