VINGT ET UNIEME FAMILLE
^ana/i^cîcd.
Toutes les coquilles de cette famille, fort nombreuse et très-variée, ont un canal droit ou recourbé et plus ou moins développé à la base de l’ouverture, dont le bord droit ne change point de. forme avec l’âge. Toutes sont operculées. Les unes ont un bourrelet constant sur le bord droit, les autres n’en ont point, ce qui a servi à I établissemenl de deux divisions.
r/e /at(We/cS conà/anJ <He* ^ /atr/rAo/Z.
1er GENRE. c3Xo(’tince. Nerinea , Lamarck.
(Nom mythologique.)
Coquille turriculée, allongée, à tours nombreux; axe perforé; columelie fort grosse, présentant trois plis dont le premier et le dernier sont les plus grands, celui du milieu n’existant pas toujours; un ou deux plis sur le côté droit de chaque tour. 11 existe donc dans la coquille au moins trois plis, et pas plus de cinq dans les espèces où ils se voient tous. Us sont parfois diversement contournés ou très-flexueux ; ils présentent une, deux et quelquefois trois gouttières, séparées par des carènes aiguës; d’autres fois ils sont simples, seulement plus ou moins inclinés sur le plan où ils reposent.
Ce genre a été établi par M. Defrance pour deux coquilles fossiles des coteaux de la vallée de la Touque, près de Lisieux. Cescoquilles, singulières par les plis de leur columelie et leur forme intérieure, se distinguent aisément des Cérites, et appartiennent à des couches plus anciennes que celles dans lesquelles on a le plus ordinairement rencontré ces dernières.
On connaît maintenant huit ou neuf espèces de Nérinées. Si l’on parvient à scier une Nérinée dans sa longueur et à la diviser ainsi en deux parties égales, on distingue parfaitement la perforation de l’axe et la disposition particulière des plis, qui, en s’étendant, en se contournant quelquefois dans la cavité intérieure de la spire, ont laissé peu de place pour Fig. tooo. NcrinéedeRequicn la partie postérieure de l’animal. D’après cette disposition, M. Desbayes, auquel nous empruntons ces détails, dit que les moules intérieurs des Nérinées ressemblent en quelque sorte à des rubans gaufrés dans leur longueur.
2e GENRE. Cwdv.
Cerithium , Bruguières.
(Kepa;, cornet.)
Coquille allongée, turriculée ; ouverture oblongue, oblique, terminée à sa base par un canal court, tronqué ou recourbé, jamais échancré. Une gouttière à l’extrémité supérieure du bord droit. L’animal a la tète proboscidiforme , surmontée d’un voile membraneux et de tentacules oculés à leur partie moyenne et externe; le pied est court et muni d’un opercule corné.
Les Cérites sont des coquilles marines qu’on trouve sur les fonds vaseux, et le plus souvent à l’embouchure des fleuves, rarement au delà du point où la mer remonte.
Le genre Cérite est très-nombreux en espèces vivantes et
I'ig. 1007. C.èrilc granuleuse.
