ALCALOÏDES
On désigne sous ce nom des substances azotées capables de s'unir aux acides à la façon de l'ammoniaque, et de former avec eux des combinaisons définies qui constituent de véritables sels. .Nous savons qu'un très grand nombre de ces combinaisons ont pu être formées artificiellement et se rattachent directement à l'ammoniaque par la substitution de radicaux organiques à l'hydrogène de ce corps. Ce sont les ammoniaques composées ou substituées (p. 522). La constitution de ces corps est parfaitement connue. 11 n'en est pas ainsi des alcaloïdes naturels que l'on a découverts dans un grand nombre de plantes ou de produits végétaux et qui constituent souvent les principes actifs auxquels ces produits doivent leurs propriétés médicinales. Par analogie, on peut supposer que ces corps se rattachent à l'ammoniaque, comme les ammoniaques composées.
Serlùrner reconnut en 1806 la nature basique d'un des principes cristallisables de l'opium. Son observation demeura inaperçue jusqu'en 1817, où il fit paraître un travail sur la morphine. Parmi les découvertes les plus importantes, dans cet ordre de composés, il faut citer celles de la strychnine, de la brucine et surtout de la quinine, découvertes que l'on doit à Pelletier et Caventou.
Tous les alcaloïdes renferment de l'azote. On les a partagés en deux classes qui comprennent : la première, les bases liquides et
volatiles; la seconde, les solides. Celles-ci renferment ordinairement de l'oxygène. Les autres n'en contiennent point.
Voici une propriété caractéristique des alcaloïdes, qui mnrque leur analogie avec l'ammoniaque. Leurs chlorhydrates forment avec le chlorure de platine des sels doubles qui sont tantôt insolubles dans l'eau, tantôt solubles et cristallisables.
Expérience. — Dans une solution de chlorhydrate de quinine, je verse une solution de chlorure platinique. 11 se forme immédiatement un précipité jaune, combinaison de chlorure platinique et de chlorhydrate de quinine qu'on appelle chloroplatinate de qui^ niue.
BASES PYRIDIQUES.
M. Andersen a extrait de l'huile provenant de la distillation sèche des matières animales et qu'on désignait autrefois sous le nom d'huile animale de Dippel une série de bases isomériques avec les aminés aromatiques. Parmi ces bases nous citerons les suivantes :
Pyridine C»H»Az
Picolines C*U'Az isomériques avec
Lutidines C'H»Az — —
G^H'-AzIP
aniline, toliiidines
CollidinesG»H"Az,etc. - -
C81F-CIF \\zH*
xylidincs.
Quelques-unes d'entre elles ont été obtenues synthétiquement par l'action de l'ammoniaque sur certaines aldéhydes. Les aldéhydes acrylique (page 585) et crotonique (page 584) se condensent avec l'ammoniaque en bases oxygénées :
2C--H40 + ÂzH' = C6H9AzO -f Il-iO
Acroléine.
2C*II60 f AzH' = C^H'^AzO + im
Aldéhyde crotonique.
Ces produits de condensation fournissent des bases pyridiques par déshydratation :
cir-'AzO -z mvxi -h ii-o
l'icoliiie.
C^U'^AzO :-^ C8Il'«Az + II'O
Collidlne.
BASES PYRIDIQUES. 778
D'un autre côté, MM. Baeyer et Ador ont obtenu directeraenl une coUidine (aldéhydine) en chauffant l'aldéhyde-ammoniaque en vases clos :
4C*fl*0 4- Azïï' — C8H»'Az + -ifl*0
CoUidine.
Le premier terme de cette série est la pyridine, CTPAz, que M. Andersen a extraite de l'iiuile animale de Dippel. Selon une hypothèse ingénieuse de M. Kôrner, celte pyridine posséderait une constitution analogue à celle de la benzine, les cinq atomes de carbone et l'atome d'azote formant une chaîne fermée analogue à l'anneau benzénique (page 692).
Hc CH Dc en