‹ Leçons élémentaires de numismatique romaineChapitre 61 sur 70 · ARTICLE II · texte numérisé non relu

ARTICLE II

Des médailles moulées sur celles qui sont de coin maderne.

Les médailles moulées sur celles de coin moderne, sontensi grand nombre, que tous les cabinets qui n'ont pas été formés de main de maître en sont remplis. Il est en effet bien plus aisé de les contrefaire de cette façon que si on les moulait sur l'antique. La plupart des médailles rares antiques, qui sont les seules qu'on a intérêt de contrefaire, sont usées, et ont laissé une partie de leurs charmes en chemin , ex-

cepté celles d'or qui sont presque toujours à Heur de coin ; au lieu que les médailles du Padouan sont encore dans toute leur beauté, et qu'elles prennent bien mieux dans un moule que celles que le temps a usées : de là la facilité des faussaires ( qui n'ont point assez de talent pourgraver ) à mouler ces sortes de médailles. Elles sont quelquefois plus difficiles à reconnaître que leurs originaux, parce qu'en les moulant, on leur donne l'épaisseur qu'on souhaite. En second lieu , on remplit avec du mastic les cavités que le sable y a laissées j on en retouche les lettres , qu'on répare parfaitement avec le burin , et l'on passe sur toutes ces fourberies un vernis qui achève de les masquer. On ne doit pas s'étonner si la plupart des curieux , surtout ceux qui ne font que commencer , donnent dans ces sortes de médailles. Elles ne sont cependant pas plus difficiles à dévoiler que celles de coin moderne ; dès qu'on suivra les mêmes règles pour les reconnaître, qu'on fera attention que ces sortes de médailles sont plus légères que celles qui ont été frappées, par la raison que le feu raréfie le métal fondu , au lieu que celui qui est battu se condense , et devient par conséquent plus pesant ; que les lettres n'en sont point franches , outre que le mastic et le faux vernis sautent d'eux-mêmes aux yeux.

Celles qui sont moulées sur le moderne en or et en argent, sont plus aisées à reconnaître, parce qu'on ne peut les déguiser , ni avec le mastic , ni avec im vernis supposé j elles montrent donc, polir

ainsi dire , leur turpitude à découvert , et il faut qu'un curieux soit encore novice pour s'y méprendre.

La plupart des rebords de toutes les espèces de médailles fausses , en imposent assez souvent j aussi voit-on que c'est ordinairement la première règle par où les curieux examinent une médaille ; le plus grand nombre a pour maxime que les rebords justifient le champ de la médaille, et que le champ sert à son tour à justifier les rebords ; mais rien de plus trompeur dans un sens. Nous avons à la vérité un grand nombre de médailles d'argent , dont les rebords ont été limés et airondis du temps des Romains, pour être ensuite enchâssées dans des bagues , autour de certains vases ou d autres monumens semblables, qu'on trouve encore quelquefois. On a souvent regardé ces pièces comme suspectes , et la plupait des curieux s en méfient encore, quoiqu'elles soient sûrement antiques.

D'ailleurs, une infinité de médailles fausses ont les rebords piqués et mangés, comme s'ils avaient essuyé les outrages de plusieurs siècles, ce qui se fait de la manière suivante : on couvre les rebords d'une médaille fausse avec de la cire , qu'on pique ensuite en plusieurs endroits ; les trous que la piqûre a faits , on les remplit d'eau-forte, qui mange et ruine les rebords de la médaille, autant et quelquefois mieux que s'ils étaient de la première antiquité. 11 est donc impossible qu'ils justifient dans cec as le champ de la médaille ; ainsi rien en général

tle moins décisif que les rebords , puisque , par les raisons que je viens d'apporter, une médaille qui aura ses rebords limés, peut être antique, et que celle qui les aura mangés et usés , tels qu'une médaille antique doit naturellement les avoir , pourra être fausse.

ARTCLE III.

Médailles moulées sur les antiques.