d°,t'lS,; !“ PrmArCS l°"tCS 'CS mm'f Cérilcs fossiles « rencontrent
dans les couches de nouvelle formation. Le calcaire coquillicr des environs de Paris
fournit assez abondamment la Céritc géante, remarquable par scs dimensions extraordinaires, qui dépassent de beaucoup celles des espèces du même genre. Lelte coquille a son analogue vivant dans les mers du Sud, et le seul exemplaire connu se trouve dans la collection de M. Benjamin Delessert. Il est accompagné d’une note manuscrite de Lamarck, et d’une autre note qu’on attribue à Denys de Montfort. Nous croyons devoir donner communication de la première, que nous reproduisons textuellement :
« Cerithium giganteum. Analogue vivant de la co- « quille fossile connue sous ce nom. Cette coquille, « qui paraît unique, et la première observée vivante de « cette espèce, fut apportée à Dunkerque, en décem- « lue 1810, par un Anglais nommé Mathews Tristram, « qui faisait partie d’un bâtiment anglais alors à Dun- « kerque. Ce marin anglais avait encore différents au- « très coquillages, dont plusieurs sont connus pour « habiter les mers de la Nouvelle-IIollande, tels que « des Faisans, le Troehus Cookii, etc., etc. Interrogé a sur la manière dont il s’était procure la belle Cérite « qu il possédait, il répondit qu’étant embarqué sur « la flûte le Swalow , il avait navigué dans la mer « du Sud, et qu’un jour, ayant attaqué, la sonde à la « main, les bancs de rochers en avant de la Nouvclle- « Hollande, et lui-même, chargé d’une partie de « ces opérations, se servant alors d’une sonde de « nouvelle invention qui rapporte avec elle ce qu’elle « peut ramasser au fond des eaux, il avait ainsi retiré « cette coquille du fond de la mer avec des coraux « hlancs (des madrépores) et autres objets marins. Il ajouta qu’il n’avait eu que
« ce seul individu, et que, comme il était « cassé, on n’en voulut point à son re- « tour en Angleterre, ou du moins on en « fit assez peu de cas pour ne lui en point « donner ce qu’il en demandait. Denys de « Montfort en fit l’emplette, ainsi que de « quelques au très des coquilles de cet An- « glais, qui contenaient un sable conchy- « lifère assez intéressant. C’est de ce der- « nier que j’en fis l’acquisition, connaissant « l’importance pour la zoologie du nonce veau fait que présente cette belle co- Fio. 1009. Céritc sillonnée. Fig. 1010. Gérile rubannée. (( qUi||e. 7 Janvier 1811. LaMARCK. »
Fig. 1008. Cérite géante.
ôc GENRE. f^l’cuYotoiue. Pleurotoma, Lamarck.
(nXsupct, côté ; -reavw, je fends.)
Coquille fusiforme ou turriculée, terminée inférieurement par un canal droit plus ou moins long ; ouverture ovale , remarquable par l’échancrure de la partie supérieure du bord droit; le bord columellaire simple et lisse. L’animal a la tête aplatie, munie de tentacules à la base desquels se montrent les yeux ; le pied est ovale, court, à bords minces, et son extrémité postérieure porte un opercule corné assez épais.
On connaît un grand nombre de Pleurotomes dont le caractère le plus saillant consiste dans l’échancrure de la partie supérieure du bord droit. Us viennent pour la plupart des mers de l’Inde. Les espèces fossiles, fort nombreuses aussi, se trouvent dans les couches plus nouvelles que la craie, et plus particulièrement dans le calcaire grossier.
Fig. 101 i. Pleurotome austral.
Fig. 1012. Pleurotome auriculifère. Fig. 1015. Pleurotome tour do Babel.
4e GENRE. Cii/tinueüle. Turbinella, Lamarck.
( Turbineus , tournant en rond.)
Coquille généralement épaisse, turbinée ou subfusiforme, souvent tuberculeuse, à spire quelquefois surbaissée et mamelonnée au sommet ; à ouverture étroite, canaliculée, et présentant à la coin me! le des plis transverses au nombre de trois àcinq. L’animal est imparfaitement connu. Il a des tentacules oculés à leur base. Le pied est ovalaire, grand, dilaté, et porte un opercule épais et un peu recourbé.
Les Turbinclles sont des coquilles marines assez lourdes, solides, couvertes d’un épiderme épais; elles viennent pour la plupart de l’Océan Indien.
Les espèces fossiles sont jusqu’ici très-peu nombreuses; on n’en cite qu’une seule des environs de Paris.
l'iG. 1014. Tnrhinellc artichaut.
Il I STO I H K NATURELLE.
i>« GENRE. Cauccflrtue. Canceltaria, Lamarck.
(' Cancellatus , treillissé.)
Coquille réticulée ou rugueuse , ovale , globuleuse ou turriculée ; ouverture demi-ovale, subcanaliculée à sa base; bord droit tranchant, sillonné à l’intérieur ;
columelle droite, avec un plus ou moins grand nombre de plis très-saillants. L’animal a la tête large et aplatie, munie de deux tentacules grêles et allongés, oculés au côté externe de leur base ; le pied est mince, aplati, et ne porte point d’opercule.
