I-'IO. 85t. Bulle lG.ndcn.lo
I iG. 8 o 5. Huile f.nriôe
Les Bulles sont de fort jolies coquilles marines, ornées souvent d'es plus riches couleurs et de bandes rouges, noires ou blanches, séparées par des fascies de coulcuis divetscs. L une de celles dont nous donnons la ligure est connue vulgairement sous le nom de Bouton de rose. On ne connaissait qu’un petit nombre de Bulles, mais les voyages autour du monde exécutés dans ces derniers temps ont enrichi les collections des plus belles espèces.
On trouve des Bulles dans toutes les mers, mais principalement dans l’Océan Indien et sur les côtes de 1 Océanie. Les espèces fossiles sont assez nombreuses et communes, surtout en France.
NEUVIÈME FAMILLE
Les Mollusques de cette famille ont les branchies placées dans une cavité particulière, vers la partie postérieure du dos, et recouvertes par un écusson opercu laire et une coquille rudimentaire. Ils ont des tentacules.
GENRE. cAoplayoïe. Aplysia, Linné.
[Aplysia, éponge.)
Mollusque oblong, convexe en dessus, aplati en dessous, ayant l’apparence d’une grosse Limace, bordé de chaque côté d’un manteau large dont les expansions se
Fig. 856.
Aplysie tigrine.
Fig. 857.
replient sur le dos et servent parfois à la natation. La tête est distincte et surmontée de quatre tentacules auriformes au centre desquels se trouvent les yeux. Le pied est grand et calleux; les branchies, renfermées dans une cavité dorsale, sont protégées par une coquille rudimentaire située sur le dos et recouverte par le manteau. Cette coquille est très-mince, cornée, transparente, jaunâtre comme une pelure d’oignon ; sa forme est ovale, et elle est légèrement recourbée vers l’extrémité.
Les Aplysies se trouvent dans toutes les mers. Elles habitent les rochers des rivages et rampent sur les plantes marines ; quelques espèces ont la faculté de nager. On les connaît vulgairement sous le nom de Lièvre marin. Autrefois on supposait à ces animaux des qualités malfaisantes, et l’on croyait que le fluide visqueux
HISTOIRE NATURELLE, qu'ils répandent assez abondamment lorsqujon^e^to«^ep°^^*l^’^^^P®a^
Ktl dont îfis formel sont estfaofdinaues ou ^ ^ ^ vrai, c’est que les Aplysies peuvent, lorsqu’on les touche, rejeter un flu.dc
d’une odeur repoussante.
2e GENRE. fôMe fPe. Dolabellct, Lamarck. [Dolabella, petite doloire.)
Mollusque oblong , rétréci en avant, élargi à sa partie postérieure et ayant les bords du manteau repliés et serrés sur le dos, et impropres à la natation. Tete assez distincte et surmontée de quatre tentacules. Branchies dorsales , recouvertes par
Fig. 858. Dolabelle de Hasselt.
Fig. 859. Coquille de Dolabelle.
un écusson renfermant une coquille triangulaire, épaisse, calleuse, et presque en spirale d’un côté. Cette coquille rudimentaire a quelque ressemblance avec l’instrument nommé doloire, à l’usage des tonneliers.
Les Dolabelles ont les mêmes habitudes que les Aplysies; la forme de leur corps est aussi la même, elles ne s’en distinguent que par la nature calcaire et la forme de la coquille. On les trouve dans les mêmes localités.
DIXIÈME FAMILLE
Cette famille a été établie pour les Mollusques dont les branchies, sous la forme d’un réseau vasculeux, tapissent la paroi d’une cavité particulière dont l’ouverture sc contracte ou se dilate à la volonté de l'animal. Ils ne respirent que l’air libre. Ces Mollusques sont nus ou presque entièrement nus, dit Lamarck: leur corps est allongé et bordé sur les côtés d’un manteau le plus souvent fort étroit; ils rampent sur un disque ventral qui n’est pas séparé du corps. Originaires des eaux , ils vivent habituellement dans leur voisinage; quelques-uns, cependant, habitent dans des endroits qui en sont éloignés, mais presque toujours dans des lieux frais et humides.
lur GENRE. O ncLnèV. Onchidium, Bucbannan.
(Par corruption de orchis, grosse olive.)
Mollusque nu , sans coquille , elliptique , convexe en dessus , plat en dessous , horde de tous côtés par le manteau. Tète aplatie, ayant deux tentacules cylindracés et rétractiles. Yeux non observés ; cavité pulmonaire occupant la partie postérieure de l’animal sous le manteau, et s’ouvrant en arrière sous le rebord du manteau, par un orifice arrondi.
Le genre Onchide est peu nombreux en espèces, vivant toutes dans l’Océan Indien'et sur les côtes de l’Océanie.
hifi. 860. Onchide noirâtre.
2* GENRE. £ax mamelle.
Parmacella , Cuvier.
Fig. 861.
Parmacelle à petit manteau.
(. Partna , petit bouclier; celo, je cache.)
Mollusque allongé, oblong, renflé dans son milieu, où il est recouvert d’une cuirasse arrondie, charnue, adhérente seulement à sa partie postérieure, échancrée au bord droit et contenant une petite coquille aplatie, calcaire, légèrement courbe dans sa largeur. Tète assez distincte, portant deux paires de tentacules rétractiles, les uns supérieurs, longs et oculifères, les autres antérieurs et courts. Pied très-développé et large; cavité pulmonaire sous la partie postérieure de la cuirasse, et s'ouvrant sous l’échancrure du bord droit.
Les Parmacelles sont terrestres ; elles habitent les forets du Brésil. On en trouve à Bourbon et à Madagascar, au bord des courants d’eau douce.
Coquille de Parmacelle.
5e GENRE, limace. Lirnax, Linné.
(Nom anciennement employé.)
Mollusque nu, charnu, contractile, allongé, cylindrique en dessus et aplati en dessous pour former le pied ; couvert d’une peau plus ou moins coriace, unie,
Fig. 865. Limace ronge.
sillonnée, tuberculeuse, suivaut les espèces; muni antérieurement dune cuirasse ou bouclier coriace. Tète distincte ; quatre tentacules, les postérieurs grands et oculifères au sommet. Cavité branchiale située sous la cuirasse, à la partie antérieure du corps, et ouverte au côté droit. Lorsque 1 animal se contracte, la tête et les autres parties du corps se retirent incomplètement sous 1 écusson, qui contient ou une petite coquille rudimentaire, ou quelques corpuscules arénacés qui repiésenlent les éléments désunis d’une coquille. Les Limaces, dit Lamarck, s allongent et se traînent avec lenteur; leur tête est garnie de quatre tentacules inégaux, qu’elles font sortir ou rentrer à volonté, et qui paraissent leur servir à palper les corps. On remarque que l’animal les fait sortir ou rentrer à volonté, de la même manière qu’on développe les doigts d’un gant. Le corps de ces animaux exprime, à la moindre contraction, une humeur glutineuse qui sert à les faire adhérer aux surfaces sur lesquelles ils rampent ; cette bave, devenue friable et luisante en se séchant, indique la trace qu’ils ont suivie. La poussière, le sable, les brins de paille et tous les corps qui sont accidentellement agglutinés par les Limaces, deviennent un irritant qui augmente la sécrétion visqueuse , les épuise promptement et les fait mourir. L’exposition prolongée au soleil produit aussi le même effet. Les Limaces sont assez communes dans tous les pays, mais particulièrement dans les régions tempérées. Elles se plaisent dans les prés, dans les bois, sous les pierres, dans les fentes des rochers et dans tous les lieux sombres et humides. Les Limaces sont herbivores; elles mangent les jeunes pousses des plantes, et font de grands ravages dans les plantations et les jardins. Le meilleur moyen pour les éloigner ou les détruire consiste à répandre autour des jeunes plants des cendres, du sable fin, des écailles d’Huîtres pilées ou de la paille hachée ; ces corps les tuent en épuisant la sécrétion visqueuse. On conseille aussi de placer dans le voisinage des semis, des espaliers ou des jeunes plantations qui souffrent beaucoup de leur présence, des planches ou des pierres un peu écartées du sol, et qui puissent leur offrir un abri sous lequel elles se retireront inévitablement pendant la grande chaleur du jour, ce qui permettra de les détruire facilement.
Les Limaces se rencontrent particulièrement le matin ou le soir, lorsque l’atmosphère est chargée d’humidité : aussi les trouve-t-on en grand nombre après une pluie d’été. Pendant l’hiver, elles se retirent dans la terre et y supportent facilement une abstinence prolongée. Longtemps on a cru que les Limaces reproduisaient les parties de leur corps qui se trouvaient accidentellement détruites ou coupées : ce préjugé s’explique par la prompte contraction de l’animal au moment de l’opération : ce qui ne permet guère à l’expérimentateur que de couper les téguments.
Des Limaces qui n’ont point de coquilles, on passe, par des gradations insensibles, aux Hélices, qui en ont une très-développée, et dans laquelle elles se retirent complètement et s abritent. Dans plusieurs espèces on ne remarque aucune tracede coquille; d autres présentent quelques corpuscules granuleux et calcaires enveloppés dans 1 écusson ; dans quelques espèces la réunion de ces grains forme une lame aplatie, ou coquille intérieure rudimentaire ; chez d’autres, celte lame se montre- à I extérieur et commence à se contourner en spirale. Elle se développe graduellement, et, comme le fait observer M. Deshayes, elle change de place lorsque l’organe delà respiration en change lui-même, et elle lin i t par prendre insensiblement, et en Passant ^ llnc espèce à l’autre, un développement assez considérable pour pouvoir contenir l’animal tout entier. De ces divers degrés qui existent entre ces doux
extrêmes (le la série , de ces modifications diverses , on a fait autant de genres particuliers.
•4e GENRE. (Jeolaceffe. Testacella , Lamarck.
{Testa, coquille ; celo , je cache.)
Mollusque semblable à une Limace, à tète distincte, ayant quatre tentacules, les deux plus grands oculifères. Ouverture branchiale située à l’extrémité postérieure et couverte par une petite coquille rudimentaire, blanche, aplatie, ovale, auri forme
Fig. 864. Tcstacelle ormier. Fig.865. Sa coquille.
et légèrement spirale à son sommet. L’ouverture de cette coquille est très-évasée.
Les Testacelles diffèrent essentiellement des Limaces par la place qu’occupe l’ouverture de la cavité branchiale. Elles se tiennent presque constamment enfouies dans la terre, où elles s’enfoncent plus ou moins, suivant les degrés de chaleur ou de froid, d’humidité et de sécheresse, suivant en quelque sorte la marche des Lombrics ou Vers de terre, dont elles se nourrissent et qu’elles avalent par succion. L’espèce dont nous donnons la figure se trouve dans le midi de la France.
5e GENRE. ÇPilxiwv. Vitrina , Draparnaud.
[Vilreus, transparent.)
Mollusque allongé, limaciformc, contourné postérieurement en spirale, en grande partie droit et ne pouvant entrer entièrement dans sa coquille, qui se trouve plus
Fig. 866. Yilrine verte.
ou moins recouverte par les appendices postérieurs du manteau. Quatre tentacules, les deux antérieurs fort courts. La coquille petite, très-mince, déprimée et terminée supérieurement par une spire assez courte. Ouverture grande, arrondic-ovale ; à bord gauche arqué, légèrement fléchi en dedans.
