HC CH HC CH
C Az
Benzine. Pyridine
Les tiomologiies supérieurs de la pyridine, tels que la picoline, la lulidine. la coUidine, etc., résultent de la substitution d'un ou deplusieurs groupes méthyliques ou, en général, de groupes alcooliques à l'hydrogène de la pyridine, et suivant la position de ces groupes dans l'anneau pyridique par rapport à l'azote, les dérivés alcooliques ainsi engendrés présentent des cas d'isoméries tout à fait l analogues à ceux que nous avons signalés pour les aminés aromatiques (page 698).
Nous devons nous borner à ces courtes indications théoriques. , Ajoutons seulement que les bases pyridiques et la quinoléine, qui peut en être rapprochée, paraissent jouer un rôle dans la constitution des bases naturelles Quelques-unes de ces dernières, comme la cinchonine et la brucine, fournissent en effet, lorsqu'on les distille avec la potasse, un mélange de bases pyridiques et de quinoi'ine.
l'yrîdine, CH^Az. — Cette base a été retirée de l'huile anide Dippel par M. Andersen et du goudron de houille par ijieville Williams. MM. Chapman et Smith en ont fait la syn-
llièse eu déshydratant l'azotate d'amyle par l'anliydride phosphoriquc :
C»H«».AzO-' — 3H«0 = CH^A^
Azotate d'amyle Pyridine.
La pyridins est liquide. Densilé =-. 0,986 à 0°. Point d'ébuUition 1 17°. Soluble dans l'eau et dans l'alcool.
La pyridine est une base énergique qui forme des sels déliquescents. Le sodium la convertit en un polymère, la dipijridinc,(^^^ï\^^h.i- .
Nous ne pouvons décrire ici les autres bases pyridiques. Ajoutons seulement qu'elles existent sous plusieurs modificalions isomériques. Ainsi on a distingué trois picolines ou méthylpyridines C'll*(CIl5)Az, deux lutidines, savoir : la diméthylpyridine ou a-lutidineCsH5(Cir>)'Az, bouillant vers 155% et l'étliylpyridine ou P-lutidine, dont le point d'ébuUition est situé à 165°. On connaît au moins deux collidines, dont l'une, l'a-coUidineou trimélhyipyridine (aldéhydinejClI-'CCIPpAz, bout à 175-177% et dont l'autre, la p-coUidine, bout à 105°. (Oechsner de Coninck.)
Sous Tinfluence des réactifs oxydants, tels que le permanganate de potassium en solution alcaline, les bases pyridiques se comportent comme les carbures aromatiques. Les chaînes latérales alcooliques sont oxydées et converties en carboxyle CO-II. Ainsi la méthylpyridine (!3-picoline) et l'élhylpyridine (P-lutidine) fournis.sent le même acide monocarbopyridique :
C'iKf^^ et CSU^C^^"' fournissent CSH<5^'"
Méthylpyridine Étliylpyridine. Acide moiiocarbopyridi'|ue.
Di lillé avec la chaux, l'acide monocarbopyridique, qui existe sous plusieurs modifications isomériques, fournit de la pyridine :
Acides mono- Pyridine.
«■arbopyridiqucs.
llexible pareillemont divers acides dicarbo pyridiques .
cni--:o*H
CONICIîiE. iol
QUISOLÉINE.
Gerhardt a obtenu cette base on distillant avec la potasse certaines bases naturelles, telles que la cinchonine et la quinine. Elle paraît identique avec une base que Runge avait retirée quelques années auparavant du goudron de houille et qu'il a nommée leucol ou leucoline. Aujourd'hui on prépare la quinoléine par synthèse en chauft'aiit un mélange de uitrobenzine et d'aniline avec de la glycé' rine :
oC^H^Oî + Cefls.AzO* -f ^Cm^-hzh' = HH*0 -\- ô{Cm-'kz)
Glycérine. Nitrobenzine. Aniline. Quinoléine.
La quinoléine est un liquide mobile incolore, fortement réfringent. Elle bout à 238°. Densité à 0°= 4,081. Son odeur est pénétrante, sa saveur forte. Elle est insoluble dans l'eau. Elle forme avec les acides des sels définis. Elle se comporte comme une base tertiaire. Avec Tiodured'éthyle elle forme un iodéthylate :
La quinoléine se rattache à la fois aux combinaisons aromatiques proprement dites et au.v bases pyridiques. En considérant son mode de synthèse et l'ensemble de ses réactions, on a été conduit à représenter sa constitution par le schéma suivant :
ec c en
ni ^ in V ^^
G Kz H
qui est celui de la naphtaline (page 701) dans lequel un groupe GU serait remplacé par Az.
COSICINE.
C»H'»Az
On nomme ainsi l'alcaloïde liquide et volatil qu'on peut retirer •wcnu. ii
de la grande ciguë {Conîum macululuiv). Pour cela, on distille avec de la soude caustique les fruits de la ci^uë, après les avoir écrasés. Le liquide qu'on recueille dans le récipient est alcalin. On le neutralise par l'acide sulfurique étendu, on évapore en consistance sirupeuse, et l'on reprend le résidu par un mélange d'nicool et d'élher, qui dissout le sulfate de conicine et laisse du sulfate d'am moniaque. Après avoir chassé l'étlier et l'alcool, on ajoute au sulfate de conicine une solution concentrée de soude et l'on distille. La conicine passe avec une certaine qiantité d'eau qu'elle surnage. On la sépare et, après l'avoir déshydratée sur quelques fragments de potasse caustique, on la rectifie dans le vide.