Les Cancellai res vivantes ne sont pas trèsnombreuses ; elles viennent pour la plupart des mers de l’Inde. Les espèces fossiles, plus nombreuses, ne se trouvent que dans les terrains tertiaires, et deviennent de plus en plus abondantes à mesure que ces terrains sont plus récents.
L’espèce la plus remarquable de ce genre est la Cancellaire trigonostome, nommée aussi Borclstrnp , et dont le plus bel exemplaire connu fait partie de la collection deM. Benjamin Delessert. Cette coquille est des plus rares et a une grande valeur; elle est oblongue, lurbinée, etcomposée détours triangulaires qui ne s’attachent entre eux que par l’angle interne. Cette coquille singulière est sillonnée sur toute sa surface extérieure. ( Voy . pl. V, fig. 2.)
0e GENRE, t)' iXociAjfcuïe- Fasciolaria , Lamarck.
[Fasciola, bandelette.)
Coquille de forme variable, subfusiforme, aspire médiocre, pointue, le dernier tour plus grand que tous les autres ensemble ; ouverture ovale-allongée, terminée par un canal assez long, en gouttière. Bord externe souvent ridé, tranchant; bord columellaire présentant quelques plis très-obliques. L animal a la tête assez large et épaisse, et se termine par deux tentacules à la base externe desquels sont les yeux. Le pied est ovalaire, tronqué, en avant et très-épai?; il est muni à son extrémité postérieure d’un opercule corné, solide et onguiculé.
Le genre Fasciolairc est peu nombreux en espèces ; elles vivent dans les mers des Grandes- Indes, aux Antilles et à la Nouvelle-Hollande. Les espèces fossiles appartiennent aux terrains tertiaires : on en trouve aux environs de Bordeaux et de Paris. .
Fia. 1015. Fig. 1016.
Cancellaire à côtes obliques. Cancellaire réticulée.
Fig. 1017. Fasciolaire trapèze.
7e GENRE. ciYwcrtU'. Fusus , Lamarck.
(Fusus, fuseau.)
Coquille fusiforme, souvent ventrue dans sa partie moyenne ; à spire allongée, ridée, striée ou tuberculeuse, couverte d’un épiderme verdâtre. Ouverture ovale, prolongée en un long canal droit. Bord droit tranchant; bord columellaire lisse. L’animal a la tète petite, munie de tentacules oculés à leur base ou vers le milieu de leur longueur. Le pied est subquadrangulaire, très-court, et muni d’un opercule corné.
Les Fuseaux sé distinguent par l’élégance de leur forme plutôt que par l’éclat de leurs couleurs ; on en trouve dans toutes les mers, mais particulièrement dans celles des pays chauds. Les espèces fossiles appartiennent particulièrement au calcaire coquillier.
Fig. 1018. Fuseau pagode- Fig.
1010. Fuseau quenouille.
8° GENRE. Cyü u le. Cyrtulus , Hinds.
(Etymologie inconnue.)
Coquille fusiforme, ombiliquée, le dernier et l’avant-dernier tour turbinés, à spire saillante; ouverture allongée , se terminant inférieurement par un canal court. Columelle irrégulièrement arquée, calleuse supérieurement; bord droit tranchant. Animal non décrit.
Cette coquille, nouvellement découverte aux îles Marquises, est couverte d’un épiderme très-mince ; elle est encore fort rare dans les collections, et a été rapportée, en 1842, par le capitaine anglais Belcher, commandant du Sulphur, envoyé en exploration dans les mers du Sud.
On ne connaît encore qu’une seule espèce, et M. Hinds, qui en donne la description, ne dit sur cette nouvelle coquille rien de particulier que nous puissions indiquer.
Kifi. 1020. C.yrtulu du soir.
HISTOIltE N AT U HE L LE.
9» GEN HE. $\j ■tiil-i*/. Pyrula, Lamarck. ( Pirum , poire.)