Les Vitrines forment un des points de transition des Linhaces aux Hélices; leur manteau semble représenter l’écusson des premières, et la coquille, ne les conté-, nant pas encore entièrement, se trouve elle-même recouverte en partie par une portion du manteau. L’orifice branchial est situé fort en arrière.
Les Vitrines sont descoquilles terrestres qui habitent les lieux frais et humides; on en trouve en France, à Ténériffe, à la Nouvelle-Hollande, etc. L espèce dont nous donnons la figure est d’un beau vert ; son dernier tour est caréné dans le milieu. L’animal est aussi d’un vert émeraude, avec des reflets bleus. Cette espèce vient des îles Célèbes.
ONZIÈME FAMILLE
fêo-d'vnaced.
Les Mollusques de cette famille ont une coquille spirale dont le bord droit de l’ouverture est souvent recourbé ou réfléchi en dehors. Quelques-uns ont un opercule ; les autres n'en ont pas. Le nombre des tentacules varie aussi de deux à quatre. Ces animaux sont tous terrestres; ils recherchent les lieux frais et couverts. Parmi les Colimacés qui n’ont point d’opercule persistant, quelques-uns s’enferment pendant l’hiver dans leur coquille, et sécrètent une membrane qui en bouche l’ouverture, n’est jamais adhérente au pied de l’animal, et tombeau retour de la belle saison. La forme des Colimacés varie beaucoup : les uns sont subsphériques, les autres aplatis, d’autres très-allongés; quelques-uns enfin présentent des formes très-irrégulières, mais ils ont toujours des airs de famille qui ne permettent pas de les méconnaître.
fjduicej- Hélix , Linné.
(ËXi|, circuit.)
Depuis Linné , le genre Hélice a subi de nombreuses modifications , et il a été en définitive réduit aux coquilles terrestres, déjà fort nombreuses, qui sont orbiculaires, convexes ou conoïdes, quelquefois globuleuses et à spire peu élevée. L’ouverture est entière, plus large que longue, fort oblique, contiguë à l’axe de la coquille, et a ses bords désunis par la saillie de 1 avant-dernier tour. L’animal des Hélices res-
Il I STOMIE NATURELLE.
semble beaucoup à celui des Limaces; il a quatre tentacules : les postérieurs, plus glands, poi lent les yeux a lent cxlicmite; mais la masse des organes les plus im-
portants, quoique enveloppés par la peau, fait saillie vers le tiers moyen de la face dorsale, se contourne en spirale, et est contenue dans la coquille. L’orifice de la cavité pulmonaire se trouve au bord droit du cou.
Les Hélices possèdent, dit-on, comme les Limaces, l'étonnante faculté de régénérer plusieurs parties de leur corps, même les yeux et la bou-
Fio. 871. Hélice polygyre.
Fig. $73. Hélice 1, miellée.
Fig. 874.
Hélice pyramidelle.
Fig. 875. Hélice ongle.
Fig. 872. Hélice mamelon.
che, lorsqu’elles ont été coupées. Ce que nous avons dit à ce sujet des Limaces s’applique aussi aux Hélices, et nous croyons devoir conserver des doutes sur ce
mode de régénération, qui, sans être impossible, ne nous paraît pas suffisamment observé et expliqué.
Au commencement du printemps, les Hélices pondent des œufs en assez grand nombre ; ils sont blancs, de lagrosseur d un petit pois, et couverts d’une enveloppe membraneuse qui durcit en se desséchant. Au moment de 1 éclosion, les petits sortent munis d’une coquille très-mince, et sur laquelle on découvre déjà un commencement de spire. Les Hélices sont herbivores et frugivores, et font de grands dégâts dans les jardins. Elles voyagent particulièrement pendant a nuit, et lorsque l’atmosphère est chargée d’humidité ; dans le milieu du jour elles s abritent sous des pierres ou dans des lieux couverts. Dès les premiers froids, les Hélices se retirent dans les excavations des vieux murs, des rochers, sous 1 ecorce des arbres, et même dans la terre, où elles s’enfoncent assez profondément pour y passer l’hiver dans un état d’engourdissement et d’inaction complète. Elles ferment alors
l’ouverture de leur coquille à l'aide d’une cloison calcaire ou laux opercule qu elles sécrètent, qui n’est point adhérent à leur pied, et qui tombe au commencement du printemps. C’est pendant ce temps d’engourdissement qu’on cherche à se procurer les espèces qu’on mange dans certains pays.
C’est en général, dit M. de Blain ville, pour aller à la recherche de leur nourriture, ou d’un individu de leur espèce, que les Limaçons sortent de leur retraite. Ils sont avertis de la présence des corps extérieurs seulement par la finesse de leur toucher : en effet, au moindre contact d’une partie quelconque de leur corps, mais surtout de leurs tentacules, ils se retirent plus ou moins complètement dans l’intérieur de leur coquille, et n’en ressortent que peu à peu et avec la plus grande précaution. Le choix qu’ils font de certaines plantes ne permet pas de douter qu’ils soient pourvus du sens du goût. 11 paraît qu’ils sentent à distance plutôt qu’ils ne voient les corps, et que le siège de l’odorat est dans la première paire de tentacules, et cela d’une manière assez complète, puisque l’on sait que ces animaux sont attirés d’assez loin par l’odeur des plantes qu’ils préfèrent. Il n’est pas probable que l’organe de la vision, qui se trouve à l’extrémité des longs tentacules, leur soit d’un gran&usage. D’abord, c’est pendant la nuit qu’ils agissent le plus ; ensuite il est bien évident que la structure de l’organe est bien incomplète, et l’expérience montre, en outre, qu’en approchant un corps de ces tentacules, le Limaçon ne l’aperçoit pas plus tôt que lorsqu’on l’approche de même de la première paire. D’ailleurs, leur extrême timidité, les précautions qu’ils prennent, en marchant, d’étendre autant que possible les deux paires de tentacules en avant de leur corps pour explorer tous les obstacles, indiquent évidemment un animal à peu près aveugle. #
Le genre Hélice, établi par Linné, a subi de nombreuses transformations, el Bruguières et Lamarck l’ont réduit aux espèces globuleuses et plus ou moins aplaties, et non turriculées, dont l’ouverture, plus large que longue, est rétrécie intérieurement par la saillie convexe de l’avant-dernier tour. La base, connue le fait observer M. de Roissy, est toujours perforée dans le jeune âge, même dans les espèces qui ne sont point ombiliquées étant adultes. Le bord droit forme un bourrelet plus ou moins considérable lorsque l’animal est parvenu à son accroissement complet ; avant cette époque, ce bord droit est mince et tranchant.
Le genre Hélice est très-nombreux en espèces dont la forme varie beaucoup, et passe par -des nuances insensibles des Hélices globuleuses, ou à spire aplatie, à celles dont la spire est turriculée et tend à se confondre avec les genres qui suivent , et particulièrement avec les Bulimes. Pour faciliter les recherches on a établi trois groupes dans le genre : le premier comprend les espèces globuleuses et celles qui se rapprochent de cette forme ; dans le second, on réunit toutes les espèces à spire aplatie; dans le troisième, enlin, on rassemble les espèces à spire un peu élevée , dont 1 ouverture est plus large que longue. Quelques espèces d’Hélices ont les tours de spire renversés de droite à gauche : on les dit alors sénestres ; cette anomalie parait accidentelle. Quelques Hélices ont les tours désunis, souvent fort écartés, et présentent la forme d’un lire-bouchon : ce sont des variétés scalariformes (tig. 868).
Les Hélices se rencontrent sur tous les points du globe ; elles sont souvent ornées des plus belles couleurs; et si les espèces communes de France n’ont rien de remarquable, il n en est pas de même de celles de certains pays, qui ne le cèdent en rien ■nix plus brillantes coquilles. La science doit au zèle infatigable de M. Cuming
2ÔG
naturaliste anglais, la découverte d’un bon nombre d’espèces admirables qu’il rapporta, il y a quelques années, des îles Philippines, et qui peuvent être considérées comme les plus belles du genre.
Les Romains faisaient une grande consommation d’IIéliccs; ils recherchaient ces animaux et les parquaient, pour les engraisser, dans des enclos nommés cochlearia. Pline dit que ce fut Fulvius Harpinus qui, le premier, mit les Escargots en vogue, et fit de grands frais pour trouver le moyen de leur donner certaines qualités auxquelles il attachait beaucoup d’importance. On dit qu’il ne les nourrissait qu’avec du son et de la lie de vin. Depuis, en Angleterre, Charles lloward, de la famille d’Arundel, donna un nouvel exemple d’un goût prononcé pour une friandise généralement peu appréciée de nos jours. Dans le but de propager ces animaux, il en fit venir un grand nombre d’Italie et de France pour les répandre dans ses propriétés, où ils réussirent si bien qu’ils mangèrent les récoltes et qu’on eut beaucoup de peine à les détruire. En France, les Escargots n’ont qu’une réputation de caprice ; on en mange, il est vrai, dans quelques-uns de nds départements méridionaux, et c’est une des ressources des malheureux. S’il existe quelques amateurs qui les recherchent, il faut dire à leur justification, et pour me servir d’une expression vulgaire, que la sauce leur fait manger le poisson. On vantait autrefois les propriétés médicales des Limaçons, et ils faisaient partie de quelques préparations pharmaceutiques ; leur coquille même était en réputation. De nos jours, il ne resterait que le souvenir des propriétés des Limaçons, si l’on ne se servait encore, ne fût-ce que du nom, pour faire une pommade qui adoucit la peau, et préparer un bouillon qui guérit certainôs affections de poitrine. Pour compléter ce que nous pouvons dire de l’histoire des Escargots, nous ajouterons que si nous avons peu de confiance dans leur mérite culinaire ou pharmaceutique, nous savons qu’ils sont très-redoutés des jardiniers.
On connaît quelques espèces fossiles des terrains d’eau douce ; on rencontre aussi ces mêmes espèces dans les dépôts marins, mais il est facile de comprendre qu’elles ont été transportées dans ces derniers par les courants ou à la suite des irruptions de la mer.
2e GENRE. Çscvtacodie- Caracolla , Lamarck.
(Nom espagnol du limaçon.)
Ce genre a été proposé par Lamarck pour des coquilles qui ne diffèrent de celle
Fig. 877. Caracolle de Lisler.
des Hélices que par leur forme carénée ou anguleuse ; et, comme il le dit lui-meme
Il I STOMIE NATURELLE.
les caractères des deux genres se confondent tellement, qu il serait plus naturel de ne considérer les Caracolles que comme une division dans le genre Hélice.
Les Caracolles sont toujours orbiculaires, plus ou moins convexes ou eonoides en dessus, et à pourtour anguleux et tranchant. L’ouverture est plus large que longue, et à bord droit subanguleux.
Le nombre des Caracolles connues est peu considérable ; ce sont des espèces terrestres qu’on trouve à peu près dans les mêmes localités que les Hélices.
3° GENRE. cÀfaiool
ente. Anostoma, Fischer.
(Ava, en Haut ; aro'p.a, bouche.)
Coquille orbiculaire, à spire convexe ou obtuse. Ouverture arrondie, dentée, grimaçante, dirigée vers la partie supérieure et dans le plan de la spire.
Les Anostomes sont de véritables Hélices, et devraient faire partie de ce genre au même titre que les Caracolles. Ou a attaché beaucoup
Fig. 879. Anostome déprimé.