M. llofmann assigne à la conicine la formule C^H'^^z.
La conicine est un liquide oléagineux, Um[wde, doué d'une odeur pénétrante, nauséabonde, rappelant celle de la ciguë. Elle bout à 168°. Densité à 0°= 0,886. Elle dévie le plan de polarisation à droite. Elle est peu solnble dans l'eau et s'y dissout plus à froid qu'à chaud, de telle sorte qu'une solution saturée à froid se trouble lorsqu'on la chauffe. La conicine est très soluble dans l'alcool et dans l'éther. Elle possède une forte réaction alcaline. Elle ramène vivement au bleu le papier de tournesol ronge. Elle précipite un grand nombre d'oxydes métalliq'.'es de leurs dissolutions. Au contact de l'air elle brunit et se rébinifie.
La conicine est souvent mélangée de méthylconicine qui dérive de la conicine par la substitution d'un groupe méthylique à un atome d'hydrogène. (Planta et Kekulé.) Ce corps peut être formé artificiellement par l'action de Piodure de méthyle sur la conicine. Son existence prouve que ce dernier corps est une base secondaire C8H>*=AzIl.
M. Wertheim a retiré des fleurs et des fruits de la grande ciguë un alcaloïde solide, qui a été nommé conhrjdvine, C'^ll''AzO, et qui renferme les éléments de la conicine plus une molécule d'eau.
Récemment M. Hugo Schiff est parvenu à faire la synthèse d'un isomère de la conicine : il le nomme paraconicine.
SICOTIiSE, Cet alcaloïde existe dans le tabac. Pour l'en retirer, on épuise le
alcaloïdes de LOPILM. 7X3
fnbac par l'eau bouillante et l'on évapore la liqueur au bain-marie en consistance sirupeuse; on mêle l'extrait encore chaud avec le double de son volume d'alcool : on laisse reposer et l'on sépare le liquide alcoolique de la couche inlérieure, très épaisse, qui rcnlerme beaucoup de malate de calcium. On distille l'alcool, on reprend le résidu par l'alcool concentré, et l'on chasse la plus grande partie de celui-ci. On ajoute ensuite à l'extrait alcoolique de la potasse caustique, et l'on agite avec de l'éther. qui dissout la nicotine mise en liberté. A la solution éthérée, on ajoute quelques grammes d'acide oxalique. Il se iorme bientôt un dépôt sirupeux qui renferme de l'oxalate de nicotine.
On décompose ce sel par la potasse, et l'on reprend par l'éther la nicotine mise en liberté. L'éther ayant été chassé au bain-marie, un distille la nicotine dans un courant de gaz hydrogène, en re- Lueillant ce qui passe au-dessus de 180°. (Schlœsing.)
Propriétés. — La nicotine est un liquide incolore, doué d'une odeur vireuse, pénétrante. Elle dévie le plan de polarisation à gauche. Elle bout entre 240 et 250°, non sans éprouver une décomposition partielle. A partir de 146°, elle commence à distiller lentement. A 100° elle émet des vapeurs blanches. A la température ordinaire, elle en émet assez pour qu'une baguette imprégnée d'acide chlorhydrique s'entoure de vapeurs blanches à une petite distance de la nicotine.
La nicotine se dissout en toutes proportions dans l'eau, l'alcool et l'éther. Elle possède une forte réaction alcaline. Elle neutralise parfaitement les acides, et précipite les oxydes métalliques de leur solution. Elle est un des poisons les plus terribles que l'on connaisse. Elle est diacide. Son chloroplatinate, cristallisable en prismes rouges, renferme G'0H»*Az*,211Cl,PtCl*.
alcaloïdes de L'OPIUM.
L'opium est le suc épaissi des capsules du pavot blanc {Papaver somniferum). On .l'obtient en incisant ces capsules de la base au sommet. 11 en sort un suc laiteux qui se dessèche en larmes du jour au lendemain. On enlève celles-ci, on les réunit et on les façonne en pains de diverses formes.
L'opium renferme un certain nombre d'alciloïdes qui y sont uibinés avec divers acides. Nous citerons parmi ces derniers un
acide sirupeux auquel M. Ânderson avait donné le nom d'acide ihébolacliquc, et dont l'identité avec l'acide lactique a été reconnue récemment. (Buchanan.) L'acide méconique, dont la composition est exprimée par la formule C'H*0", compte au nombre des éléments les plus importants de l'opium. Cet acide possède la propriété caractéristique de donner une coloration d'un rouge de sang intense avec les sels ferriques. L'opium renferme en outre une matière gommeuse, soluble dans l'eau, et une matière résineuse, brune, insoluble, qui reste dans le marc, lorsqu'on épuise l'opium par l'eau. La solution aqueuse est colorée en brun. Les alcaloïdes qu'on a retirés de lopium sont les suivants :
la morphine C"H'»AzO' la codéine C'WAzO* la thébaïne C'»H='AzO»
la papavérineC*'H-'AzO* la narcotine C'MI-'AzO' la narcoine C-'lI-^AzO*
M. Merck a décrit en outre, sous le nom de porphyroxine, un autre alcaloïde de l'opium. Mais, suivant M. Hesse, ce corps constitue un mélange de plusieurs bases auxquelles il a donné 'les noms de méconidine, laudanine, codamine et lanthopine.
L'opium renferme quelquefois un alcaloïde qu'on a désigné sous le nom de pseudomorpliine et qui est Voxymorphine C'^H'^AzO*.
Indépendamment de ces alcaloïdes, on a retiré de l'opium une substance neutre cristallisable, la méconine, C"'H"'0*. l'armi tous ces corps, nous ne décrirons ici que la morphine, la codéine et la narcotine.