‹ Leçons élémentaires de chimie moderneChapitre 87 sur 386 · COMBINAISONS DU CARBONE AVEC L'HYDROGÈNE · texte numérisé non relu

COMBINAISONS DU CARBONE AVEC L'HYDROGÈNE

Les hydrogènes carbonés sont donc inflammables ; et comment ne le seraient-ils pas, puisqu'ils renferment deux éléments combustibles, le ciiarbon et l'hydrogène. Les produits de la combustion sont l'eau et le gaz carbonique, et nous pouvons constater la formation de ce dernier gaz en agitant le contenu des éprouvettes, où s'est opérée la combustion, avec de l'eau de chaux. Celle-ci est troublée. Cette combustion est plus ou moins complète ; lorsque le gaz ou la vapeur qui brûle renferme beaucoup d'éléments combustibles, l'oxygène de l'air n'arrive pas en quantité suffisante pour les brûler, c'est-à-dire les oxyder entièrement. Dans ces conditions, c'est l'hydrogène qui est brûlé de préférence et le charbon échappe, en partie, à la combustion.

Une flamme est donc un gaz ou une vapeur en combustion. Cette combustion est une oxydation, et c'est l'oxygène de l'air qui en est l'agent. Pour qu'elle s'effectue il est généralement nécessaire que le gaz combustible soit porté à une température élevée. Slais une fois commencée, elle continue d'elle-même, par la raison que la chaleur dégagée par l'oxydaiio i est suffisante pour faire durer le phénomène. Mais refroidissez brusquement une flamme, vous mettrez fin à la combustion. C'est ce qu'on fait journellement en soufflant une bougie.

Je puis refroidir une flamme en l'écrasant avec une toile métallique. Les gaz incandescents ne peuvent traverser les mailles du tissu sans se refroidir au contact du métal bon conducteur. Dès lors la combustion cesse audessus de la toile métallique {(ig. 87). Expéi-ience. Un jet de gaz de l'éclairage s'échappe par un bec. Je le coupe en deux par une toile métallique. Je mets le feu à la partie du gaz qui a traversé la toile. Le voilà qui brûle audessus de celle-ci et la combustion ne se propage pas à la partie inférieure, au travers de la toile métallique; celle-ci sépare comme un écran le jet de gaz en deux parties, l'une inférieure, froide et invisible \ l'autre supérieure, enflammée et lumineuse.

Fig. 87.

H. Davy a fait l'applicalion la plus heureuse de ces faits à la con slructioii de la lampe des mineurs ou lampe de sûreté. C'est uni lampe ordinaire, entourée d'un cylindre entoile métallique {(ig. 88).

Elle projette moins de clarté qu'une lamp,3 non protégée par une enveloppe, mais elle prévient les explosions du feu grisou. En effet, lorsqu'un mélange détonant se forme dans une galerie, le gaz pénètre bien dans l'inténeur de la lampe, s'y enflamme, mais la flamme ne peut franchir l'enveloppe qui la refroidit.

L'oxydation des éléments combustibles étant la source de la chaleur, il est clair que les différentes parties d'une flamme ne sauraient être uniformément chaudes, car l'oxygène de l'air ambiant ne peut pas les atteindre également. Les parties périphériques d'une flamme sont les plus chaudes ; elles sont enveloppées par l'air, elles sont le siège de la combustion. De là, la chaleur rayonne, non-seulement au dehors, mais aussi à l'intérieur de la flamme, et produit des phénomènes dignes d'intéiét.

A cet égard, il est intéressant d'analyser la flamme, c'est-à-dire de la considérer clans les diverses parties qui la composent, l'renons pour exemple la flamme d'une bougie. Nous constatons facilement qu'elle présente trois couches distinctes, savoir (fuj. 89) :

1" Une partie centrale, sombre, a, qui entoure la mèche. C'est c( qu'on nomme le cône obscure de la flamme ; la température y es peu élevée.

2° Une partie lumineuse bb', qui enveloppe la partie sombre. C'est le siège de la lumière.

3° Une enveloppe extérieure, mince, cd, peu colorée, jaune vers le sommet en c, bleuâtre vers la base en dd. C'est le siège de 1< chaleur.

COMBINAISONS UE CARBONE AVEC LIIVDI'.OGÈNE. 237

Il est facile de se rendre compte de ces divers plicnomènes. La bougie fond par la chaleur de la flamme, et le liquide attiré dans la e mèche par la capillarité arrive au sommet incan-

descent. Là il se décompose en donnant des gaz et des vapeurs riches en carbone et en hydrogène, et qui s'élèvent autour de la mèche, formant un cône irrégulier. Les produits gazeux qui le constituent n'offrent point la même composition partout. Ils ont été séparés et analysés par M. H. Sainte-Claire Deville, à l'aide de procédés fort ingénieux.

Le cône obscur est formé par les produits gazeux qui tiennent du charbon très-divisé en suspension et qui ne sont point arrivés à l'incandescence.

Ils s'échauffent en arrivant dans les parties plui centrales de la flamme. Là le charbon, formé par la décomposition des gaz riches en carbone, est porté à une vive incandescence, mais il ne brûle complètement que lorsqu'il arrive dans l'enveloppe extérieure, où l'oxygène est en excès. Une expérience très-simple nous montrera que la partie la plus lumineuse de la flamme tient en suspension du carbone très-divisé et incandescent. Écrasonsla avec une soucoupe de porcelaine : le charbon s'attachera à cette dernière sous forme de suie. I. est précisément ce carbone solide et incandescent qui donne de l'éclat à la flamme. La flamme de l'hydrogène, qui ne renferme que des produits gazeux, est pâle. Dans l'expérience de la lumière de Drummond, elle répand une vive clarté, parce qu'un corps solide, la chaux, s'y trouve porté à une vive incandescence. Lorsque le charbon ainsi suspendu dans une flamme est en excès, par rapport à l'oxygène, il est incomplètement brûlé et est entraîné dnas l'air. On dit alors que la flamme fume.

A la base du cône, on rencontre de loxyde de carbone et de l'hydrogène protocarboné, premiers produits de la décomposition de la bougie. Ils brûlent au contact de l'air en dd, avec une flamme bleuâtre. D'après des expériences récentes, la densité des gaz qui brûlent n'est pas sans influence sur l'éclat de la flamme. Celle de l'hydrogène s'illumine lorsqu'on fait brûler ce gaz fortement comprimé, (Frankland.)

THÉORIE DE L'ATOMICITÉ.

Après avoir terminé l'étude des corps qu'on désigne sous le nom de métalloïdes, déduisons des faits acquis quelques conséquences générales. Ce temps d'arrêt nous permettra à la fois de dominer le champ que nous venons de parcourir et de poser des jalons pour la route qui nous reste à suivre.

Les corps simples que nous avons étudiés ne sont point semblables quant à leur aptitude à entrer en combinaison et quant à la forme générale de leurs composés. A cet égard, nous avons constaté entre eux des analogies et des différences qui sont devenues la base d'une classification rationnelle. A lexemple de M. Dumas, nous les avons distribués en familles ou groupes, réunissant dans le même groupe ceux qui se rapprochent par leurs fonctions chimiques. Cette raison nous a porté à séparer le bore du silicium et du carbone, ces corps étant dissemblables, en ce qui concerne la composition de leurs combinaisons. Les groupes ainsi formés sont les suivants :

iiydiso(;ë>'E

OWGÈNE

AZOTE

BORE

SILICIUM

SOCFRE

piiosriior.E

CAnr.O.NE

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