Fig. 880. Anoslome globuleux. Fig. 881.
trop d’importance à la direction de l’ouverture et à la déviation du dernier tour. On n’en connaît encore que deux espèces, dont nous donnons la figure. L’Anostome déprimé vient des grandes Indes : il est connu vulgairement sous le nom de Lampe antique.
4e GENRE. G/btop&Ocdoiue’. Strophostoma, Deshayes.
(XTfEcpw, je tords ; gtou.o., bouche.)
Coquille ayant beaucoup de rapports avec les Anostomes, par la déviation de l’ouverture dirigée vers la partie supérieure. Les Strophostomes sont ombiliqués et ont un opercule assez semblable à celui des Cyclostomes.
Fig. 882. Strophoslome de Grntetoup.
5e GENRE. G^tAcplaaui • Streptaxis, Gray.
(2-pecpto, je tords; àÇwv, axe.)
Coquille ovale ou oblongue, subhémisphérique, profondément ombiliquée, surtout pendant le jeune âge, et remarquable par la déviation oblique des tours. On en connaît plusieurs espèces, ou plutôt variétés, décrites par M. d’Orbigny, qui les dit de la province de Bol i via.
Fig. 883. Slreploxis cuniLoïdc.
Il I ST <) I II E NATURELLE.
Helicina , Lamarck.
(Diminutif $ Hélice.)
Coquille subglobuleuse, non ombiliquée; ouverture entière, demi-ovale; columelle calleuse, formant un angle à la base inférieure du bord droit. L’animal a une tète proboscidiforme, munie de deux tentacules filiformes et portant les yeux à leur
base externe sur des tubercules peu saillants; le pied est court, et la cavité pulmonaire s’ouvre, en avant du manteau, par une grande fente transversale. Les llélicines ont un opercule corné, calcaire à l’extérieur, et à accroissements concentriques. La présence d’un opercule éloigne les llélicines des Hélices et les rapproche des Cyclostomes ; à ce caractère il faut ajouter que les llélicines n’ont que deux tentacules, comme les Cyclostomes. Ce genre se compose de petites espèces vivantes, toutes exotiques, et de deux ou trois espèces fossiles du calcaire eoquillier.
Fig. 884. Helicinc uéri telle.
7e GENRE. gJDIdcxi Cl?ol m .. Pupina, Vignard.
(Diminutif de maillot et de pupa .)
Coquille subcylindrique, pupiforme, turbinée, ovale, mince, transparente, lisse, luisante; spire ré tu se, à sommet papillaire, à cinq tours un peu convexes. Ouverture ronde, marginée, avec une échancrure au bord gauche et évasée extérieurement; une lamelle dentiforme au côté droit. Columelle tronquée, recourbée, très-faiblement calleuse à sa base.
Fig. 8S5. Maiiiotin brillant. Fm. 88o. Ce genre est, jusqu’ici, peu nombreux en espèces, qu’on suppose venir de la Nouvelle-Guinée.
dlik>ai l Vo t ■ Pupa, Lamarck.
[Pupa, poupée.)
Petite coquille cylindracée, en général épaisse, à tours de spire nombreux, pressés, étroits. Ouverture irrégulière, demi-ovale, arrondie et subanguleuse inférieurement, à bords presque égaux et réfléchis en dehors. L animal a quelques rapports avec celui des Hélices; sa tôle est munie de quatre tentacules, les plus grands, postérieurs et oculés a leur sommet.
On trouve un assez grand nombre d’espèces de Maillots en franco ;
Fig. 887.
Mail lut momie.
Fig. 888.
Maillot tfrisâli'c.
Fig. 889.
Maillot liai'il.
Fig. 890.
Maillot ipialre dénis.
Fig. 891.
Maillot iiiiicnréné.
les plus grandes viennent des Antilles, et l’on en connaît de presque toutes les parties du monde. Les espèces fossiles sont peu nombreuses.
M. de Blainville, pour faciliter les recherches, a divisé ce genre en cinq sections : dans la première il comprend toutes les espèces sans plis ni dents ; dans la seconde il range les espèces qui n’ont que le pli columellaire pins ou moins marqué ; la troisième se compose des Maillots qui n’ont que la dent columellaire postérieure ; dans la quatrième, il place les Maillots qui ont deux dents ou plis columellaires seulement; la cinquième section comprend toutes les espèces qui, indépendamment des dents ou plis columellaires, simples ou non, ont un plus ou moins grand nombre de dents au bord droit.
Les Maillots vivent, comme les Hélices, dans les lieux frais et ombragés; ils ne sortent de leurs retraites qu’après les pluies du printemps ; on les trouve au pied des arbres et des vieilles murailles.
9° GENRE. clKWÿ txopi-ce ■ Me g aspira, Lea. (Msya;, grand ; owsipa, spire.)
Coquille très-allongée, cylindrique, très-obtuse au sommet, formée d un très-grand nombre de tours étroits, peu convexes, striés obliquement. Le dernier tour court et percé d’une fente ombilicale, en partie cachée par le bord gauche. Ouverture semiovalaire, garnie de deux petites dents blanches et inégales. La seule espèce connue vient des provinces orientales du Brésil.
10 GENRE, ûauoifre. Clausi/ia, Draparnaud. [Clausus, couvert.)
Fig. 392.
Mégaspire allongé.
Coquille le plus souvent fusiforme, grêle, à sommet un peu obtus. Ouverture irrégulière, arrondie-ovale, à bords libres et réfléchis en dehors. Le nom de Clausilie, dit Lamarck, fut d’abord significatif ; car, dans l’origine, on l’appliqua à des coquilles dont l’entrée de I ouverture, à une certaine profondeur , est fermée par une pièce mobile et particulière. Cette pièce, en effet, est ovalaire, testacee, soutenue par un pédicule mince et élastique, qui s'insère sur la columelle ; elle fait les fonctions d’opercule, et cède à la moindre pression du corps de l’animal lorsqu’il veut sortir de la coquille ; mais, dès qu’il y est rentré, elle reprend sa place par le ressort de son pédicule; on ne l’aperçoit pas au dehors, parce qu elle est située dans l’avant-dernier tour
■ *• «Jiuusiiie ironcatiile
R S r .T1 18562 C0mm'mes C" E"r0|’C; Plus snuxlw espèces vicn-
zzzzr ( Voyez *• ° ci ° °- » “"•»** q—q».
Fig. 895.
Clausilie troncatule.
II' GENRE. ^ZioiiliiiiC'. Bulimus, Lamarck. ( Bulimus , insatiable.)
Coquille ovale, oblongue ou turrieulée. Ouverture entière, plus longue que large, à bords fort inégaux, désunis supérieurement ; le bord droit réfléchi en dehors et formant un bourrelet; columelle droite, lisse, sans troncature et sans
évasement à sa base. L’animal des Bulimes a de très grands rapports avec celui des Hélices, dont il ne diffère souvent que par de plus grandes dimensions.
Le bord droit de l’ouverture des Bulimes n’est réfléchi et ne forme de bourrelet que lorsque l’animal est adulte : aussi peut-on confondre les jeunes individus avec ceux du genre suivant. Les Bulimes ha-
Fio. 896.
Bulimc sultan.
Fig. 897.
Bulimc bossu.
Fig. 894. Bulime sénestre.
Fig. 895.
Hcmaslome dans son œuf.
bitent les lieux frais et ombragés des climats chauds; on en trouve de grandes
espèces au Brésil.
M. Benjamin Delessert possède une série remarquable de tous les âges du Bulime hémastome et de plusieurs autres espèces. La figure 895 représente un jeune Bulime hémastome encore dans son œuf, dont on a brisé une partie. Le genre Bulime est très-nombreux en espèces vivantes et fossiles, et comprend de fort jolies coquilles.
Fig. 898. Bulime sénestre.
12« GENRE. Partula, Férussac.
(Partus.Les Partules sont ovovivipares.)
Coquille ovale, pointue, à spire conique ; le dernier tour renflé et plus long qui
les autres réunis. Ouverture droite dans la direction de I axe, quelquefois dentée ou munie de lames élevées ; bord réfléchi.
L’animal est allongé; il a deux tentacules cylindriques, rétractiles, et oculésà leur sommet.
(le genre a été établi par Férussnc, aux dépens des Bulimes ; il comprend des espèces peu nombreuses et qu’on trouve souvent avec la bouche à gauche.
Fig. 899. Partule australe .
15e GENRE. Bonellîa, Dcshayes.
( Bonelli , nom propre )
Coquille lurriculée, lisse, polie, à sommet très-pointu et incliné latéralement; axe perforé dans toute sa longueur. Ouverture petite, entière, anguleuse, à ses extrémités; columelle simple et sans pli; bord droit mince, simple, presque parallèle à l’axe longitudinal. Animal inconnu.
Ce genre, peu nombreux, a été établi par M. Desbayes aux dépens des Bulimes de Lamarck. L’axe des Bonellies est perforé dans toute sa longueur, et la base du dernier tour offre, par conséquent, un ombilic régulier dont la circonférence extérieure est indiquée par un angle peu saillant.
Ue GENRE.
Achatina, Lamarck.
(A chat es, agate.)
Coquille ovale ou oblongue. Ouverture entière, plus lon°-uc
droit tranchant, jamais réfléchi. Columelle lisse, tron- •quéeà sa base. L’animal des Agathines paraît ne différer en rien de celui des Bulimes.
La coquille diffère de celle des animaux de ce dernier genre , en ce que le bord droit n’est jamais réfléchi, même dans les individus âgés, et qu’elle manque de bord gauche, la base de la columelle étant tronquée obliquement, de manière à former un commencement de canal, sans que l'ouverture cesse d être entière.
L espèce dont nous donnons •a figure réduite est une des plus belles et des plus gran-
F*°. 901. Agnlliine ji'lué.
que large, à bord
Fin 9"2. Ag.illiino.
des du genre; elle est blanchâtre, marquée de bandes brunes, violacées, longitudinales ou ondulées; l’ouverture est toute blanche. On la trouve à Madagascar.
Oe genre est aussi assez nombreux en espèces dont les couleurs sont très-variées et fort belles; on en cite une espèce fossile de France.
lu' GENRE. aut. Priamus, Beck.
(Priant, nom mythologique.)
Le docteur Beck, savant naturaliste danois, a proposé l’établissement de ce genre pour une espèce classée jusqu’à présent parmi les Agathines, mais qui, d’après scs observations, ne peut plus y rester. L’espèce dont il s’agit est connue sous le nom d’Agathine Priam, et n’est point terrestre, mais marine, et de plus operculée ; on la trouve sur les côtes d’Espagne et du Portugal.
Le genre Priam devra naturellement faire partie d’une autre famille; Sowerby le classe parmi les Purpurifères.
Fig. 903. Priam a^alhinc.
10e GENRE. 9?c Inypliu’iue'. Polyphemus, Monlfort. (Nom mythologique.)
Coquille allongée, étroite, très-voisine des Agathines par la troncature de lacolumelle; à spire courte, le dernier tour représentant les cinq sixièmes de la coquille. Ouverture étroite, allongée ; lèvre externe onduleuse.
Ce genre ne peut être considéré que comme une division des Agathines, aux dépens desquelles il a été établi.
Fig. 901. Polyplièmc glaml.
17e GENRE. eilomluelbe. Succinea, Draparnaud.
( Succinus , ambre jaune.)
Coquille ovale ou ovale-conique. Ouverture ample, entière, plus longue que
large; à bord droit tranchant, non réfléchi, s’unissant inférieurement à une columelle lisse, amincie, tranchante. Le plan de l’ouverture très-incliné en avant, par rapport à l’axe de la coquille. L’animal peut à peine être contenu dans la coquille; il a quatre tentacules, dont les deux plus longs ou supérieurs sont oculés à leur sommet.
