SO*R
fnlfate neutre de pot'issium.
PliD*H5
Acide phosphorique.
Phosphate mono potassique.
PhO*
PhO*
Phosphate dipoLi^que.
PhO*K5
Phosphate tripotassitjue.
Certains sels neutres possèdent la propriété de se combiner arec des hydrates ou des oxydes. Ils renferment alors tous les éléments du sel neutre, plus ceux de Ihydrate ou de l'oxyde; on nomme ces sels basiques, .\insi les oxydes de plomb et de cuivre s'unissent à divers sels de plomb et de cuivre pour former des sels de plomb ou de cuivre basiques.
Lois de Richiter. — Le phénomène de la neutralisation ou de lasaturation des acides par les bases adonné lieu, à la fin du siècle dernier, à des travaux fort importants. Nous savons (p 17) qu'un poids donné d'.un acide exige, pour être neutralisé, une quantité fixe, absolument invariable, d'une base donnée. Ainsi 1,000 grammes d'acide sulfurique exigent, pour se convertir en sel neutre, une quantité de potasse caustique correspondant à 961 grammes d'oxyde de potassium anhydre K*0. Pour neutraliser ces i ,000 grammes d'acide sulfurique, il faudra prendre des poids d'oxydes invariables pour chacun d'eux, mais différents entre eux.
Ainsi 1,000 grammes dacide sulfurique concentré sont neutralisés par les quantités suivantes d'oxydes :
Gr.
Oxyde de potassium 961 "
Oxyde de sodium 632
Oxyde de baryum 1561
Oxyde de calcium 5"!
Oxyde de zinc 866
Oxyde cuivrique 811
Oxyde mercurique . 220-i
Oxyde d'arçent 23G7
D'un autre côté, pour neutraliser 1,000 grammes d'acide azotique le plus concentré possible, il faudra employer les quantités suivantes des mêmes oxydes :
Gr.
Oxyde de potassium 717
Oxyde de sodium 492
Oxyde de baryum 1214
Oxyde de calcium 414
Oxyde de zinc 6'il
Oxyde cuivrique 631
Oxyde mercurique 1714
Oxyde d'argent 1S41
Or Richter a, le premier, remarqué que ces dernières quantitL^s sont entre elles exactement dans les mêmes rapports que les quan-
tilés d'oxydes qui neulralisent 1,000 grammes d'acide sulfurique. En effet :
652 ~ ^i 961 Ul 1361 ~ liU 96L 747 571 ~ U4'
En d'autres termes, les quanlilés d oxydes qui neutralisent un poids donné d\in acide sont proporlionnelles aux quanlilés (Foxydcs qui neulralisent le même poids d'un autre acide. Celte loi de composition des sels a été découverte, à la fin du siècle dernier, par Ilichter, cliimiste qui vivait à Berlin. Berzelius avait cité un autre chimiste allemand, Wenzel, comme l'auteur de la loi de proportionnalité dont il s'agit, et cette indication, reconnue inexacte aujourd hui, a passé depuis cinquante ans, dans tous les traités de chimie.
Richter a porté aussi son attention sur le phénomène de la précipitation des solutions métalliques par les métaux. On sait que lorsqu'on plonge une lame de fer dans une solution de sulfate de cuivre, le fer se dissout, déplaçant une certaine quantité de cuivre, sans autre changement. Le nouveau'sel formé, le sulfate de fer, se trouvant en solution dans les mêmes conditions de neutralité que le sulfate de cuivre, les quantités de métnl qui se déplacent ainsi, sont équivalentes (page 19). Comme il n'y a ni oxygène ni acide mis en liberté, on doit admettre qu'elles sont unies dans les sels successivement formés à la même quantité d'oxygène. On a même supposé que, dans les sels qui contiennent, comme les sulfates, A atomes d'oxygène, le métal est en rapport direct avec l'un d'eux, qui suftllait précisément pour constituer ce métal à l'état de protoxyde.
