CAMPHRE ORDINAIRE OU CAMPHRE DES LAURINÉES, C«''II
Le camphre existe dans tous les organes du Laurus Camphora, arbre de la Chine, du Japon et des îles de la Sonde. Lorsqu'on distille avec de l'eau le bois, préalablement divisé en éclats, le camphre passe et vient se condenser dans de la paille de riz dont on remplit le chapiteau des alambics où l'opération s'exécute. Le produit ainsi récolté sous forme de petits cristaux, est soumis à un raffinage qui consiste à le sublimer dans des matras de verre chauffés sur un bain de sable.
Un cnmphre identique avec le camphre des laurinées se dépose de l'essence de Matvicaria Parthenium, lorsqu'on la refroidit : c'est le camphre de matricaire.
Le camphre est une matière cristalline demi-transparente. Son odeur est forte et aromatique; sa saveur chaude, amère et brûlante. Il fond à 175° et bout sans altération à 204°. Sa densité est égale à 1,0' à 0°. A la température ordinaire, il possède une tension de vapeur suffisante pour qu'il se sublime spontanément dans les vases où on le conserve.
Le camphre est presque insoluble dans l'eau. Projeté en menus fragments à la surface de ce liquide, il y exécute des mouvements gyrafoires. Il se dissout dans l'alcool et dans l'éther. La solution alcoolique dévie le plan de polarisation à droite.
Le camphre est inflammable et brûle avec une flamme fuligineuse. Voici les principales réactions de ce corps important :
1° Chauffé avec de l'acide phosphorique anhydre ou avec du chlorure de zinc, il perd les éléments de l'eau et se convertit ei un carbure d'hydrogène qui est le cymène:
GioU^-'O = II^O + C*oiI»*
Camphre. Cyniène.
Il se forme en même temps d'autres carbures aromatiques tels que le toluène, le xylène, le mésitylène.
2" Le camphre paraît jouer le rôle d'une aldéhyde. Bien qu'il ne fixe pas directement d'hydrogène, il peut néanmoins se convertir en un composé C'oil**0 qui est le bornéol ou camphre de Bornéo. Pour cela on le soumet à l'action du sodium. Celui-ci
CAMPHRE ORDI>Ai:iE OU CAMPHRE DES LALRINÈES. 707
éplace l'hydrogène d'une portion du camphre, avec formai ion de amphre sodé, et cet hydrogène se porte sur une autre portion, îaubigny.)
D'après cette réaction, corroborée par la réaction inverse que ous indiquerons plus loin, il paraît exister entre le camphre t le bornéol les mêmes relations qu'entre l'aldéhyde et l'alcool :
Camphre. Bornéol.
5" Chauffé pendant longtemps avec une solution alcoolique de otasse, le camphre se dédouble en un acide et en un alcool qui st le bornéol (Berthelot) :
2C10H160 + KHO = C'"H«5K0s + C«"H»80
Camphre. Camphatc Bornéol.
de potassium.
4* Lorsqu'on dirige la vapeur du camphre sur de la chaux odée, chauffée vers 300% on obtient le sel de sodium de l'acide ampholique (Delalande) :
C10I1160 + KaUO — C'oH'->'aO^
Camphre. Campholatc de sodia:ii.
5' Lorsqu'on soumet le camphre à l'action de l'acide hypochlo- ■eux aqueux, il se convertit en camphre monochloré C'^H'^CIO, qui institue une masse cristalline incolore, peu soluble dans l'eau, rès-soluble dans l'alcool et dans l'élher, fusible à 95°.
6* Par l'action du brome sur le camphre à 100° ou à 120°, il se orme du camphre monobromé C'^H'^BrO et du camphre bibromé ]'OH**Br-0. Ces deux corps cristallisent en prismes incolores. Le premier fond à 76°; le second à 114°.
I On connaît aussi un bromure de camphre C«°ll*®OBr-. Il se forme par l'action du brome sur une solution chloroformiqiiede camphre, p'est un corps cristallin qui se décompose spontanément, surtout isous l'influence de la lumière, en se transformant en camphre mo- 'aobromé et en perdant de l'acide bromhydrique. ! 7" Le camphre absorbe le gaz chlorhydrique : il se forme une jhuile que l'eau décompose instantanément, en mettant le camphre jen liberté.
L'acide azotique froid le dissout en formant une liqueur oléagineuse que l'eau décompose en précipitant le camphre.
8° Lorsqu'on soumet le camphre à l'ébullilion avec de l'acid azotique, il s'oxyde et se convertit en acide camphorique : C^oiiiGO 4- 0- ~ C'oHieO*
Camphre. Acide camphoriquo.