Les médailles dont il est ici question , qui sont moulées sur les antiques , sont moins aisées à reconnaître que celles du Padouan , ou celles qui sont moulées sur les pièces modernes ; parce que , lorsqu'il s'agit de fondre ces médailles, on a soin de choisir pour l'empreinte du moule la médaille antique la mieux conservée qu'on puisse trouver , et qui produise des pièces assez bien imitées pour en imposer souvent aux plus éclairés. On en peut fondre de cette façon de toutes les grandeurs et de tous les métaux 5 et quand un habile faussaire a réparé ces sortes de médailles avec le burin , elles paraissent souvent aussi naturelles que les antiques, d'autant mieux que, comme on ne contrefait que des têtes et des revers rares , les ouvriers ont soin , pour en imposer davantage, d'employer pour leur matière des médailles antiques communes, fabriquées dans le temps de celles qu'ils contrefont, afin que l'argent soit au même titre. Par exemple, un ouvrier voudra contrefaire V Arc- de- triomphe de Sepiime-

Sévère , qui est un revers fort rare en argent, il aura soin (le fondre une médaille commune d'argent du même empereur, pour en fabriquer sa pièce fausse et la rendre plus méconnaissable pai- l'égalité du titre de l'argent.

II faut convenir que ces sortes de médailles sont ordinairement moins aisées à démasquer que les précédentes j parce qu'ayant été, comme je viens de le dire , moulées sur les médailles antiques les plus parfaites, elles ont conseivé le goiit de leur modèle, et ont réellement un coup d'œil qui surprend- aussi voit-on la plupart des cuiieux s'y tromper, principalement en fait de médailles impériales d'argent; c'est l'espèce la plus aisée à imiter par la petitesse du volume. Il n'y a guères de cabinets où on ne trouve de ces médailles. Telle était une médaille d argent iin de \ impératrice Magnia Urhica^ que j'ai vue dans un cabinet de Paris. Cette médaille en avait imposé à plusieurs médaillistes , et entre autres , au P. Banduri , qui l'a citée dans son Catalogue comme une pièce extrêmement rare ; elle fut cependant reconnue pour une médaille moulée et réparée avec beaucoup d'art et d'adresse, mais qui était fausse.

Les antiquaires doivent être extrêmement en garde sur ces sortes de médailles , par la ressemblance qu'elles ont avec les antiques. Il faut surtout se défier de toutes les grandes têtes en argent. Les femmes qui appartiennent à Trajan, le Pertiuax, le Didiiis Julianus^ le Pescennius Niger, les àenx

Gordiens cV Afrique , la Tranquilline et la Cornélia Supéra , ont été imitées mille et mille fois ; et j'ai reconnu par expérience que , sur vingt médailles de cette rareté qu'on verra dans des cabinets de province, à peine en trouvera- 1- on une ou deux de véritables.

Il est nécessaire, pour reconnaître ces médailles, d'examiner deux choses, \^ les lettres , 2° le champ de la médaille. Dès qu'une médaille n'a point été frappée dans un coin , comme le sont les monnaies d'aujourd'hui, et comme l'ont été les médailles antiques , à l'exception de quelques-unes de bronze , dont je parlerai en son lieu , les lettres en sont plus irrégulières, elles ne sortent point du champ de la médaille avec netteté, elles sont plus pâtées, et, si le burin y a travaillé, on reconnaît qu'elles ont été altérées. Il faut suivre une légende d'un bout à l'autre , examiner si toutes les lettres sont du même goût et uniformes , si aucune ne cloche , et si elles sortent toutes avec la même égalité ; quand ces conditions ne se rencontrent pas , la médaille doit paraître suspecte.

Le champ doit encore servir à assurer le sort de la médaille ; quand elle est moulée , il n'est jamais si uni que lorsqu'une médaille a été frappée ; on y voit toujours un certain creux et des cavités causée» par le sable. Ces défauts ne peuvent se cacher, comme aux médailles de bronze , par le mastic et le faux vernis ; il faut qu'ils paraissent à découvert sur les médailles d'or et d'argent , et alors le coup d'œil y fait beaucoup pour les distinguer prompte-

ment, surtout quand on l'a acquis à un point où il n'est guères possible de se tromper.

ARTICLE lY. ' ' "• ^'

Mcdailles antiques refaites ^ et dont on change les têtes et les types.