SO*Cu = SO^CuO SO'. e = SO'.FeO
S'il en est amsi, il est clair que lorsque le sulfate de cuivre est décomposé par le fer, la quantité de ce métal qui entre en dissolution se met en rapport, ou se combine, si l'on veut, précisément avec la quantité d'oxygène abandonnée parle cuivre. Cette quantité d'oxygène étant constante, les quantités des métaux qui se combinent successivement avec cette quantité d'oxygène sont différentes et équivalentes entre elles, et il est clair que les oxydes ainsi formés
seront d'autant plus riches en oxygène que le poids du métal qui sera entré en dissolution sera moins considérable : en d'autres termes, la richesse en oxygène de tous ces oxydes sera inversement proportionnelle aux poids des mélaux qui seront entrés successivement en dissolution, c'est sous cette forme que Richter a énoncé la seconde loi de composition des sels. Il est évident qu'elle est implicitement contenue dans la première, et que l'une et l'autre ne sont que des cas particuliers et des conséquences forcées de la théorie des équivalents, telle que nous la comprenons aujourd'hui et que nous l'avons exposée (page 19).
Au reste, Richter n'a pas été heureux dans toutes ses conceptions. En développant ses idées, il a commis des erreurs graves qui ont détourné l'attention de ses contemporains de ce sujet, jusqu'au moment où Bcrzelius a tiré de l'oubli ces travaux sur la composition des sels et a montré le parti qu'on pouvait en tirer pour établir la loi de combinaison des corps.
PROPiiiÉTÉs GÉNÉRALES DES SELS. Les sels offrent des colorations très-diverses. Ceux qui sont formés par un acide coloré sont colorés eux-mêmes; tels sont les chromâtes, les manaanates et les permanganates.
La plupart des oxydes colorés forment des sels présentant diverses colorations.
Les sels ferreux sont d'un vert bleuâtre.
Les sels ferriques sont jaunes ou jaune brun.
Les sels manganeux sont roses.
Les sels de clirome sont d'un vert foncé.
Les sels de nickel sont verts.
Les sels de cobalt sont rouge groseille ou bleus.
Les sels cuivriques sont bleus ou verts.
Les sels d'or sont jaunes.
Il est à remarquer que ces colorations diverses ne se développent généralement que dans le cas où les sels sont hydratés, c'est-à-dire unis à de l'eau de cristallisation. Leur saveur dépend d'abord de leur solubilité ; elle est nulle ou peu marquée pour les sels insolubles, pluf ou moins forte et très-diverse pour les sels solubles. Les sels de magnésium sont amers ; les sels d'aluminium sont astringents, ceux de fer astringents avec arrière-goût métallique. Les sels de plomb sont à la fois sucrés et astringents ; les sels de cuivre, d'antimoine, de mercure, offrent une saveur acre métallique, excitant le dégoût, styptique, comme on dit.
Les sels possèdent, en général, des formes régulières ; ils se présentent le plus souvent en cristaux. Quelques-uns sont obtenus à l'état de précipités amorphes ; ceux-là même peuvent affecter, dans la nature, la forme de cristaux.
Isomorphisme. — Un certain nombre de sels, qui possèdent une composition atomique semblable, cristallisent sous des formes identiques ou presque identiques : ils sont isomorphes. 11 en est ainsi des sulfates doubles quon nomme aluns, et dont l'alun ordinaire ou sulfate double d'aluminium et de potassium est le type. Ces aluns sont formés par l'union d'un sulfate (SO»)'-R- avec un sulfate SO*M* et renferment tous 24 molécules d'eau de cristallisatiou.
Ainsi l'alun ordinaire :
(SO*)sAls,SO*K* -+- 24U*0
Sulfate double d'aluminium et de potassium.
est isomorphe avec l'alun de chrome ou l'alun de fer. (SO)5Cr»,S0*K^ -t- 2411*0
Sulfate double de chrome et de potassium.
