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-in» -fco
Élhyle. ilcétylc.
L'aldéhyde est l'hydrure de ce radical. L'acide acétique en est l'hydrate. L'acétone en est le méthylure. On connaît en outre un
ACIDE ACETIQUE. 559
oxyde d'acêtyle, un chlorure d'acétyle, une ammoniaque acétylique, qui est racétamide, etc.
Les formules suivantes font ressortir les rapports de composition qui existent entre tous ces corps :
(?H»O.H ce^o.OH
Hydrurc d'acélyle Hydrate d'aeêlvle
(aldéhyle). (acide acétique).
Chlomrc d'acétyle. 0%yde d'acétyle
'acide acétique anhydre)
C»H»0 C»fl»O.Cn» H { Az
Métliylure d'acétyle Acétainide.
(Acétone).
L'acide acétique est l'acide du vinaigre. C'est le produit de l'oxydation de l'alcool. Il se forme dans une foule d'autres réactions, parmi lesquelles nous citerons l'oxydation de l'aldéhyde (page 5fi9), la décomposition du cyanure de méthyle par la potasse (page 554), l'action du gaz carbonique sur le sodium-métliyle (bhh\ la distillation sèche d'un très grand nombre de substances organiques, telles que le bois, l'amidon, la gomme, les sucres, etc.
Préparation. — C'est la distillation du bois qui fournit les quantités considérables d'acide acétique que l'industrie emploie. L'opération s'effectue dans de grands cylindres en tôle, qui sont chauffés sur un foyer ifig. 123). Les produits de la distillation consistent en liquides et en gaz. Les liquides sont condensés dans un grand serpentin tt refroidi par de l'eau qui circule dans les manchons m; les gaz sont ramenés dans le foyer en A. Le produit condensé est formé par une partie aqueuse et par du goudron. On le soumet à une nouvelle distillation pour séparer la plus grande partie de ce dernier. Les premières portions qui passent renferment de l'esprit de bois (p. 494) ; ce qui distille ensuite renferme de l'acide acétique. On neutralise le liquide acide par la chaux ; on convertit l'acétate de calcium en acétate de sodium, en y ajoutant une solution de sulfate de sodium. La liqueur, séparée par filtra-
tion du sulfate calcique, donne, par l'évapoiation, de l'acétate de sodium encore coloré en brun par des matières goudronneuses. On détruit celles-ci en friltani le sel, c'est-à-dire en le chauffant pendant quelque temps à 250°, température qui cliarbonne les ma-
Wl^f^i^^^li^^^^^
lières goudronneuses et respecte l'acétate de sodium. On reprend par l'eau, on lîltre, on concentre et l'on fait cristalliser. On obtient ainsi des cristaux d'acétate de sodium pur, qu'on nommait autrefois pyroligniie de soucie. Pour en retirer l'acide acétique, on dessèche ce sel, on le distille avec les 5/5 de son poids d'acide sulfurique concentré.
On peut se contenter de décomposer le sel sec par une quantité exacte d'acide sulfurique. L'acide acétique se sépare du sulfate de sodium; on le décante et on le soumet à la congélation. Les parties demeurées liquides sont séparées. La masse solide constitue l'acide acétique pur.
Vinaigre. — Le vinaigre est le produit de la fermentation acide du vin ou d'autres liquides spiritueux. Il doit son acidité à l'acide acétique. Pour transformer le vin en vinaigre, on emploie, à Orléans, le procédé suivant : On introduit dans des tonneaux, qui ont déjà servi à cette opération, et qui sont imprégnés do ferment, d'abord une petite quantité de vinaigre chaud et puis du vin, par portions, en laissant un intervalle de plusieurs jours entre chaque addition de vin, et l'on expose les tonneaux à une température de
24* à 27*. Au bout d'une quinzaine de jours, racétitication est complète. On soulire alors une partie du vinaigre formé, et on le remplace par du vin qui va se transformer en vinaigre à son tour. On continue ainsi à soutirer du vinaigre et à ajouter du vin. Dans ces circonstances, l'alcool du vin se convertit en acide acétique sous l'influence d'un ferment particulier, qu'on désigne sous le nom de mère du vinaigre. C'est une production végétale, un raycoderme [ifycodenna acelî) qui apparaît à la surface du liquide et qui attire l'oxygène de l'air pour le céder ensuite à l'alcool (Pasteur.) Son action peut être comparée à celle du noir de platine.
Un autre procédé consiste à faire couler goutte à goutte, sur des copeaux de hêtre, un mélange d'eau-de-vie, d'eau et d'une matièrf alburainoïde (suc exprimé de pommes de terre, de betteraves, de 'popinambours , etc. ) , ijren fermant les éléjments nécessaires à !ta production du fer jment. Les copeaux de hêtre, trempés d'avance dans du vinaikre fort, sont contenus dans un tonneau A {fîg. 12i) et repo- S'jent sur un double fond percé de trous. Des tubes tt, traversent
a partie supérieure, de manière à entretenir, dans l'intérieur du '.onneau, un courant d'air qui y pénètre à la partie inférieure. Dans ces conditions, le liquide qui se répand sur les copeaux et [^ui présente à l'air une large surface, s'oxyde avec une telle éner-
ie que la température s'élève à + 30% et qu'il suffit, pour terminer l'acétification, de faire arriver une seconde fois le liquide sur
es copeaux.