Coquille de forme variée, piriforme, Ventrue, à spire courte ou surbaissée, ouverture ovale, terminée par un canal droit plus ou moins long. Bord droit sans échancrure; eolumelle lisse, un peu excavée. L’animal a la même forme que ceux des genres qui précèdent, et comme eux il est operculé.
Le genre Pyrule se compose d’espèces qui présentent entre elles des différences si prononcées, soit dans la forme, soit dans l’épaisseur, que depuis longtemps on a senti la nécessité d’y faire quelques changements. Quelques espèces, comme la Pyrule mélongène, semblent devoir être rapprochées des Pourpres, et la Fig. to2t. Pyrule ligue. Pyrule figue, dont l’animal n’est point operculé, doit devenir le type d’un genre à former. Cette coquille est très-mince, très-légère, fragile, et diffère essentiellement des vraies Pyrules, qui sont épaisses et solides.
On trouve des Pyrules dans toutes les mers ; les espèces fossiles se rencontrent particulièrement dans le calcaire grossier et dans les couches plus nouvelles.
Nousavons figuré, pl. IX, nos2, 5
Fio. 1022. Pyrule candélabre.
Fiu. 1025. Pyrule mélongène.
et 4, et pl. VIII, n° 1, quatre Pyrules encore peu connues ou nouvelles, et nous avons décrit l’une d’elles sous le nom de Pyrule de Delessert. Parmi ces espèces, la Pyrule tubuleuse se rapproche des Figues, et les autres ont de grands rappoi ts avec les Pourpres.
§ II. H •éodtleJC't dttf* ^6 /o lt/ c/ïflc/-
] (je GENRE. eWi il Idolâtre. Struthiolaria, Lamarck. (. Struthio , autruche.)
Coquille ovale, à spire élevée ; ouverture évasée, par un canal très-court, droit, non échancié. Boid droit sinué, muni d’un bourrelet en dehors; bord columellaire calleux. L’animal a une tête prolongée en trompe plus longue que la coquille, et terminée par une petite troncature dans laquelle se trouve l’ouverture de la bouche. Tentacules coniques et oculés au côté externe de leur base. Le pied est ovalaire, épais, pédiculé, et porte un petit opercule corné, rudimentaire.
Les Struthiolaires sont toutes des mers de la Nouvelle-Hollande ; elles sont rares et peu nombreuses, car on n’en cite encore que quatre ou cinq espèces. On n’en connaitpointde fossiles, sil’espècedéeriteavec doute par M. Defrance n’appartient pas à ce genre.
sinueuse, terminée à sa base
Fig. 1024. Struthiolaire crénelée.
Tle GENRE. licmella, Lamarck.
(Diminutif de rana, grenouille.)
Coquille ovale ou oblongue, subdéprimée, canaliculée à sa base, et présentant deux rangées de bourrelets droits ou obliques, mutiques, tuberculeux ou épineux, à intervalle d’un demi-tour ; ouverture ovalaire. Les bourrelets sont formés par les accroissements successifs de la coquille, et, en l’élargissant à droite et à gauche, ils lui donnent un aspect un peu déprimé. L’animal a la tète large, proboscidiforme, munie de gros tentacules à la base externe desquels sont des yeux saillants. Le pied est large, quadrilatéral, et porte à son extrémité postérieure un opercule corné et allongé. Les Ranellcs viennent des mers de l’Inde, de la Chine et de la Nouvelle-Hollande. Les espèces fossiles se rencontrent dans les couches plus nouvelles que la craie, mais on n’en a point trouvé encore aux environs de Paris.
Fig. 1025. Itanellc granuleuse.
GENRE. o/VocEe*/. Murex, Lamarck.
( Murex, clmussc-trn pc . )
Coquille ovale-oblongue, à spire plus ou moins élevée; la surface extérieure toujours interrompue par des rangées de varices en forme d’épines ou de ramifications,
Fig 102G. Hocher palme de rosier.