L’espèce qui a servi à Draparnaud pour l’établissement du genre est ovale - allongée,
Fig. 905. Ambrclte capuchon. Fig. 906.
mince, diaphane, d’un jaune de succin pâle, et marquée de stries longitudinales très-serrées et très-tines. La spire est composée de trois tours obliques et inclinés.
Elle est commune dans les provinces méridionales de la France, où on la trouve dans la mousse, au bord des ruisseaux ; ce qui, pendant un temps, la lit supposai amphibie. L’espèce dont nous donnons la ligure vient de la Guadeloupe.
■18e GENRE, cibii-n cille'. Auricula, Lamarck.
(Diminutif d’auns, oreille.)
Coquille ovale-oblongue, assez épaisse. Ouverture longitudinale, rétrécie au centre, arrondie antérieurement, avec deux ou trois gros plis à la lèvre interne ; la lèvre externe plus mince, réfléchie ou dentelée; spire courte. L animal a été décrit par
Fig. 907. A.uricule de Midas.
MM. Quoy et Gaymard. La tète est grosse et allongée ; elle porte a son sommet deux tentacules assez longs, un peu coniques, rugueux, non élancés et roides, comme, ceux des Hélices, sans aucune trace d’yeux à la partie interne de leur base ni à leur sommet. Le pied est gros, ovalaire, dirigé en arrière et se terminant en pointe obtuse; il est séparé de la tète par une rainure transverse et profonde. Il est d’un brun foncé. Les Auricules sont essentiellement terrestres, quoiqu’en général elles se tiennent peu éloignées de la mer.
L’espèce dont nous donnons la figure (907) est la plus grosse du genre; elle est très-commune à la Nouvelle-Guinée.
Fig. 90S.
Auriculs.dc Judas.
Fig. 909.
Auricule Cltevrotin.
'19e GENRE. C^ca-talie'. S car abus, Montfort.
(Nom emprunté à l’entomologie.)
Coquille ovale, pointue, comprimée dans le sens de sa longueur et parallèlement au plan de l’ouverture, de manière à former deux arêtes latérales; spire envelop-
Il I ST 01 H E NATURELLE.
pante, de huit à neuf tours contigus, le dernier formant les deux tiers du test; sutures recouvertes. Ouverture longue, arquée, étroite, garnie de dents ou de lames
sur chaque lèvre; péristome continu et tranchant, le bord intérieur replié vers la hase de la columelle. L’animal est allongé, et muni de tentacules triangulaires oculés à leur hase interne.
Fig. 910.
Scarabe austral. * Fio. 9il.
20e GENRE. cilllsiAWupc'. Mclampus, Monlfort.
(Nom mythologique.)
§ Coquille conique, à spire régulière, écrasée. Ouverture allongée et garnie de dents saillantes qui en rétrécissent l’entrée. Ce genre, désigné aussi sous le nom de Conovule, diffère peu des Auricules et pourrait
Fig. 912. Mélumpe aveline. Fig. 913. Mélampe angulifère.
21e GENRE. oR-i» q.1 ente.
Ringicula , Deshayes.
( Ringor , je me ride.)
Coquille petite, ovale, globuleuse, à spire courte, subéchancrée à sa hase. Ouverture parallèle à l’axe longitudinal, étroite, calleuse; la columelle courte, arquée, ayant deux ou trois plis presque égaux et une dent saillante vers l’angle postérieur de l’ouverture. Bord droit très-épais, renversé en dehors.
Fig. 91,4. Ringicula scini-striée.
22e GENRE. CaycCoo toute. Cyclostoma, Lamarck.
(KuxXcî, rond ; oTou.a, bouche.)
Coquille conoïde, discoïde ou turriculéc, plus ou moins élevée, à sommet aigu ou mamelonné, ayant tous les tours arrondis. Ouverture ronde, à bords continus et réfléchis. Animal spiral, à tête très-distincte, portant deux tentacules renflés à leur
sommet, contractiles et oculés à leur base externe; pied allongé et oblong, garni d’un opercule calcaire à accroissement concentrique; cavité pulmonaire communi-
Fig. 915. Cyclostome venlru. Fig. 916. Cyclostome de Prêtre. Fig. 917. Cyclostome à lèvres larges.
quant à l’extérieur par une large fente à la partie supérieure et antérieure du manteau.
Les Cyclostomes sont remarquables par leur ouverture arrondie et à bords réfléchis en dehors. Leur forme générale varie beaucoup, les uns étant turriculés, les autres discoïdes, d’autres enfin presque cylindriques.
Presque toutes les espèces sont exotiques, et quelques-unes sont fort rares; on n’en cite qu’une seule de France. Les espèces fossiles sont assez communes à Grignon.
23e GENRE. £(JtoucatcKe. Trunccitella , Risso.
(Diminutif de truncatus, tronqué.)
Coquille turriculée, cylindrique, décollée ou tronquée au sommet, sans épiderme. L’ouverture est ovale, courte, à bords continus, simples, perpendiculaires, c’est-à-dire dans le même plan que 1 axe. L’animal a la partie antérieure de la tête très-épaisse etbilobée; les tentacules sont courls, obtus au sommet, et oculés à leur base externe. Le pied est très-court, arrondi ou ovale; il ne se continue pas Fig. 9is. TroncateMe ironcatuiine. en disque jusqu à la partie antérieure du corps de l’animal. Il est divisé en deux par un sillon médian, et cette disposition force l’animal à marcher comme les Chenilles connues sous le nom d’Arpenteuses. L’opercule est corné et très-mince.
DOUZIÈME FAMILLE
JS
tm-nee-nd.
Cette petite famille se compose de coquilles d’eau douce, généralement minces, fi agiles et à bord droit tranchant. Les Limnéens se nourrissent de plantes aquatiques, et peuvent, en se tenant dans une position renversée, s’élever à la surface de 1 eau pour respirer. Us sont probablement maintenus en équilibre par l’air dont ils remplissent leur cavité branchiale.
1er GENRE. M ttviiOïBc/. Ptanorbis, Bruguières.
(Planus, plat; orbis, cercle.)
Coquille discoïde, à spire aplatie, enroulée dans le même plan, concave des deux côtés; ouverture ovalc-oblongue, embrassant la convexité du second tour, à bord tranchant non réfléchi. Animal allongé, grêle, spiral ; tête distincte, munie de deux tentacules contractiles, longs et oculés à leur base interne; pied ovale et court, sans opercule.
Ces PI an orbes se reconnaissent facilement ; la spire se contourne sur elle-même en suivant un plan horizontal, et se montre dans toute son étendue sur les deux faces opposées. On trouve ces Mollusques dans les eaux douces Fig. 9t9. rianorbe corné. Fig. 920. de tous les pays, et particulièrement dans les régions tempérées. Ils peuvent nager, et souvent on les voit venir à la surlace de l'eau. Les espèces fossiles sont assez nombreuses aux environs de Paris.
2e GENRE. Physa, Draparnaud.
(Nom employé par les anciens naturalistes.)
Coquille ovale-oblongue, ou presque globuleuse, généralement séneslre, très-
mince, très-fragile, lisse; ouverture longitudinale, rétrécie supérieurement, à bord droit mince et tranchant; le dernier tour plus grand que les autres réunis. Animal ovale, plus ou moins spiral ; tête distincte, munie de deux tenlacules aplatis, allongés et oculés à leur base interne; pied arrondi antérieurement, aigu en arrière, sans oper-
Fig. 921. Physe marron. cule.
Les Physes vivent dans les eaux douces stagnantes et courantes; on n’en connaît qu’un petit nombre d'espèces : elles peuvent nager, et viennent quelquefois à la surface de l’eau.
5e GENRE, lu, u. ce- Limnea.
(Aip.vv) , étang.)
Coquille mince, ovale-oblongue, à spire plus ou moins saillante, quelquefois turriculée. Ouverture ovale, très-ample. Bord droit tranchant, non continu à cause de la convexité du second tour. Ce bord, à sa partie inférieure, remonte sur la columelle et y forme un pli très-oblique en rentrant dans l’ouverture. Animal ovale, spiral ; tête munie de deux tenlacules aplatis, triangulaires, oculés à leur base interne. Pied ovale, rétréci en arrière, sans opercule.
Les Limnées sont très-fragiles et le plus souvent ventrues; on en distingue un assez grand nombre d’espèces de tous les pays. Elles habitent les eaux douces et peuvent, comme les Planorbes et les Physes, nager à la surface de l’eau.
l,imnée des étangs. Fig. 923. Fig. 924. Limnée auriculaire
4e GENRE. Cfn lV»e. Chilina , Gray.
[Chili; on y trouve plusieurs espèces de ce genre.)
Le genre Chiline a été établi aux dépens des Limnées, par M. Gray, directeur du British Muséum, pour des coquilles assez épaisses,^! spire courte, composée d’un petit nombre de tours, et couvertes d un épiderme vert-olivâtre. L’ouverture est large, ovale, arrondie antérieurement ; la lèvre externe est tranchante et forme un sinus à sa réunion avec l’autre lèvre, qui présente un ou deux gros plis. L’animal est assez large; sa tète aplatie a deux tentacules anguleux légèrement contractiles, oculés sur le milieu de leur largeur. Pied plus ou moins large, sans opercule.
Les espèces de ce genre viennent des eaux douces, courantes et limpides de l’Amérique.
Chiline bulloide.
Fto. 926.
Chiline des fleuves.
TREIZIÈME FAMILLE
» y/éc/a.
antend.
La famille des Mélaniens se compose de coquilles fluviatiles et marines ayant les bords de l’ouverture désunis, le droit toujours tranchant. Les animaux ont tous deux tentacules, ne respirent que l’eau, et ils sont operculés. Les Mélaniens fluviatiles ont, pour la plupart, leur coquille recouverte d’un épiderme vert foncé ou noirâtre : de là leur nom, p.eXa; — noir.
Ier GENRE. gUjIdc l/autc. Melania, Lamarck.
(Mt'Xa.;, noir.)
Coquille assez épaisse, ovale-oblongue, à spire souvent allongée et turriculée, et parfois couverte de rides ou d’aspérités. Ouverture ovale, évasée à sa base, et à bord externe tranchant. Col umelle lisse, arquée en dedans. Animal allongé, à tète proboscidiforme, terminée par une fente buccale, et munie de deux tentacules
Fio. 927. Mélanic froncée. Fig. 928. Mclanie tiare. Fig. 929. Méianie épincime.
filiformes oculés à leur côté externe, plus ou moins loin de la base. Pied court et peu épais, avec un opercule corné, mince et subspiral.
Les Mélanies sont des coquilles fl n viati les, toutes exotiques quant aux espèces vivantes; on en trouve quelques-unes fossiles en France. Ces coquilles ont souvent le sommet de leur spire excorié. ( Voyez pl. Y, fig. A et 4 a.)
2e GENRE. Æ. /o, Lea.
(Nom mythologique.)
Ce genre a été établi, aux dépens des Mélanies, pour des coquilles dont le bord droit de l’ouverture se prolonge en pointe et présente quelques rapports avec des coquilles marines de la famille des Canalifères. Les espèces sont peu nombreuses; elles viennent des eaux douces d’Amérique. (Voyez pl. V, fig. 5.)