Propriétés de lacidc acétique. — L'acide acétique est solide au-
essous de -f 17* et cristallise en grandes lames. Il bout à 118*.
Fi,-. I2i.
Sa densité à 0° est égale à 1,0801. Son odeur est piquante et acide. 11 est corrosif. Il se mêle à Teau et à l'alcool en toutes proportions. Lorsqu'on y ajoute de l'eau, il se produit une contraction. Le maximum de contraction et, par conséquent, de densité correspond à un mélange représentant C-H*0* + IPO.
Dirigées à travers un tube de porcelaine incandescent, les vapeurs d'acide acétique donnent des gaz et du charbon, et, en petite quantité, de l'acétone, de la benzine, du phénol, de la naphtaline. (Berthelot.)
Le perchlorure de phosphore convertit l'acide acétique en chlorure d'acétyle avec formation d'acide chlorhydrique et d'oxychlorure de phosphore :
C^IF'O.OH + PhCls = C2IP0.G1 + HCl + PhOCl^
Acide Chlorure Oxychlorure
acétique. d'acétyle. de phosphore.
Expérience. — Je chauffe, dans un tube bouché, un mélange d'acétate de potassmm et d'acide arsénieux : il se dégage des vapeurs blanches épaisses, douées d'une odeur d'ail trés-inten.«e et Irés-désagréable.
Cette expérience permet de découvrir et de caractériser les plus petites traces d'acide acétique. S'il existe à l'état de liberté dans une liqueur, on commence par le combiner avec la potasse.
Les vapeurs blanches qui se dégagent sont dues à un corps qu'on désignait autrefois sous le nom de liqueur fumanie de Cadet (p. 504).
ACETATES.
Les acétates neutres les plus importants ont pour formule C-IPO^.R'ou {C*H"'0*)-R", suivant que le métal qui remplace l'hydrogène basique de l'acide acétique est univalent ou bivalent. Il existe un grand nombre d'acétates basiques.
Acétate de potassium, C"-ir'0*K. — On le prépare en saturant l'acide acétique par le carbonate de potassium, et en évaporant à siccité. On l'obtient ainsi sous forme de lamelles cristallines trèsdéliquescentes, qu'on nommait autrefois terre foliée du tartre. Ce sel fond à 292*. Il est extrêmement soluble dans l'eau.
Acétate de sodium, C'^H'-O'-N'a + 511-0. — On le prépare sur
ACETATES. 565
me grande échelle dans les arts (page oGO). On le désignait aulreois sous le nom de pyrolignite de soude.
Il cristallise en gros prismes clinorliombiques, Irès-solubles dans eau, et qui s'effleurissent dans un air sec.
Acétates de plomb. — L'acétat3 neutre de plomb, (C*HK)-)-Pb" f- 511-0, autrefois désigné sous le nom de sel de Saturne, se prêtera en neutralisant l'acide acétique par la lilharge. Il cristallise n prismes clinorliombiques, transparents, efflorescents, doués l'une saveur à la fois sucrée et astringente. Il se dissout dans la noilié de son poids d'eau froide et dans 8 parties d"alcool. Il fond L 75°,5 dans son eau de crislallisalion.
La solution d'acétate de plomb neutre dissout l'oxyde de plomb. I se forme ainsi, suivant les proportions de l'oxyde entré en dissoution, divers sels basiques dont les plus importants sont : un acéate bibasique (C-IPO-)* l'b + PbO + 4H'0 et un acélale de plomb ribasique (C^IPO-)^Pb + 2PbO + nlI^O. Ces deux sels se forment généralement l'un et l'autre lorsqu'on fait bouillir une solution l'acétate de plomb avec de la litbarge. La solution filtrée est employée en médecine et désignée sous le nom d'extrait de Saurue.
Expériences. — l'Je verse quelques gouttes d'extrait de Saturne ians de l'eau de puits : la liqueur se trouble par suite de la formaion d'un précipité de sulfate et de carbonate de plomb.
Cette liqueur est employée en médecine sous le nom d'eau blanche !>u d'eau de Goulard.
! 2» Dans une solution de sous-acétate de plomb je dirige un courant de gaz carbonique. La liqueur se trouble parce qu'il se forme iin dépôt de carbonate de plomb.
I Dans cette réaction, qui sert de base à la préparation de la céruse jlite de Clichy, l'acétalede plomb basique abandonne au gaz carbolique l'excès d'oxyde de plomb et se convertit de nouveau en acéjate neutre qui demeure en solution.
Acétates de enivre. — On prépare Vacétale de cuivre neutre, C*H50-)*Cu -f H*0, ou verdet, par double décomposition, en mêlant les solutions chaudes d'acétate de sodium et de sulfate de cuivre, l'acétate cuivrique se dépose par le refroidissement. II cristallise n beaux prismes clinorhombiques, d'un vert bleuâtre foncé, qu'on lésignait autrefois sous le nom de cristaux de Vénus. II se dissout lans 5 fois son poids d'eau bouillante. La solution aqueuse étendue
se décompose par l'ébuUition, en laissant déposer un acétate tribasique et en dégageant de l'acide acétique.