Voici l'espèce de médailles qui surprendra sans doute le plus et dont on a moins lieu de se défier, et je conviens qu'il faut être très-versé dans la mécanique des médailles pour ne pas s'y laisser surprendre. Ce sont des médailles antiques auxquelles on substitue de nouvelles légendes , et dont on falsifie les têtes et les revers avec un art étonnant. Un curieux (;roit être en sûreté quand il acquiert ces sortes de médailles, dont on se défie d'autant moins qu'elles sont réellement antiques ; mais elles n'en sont pas moins fausses , en ce que ce sont en effet des médailles différentes de ce qu'elles représentent. Il est d'abord aisé d'imaginer qu'il n'y a que les têtes les plus rares et les grands revers qu'on travestit ainsi. La plus grande partie de ces médailles nous viennent d'Italie , où on a commencé à les déguiser de cette façon, quand on s'est aperçu que les autres espèces de médailles fausses étaient trop connues.

Alors on s'est avisé de faire d'une médaille commune antique une médaille rare ; de travestir, par exemple, un Claude de bronze de la colonie d'Antioche en Othon ; une Faustinc lanière, médaillon de potin, en Titiane ; une Julie àe Sévère d'argent on Didia Clora ; un Macrin de colonie en Pescen-

nius Niger; une Oihiana de grand bronze en Aniiia Faustina; une Marnée en Tranquilline ; le Philippe le père ou le Valérien de grand bronze en Emilien ; ainsi du reste.

Quand les têtes ne sont pas à peu près ressemblantes, telles que celles dont je viens de parler, cette difficulté n'arrête pas pour cela la fourberie. On sait les retoucher avec le burin d'une façon à les rendre semblables; on se sert ordinairement d'un Marc-Aure/e de bronze, pour en faiie un Pertinax; mais , comme ces deux empereurs ne se ressemblent pas tout-à-lait , on a soin de prendre un Marc-Aurele au revers de sa consécration , qui est un revers qu'on trouve dans Pertinax; on épaissit la barbe de Marc-Aurele^ telle que Pertinax la portait; on lui grossit le nez , et , quand le nom est changé avec adresse, une pareille pièce, qui a le revers franc, et qui a d'ailleurs de vraies marques d'antiquité, est fort capable de séduire un curieux, qui sera charmé d'acquérir une tête de cçtte conséquence.

Toutes ces médailles antiques, ainsi travesties, sont très-communes dans les cabinets , surtout dans les suites de grand et de moyen bronze , que le vei nis déguise toujours mieux. Il est donc de l'intérêt des personnes qui forment des collections de médailles, de s'appliquer de bonne heure à démasquer cette fourberie, qui consiste presque toujovus dans les lettres : la chose n'est pas aisée. Il y a, en Italie , des ouvriers qui ont passé toute leur vie à ce manège;

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qui possèdent l'art doter d'une médaille les lettres qui nuisent à leur dessein, et d'en graver d'autres en place, qui paraissent si naturelles, que la plupart des curieux y sont trompés. J'ai vu de grands connaisseurs partagés de sentimens sur une Titianc de Potin, fabrique égyptienne, qui, dans le fond, n'était qu'une Faustine travestie. La Césotiic d'or, du cabinet de feu M. Lebret, était de cette espèce. Elle fut reconnue , à son arrivée à Paris , pour une Agrippine^ la mère, au revers de^Caligula, dont on avait ôté le nom pour y substituer celui de Césonie , et en faire par-là une médaille qui en avait imposé à tous les antiquaires de Provence.

J'ai vu nombre de médailles des empereurs Claude et Néron , de la colonie d'Antioche , déguisées en Othon , et travaillées avec beaucoup d'art.

Ces sortes de médailles se reconnaissent principalement par les lettres , qu'il faut examiner avec la sévérité que j'ai prescrite à la fin de l'article précédent.

Outre les têtes , on refait de même les revers ; une médaille sera belle du côté de la tête, et fruste, c'est-à-dire gâtée du côté du revers. Si c'est un revers qui soit rare, et que la médaille soit de bronze, on le retravaille avec le burin , et on en fait revivre toutes les figures , en creusant un peu dans le champ de la médaille ; il faut prendre garde alors que ces sortes de revers, ainsi refaits, n'ont point de relief, et ne

sortent pas hors du champ, et c'est prhicipalement à cette mai'que qu'on les reconnaît.