Fig. 930. lo épineuse.
ô‘; GENRE, cui 11110. Eulima, Risso.
(Nom mythologique.)
Coquille allongée, subuléc, lisse, polie, brillante, souvent infléchie ou contournée dans sa longueur, et présentant quelquefois des varices aplaties se suivant d un
Il I ST 01 K E NATURELLE.
tour à l’autre, sa base n’ayant jamais (le fente ou de trou ombilical; ouverture ovale, oblongue, arrondie anterieui ciment, terminée à l’extrémité postérieure par un angle aigu; columelle simple, étroite, courte, arquée; boid droit un peu épaissi, simple, obtus; un opercule corné.
Les Eulimes sont des coquilles marines qui vivent dans toutes les mers; on en cite quelques espèces iossilcs.
Fig. 951. Eiilime de Chemnilï.
4e GENRE. aH^umocutC'. fiissoa, Fréminville.
( Risso , naturaliste de Nice.)
Coquille très-petite, allongée, turriculée, quelquefois courte et suhglobuleuse, remarquable par ses côtes longitudinales. Ouverture ovale, semi-lunaire, subcanaliculée, sans dents ni plis, ayant le bord droit épaissi et presque toujours saillant en avant et arqué dans sa longueur. Animal à tète proboscidiforme, munie d’une paire de tentacules subulés et oculés à leur base externe. Pied court et rond, avec un opercule calcaire ou corné, rentrant assez profondément. Ce genre se compose de très-petites coquilles marines, reconnaissables surtout aux côtes longitudinales dont elles sont ornées. Les figures 932 et 933 représentent des individus fortement grossis.
On connaît un bon nombre de Rissoaires vivantes et fossiles ; la Méditerranée fournit presque toutes les premières.
Fig. 932.
Rissoaire de Chesnel.
Fig. 933.
Rissoaire crénelé.
5e GENRE. 0HJI9 cl' a i to p o iA e. Melanopsis , Férussac.
(Ms').a;, noir; oijit;, aspect.)
Coquille allongée, turriculée, à sommet aigu; formée de tours plus ou moins nombreux, le dernier représentant souvent les deux tiers de la coquille. Ouverture ovaleoblongue. Columelle calleuse supérieurement, tronquée à sa base et séparée du bord droit par un sinus. Animal spiral ; tète munie de deux gros tentacules coniques, oculés à leur base externe. Pied court, arrondi, avec un opercule corné.
Les Mélanopsides sont fluviatiles; on les trouve particulièrement dans les provinces méridionales de l’Europe.
Elles sont communes à l’état fossile dans la plupart des terrains tertiaires.
Pirena, Lamarck.
Fig. 955. Pirène lérébrale.
( Pirène , fontaine dédiée aux Muses.)
Coquille turriculée, à sommet souvent excorié. Ouverture très-petite, plus longue que large, abord droit tranchant, ayant un sinus à sa base et un autre au sommet. Base de la columelle courbée vers le bord droit. Un opercule corné.
Les Pirènes sont lluviatiles ; elles ont de grands rapports avec les Mélanies et les Mélanopsides, mais elles se distinguent des premières par les deux sinus du bord droit, et des secondes par l’absence de callosité à la columelle.
On connaît un petit nombre d’espèces de Pirènes : elles sont toutes exotiques.
QUATORZIÈME FAMILLE
etù/avnte'ri'j .
Les Péristomiens de Lamarck sont des Mollusques fluviatiles tous operculés, et dont la coquille est recouverte d’un épiderme mince, verdâtre, ou d’un brun plus ou moins foncé. Les bords de l’ouverture sont réunis, et ils ne respirent que l’eau.
1er GENRE. fPct (W'e. Valvata, Muller.
(Nom anciennement employé.)
Coquille discoïde ou conoïde, à tours de spire cylindracés; ouverture ronde, ou
presque ronde, à bords réunis, tranchants. Animal à tète distincte, proboscidiforme, munie de deux tentacules longs, très-rapprochés , incomplètement Fig. 936. Vaivée piscinaie. contractiles, et oculés au côté postérieur de leur base. Pied bilobé en avant, avec un opercule corné et rond.
Les Valvées sont des coquilles d’eau douce ; on n’en connaît qu’un petit nombre d’espèces vivantes ou fossiles.
2e GENRE. StalVicWe/. Paludina, Lamarck.
(Diminutif de palus, marais.)
Coquille mince, ovale, globuleuse, conoïde, à tours arrondis ou convexes, à sommet mamelonné; ouverture ovale-arrondie, plus longue que large, anguleuse
au sommet, à bords réunis, tranchants, jamais recourbés en dehors. L’animal a deux tentacules contractiles, oculés à leur hase externe. Le pied est large et muni d’un sillon marginal antérieur ; opercule orbiculairc, corné, non spiral.
Les Paludines vivent presque généralement dans les eaux douces; quelques espèces seulement se rencontrent dans les
Fig. 937. Paludine pesants. Fig. 938.
eaux saumâtres ou salées. Elles ne respirent que l’eau. Ce genre est assez nombreux en espèces vivantes et fossiles.
5e GENRE. cAoiupul^ttwe. Ampullaria , Lamarck. ( Ampulla , vase ventru.)
Coquille globuleuse, ventrue, généralement assez mince, ombiliquée à sa base ; spire très-courte, le dernier tour beaucoup plus grand que tous les autres réunis ; ouverture ovale, plus longue que large, à bords réunis, le droit non réfléchi. Ani-
Fig. 939. Ampullaire idole.
Fig. 940. Ampullaire corné.
Fig. 941. Ampullaire caualiculè.
mal spiral, globuleux ou planorbiforme, à tête large, aplatie, portant quatre tentacules, dont deux supérieurs, grands, coniques, pédonculés à leur base externe poui supporter les yeux. Pied ovale, avec un sillon transverse en avant et muni d un opercule corné, rarement calcaire, mince, non spiral.
Les Ampullaires sont des coquilles d’eau douce qui vivent dans les climats chauds : il y en a de fort grandes; quelques-unes sont aplaties comme les Planor- •cs. Les espèces fossiles sont assez nombreuses, et communes aux environs de
ans.
4“ GENRE. gAoiu|hi flaoere . Arnpullqcei'a, Quoy et Gaimard.
(. Ampulla , et cera, jaune de cire.)
Coquille assez épaisse, globuleuse, ventrue, profondément ombiliquée, à ouverture ronde ou oblique, à bords reunis; spire courte, mais saillante. Animal globuleux, à tête large, échancrée en deux lobes arrondis, ayant deux yeux assez gros, sans tentacules. Pied court, quadrilatère, avec un opercule membraneux, mince et légèrement spiré.
Fio. 942. Ampullaire aveline. Fig. 943. Ampullaire fragile.
Les Ampullacères n’ont été trouvés jusqu’ici qu’à la Nouvelle-Zélande, où ils sont très-communs sur les herbes des eaux saumâtres.
QUINZIÈME FAMILLE
eie/aceJ.
La famille des Néritacés a été établie par Lamarck pour des coquilles remarquables par leur forme particulière ; elles ont toutes le bord gauche tranchant, transverse, et imitant une demi-cloison, sans présenter la moindre apparence de columelle. Les unes n’ont aucune trace d’ombilic, les autres ont un ombilic plus ou moins ouvert et recouvert d’une callosité quelquefois très-prononcée. Elles sont toutes operculées. Les unes sont fluviatiles, les autres marines; elles sont pour la plupart couvertes d’un épiderme.
Ier GENRE. 01 av i ce il C' . Navicella, Lamarck.
(Diminutif de navis, vaisseau.)
Coquille patelloïde, elliptique ou oblongue, convexe en dessus, à sommet non spiré et abaissé sur le bord postérieur, concave en dessous et présentant, sous forme de demi-cloison, son bord gauche aplati, tranchant, étroit et sans dents. L’animal est ovale-oblong, droit, à tète semi-lunaire et déprimée, munie de deux tentacules contractiles, allongés, portant les yeux à leur base externe sur de petits appendices tentaculiformes. Le pied est large et muni d’un opercule calcaire caché sous la masse viscérale : cet opercule est quadrangulaire, mince, subrayonné, et présente une épine latérale
Fig. 944. Navicelle de Cuming. et postérieure.
Ce genre est peu nombreux en espèces, qui habitent exclusivement les eaux
Fig. 946. Néritine commune. Fig. 947. Fig. 948. Néritine strigillée. Big. 949.
LesNéritines sont pour la plupart fluviatiles, surtout celles d'Europe; mais M. Defrance a reconnu que quelques espèces étaient marines. Ce conchyliologiste, auquel la science doit de nombreuses observations du plus grand intérêt, a reçu de la Martinique une Néritine pulligère dans un état de conservation parfaite, munie encore de son opercule, qui n’a pas permis à l’animal d’en sortir, et qui porte une Balane adhérente au sommet de sa spire. Jusqu’à présent on n’a point trouvé de Balane dans l’eau douce ; on pense donc, avec quelque raison, que cette Néritine est marine. M. Defrance suppose, et F,G- «50. Nériiinc granuleuse, probablement il est dans le vrai, que plusieurs espèces autrefois marines, car on ne les rencontre à l'état fossile que dans des dépôts marins, ont pu s’acclimater dans l’eau douce, où on les trouve exclusivement de nos jours. On 11e cite que quelques espèces fossiles.
histoire naturelle.
,lo„MS courantes des Grandes-Indes ; on les dit très-communes à l’Un Bourbon : elles s’appliquent sur les rochers couverts d’eau, et les nègres les recherchent pour s manier On voit souvent, sur la partie convexe de la co, utile de petite cotp ovales et aplatis qui ne se détachent que difficilement; ce sont des œufs ou de jeunes coquilles, qui ne quittent leur mère que lorsqu’elles sont asses. avancées en
âge pour vivre seules.
2e GENRE. Dlé-aliuc. Neritina, Lamarck.
(Diminutif de Nérite.)
Coquille mince, subglobuleuse ou ovale, souvent aplatie en dessous. L’ouverture semi-lunaire; le bord gauche aigu et saillaft, le bord droit lisse et arrondi. L animal est spiral, à tête peu avancée et munie d’une paire de tentacules coniques, lins et allongés, ayant à leur base externe un appendice tenlaculiforme oculé. Le pied est ovale-allongé , et porte un opercule calcaire mince, subspiral, garni d’une épine latérale.
Le genre Néritine est assez nombreux ;
Fig. 945. Néritine slrigtllee.
il est composé de fort jolies coquilles, remarquables par leur forme gracieuse, la beauté de leurs couleurs et 1 élégance des bandes ou taches diverses qui les décorent. Les Néritines habitent les eaux douces et courantes de tous les pays. ( Voijez pl. VI, fig. 2 à 9.)
ôc GENRE, trente'. Nerita , Linné.
(Nyisityiç, nom grec de ces coquilles.)
Coquille épaisse, subglobuleuse, aplatie en dessous, à spire peu ou point saillante. L’ouverture est semi-lunaire, à bord gauelie, aplati, septiforme, droit, uni, denté ou crénelé ; le bord droit quelquefois crénelé à l’intérieur. L’animal est le même à peu près que celui des Néritines. Le pied est muni d’un opercule garni d’un fig. 951 . Nùriie polie. ou deux appendices spiniformes.