Chauffé, Tacétate cuivrique perd d'abord son eau de cristallisation et se décompose lorsque la température a atteint 240° ou 250° en laissant dégager de l'acide acétique, de l'acétone, du gaz carbo nique. Il reste du cuivre métallique très-divisé. Le produit de 1: distillation est un liquide bleu. Hectifié, ce liquide donne de l'acidi acétique incolore mêlé d'une petite quantité d'acétone : c'est 1( vinaigre radical des anciennes pharmacopées.
On nomme vert-de-gris, un acétate de cuivre basique qui es formé, en grande partie, d'acétate bibasique (C*IPO-)-Cu" + Cu( + 6H-0. On prépare le vert-de-gris dans le département d( l'Hérault, en abandonnant à l'air des lames de cuivre empilée: avec du marc de raisin. Au bout de quelques semaines, le meta se recouvre de croûtes bleuâtres de vert-de-gris, qu'on détachi et qu'on livre au commerce sous forme de boules d'un bleu clair Voici la théorie de cette opération. L'alcool, formé par la fermen tation du sucre qui imprègne le marc de raisin, s'oxyde à l'air e passe à l'état d'acide acétique ; sous l'influence de ce dernier, li cuivre lui-même attire l'oxygène : il se forme de l'eau et de l'acélati de cuivre basique.
Acétate d'argent, C-ll''O^Ag. — Ce sel, qui est peu soluble dan l'eau, se précipite lorsqu'on mêle des solutions concentrées d'acé tate de sodium et d'azotate d'argent. 11 se dépose du sein de l'eai bouillante en lames brillantes, nacrées, flexibles, qui noircissent la lumière.
Acétate d'ammoniaque (acétate d'ammoninm), C^H^O (AzU*). — En saturant l'acide acétique par un courant de gaz am moniac, on obtient ce sel sous forme d'une masse cristalline déli quescente. 11 est trés-soluble dans l'eau et dans l'alcool. Lorsqu'o le chauffe, il perd d'abord de l'ammoniaque, puis de l'acide act tique; enfin il passe de l'acétamide à la distillation :
C'n'O^.Azli» = U*0 -h C*IPO.AzII»
Acétate Acétamidc
d'ammonium.
On empioîe en médecine, sous le nom d'es-pril de Mindererus, u acétate d'ammoniaque impur, chargé de matières empyreumaii ques.
ACETATE B'ETUYLE. 565
Distillé avec de l'acide phosphorique anhydre, l'acétate d'ammonium donne du cyanure de mélhyle ou acétonilrile (page 500) :
C'U»0«.AzU* = C*n»Az -»- 2U*0
Acétate Cyanure
d'ammonium. de méthyle.
ACÉTATE D'ÉTHYLE.
Pour préparer cet acétate, qu'on désigne ordinairement sous le nom d'éther acétique, on distille un mélange d'alcool, d'acide sulfurique et d'acétate de potassium ou de sodium. L'acétate d'élhyle passe à la distillation avec une certaine quantité d'alcool qui échappe
a réaction. Pour le purifier, on agite le liquide distillé avec une solution de chlorure de calcium, on décante l'éther qui surnage, on le déshydrate sur du chlorure de calcium, et on le rectifie au bain-marie.
C'est un liquide incolore, doué d'une odeur élhérée, Irès-agréable. Il bout à 77°. Sa densité à 0° est égale à 0.9105.
Peu soluble dans l'eau, il se dissout en toutes proportions dans l'alcool et dans l'éther. Comme tous les éthers composés, il est faci lement dédoublé par la potasse caustique en alcool et en acétate :
CH»o».c»n» -h Kflo = c*e»o».K -+- c*n».OH
Acétate d'éttiyle. Acétate Alcool,
de potassium.
L'ammoniaque le convertit en acétamide et en alcool :
C'H»O.OC*H» -h AzU» = C'H^OH = (?H'O.Azn» Acétate d'éthyle. Alcool. Acétamide.
Voici une réaction remarquable de l'acétate d'élhyle. Le sodium Ty dissout en formant de l'éthylate de sodium et le composé IPiVaO^ :
2tC'U»0.0C*U5] -+- Na* = NaO.C-U» -+- C«H«>aO= + U* i
Ethyl3te de sodium.
Le corps C'H'NaO' est la combinaison sodique d'un éiher acétyl- Ucétique C«H'003=C*Hs(C^IP0)0-0C*H», qui dérive de l'éther acétique IMI^O-OG-II* par la substitulion d'un groupe acétyleC^H^O à 1 atome l'hydrogène dans le radical acétyle. L'éther acétjl-acétique se wDaix. 52
forme par l'action de l'acide chlorhydrique sur la combinaison sodique ClPNaO', C'est un liquide incolore doué d'une odeur ai;réable, bouillant à 180%8. Densité 1,03 à 5*.