Un grand nomhre de médailles ( je parle encore ici de celles de bronze ) ont des revers rares , qui sortent à fleur de coin , mais qui sont totalement postiches ; ce sont encore des médailles antiques , à la tête desquelles on ne touche point ordinairement; on creuse seulement le revers , qu'on remplit d'un mastic de la couleur que le temps a donnée à la médaille, et qu'on attache au métal avec tant de solidité , qu'il ne le quitte que par force. On grave alors sur ce revers les lettres , les figures , ou les autres ornemens qu'on A^eut y laisser , pour en faire des médailles rares et d'une grande conservation ; on les vernit des deux côtés, et elles sont, dans cet état, d'autant plus capables d'en imposer , qu'un acquéreur , qui voit que le côté de la tète est franc , ne s'avise pas toujours d'examiner le rêver à la rigueur; cependant, une partie des plus beaux revers du grand bronze a été , du plus au moins , refaite de cette façon. Quoiqu'ils ne soient pas tous refaits en entier , et qu'il y en ait beaucoup qui n'ont que quelques parties de retouchées, c'est toujours, en ce cas, selon moi, un très-grand défaut dans une médaille, et qui en diminue le mérite et le prix , du tout au tout.

Il y a peu de suites de grand bronze où l'on ne trouve abondamment de ces médailles. Pour les reconnaître , il faut ini grand usage , et s'être formé un

goût sûr de la fabrique des Romains; alors ces sortes de pièces ne peuvent échapper ; en attendant , un curieux doit se défier d'une médaille qu'il verra couverte d'un faux vernis ; en piquer les parties les plus suspectes avec le burin , pourvoir si elles résistent, ou si elles sont de mastic ; examiner principalement si toutes les parties d'un revers forment un tout uniforme, tel qu'il faut imaginer qu'une médaille doit être , quand elle a été fabriquée dans un coin «rave avec art et avec justesse ; s'il s'aperçoit de quelques inégalités , la médaille doit lui être suspecte. Quand on ne connaît pas par soi-même si les médailles sont légitimes ou falsifiées, il faut avoir recours , dans les acquisitions qu'on fait, à un habile connaisseur qui ne nous laisse pas tromper , ou, du moins, être sûr de la probité et du discernement du vendeur , et l'on ne risque rien dans l'un de ces deux cas.

ARTICI^E V.

Des médailles martelées et encastées.

Les médailles que nous nommons martelées , sont à peu près de l'espèce de celles dont je viens de parler. Ce sont encore des médailles antiques communes qui doivent être bien conservées •■, on en lime totalement les revers , et on en frappe de nouveaux en place avec un coin moderne , qui imite assez bien l'antique , ce qui se fait en posant le côté de la tête , auquel on ne touche point , sur plusieurs cartons ,

afin qu'il ne puisse point s'applatir ; on met ensuite le coin moderne sur le revers de la médaille , et on lui en fait prendre l'empreinte à coups de marteau ; comme ces revers , ainsi martelés , sortent du coin , ils sont très-nets et uniformes, et imitent l'antique du plus au moins , suivant l'habileté du gravexir. Ces sortes de revers sont, pour l'ordinaire, frappans par leur rareté , et la plupart même ne se trouvent point sur les médailles légitimes: tels soiMÀqiias Claudiam ex Jbntibus , etc., au revers de Claude; Po?itetn JEliwn, au revers A' Hadrien ; expeditio judàica , que j'ai vu au revers du même empereur , et d'autres monumens semblables. Ce sont donc ces médailles mêmes qui indiquent leur fausseté, parce qu'on doit savoir que la plupart de ces revers ont été imaginés à plaisir , et n'ont jamais existé sur les médailles antiques ; ce qui doit engager un curieux à connaître exactement les médailles qu'on trouve antiques , principalement dans le genre où il donne. Il est d'ailleurs facile, pour peu qu'on ait usage des médailles , de distinguer celles qui sont martelées , par la différence toujours sensible de la fabrique de la tête à celle du revers 5 ce qui fait un contraste aisé à remarquer.

