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HÉMOGLOBINE

On nomme ainsi la matière cristalline qu'on peut retirer des globules du sang, et qu'on avait d'abord désignée sous le nom d' hématocristalline.

Préparation. — On divise un caillot sanguin et on le broie avec un égal volume d'eau jusqu'à ce qu'il soit entièrement déchiré. On passe le tout à travers un linge, et l'on soumet le liquide rouge à la congélation, ou bien on le traite par de petites quantités d'élher, en agitant jusqu'à ce que les globules soient dissous. Le liquide dégelé ou celui qu'on a traité par l'éther, étant abandonné à lui-même, laisse déposer un coagulum qui emprisonne tous les globules non dissous. Après avoir filtré le liquide, on l'acidulé trèslégèrement par l'acide acétique, et l'on ajoute de l'alcool, tant que

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le précipité d'abord formé se dissout. La liqueur rouge, refroidie à 1' [lendant quelques iieures. se prend en une masse de cristaux qu'on lecueille sur un filtre. Après les avoir comprimés, on les lave à l'alcool faible et à IVau, tous deux refroidis à 0°. On les purifie en les dissolvant dans l'eau à 10° et évaporant la solution dans le vide, ou bien on y ajoute de l'alcool, et l'on refroidit la liqueur à 0°.

Composition. — L'hémoglobine ainsi préparée possède à peu près la composition des matières albuminoïdes, à cela prés qu'elle renferme une petite quantité de fer. Voici si composition d'apn's M. Iloppe-Seyler :

Carbone. . 51,18

Hydrogène 7,2

Azolc 16,2

Oxygène il. 5

Fer . . 0,42

Soufre . . . 0,7

Proprùtés. — L'hémoglobine se présente sous forme de cristaux qui sont dilTértnts suivant l'espèce de sang d'où on les a reti-rés. Généralement ces cristaux appartiennent au système orthorliombique. Ceux du sang humain présentent sous le microscope la forme qu'indique la figure 135.

Ils sont rouges et biréfringents. X^jÊ

Ils renferment de l'eau de cristal- ^fc^ jF lisation.

Ils se dissolvent dans l'eau ; et plus facilement dans les liqueurs - '.- — :,—~rr. — ^-^ faibleiiient alcalines. \ >

La solution rouge de l'hémo- t^. ■

globiiie(oxyhémoglobine^ présente un caractère optique important. , Lorsqu'on décompose par un ,, prisme la lumière qui a traversé

une solution étendue d'hémogio- . ^^,

, . , . • <• • ■ Fig. Î33.

bine, le spectre ainsi tonne montre deux bandes noires (bandes d'absorption) entre les lignes ù et E de Fraunhofer (page 524). (Stokes.)

Les cristaux d'hémoglobine renferment de l'oxygène qui y est faiblement combiné et qu'on peut en chasser en l'exposant dans !e vide (Hoppe-Seyler.) L'hémoglobine o.xygénée est désignée sous le

nom d'oxyhémoglobine. L'hémoglobine privée d'oxygène absorbe de nouveau ce gaz, lorsqu'on la met en contact avec lui. Chose curieuse, l'oxyde de carbone chasse l'oxygène de l'iiémoglobine et prend sa place. (Ci, Bernard.) Cette combinaison d'hémoglobine et d'oxyde de carbone est soluble dans l'eau.

La solution d'oxyhémoglobine cède son oxygène à certains agents réducteurs tels que l'hydrogène sulfuré. L'hémoglobine réduite donne un spectre d'absorption qui montre une bande unique, située ejitre les doux bandes d'absorption de l'oxyhémoglobine.

L'hémoglobine décompose le peroxyde d'hydrogène. Elle se décompose elle-même avec une grande facilité. Il suffit de dessécher les crislaux au-dessus de 0° pour qu'ils s'altèrent. La solution aqueuse d'hémoglobine se décompose spontanément au bout de quelques heures, à la température de 15° et au-dessus. Les acides, même faibles, favorisent cette décomposition, qui se manifeste par un changement de couleur. La belle teinte rouge de l'hémoglobine est remplacée par une teinte brune. Dans ces conditions, l'hémoglobine se dédouble en une matière albuminoïde (globuline) et en un pigment ferrugineux qu'on désigne sous le nom à.' hé mâtine. En même temps une petite quantité d'acides gras est mise en liberté. (Hoppe-Seyler.)

Elématine. — L'hématine a reçu différents noms. M. Lecanu, qui l'a d'abord étudiée, l'avait nommée /jemaiosme. Convenablement purifiée, elle se présente sous forme d'une poudre amorphe, d'un bleu noir, assez stable, puisqu'elle supporte sans se décomposer une température de 180°. Elle renferme du carbone, de l'hydrogène, de l'azote, de l'oxygène et du fer. Incinérée, elle laisse 12,8 pour 100 d'oxyde de fer.

Elle est insoluble dans l'eau, l'alcool, l'éther et le chloroforme. Elle se dissout dans les alcalis, dans l'ammoniaque et dans les acides, assez facilement dans l'alcool ammoniacal ou dans l'alcool additionné d'acide chlorhydrique. Ces solutions sont d'un brun rouge. L'hématine forme avec l'acide chlorhydrique une combinaison cristallisable en lamelles rhomboïdales : ces cristaux sont caractéristiques et très faciles à reconnaître au microscope (chlorliydrate d'hématineou hémine).

Ilématoïdine. — Ce corps est sans doute un produit de décomposition de l'hémoglobine. M. Virchow l'a rencontré à l'état de

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cristaux orangés dans d'anciens foyers hémorrhagiques du cerveau. On le trouve aussi dans le sang exposé à l'air, dans le sang exlravasé. On le relire assez facilement des corps jaunes renfermés dans l'ovaire de la vache, en les broyant avec du verre, faisant digérer pendant quelques jours avec du chloroforme. Après l'évaporation de la solution jaune chloroformique il reste un résidu qu'on épuise par l'éther pour le débarrasser des corps gras.

L'hématoidine cristallise en petits prismes transparents, rouge orange. Elle est insoluble dans l'eau et dans l'alcool, peu soluble dans l'éther, soluble dans le chloroforme, qu'elle colore en jaune d'or, et dans le sulfure de carbone, qu'elle colore en rouge. Elle offre quelques analogies avec la bilirubine (page 816).

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