Fig. 1027. Hocher lêle de bécasse.
ou seulement de tubercules généralement dans un ordre régulier et constant. Ouverture ovalaire, se prolongeant en un canal droit, souvent très-développé ; bord externe souvent plissé ou ridé; bord columellaire parfois calleux. L’animal a deux tentacules longs et rapprochés ; le pied est arrondi, généralement court et muni d’un opercule corné.
Ce genre est un des plus nombreux en espèces : les unes ont l’ouverture terminée par un canal tubuliforme couvert d’épines (fig. 1028), ou sans
Fig. 1028. Hocher lino épine.
Fig. 1029. Hocher hérisson.
HISTOIKE NATURELLE.
épines (fig. 1027); les autres sont couvertes de palmettes (lig. 1026) ; d autres enfin présentent sur toute leur surface des tubercules réguliers, spimformes et canahculés (lig. 1020). Les Rochers forment un genre remarquable par la couleur otja variété des espèces. On les trouve dans toutes les mers. (Voy* pl« ^ ^
Les Rochers fossiles se rencontrent dans les couches plus nouvelles que la craie, et
particulièrement dans le calcaire grossier.
Il paraît que ce sont ces Mollusques, que les anciens connaissaient sous le nom de Murices, qui fournissaient la belle couleur de pourpre, si précieuse et si
recherchée.
lôe GENRE. ‘Czilou ■ Triton , Lamarck.
[Triton, nom mythologique.)
Coquille ovale ou oblongue, à spire généralement assez élevée, couverte de boui
relcts irrégulièrement épars, et ne formant jamais de rangées longitudinales. Ouverture ovale, oblongue, et souvent très-irrégulière ; bord droit fréquemment chargé de plis ou de denticüles; bord
Fig. 1030. Triton émaillé. Fig. 1051.
columellaire tapissé par unecallosité quelquefois très-ridée. L’animal des Triions est à peu près le même que celui des Rochers; sa tète est grosse, saillante, munie d’une paire de tentacules coniques, assez longs etoculés vers le milieu de leur côté externe. Le pied est court, épais, tronqué, et porte un opercule allongé.
On trouve des Tritons dans toutes les mers, et les espèces fossiles se rencontrent toutes dans les terrains tertiaires.
Triton grimaçant. Fig. 1052. Triton bouche blanche.
Fig. 1033. Trilon enlacé. Fig. 1 034. Triton Touget.
i tSTOIRE NAT L KL LUE.
VINGT- DEUXIÈME FAMILLE
•S^/c'/ed.
Cotte famille se compose de coquilles de lorme très-variée, ayant un canal plus ou moins long à la base de l’ouverture, et dont le bord droit change de forme avec l’âge, et a un sinus inférieurement.
1er GENRE. Rostellaria, Lamarck.
(■ Koslellum , petit bec.)
Coquille fusiforme ou subturriculée, à spire généralement assez élevée; ouverture ovalaire, tei minée par un canal saillant et en bec pointu ; bord droit simple,
denté, digité ou dilaté en aile, et formant un sinus près de sa réunion au canal. L’animal est en spirale, allongé; sa tête, grosse et épaisse, se prolonge en une trompe fendue en avant; elle est munie de deux tentacules assez gros et bifurqués, la branche interne de la bifurcation plus grêle et pointue , l’externe tronquée et oculée au sommet. Le pied est divisé en deux parties, la postérieure munie d’un opercule corné et unguiforme.
Les Rostellaires sont des coquilles assez recherchées dans les collections : on en trouve particulièrement dans les mers de la Chine. Une espèce vient de la Méditerranée, et une autre de la mer Rouge. D’après M. Defrance, quelques espèces de ce genre se montrent à l’état fossile dans des couches plus anciennes que la craie ; mais la plus grande partie ne se rencontre que dans celles qui sont plus nouvelles, et il est très-probable que la solubilité, de leur lest est la cause qu’on n’en trouve pas dans la craie.
Fig. 1055.
Roslellairc de Powis.
Fig. 1056.
Rostellairc bec droit.
2e GENRE. cAoiutexuie- Chenopus, Philippi.
( Anserina , patte d’oie.)