Le genre Niérite, aussi beau et aussi varié que le précédent, se compose d’espèces à coquilles plus épaisses et toutes marines; leur forme hémisphérique et leur ouverture semi-lunaire permettent de les distinguer facilement. La spire ne se compose que d’un petit nombre de tours ; le dernier si
Fig. 952. Nérile saignante. Fig. 955. grand, qU il Constitue en
quelque sorte à lui seul toute la coquille. On trouve les Nérites dans les mers des pays chauds, où elles sont assez communes sur les rochers des rivages. ( Voyez
Fig. 954. Nérite alhicille. Fig. 955. I'I- VI, flg. 10 et H.) Le
nombre des espèces fossiles est assez considérable dans les couches plus nouvelles que la craie.
4e &ENRE. DLévitopeidc. Neritopsis, Sowerhy.
(NviptTr,;, Nérite ; <%;, aspect.)
Coquille subglobuleuse, épaisse, cancellée, à spire courte et composée d un petit nombre de tours; ouverture transverse, suborbiculaire ; bord col u mel la ire épais, aplati, avec une échancrure a son centre, l’autre bord épais intérieurement. Ces coquilles ne diffèrent des Nérites que par l'absence de dents au bord columellaire ; elles sont encore rares ; on en trouve de fossiles dans les terrains tertiaires.
Fig. ‘JüO. Ncritop.side de Robineau.
5e GENRE. fïrleole. Pileolus , Cookson.
(Diminutif tic pileux, cbnpcau.)
Coquille patelliforme, régulière, elliptique ou circulaire, conique, à sommet droit ou légèrement spire, incliné en arrière; face inférieure concave, tranchante sur ses bords. Ouverture entière, petite, à peine du tiers de la face inférieure; bord colurnellaire denté ou strié; bord droit lisse. Ce genre se compose exclusivement d’espèces fossiles.
Fig. 957. Piléole plissé.
6e GENRE. SLali ccj. Natice , Ad an son.
( Nato , je nage.)
Coquille subglobuleuse ou orbiculaire, lisse en dehors, à spire surbaissée. L’ouverture entière, demi-ronde, à bord gauche oblique, sans dents, mais couvert d’une callosité souvent très-prononcée, modifiant la forme de l’ombilic ou le masquant totalement ; le bord droit tranchant et lisse à l’intérieur.
L’animal est ovalaire; le manteau est trèslarge et enveloppe une grande partie de la coquille; la tête est large, aplatie, formée de deux lèvres inégales, et munies de deux tentacules oculés à leur côté externe, saillants à l’extérieur entre le bord de la coquille et la tète. Pied grand et mince, ayant un opercule calcaire, sans appendices, et marqué à la face interne d’un sillon spiral.
Fig. 958. Naiicc bouche noire.
Fio. 959. Nalice de Gould.
Fig. 960. Nalice glaucine.
Les Natices sont toutes marines; elles forment un genre assez nombreux en espèces vivement colorées, sans épiderme et toujours ombiliquées. (Voyez pl. VI, bg. 1.) On en connaît un bon nombre d'espèces fossiles de France dans les couches plus nouvelles que la craie, et particulièrement dans le calcaire grossier.
SEIZIÈM E FAMILLE.
Les Mollusques marins qui appartiennent à cette famille étaient classés par Linné parmi les Hélices, à cause de la forme de leur coquille seulement. Lamarck les sépara de ce genre et les reporta à la suite des Néritacés. Quelques auteurs ont proposé d’en former provisoirement une famille distincte.
GENRE Ocui&vu e. Janthina , Lamarck.
(. Janthis , violette.)
Coquille très-mince, transparente, ventrue, globuleuse, à spire peu élevée; le dernier tour plus grand que tous les autres réunis. Ouverture grande, subtriangulaire. La columelle droite allongée et formant tout le bord gauche; bord droit tranchant et présentant souvent un sinus à son milieu. L’animal est subglobuleux, à tête grosse , prolongée en trompe, à l’extrémité de laquelle se trouve une fente buccale, garnie de plaques cornées et couvertes de petits crochets. Deux tentacules coniques, peu contractiles et trèsdistants, portant chacun à leur base extérieure un pédoncule assez long et oculé au-dessous de son extrémité. Le pied est ovale, court, divisé en deux parties, l’antérieure concave et en forme de ventouse, la postérieure aplatie et charnue. Sous le pied se trouve un amas de vésicules qui servent à la natation ; à la partie postérieure du pied se trouve un opercule vésiculeux qui sert à suspendre l’animal à la surface de l’eau.
Les Janthines ont une coquille très-légère, transparente et violacée. Lorsque la mer est calme, elles viennent en nombre considérable nager à la surface, où elles forment des bancs considérables et se tiennent dans une position renversée. Si quelque chose les effraie, elles absorbent l’air que contiennent leurs vésicules et se laissent couler à fond. On ne connaît que trois espèces de ce genre; on les trouve dans l’Océan Atlantique et la Méditerranée. On les dit phosphorescentes, et elles produisent une liqueur violette qui doit avoir beaucoup d’analogie avec la pourpre.
DIX-SEPTIÈME FAMILLE
La famille des Macrostomes (à bouche large) se compose de Mollusques à coquilles au informes, à ouverture très-évasée et a bords désunis, sans columelle ni opercule. Presque toutes ces coquilles sont brillamment nacrées à I intérieur et peu profondes. Un seul genre est sans coquille.
l'r GENRE. Gcticceffle. Coriocella, de Blainville.
(Diminutif de corium, cuir.)
Mollusque elliptique, fort déprimé, ayant les bords du manteau très-minces, échancrés en avant, débordant largement de toutes parts; le pied ovale, très-petit, et la tète peu distincte ; deux tentacules cachés sous le bouclier, assez gros, courts, contractiles, oculés à leur base externe; le dos peu bombé, sans trace de coquille extérieure ni intérieure. Ce genre ne contient qu’une espèce, des mers de 1 île de France.
Fig, 962. Coriocelle noire.
2e GENRE. G^Wjpaxet. Sigaretus, Adanson.
(Nom composé par tirage au sort de syllabes.)
Coquille interne, plus ou moins épaisse, subauriforme, presque orbiculaire, très-déprimée, à spire aplatie, latérale. Ouverture très-évasée, oblongue, à bords désunis ; bord droit mince et tranchant; bord gauche replié, court et en spirale ; deux impressions musculaires latérales. L’animal estoblong, très-bombé en dessus et recouvert d’un manteau échancré en avant, débordant de toutes parts et couvrant la coquille presque complètement. La tête 'est large, peu Fig. 963. Sigaret lisse.
saillante, et munie de deux tentacules aplatis, oculés à leur base externe ; pied large et muni d’un opercule corné, très-mince, paucispiré.
Les Sigarets sont des coquilles marines qu’on trouve dans l’Océan Indien et les mers de l’Océanie. On rencontre quelques espèces fossiles de ce genre dans les couches plus nouvelles que la craie. Le nom de ce genre est dû au hasard. On dit qu’Adanson donnait aux animaux qu’il décrivait des noms qu’il formait en plaçant dans son chapeau des syllabes écrites sur de petits morceaux de papier, et qu’il tirait au hasard.
ôô
IIISTOIUE NATURELLE.
"»" GENRE. CHcmalciVc'. Stomatella , Lamarck.
(Diminutif de errera, bouche, à cause île la dimension de l’ouverture qui s'étend à presque
toute la surface de la coquille.)
Coquille orbiculaire ou oblonguc, auriforme, très-déprimée, nacrée- à l’intérieur. Ouverture entière, très-ample; bord droit évasé, dilaté; bord gauche plus épais et nn peu aplati. L’animal est ovalcoblong ; la tète est munie d’une paire de tentacules
Fia. 967. Stomatelle noirti. Fig. 968. Stomatelle imbriquée. a la base desquels SC
trouve un pédicule oculé. Les tentacules sont séparés par deux houppes frangées. Le pied est large, quelquefois frangé sur les bords, et porte un opercule rudimentaire corné.
Les Stomatclles sont des coquilles marines qu’on trouve dans les mers de l’Inde et de la Nouvelle-Hollande.
4e GENRE. cVoittale. Stomalia, Lamarck.
(S rc u. a, bouche.)
Coquille auriforme, déprimée, à spire proéminente. Ou-' verture entière, ample, plus longue que large; le bord droi est mince et tranchant, aussi élevé que le bord columellaire une côte transversale et tuberculeuse sur le dos. >
Les Stomates sont des coquilles marines, nacrées à l’intérieur, et qu’on trouve dans les mers de l’Inde.
Fig. 969. Stomate argentine.
5e GENRE. O^eYubui e/. Velutina, de Blain ville.
(Diminutif de vélum, voile.) \
Coquille patelliforme, à spire petite, latérale, sans columelle. Ouverture grande, à bords presque réunis, l’un et l’autre tranchants, le droit se réunissant au gauche par un dépôt calcaire lamelleux. L’animal est ovale, assez bombé, à peine spiral; le bord du manteau simple en avant et double dans toute la circonférence; la lèvre interne plus épaisse et tentaculaire; pied petit, ovale, avec un sillon marginal antérieur; tête épaisse ; tentacules gros, distants, Fio. 970. véitiiine capiiioïdc. avec un peGt voile frontal entre eux; yeux noirs, sessiles, situés à la base externe des tentacules. On ne connaît qn une seule espèce, dos côtes d’Angleterre et de France.
0e GENRE. afioliDc'. Jfaliotis, Linné.
(ÂX;, mer; ou;, wtoç, oreille.)
Coquille aurifornie, à spire courte, déprimée, latérale, richement nacrée à l’in-
Fig. 97 i. llaliolide concave. Fig. \il±.
térieur. Ouverture très-ample, entière, plus longue que large, à bords continus, le droit mince et tranchant, le gauche épais et quelquefois aplati. Disque percé de trous, disposés en arc de cercle, sur une ligne parallèle au bord gauche, chacun d’eux s’agrandissant en s’éloignant du sommet. L’animal est déprimé, ovalc-obiong; sa tète, large et aplatie, est munie d’une paire de tentacules pédicules et oculés à leur base externe. Manteau court, mince; pied très-large et comme festonné. Les trous rapprochés de la spire se bouchent à mesure que la coquille se développe, et paraissent servir aux organes de la respiration.
Les Haliotides sont de fort belles coquilles, richement nacrées à l'intérieur, et teintées de rouge, de vert et de jaune à l’extérieur, lorsqu’elles ne sont pas encroûtées. Elles sont très-communes dans les localités qu’elles préfèrent, prennent souvent un grand développement, et servent de nourriture aux pauvres. On s’en sert aussi comme d’appât pour la pèche. Ces coquilles sont connues vulgairement sous le nom d’Orei Iles de mer. La nacre des Haliotides est employée pour les ornements de marqueterie et d’ébénisterie de luxe. On n’en connaît point d’espèce fossile.
7e GENRE. SvlcitïoloutcM/W. Pleurotomaria, Defrance.
(nXeupâ, côté ; tsùvw, je fends.)
Coquille conique ou déprimée, généralement trochoïde, ombiliquée ou non.
Bouche ronde, rhomboïdale, ovale ou déprimée, échancrée par le retour de la spire ; à labre non bordé et à columelle simple, quelquefois encroûtée. Un sinus en fente, occupant plus ou moins le tiers du dernier tour, vient interrompre le labre. Ce sinus, à mesure qu’il se forme en arrière, laisse toujours apparente, à l’extérieur de la coquille, une bande qu’on aperçoit à tous les tours, et dont les lignes d’accroissement sont imbriquées, tandis que celles du labre s infléchissent , de chaque côté,
2fi0 HISTOIRE NATURELLE.
vers le sinus. Animal inconnu. Ce genre se compose de coquilles fossiles qu’on trouve, en assez grand nombre, dans les couches même les plus anciennes.
