‹ Leçons élémentaires sur l'histoire naturelle des animaux. Précédées d'un aperçu général sur la zoologie. ConchyliologieChapitre 108 sur 123 · V I N G T-QU AT R I È M E FA M I L L E · texte numérisé non relu

V I N G T-QU AT R I È M E FA M I L L E

’tûo /ceme/Scuicd.

Les coquilles de cette famille n’ont point de canal à la base de l’ouverture, mais seulement une échancrure subdorsale plus ou moins distincte et des plis dentiformes. La famille des Columellaires est composée de coquilles fort belles et remarquables par la vivacité de leurs couleurs.

lu GENRE. C oPouiBefle'- Culumbella, Lamarck.

(Diminutif de columba, colombe.)

Coquille épaisse, ovale, turbinée, à spire courte. Ouverture longue, étroite,

échancrée et sans canal. Columelle plus ou moins plissée. Bord droit présentant un renflement au milieu de son côté interne. L’animal a la tète petite, aplatie, munie de deux tentacules coniques ayant vers le tiers de leur longueur un petit pédicule adhérent par le côté et oculé. La bouche est placée sous la lête et laisse sortir une trompe très-longue. Le manteau se prolonge en avant en un tube qui passe par l’échancrure de la coquille. Le pied est allongé, étroit, peu épais et muni d’un petit opercule corné.

Les Colombelles sont généralement petites, vivement colorées et d’une forme élégante ; elles vivent sur le sable des rivages. Le genre est assez nombreux en espèces des mers des pays chauds. Les espèces fossiles appartiennent aux terrains tertiaires.

Fig. 1076.

Colombclle lysiska.

Fig. 1077.

Colombelle véléda.

2e GENRE. cJUlsitte. Mitra , Lamarck.

[Mitra, mitre.)

Coquille allongée, turriculée ou subfusiforme, à spire pointue au sommet. Ouverture généralement petite, étroite, plus ou moins triangulaire, échancrée en avant et sans canal. Bord columellaire recouvert d’une lame mince, chargée de plis parallèles entre eux et obliques, les antérieurs plus petits; bord droit tranchant. L’animal a la tète très-petite, munie de deux tentacules grêles, coni-

Fig. 1078. Mitre ridée.

qnes, pointus, avec des yeux placés généralement à 1 extrémité d un petit appendice tentaculiforme et adhérent aux tentacules dans toute sa longueur. La bouche laisse sortir une trompe très-longue. Le manteau se prolonge en avant et forme un tube qui passe par 1 écbancrure de la coquille.

Les Mitres sont des animaux qui habitent particulièrement les mers des pays chauds : leur coquille est très-vivement colorée et des plus belles.

( Voy . pl. VIL) Les espèces grêles, allongées et pointues sont connues sous le nom de Minarets. Les plus grandes et les plus belles viennent de l’Océan Indien et des mers de la Nouvelle-Hollande. On en trouve cependant quelques espèces sur les côtes de France, et le nombre des espèces connues est au moins de cent.

On en connaît aussi un assez grand

nombre de fossiles à Grignon, aux Fig- *079. Miire pontificale. F:g. 1080. Mitre épiscopale, environs de Bordeaux, de Paris, et en Sicile.

3e GENRE. ^Peinte- Voluta , Lamarck.

[Volvo, je tourne.)

Coquille ovale, plus ou moins ventrue, aspire généralement peu élevée et mamelonnée. Ouverture grande, plus longue que large, à base échancrée et sans canal. Bord eolumellaire un peu excavé et garni de plis obliques dont les antérieurs

Fio. 1081. Volute robe turque. Fio. 1082. Vulut

nu, iuoü. v mine couronnée.

sont les plus grands. Bord droit arqué , tranchant ou épais, suivant les espè

Il ISTO I H E NATURELLE.

L’animal est ovale, à tète très-distincte, grosse, munie de tentacules oculés à leur base et un peu en arrière. Bouche armée d’une trompe épaisse et garnie de dents

en crochets. Le pied est très-large, sillonné en avant, débordant de toutes parts et sans opercule.