(SO*)''FeSSO'K* -|- 24H*0
Sulfate double de fer et de potassium.
Tous ces aluns cristallisent en octaèdres réguliers. Bien plus, une solution qui renferme deux aluns, par exemple du sulfate double d'aluminium et de potassium et du sulfate double d'aluminium et d'ammonium, laisse déposer, par la concentration, des cristaux où ces sels se trouvent mélangés. Tel est le caractère des corps isomorphes : cristallisant sous les mêmes formes, ils peuvent se mêler et se remplacer en toutes proportions dans un même cristal. Nous citerons, dans le cours de ces leçons, un très-grand nombre d'exemples d'isomorphisme. Bornons-nous à ajouter, pour le moment, que cette notion de l'isomorphisme a rendu des services à la théorie chimique, en permettant de rapprocher des corps semblables par leur forme cristalline comme par leur constitution atomique, et en fournissant, dans quelques cas, des indications utiles pour la fixation des poids atomiques, il est évident, en effet, que, lorsque deux combinaisons semblables, deux sulfates doubles par exemple, sont reconnus isomorphes, il est nécessaire de représenter leur constitution par des formules analogues, et que celles-ci ne le seront qu'à la condition que les poids atomiques des métaux que ces sulfaliis renferment aient une valeur déterminée.
Action de l'eau sur les sels. — Expériences. 1° Je verse de Feau sur de la craie en poudre, et j'agite ; l'obtiens une liqueur trouble, blanche. La craie s'est délayée dans l'eau sans s'y dissoudre ; elle y est simplement suspendue sous forme de parcelles ténues^ et, si je laisse reposer la liqueur, le précipité va se déposer et l'eau clarifiée se verra au-dessus du dépôt.
2° Je verse de Tenu sur du salpêtre ou azotate de potassmm, et j'agite. J'obtiens une liqueur transparente, incolore. Le salpêtre s'est dissous dans l'eau ; il a disparu comme corps solide. Il s'est fondu dans l'eau, comme on dit vulgairement, et s'y est répandu ou diffusé uniformément Dans ce liquide il s'est fait liquide lui même •. c'est là le phénomène de la dissolution. Il est accompagué d'une production de froid, c'est-à-dire d'une absorption de chaleur ; carie salpêtre, en prenant la forme liquide et en se diffusant dans l'eau, a besoin d'absorber de la chaleur.
Je continue à introduire dans la solution du nitre en poudre; il disparaît encore. Mais il arrivera un moment où le sel que j'ajoute cessera de se dissoudre; car l'eau, à la température où j'opère, n'en peut dissoudre qu'une quantité donnée, et, dès que cette limite est atteinte, la force dissolvante de l'eau à l'égard du salpêtre est épuisée. On dit alors que l'eau est saturée de sel. L'excès de celui-ci demeure à l'état solide.
Mais chauffons maintenant la liqueur, cet excès va se dissoudre à son tour ; car la solubilité augmente avec la température, et, à à mesure que celle-ci s'élève, il se dissoudra une plus grande quantité de sel. Voilà la liqueur en pleine ébullition ; la température du liquide et la solubilité du sel ont atteint leur limite supérieure.
Si je laisse refroidir la solution saturée à l'ébuUition, elle laissera déposer une grande partie du sel sous forme de cristaux. J'obtiendrai ainsi des prismes volumineux, incolores, transparents, qui rempliront le vase tout entier et qui seront baignés par une eau encore saturée de salpêtre à la température où elle est descendue. Cette liqueur est ïeau mère des cristaux : ceux-ci se sont déposés de son sein- C'est ainsi qu'on fait cristalliser les sels solubles par le refroidissement de leur solution saturée à chaud.
Généralement on observe des faits semblables avec d'autres sels solubles. La solubilité de ces derniers augmente avec la température: il y a pourtant des exceptions à cette règle. Le chlorure de sodium