8° GENRE-, o)a<Mira,lYe'. Scissurella , d’Orbigny.
(Scissura, fente.)
Coquille subglobuleuse, ombiliquée, avec une bande spirale terminée a l’extrémité centrale du dernier tour par une échancrure étroite et profonde. Spire courte; ouverture ovale, rétrécie par l’avant-dernier tour. Ces coquilles, encore peu étudiées, ont beaucoup de rapports avec les Pleurotomaires et les Haliotides. L’animal n’est pas connu. L’espèce dont nous Fia. 974. Scissureiie ventrue, donnons la ligure a été trouvée sur les côtes d’Angleterre; M. d’Orbigny en a décrit une autre des îles Malouines. Ce sont les seules connues jusqu’à ce jour.
DIX-HUITIÈME FAMILLE
caceà.
Cette famille se compose de coquilles marines à ouverture non évasée, sans échancrure à sa base et présentant des plis à la columelle.
1er GENRE. 'Ocmiale! le. Tomatella , Lamarck.
(Tornatus, tourné.)
Coquille enroulée, ovale, cylindrique, le plus souvent striée transversalement,
sans épiderme. Ouverture oblongue, entièx-e, à bord droit tranchant, n’ayant jamais de bourrelet, ni en dedans ni en dehors; le bord columellaire présentant un ou plusieurs plis. Animal inconnu, muni d’un opercule corné.
Ce genre est peu nombreux en espèces vivantes des mers de l’Inde et des côtes d’Europe; les espèces fossiles, F, O. QTS.Tor'Su mouchetée, que l'on ne trouve que dans les couches plus nouvelles que la craie, sont aussi peu nombreuses.
2e GENRE. $vdiAt- Pedipes , Adanson.
(Pied double.)
Coquille épaisse, subglobuleuse, striée transversalement, à spire courte et sans épiderme ; ouverture entière, oblique, grimaçante; la columelle portant ti ois giands
HISTOIRE NATURELLE. 2(jl
plis inégaux; le bord droit avec une dent médiane. Animal subglobuleux, a pied aplati et divisé en deux parties inégales par un sillon transverse profond. Tête courte, munie de deux tentacules coniques, oculés à la partie interne de leur base.
Sans opercule. Les Piétins habitent les eaux des rochers battus par la mer; on n’en connaît que trois ou quatre espèces vivantes, et une fossile dont on ignore le gisement.
Fig. 976. Piôlin d’Adanson.
3e GENRE. % ïaimdcPPe. Pyramidellci, Lamarck.
(Diminutif d epyramis, pyramide.)
Coquille plus ou moins allongée, turriculée, sans épiderme ; ouverture entière, demi-ovale, à bord extérieur tranchant; bord columellaire saillant, garni de trois plis transverses et couvrant en partie l’ombilic.
Animal spiral, allongé, ayant un pied court, subquadrangulaire, muni d’un opercule corné, très-mince, non spiral. Tête triangulaire portant un voile buccal hi lobé et deux tentacules fendus antérieurement et oculés à leur base interne. On connaît peu d’espèces de ce genre, soit vivantes, soit fossiles ; ces dernières ne se rencontrent que dans les couches plus nouvelles que la craie.
Fig. 977.
Pyramidelle plissce.
Fig. 978.
Pyramidelle canalieulée.
DIX-NEUVIÈME FAMILLE
'attend.
La famille des Scalariens se compose de coquilles que des différences notables éloignent les unes des autres, et que Lamarck crut devoir réunir, à cause de leur disposition à ne former qu’une spirale dont les tours sont souvent écartés entre eux, et à cause de la forme circulaire de leur ouverture. Les Scalariens de Lamarck ne formaient que trois genres, auxquels, d’après les mêmes considérations, on en a ajouté d’autres que nous allons faire connaître ; mais cette famille devra subir de nombreuses modifications, quelques-uns des genres qui la composent devant être classés dans d’autres familles.
I" GENRE. met. Vermetus.
(' Verrais , ver.)
Coquille tubuleuse, conique, mince, libre ou adhérente, irrégulière, cloisonnée a l’intérieur, à tours de spire plus ou moins complètement désunis et écartés; ou-
HISTOIRE NAT ü R ELI. K.
VeiTufre droite, circulaire, à bords tranchants. Animal vermiforme, conique, à tète
Fjg. 979. Vermet bicarêné.
peu distincte, munie d’une trompe et de deux tentacules coniques, oculés à leur hase externe. Pied cylindrique, avec deux longs lilets tentaculaires antérieurement, et un opercule corné. Orifice de l’organe respiratoire en forme de trou, et situé au côté droit du manteau.
Les Vermets, à cause de leur coquille tubuleuse, étaient autrefois classés parmi les Annelides tubicoles. L’organisation de l’animal mieux connue, on a rapproché les Vermets des Scalaires, dont la place dans la série était elle-même incertaine. Les Vermets ont le sommet de la spire terminé le plus souvent comme les Turritelles ; c’est par cette extrémité que la coquille est le plus souvent adhérente aux corps marins. Ils vivent isolés ou en groupes plus ou moins nombreux et enlacés les uns dans les autres. On trouve des Vermets dans toutes les mers, et on en connaît plusieurs espèces fossiles des couches du calcaire coquillicr.
2e GENRE. eS'(rc|uai*e. Siliquaria , Bruguières.
( Siliqua , gousse.)
Coquille tubuleuse,
irrégulièrement contournée, mais toujours en spirale dans
presque toute sa longueur, ouverte à son extrémité antérieure et présentant une fente longitudinale destinée au passage des branchies; cette fente consiste souvent en une ligne non interrompue de petits trous. Les branchies n’existent que d’un seul côté, comme la disposition du test le fait assez prévoir.
Les Siliquaires viennent des mers de l'Inde, et l’on en trouve de fossiles en France, à Grignon, et à Saint-Clément-de-ia-lMaie,
près d'Angers.
Fie. 980.
Si I iijii n i ro .ttiüninc.
Fig. 981.
HISTOIRE N AT U K E L LE
3e GENRE. dlfeaiyilV Magilus, Mqntforl (Étymologie inconnue.) ■
Coquille très-épaisse, blanche, à spire courte, formée seulement de liois ou quatre tours, le dernier abandonnant tout à 'coup la spire pour former un tube allongé, irrégulièrement sinueux, conique, comprimé latéralement, arrondi du côté de la base, caréné en dessus; ouverture ovale, anguleuse et à bords continus. La surface extérieure est sillonnée dans le sens de la longueur des tours, et lamelleuse dans le sens contraire, par le rapprochement des anneaux d’accroissement. La môme coquille jeune est fragile, ventrue, et ne présente aucun prolongement tubi forme.
L’animal est connu, mais peu étudié. Les Magiles vivent dans les excavations que forment les madrépores, et seraient bientôt entièrement couverts et ‘étouffés, s’ils ne se ménageaient une ouverture au dehors en prolongeant le dernier tour de la coquille, de manière à former un tube dont l’ouverture se maintient toujours, par de nouveaux accroissements, au niveau de la surface des madrépores dans lesquels ils se sont logés. L’animal abandonne successivement la partie spirale pour se porter en avant dans la partie tubuleuse à mesure qu’il la forme; il ne laisse point de cloison derrière lui, mais il dépose une matière calcaire qui remplit petit à petit le sommet de la coquille. On trouve les Magiles sur les côtes de l’îlc de France et dans la mer Rouge.
Fig. 982. Slagile antique.
4* GENRE. j?cp tocoiicjiié. Leptoconchus , Ruppel. (Aetvto?, mince ; Jtof/.o;, coquille.)
Les espèces de ce genre ressemblent beaucoup aux jeunes Magiles qui n’ont point encore abandonné la forme spirale pour commencer un tube. Elles en diffèrent cependant par la forme de l’animal qui est encore peu connu, et par la lèvre interne, qui est réfléchie sur le bord columellaire de l’ouverture. On trouve aussi les Leptoconques dans la mer Rouge.
• >c GENRE, C) calante. S cal aria, Lamarck.
[Scalaria, escaliers.)
Coquille subturriculée, à tours de Spire plus ou moins serrés et garnis de côtes longitudinales élevées, interrompues, plus ou moins serrées et formées par la cou-
servation des bourrelets successifs de l’ouverture, qui est petite, arrondie, et fournit
un dernier bourrelet un peu réfléchi, l/animal est spiral, à te. te coui te, portant deux tubercules coniques, pointus, oc u lés à leur base externe. Le pied est court, subquadrangulaire, muni d’un opercule corné, mince et paucispiré.
Les Scalaires sont très-recherchées dans les collections : une des espèces de ce genre, la Scalaire précieuse ( voyez pl- V, fig. 7), autrefois fort rare, a valu cent louis, et les beaux exemplaires sont encore d’un prix assez élevé. Le genre Scalaire se compose d’un assez bon nombre d’espèces, fort remarquables par la disposition de leurs bourrelets, Fig. 984. Scalaire commune, dont les uns sont arrondis et les autres tranchants. Les espèces fossiles, un peu moins nombreuses, ne se trouvent que dans les couches plus nouvelles que la craie.
6e GENRE. COaupljutufc.
Delphinula, Lamarck.
(Delphinus, dauphin, ancien nom de ces coquilles.)
Coquille très-épaisse, ombiliquée, agréablement nacrée à l’intérieur, à tours
de spire rudes ou épineux, le dernier souvent disjoint; ouverture ronde sans columelle, à bords complètement réunis, le plus souvent frangés ou munis d’un bourrelet. L’animal est cylindracé, à tète proboscidiforme, tronquée en avant et portant en arrière une paire de tentacules coniques, pédiculés à la partie externe de leur base ; c’est au sommet de Fig. 985. Danphinuic îacinice. ces pédicules que se trouvent les yeux. Pied court, épais, muni d’un opercule calcaire tuberculeux à l’intérieur. On ne connaît qu’un petit nombre de Dauphinules vivantes, des mers de l’Inde ; les espèces fossiles sont plus nombreuses et se trouvent dans les couches du calcaire coquillier.
7e GENRE. (3mc . Cirrus , Sowcrby.
(Cirrus, boucle de cheveux.)
Coquille spirale conique, sans columelle, sans ombilic, formant l’entonnoir en dessous, et à tours de spire réunis, le dernier disjoint. Animal inconnu.
Ce genre a été établi par M. Sowcrby, conchyliologiste anglais, pour deux ou trois espèces fossiles qui ont de grands rapports avec les Troques, Les Cirres n'ont encore été trouvés qu’en Angleterre, dans le Derbyshire.
Fie». 986. Cirre noueux.
8° GENRE. £troiuplnctic. Exomphalus, Sowerhy.
[Ex, omphalos, ombilic.)
Coquille orbiculaire, à spire déprimée comme celle des Planorbes, formée de trois tours carénés supérieurement, convexes et lisses en dessous; ouverture anguleuse; ombilic large, sans crénelure, visible jusqu’au sommet de la spire. Ce genre a aussi été établi par M. Sovverby pour des coquilles fossiles des couches carbonifères de l’Angleterre et de l’Irlande. On n’en connaît que cinq espèces. Les Exomphales ont beaucoup de rapports avec les Cadrans.
Fig. 987.
Fxompliale de Sowerhy.