Coquille allongée, fusiforme, terminée à la base par un appendice court, à peine canaliculé; colurnelle droite, garnie d’une callosité plus ou moins épaisse; bord droit dilaté, détaché supérieurement par un sinus large et peu profond, tantôt simple, tantôt découpé en digitations plus ou moins longues. L’animal est spiral; sa tète est grosse, proboscidiforme, tronquée obliquement en avant et munie de ten-
tacules très-allongés, grêles, pointus et garnis à leur base d’un petit ped.cule ocu à son sommet. Manteau mince, simple ou lobé selon les espèces, le nombre des lobes correspondant à celui des digitations de la coquille. Pied ovalaire, tronqué en avant et garni d un petit opercule corné et oblong.
Le genre Ansérine est peu nombreux en espèces ; il a été formé aux dépens des Rostcllaires de Lamarck. Les espèces vivantes se trouvent dans la Méditerranée et l’Océan Atlantique ; les espèces fossiles appartiennent aux terrains tertiaues et crétacés.
Fig. 1037. Ansérine pied de pélican.
5e GENRE. Sft m-oeève. Pterocera , Lamarck. (riTEpov, aile; pa;, corne.)
Fig. 1058. Plcroi:ère mille-pieds.
Coquille ovale - oblongue , ventrue, terminée inférieurement par un canal assez allongé. Le bord droit se développe, avec l’âge, en aile digitée, et présente un sinus vers sa base ; le bord columellaire est souvent ridé. L’animal a la tète grosse, proboscidiforme , munie de gros tentacules renflés au sommet, tronqués et largement oculés sur la troncature. Le manteau a le bord droit découpé en un nombre plus ou moins considérable de lanières qui sécrètent les digitations de la coquille. Ces digitations parallèles s’atrophient à mesure que leur sécrétion remplit les digitations calcaires. Le pied est large en avant , comprimé en arrière, et porte un opercule corné, long et étroit.
Fig. 1039. Ptcrocèrc orange.
Fig. 1040. Plérocèrc scorpion.
Les Ptérocères, connus vulgairement sous les noms d’ Araignées de mer ou de Scorpions, sont plus remarquables par la singularité de leur forme que par leur couleur. On les trouve dans les mers des deux hémisphères. Le nombre des espèces vivantes est peu considérable ; les espèces fossiles appartiennent pour la plupart aux terrains anciens.
Ae GENRE. C^komtie. Strombus, Linné.
( Strombus , conque marine.)
Coquille ventrue, terminée à sa base par un canal court, échancré ou tronqué. Bord droit, se dilatant avec Page en une aile simple, lobée ou crénelée à la partie
supérieure, étayant à l’inférieure un sinus séparé du canal ou de l’échancrure de la base. L’animal est spiral, à tète très-distincte, proboscidiforme, large, munie de deux tentacules gros, cylindriques, oculés à leur sommet ; les yeux sont gros, vivement colorés, et surmontent deux petits appendices déliés et pointus, placés à la partie supérieure et interne des tentacules. Le pied est comprimé et formé Fig; io4i. strombe poule. de deux parties : la postérieure, longue, porte
un opercule allongé, corné et unguieulé.
Ce n’est qu’à une certaine époque de leur vie que les Strombes présentent le développement complet du bord droit de cette expansion, qui les rend si remarquables.
Fig. 1042. Slrombe aile d’ange.
Fig. 1043. Slrombe aile d’aigle.
Les Strombes viennent des mers des pays chauds: la plupart des espèces sont vivement colorées à l’intérieur ou à l’extérieur, et recouvertes d’un épiderme mince
et verdâtre. Une des espèces , très-commune quoique des plus belles , est souvent employée comme ornement ; elle est blanche à l’extérieur, et son ouverture est d’un rose très-vif : c’est le Strombe aile d’aigle. On trouve des Strombes dans toutes les mers, et surtout dans celles de l’Inde. Les espèces fossiles sont peu nombreuses; elles viennent de Grignon, de Dax, de Bordeaux et/des faluns de la Touraine.