‹ Leçons élémentaires de chimie moderneChapitre 92 sur 386 · PROPRIÉTÉS CHIMIQUES DES MÉTAUX · texte numérisé non relu

PROPRIÉTÉS CHIMIQUES DES MÉTAUX

Tous les métaux s'unissent directement au chlore. Les chlorures ainsi formés ne possèdent pas tous la même composition : ils renferment pour un atome de métal un nombre inégal d'atomes de chlore.

! Pareille remarque s'applique aux oxydes, aux sulfures formés par l'union de l'oxygène ou du soufre avec les métaux. La puissance de combinaison de ces derniers pour le ciilore, l'oxygène, le soufre, etc., est donc loin d'être la même. En d'autres termes, les atomes des métaux peuvent attirer un nombre inégal d'atomes de chlore, d'oxygène, etc. : d'où il suit que la composition atomique des corps ainsi formés est différente. Si l'on compare les métaux, sous ce rapport, on constate entre eux des analogies, ou des dilférences, qui peuvent devenir la base d'une classification naturelle. On réunit dans un même groupe les métaux qui forment des composés analogues pai leur constitution atomique. Ces principes sont ceux qui nous ont guidés naguère dans la classification des métalloïdes. Nous essayerons de les appliquer aux métaux, dés que nous aurons acquis une connaissance générale de leurs composés.

Thenard avait fondé autrefois une classification des métaux, non pas sur leur puissance de combinaison considérée d'une manière générale, mais sur l'énergie variable de leur affinité pour l'oxygène. . 11 avait mesuré cette affinité :

1° Par la facilité plus ou moins grande avec laquelle les métaux attirent, à diverses températures, l'oxygène libre;

2° Par la difficulté avec laquelle les oxydes, une fois formés, abandonnent de nouveau leur oxygène ;

5° Par l'éneru'ie plus ou moins grande avec laquelle les métaux décomposent l'eau.

Se fondant sur ces principes, Thenard avait partagé les métaux en 6 classes.

On ne peut nier que cette classification ne présente de grands avantages au point de vue pratique; mais, d'un autre côté, elle méconnaît, dans un grand nombre de cas, les analogies les mieux constatées. Elle est à la classification naturelle, fondée sur un ensemble de caractères, ce que la méthode de Linné esta la méthode naturelle de Jussieu.

État naturel et extraction des métaux. — La nature nous offre certains métaux libres de toute combinaison. C'est ainsi que i'or, l'argent, le cuivre, le bismuth se rencontrent à l'état natif.

Plus souvent les mélaux sont combinés avec l'oxygèno, avec le soufre ou avec d'autres métalloïdes. Les sulfures naturels sont nombreux et abondants : ceux d'argent, de cuivre, de mercure, de plomb, de zinc, constituent les minerais les plus ordinaires dont on extrait ces métaux.

Le foret l'étain se retirent de leurs oxydes, qu'on rencontre dans la nature.

Souvent les métaux sont engagés dans des combinaisons salines. On les trouve à l'état de chlorures, de carbonates, de sulfates, de phosphates, de silicates.

Nous ne pouvons indiquer ici que d'une manière très-générale îes méthodes à l'aide desquelles on parvient à extraire les métaux de leurs combinaisons.

S'agit-il de retirer un métal de son oxyde, on réduit celui-ci par le charbon à une haute température.

Si le minerai est un sulfure, on commence par le griller, c'est-àdire par le chauffer au contact de l'air. L'oxygène de l'air se porte alors et sur le soufre, qui se dégage à l'état de gaz sulfureux, et sur le métal qui reste à l'état d'oxyde ; on réduit ensuite ce dernier par le charbon.

On retire quelquefois les métaux de leurs chlorures, en chauffant ceux-ci avec du sodium, qui s'empare du chlore pour former du chlorure de sodium.

Page 1