VINGTIÈME FAMILLE
tvtaceJ.
Cette famille se compose de coquilles turriculées ou conoïdes, à ouverture arrondie, oblongue ou quadrangulaire, non évasée, et ayant les bords désunis, mais non éch ancrés.
1er GENRE. (^aDtau. Solarium, Lamarck.
( Solarium , cadran solaire.)
Coquille orbiculaire, en cône déprimé, à
h ig. 988 . Cadran
ombilic ouvert, crénelé sur le bord interne des tours de spire. Ouverture subquadrangulaire , sans columelle. Animal allongé, peu épais, à tête courte et aplatie, munie de deux tentacules ocijlés à leur base externe. Pied court, ovalaire, portant un opercule corné.
Fig. 989.
Les Cadrans sont de jolies coquilles marines qu’on reconnaît aisément à leur ombilic profond, évasé en entonnoir, et dans l’intérieur duquel on aperçoit de nombreuses crénelures ou des dents qui suivent tout le bord des tours jusqu’au sommet. Les espèces vivantes se trouvent dans presque toutes les mers ; le nombre des espèces fossiles est. assez considérable à Grignon.
2“ GENRE. L?/t>i jtoiili.C'- Bifrontia , Deshaycs.
(. Bifrons , ù deux faces.)
Coquille discoïde, planorbulaire, à tours de spire quelquefois disjoints; ombilic profond, caréné sur le bord; ouverture subtriangulaire, un peu dilatée, le bord droit mince et tranchant, profondément détaché du reste du péristome par une échancrure dans le bord inférieur et dans le bord supérieur. Animal inconnu. Ce genre a été établi par M. Dcshayes aux dépens des Cadrans fossiles de Lamarck. Les espèces qui lui appartiennent sont b froniic de Laon, généralement petites ; elles sont discoïdes, très-aplalies de chaque côté, et ressemblent en cela à des Planorbes dont la surface serait presque plane. M. Deshayes décrit trois espèces des environs de Paris, et une des terrains inférieurs de l'Allemagne.
5e GENRE. eK~oul?eUc. liotella, Lamarck.
( liotula , petite roue.)
Coquille orbiculaire, luisante, sans épiderme, à spire très-basse, subconoïde ; à face inférieure convexe, avec une large callosité sur la columeile et l’ombilic; ouverture demi-ronde. Animal inconnu; opercule mince, orbiculaire, corné, multispiré et à sommet central.
A première vue, les Roulettes ressemblent beaucoup aux Fig. 991. Roulette imooiee. Hélicines, dont elles diffèrent par la callosité qui s’étend à presque toute la surface inférieure, et par la nature de leur habitat. Elles sont toutes marines. Les Roulettes sont d’un brillant remarquable, et offrent les plus jolies couleurs; elles viennent des mers de l’Inde, et l’on en connaît une espèce des côtes de France.
4e GENRE, ^lotjue. Trochus, Linné.
( Troclms , toupie.)
Coquille conique, épaisse, à spire plus ou moins élevée, élargie et anguleuse à la base; à ouverture entière, déprimée transversalement; à bords désunis dans sa partie supérieure. Columclle arquée, plus ou moins saillante à sa base. Animal en spirale, à tète munie de deux tentacules coniques, portant des yeux subpédonculés à leur base; pied court, arrondi à ses extrémités, bordé ou frangé dans son contour, et muni d’un opercule corné, circulaire et régulièrement spiré.
Les Troques sont des coquilles marines, nacrées pour la plupart à l’intérieur; leur ouverture déprimée coupe de biais la direction du dernier tour, et laisse voir la portion inférieure de la columclle, qui est constamment torse ou arquée. La coquille des Troques est épaisse et remarquable par la beauté et la diversité de ses
couleurs. On Louve (les espèces (le ce genre dans toutes les mers, a peu de distance des rivages, dans les anfractuosités des rochers et dans les lieux où croissent beaucoup de plantes marines. Quelques Troques ont le grand tour bordé d une série
Fia. 992. Troque noir. Fia. 995. Troque pie. Fig. 994. Troque nodulifère.
d’épines régulières : on les distingue par les noms d’Ëperon royal, d Éperon soleil, etc., etc. D’autres se couvrent de pierres on de débris de coquilles. Nous avons déjà dit qu’ils étaient connus sous les noms de Maçonne et de Fripière. Presque tous les Troques, dépouillés de la couche calcaire colorée qui les couvre, laissent voir une fort belle nacre, souvent irisée, comme dans le Troque iris, vulgairement appelé la Cantharide. Les espèces fossiles se trouvent, mais rarement, dans les couches plus anciennes que la craie; elles sont assez communes dans les couches plus nouvelles.
5e GENRE. Margarita , Lamarck.
( Margarita , perle.)
Coquille nacrée à l’intérieur, turbinée, à spire courte, composée de tours arrondis et formant un ombilic souvent très-développé ; ouverture orbiculaire, à bords interrompus; le droit simple, mince et tranchant. L’animal, comme celui des Troques, est muni d’un opercule corné et spiral. Les coquilles de ce genre ont beaucoup de rapports avec les Troques, les Toupies et les Monodontes. Elles viennent des mers T, „ du Sud.
<>e GENRE. gIUIdou/oD oute. Monodonta , Lamarck.
(Movo;, seul ; oftou;, oftovre;, dent.)
Coquille ovale ou conoide, subglobuleuse, à ouverture entière et arrondie, à bords désunis supérieurement. Columelle arquée, tronquée à sa base, qui souvent forme une saillie ou dent. L’animal est semblable a celui des Troques ; son pied est court, muni de quelques filets allongés, et d’un opercule corné et spiral en dehors.
Les Monodontes sont de jolies coquilles marines, qui diffè- f. 996. Monodonio de Pharaon, rent des Troques par leur ouverture plus arrondie, et des espèces du genre suivant
111 STOMIE NATURELLE.
par la forme de leur eolumelle. Une des espèces de ce genre est représentée dans la collection de M. Benjamin Delessert, par deux individus qui ont servi de pendants d’oreilles à la reine d’Otahiti, qui les donna au capitaine Cook pendant son troisième voyage. Le nom de cette espèce est Monodonte semi-noire.
Les Monodon tes se trouvent dans toutes les mers : on en connaît peu d’espèces fossiles. 1
7e GENRE, ^-irtbo. Turbo , Linné.
(Turbo, sabot.)
Coquille conoïde ou subturriculée, épaisse, nacrée à l’intérieur, à pourtour jamais comprimé. Ouverture entière, arrondie, à bords désunis dans leur partie su-
Fig. 997. Turbo marbré.
Fig. 998. Turbo de Jourdain.
périeure ; eolumelle arquée, aplatie, sans troncature à sa base. L’animal est semblable à celui des Troques et des Monodontes : son pied, court et obtus aux deux extrémités, est muni d’un opercule calcaire paucispiré.
Les coquilles de ce genre se rapprochent beaucoup de celles des deux genres qui précèdent; mais elles se distinguent des unes par la forme arrondie de l’ouverture, et des autres par l’absence d’une dent à la base de la eolumelle. Les Turbos vivent dans toutes les mers, sur les rochers battus par la vague; les habitants des côtes les connaissent sous le nom de Vignots. On les mange, mais ils sont généralement peu recherchés. Les grandes espèces fournissent une fort belle nacre, employée pour les ouvrages de marqueterie. Quelques espèces ont reçu des noms sous lesquels les marchands les distinguent : il y a le Burgau ou Nacré; la Veuve perlée, dont les tubercules extérieurs usés ressemblent à des perles ; la Bouche-d'Or, dont la nacre est d’un beau jaune doré ; la Bouche-d’Argent ; le Perroquet ou Turbo impérial, etc., etc. Les espèces fossiles sont assez nombreuses; on les trouve dans les mômes terrains que les Troques.
8e GENRE. A'itloxm#. Littorina, Férussac.
(Dimiqutif de litlus, rivage.)
Coquille turbinée, non nacrée, épaisse, solide, ovale ou globuleuse; ouverture
arrondie et un peu évasée en avant; col iimelle large, arquée dans sa longueur. L'animal est spiral, à tète proboscidiforme, munie de deux tentacules oculés à leur base externe ; pied aminci et portant un opercule corné.
Kig. 999. Littorine angulifère.
Fig. 1000. LiUorine carénée.
Fig. 1001. LiUorine scabre.
Les Littorines, comme leur nom l’indique, ne s’éloignent pas des rivages, et se plaisent même sur les rochers hors de la mer. On n’en connaît qu’un petit nombre d’espèces fossiles.
9e GENRE. 0r(aiiûüîc&. Planaxis.
( Planus , uni ; axis , axe.)
Coquille ovale, conique, solide, sillonnée transversalement; ouverture oblongue; columelle aplatie et tronquée à sa base, séparée du bord droit par un sinus étroit ; bord droit sillonné ou rayé en dedans, et épaissi par une callosité courante sur son sommet. L’animal des Planaxes'a les plus grands rapports avec celui des Littorines : son pied est court, épais, et porte à l’extrémité postérieure un opercule corné, mince et paucispiré.
Les Planaxes sont des coquilles marines généralement petites, et qui présentent des caractères communs aux Littorines, Fig- 1002. pianaie sillonnée, qui les précèdent, et aux Phasianelles, qui les suivent. On les trouve dans l’Océan des Grandes-Indes et sur les côtes de l’Océanie.
1 (,c GENRE, ffijatiiaueife'. Phasianella, Lamarek.
( Phasianus , faisan, nom vulgaire de ces coquilles.)
Coquille très-lisse, solide, ovale ou conique, à spire pointue; ouverture entière, plus longue que large, à bords désunis supérieurement; bord droit, tranchant; columelle lisse, comprimée, atténuée à sa base. Animal oblong, spiral, à tête munie de tentacules longs et coniques, avec deux pédoncules de même forme situés à
leur base externe et portant les yeux; pied oblong, muni d’un opercule calcaire subspiré.
Les Phasianelles sont de fort jolies coquilles, remarquables par le poli et la ri-
diessc dos couleurs de leur surface externe. Les grands individus sont encore trèsrares dans les collections ; autrefois on les payait jusqu'à cinq cents francs. Ces Mollusques habitent les mers de la Nouvelle-Hollande, l’Océan Indien, et l’on en trouve une petite espèce sur les côtes de France. Les Phasianelles fossiles sont peu nombreuses : on en trouve à Grignon.
I ig. 1003. Phasianelle bigarrée. Fig. 1004. Phasianelle bulimo’ide.
IIe GENRE. ^.uHi leflc. Turritella, Lainarck. (Diminutif de turritus , garni de tours, tourelles.)
Coquille turriculée, pointue, un peu mince, généralement striée dans le sens de la longueur des tours de spire, qui sont peu nombreux. Ouverture arrondie, entière, ayant les bords désunis supérieurement; bord droit avec un sinus. Animal à tête munie d’une trompe et de tentacules allongés et oculés sur un renflement externe de leur base. Pied court, ovalaire, découpé à sa circonférence et portant un opercule corné et multispiré.
Les Turritelles se trouvent dans toutes les mers. Une des espèces les plus remarquables est vulgairement connue sous le nom de Yis-de-Pressoir, à cause de sa forme. Des Turritelles fossiles, les unes appartiennent aux terrains tertiaires, quelques-unes aux terrains crétacés inférieurs; il y en a même de citées dans des terrains plus anciens.
Fia. 1005.
Turrilclle de Californie.