Après avoir parlé des médailles martelées , il est naturel que celles que nous appelons encastées, trouvent ici leur place ; ce sont deux moitiés de médailles communes qu'on joint ensemble , et qui en font une rare. C'est ordinairement sur les médailles de bronze et d'argent , qu'on exerce cette nouvelle fraude.

On emploie, par exemple, un ArUonin , dont on creuse le revers dans son entier ; on prépare ensuite une tète de Faustine, qu'on applique dans ce revers, ce qui forme une médaille rare. Si c'est une médaille de bronze , on a soin de choisir deux médailles d'un cuivre de la même couleur et du même vernis. Il y a de ces médailles , jointes de cette façon avec tant de justesse , qu'il n'y a guère que la certitude où on est qu'elles sont encastées, qui les fait découvrir, d'autant plus que les rebords de la médaille qu'on creuse , restent toujours.

J'ai vu nombre de médailles d'argent, de la famille de Septime-Sévere , qui avaient deux têtes , et qui n'étaient que des médailles encastées proprement. Il faut encore une grande attention pour reconnaître ces pièces ; quand on les examine avec soin et qu'on est prévenu, comme je le suppose , on découvre toujours quelques traces à l'entour du gréjiétis qui les font découvrir.

Ces médailles sont la plupart composées de deux têtes ; mais on en trouve aussi avec des revers qui sont appliqués de la même façon, tel que \ amphithéâtre de Titus , qu'on a quelquefois vu , en grand bronze , au revers de Domiti'en-, etc.

Quoique ces pièces soient formées d'une tête et d'un revers antique , elles n'en sont pas plus estimables, ce sont toujours des médailles fausses, et on doit les rejeter avec autant de mépris , que toutes les autres espèces de médailles falsifiées dont j'ai déjà parlé.

Rien ti'est beau que le vrai , le vrai seul est aimable.

Il y a encore des médailles , soit de bronze , soit d'argent, qui sont deux demi-médailles soudées ensemble par des ouvriers , qui n'ont pas assez d'adresse pour les encaster ; mais elles se reconnaissent à la seule inspection du rebord, qui est toujouts limé , et qui fait remarquer , au premier examen , les deux pièces.

Il ne faut cependant pas confondre les médailles encastées avec une infinité de médailles antiques , que nous avons dans les trois métaux et dans toutes les «randeurs, qui ont des revers qui n'appartiennent point aux têtes qu'elles représentent. Ces erreurs ont été causées, dans le temps , par la faute des ouvriers employés à frapper les médailles , qui , prenant un carré pour un autre , ont souvent joint à un empereur ou à une impératrice , un revers d'un règne précédent , ou qui appartenait à une autre tête différente. Il y a peu de cabinets où on ne trouve quelques-unes de ces médailles. J'en ai plusieurs dans ma suite de grand bronze , que j'ai citées dans une autre occasion , et qu'il est inutile (vae je répète ici. J'ai commencé à faire un catalogue de ces sortes de médailles , que je pourrai donner quelque jour au public , par la seule raison que rien ne doit être ignoré dans la science des médailles, et que ces pièces sont toujours très-curieuses par le défaut même de leur fabrique.

Ces revers, ainsi transposés d'une médaille à une

iuitrc , sont très-fréquens dans le petit bron/e du coiiMuencenient du bas-empire niétallicpie, je veux dire sous le règne de Gallien. Les trente tyrans qui s'élevèrent suecessivenient sous ee prinee ne laisoient la plupart que paraître sur la scène, et étaient aussitôt détruits par des rivaux, qui se mettaient en leur place et qui , à leur tour , ne régnaient pas plus qu'eux. Les monétaires des provinces envahies avaient quelquefois à peine le temps de graver les têtes de leurs nouveaux maîtres, auxquelles ils joignaient des revers des règnes préeédens. De là, le P acator orhis ^ au revers d'une médaille deMarius qui ne régna que trois jours, et une infinité d'autres semblables , dont il est nécessaire d être prévenu, afin de n'être pas arrêté à tout moment dans l'explication de ces médailles.

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