Le genre Volute se compose de coquilles de formes très-variées, ornées de couleurs vives et couvertes de lignes irrégulières, ondulées, dont la nuance tranche toujours sur celle du fond. Les unes ont la spire couronnée d'épines saillantes, les autres ont des tubercules. Les Volutes vivent sur le sable près des côtes, où on les trouve quelquefois à sec dans l’intervalle d’une marée. Elles viennent exclusivement des mers des pays chauds. Quelques espèces sont trèsprécieuses, très-rares et d’un prix élevé : nous citerons particulièrement la Volute queue de paon et la Volute couronnée. On connaît un assez grand nombre de Volutes fossiles des environs de Paris, de Bordeaux, et des faluns de la Touraine.

Pour faciliter les recherches, on a divisé les Fio. 1084. Volute ondulée. Volutes en cinq groupes, les Gondoles , les

Muricines, les Musicales , les Fusoïdes et les Pyruloïdes. Les animaux de chacun de ces groupes ont des caractères semblables et la môme manière de vivre.

1er groupe. Les Gondoles.

Coquille ventrue, bombée.

Fig. 1080.

Fig. 1085.

Vol u le année.

Fig. 1087. Volute éthiopienne.

Fig. 10SS. Volute boulon.

2e groupe. Les Muricines.

5e groupe. Les Musiques.

Coquille ovale , épineuse ou tuberculeuse.

Coquille subtuberculeuse.

Fio. 1089. Volute impériale.

b ig. 1090. Volute musique.

4e groupe. Les Fusoïdes.

Coquille allongée , ventrue , presque en fuseau.

Fig. 1091.

Volute queue de paon.

Volute queue de paon.

5e groupe. Pyruloïdes.

l'in. 1094. Volute pied do biche.

HISTOIRE NAT U H ELLE

-4e GENRE. cfca/taiuÆ. Marginella, Lamarck. (Diminutif de margo , bordure à bourrelet extérieur.)

Coquille polie, ovale-oblonguc, à spire généralement courte, lisse ou costulée. Ouverture étroite, ovalaire, allongée, peu ou point écliancrée à sa base. Bord columellaire garni de plis obliques et dont le nombre varie avec 1 âge. Bord droit renflé ou garni d’un bourrelet en dehors.

L'animal est comprimé, muni d’une tète distincte, avec un voile échancré dans son milieu, et deux tentacules

Fig. 1095.

Marginelle sillonnée.

Fig. 1096.

Marginelle huilée.

Fig. 10'j7.

Marginelle nubéculée.

Fig. 1098.

Marginelle levcrollr.

coniques, oculés à leur base externe; la bouche forme une petite trompe. Le manteau déborde de chaque côté, peut se réfléchir sur la coquille et forme en avant un petit siphon. Le pied-est large, elliptique et sans opercule. Les Marginelles sont de jolies petites coquilles brillantes, polies, vivement colorées, qu’on trouve dans les mers des pays chauds. Il y en a de fort rares. Les espèces fossiles appartiennent aux terrains tertiaires.

5e GENRE. Q^olocme- Volvaria, Lamarck.

(Volva, enveloppe.)

Coquille cylindracée, enroulée sur elle-même, à spire non étroite, de la longueur de la coquille. Columelle offrant plusieurs plis à sa partie inférieure. Bord droit mince et tranchant. Animal inconnu.

Ce genre semble plutôt n’être qu’une division des Marginelles, avec lesquelles les coquilles qui le composent ont les plus grands rapports. Les espèces vivantes viennent des f côtes d’Afrique (Sénégal) et de la Méditerranée ; on en trouve virons de Paris.

saillante. Ouverture

io. 1099. Volvaire balloîde,

de fossiles aux en-

VINGT-CINQUIÈME FAMILLE

La famille des Enroulés se compose de coquilles dont la base de l’ouverture est echancree ou versante, et dont les tours de spire sont ventrus, enroulés, le dernier enveloppant tous les autres et comprimé à ses extrémités.

l"r GENRE. Ooulc. Ovula, Bruguières.

(Diminutif de uvutn, œuf.)

Coquille ovale ou oblongue, bombée, atténuée et acuminée aux extrémités,

sans spire apparente, à bords roulés en dedans. Ouverture longue, étroite, courbe, souvent prolongée en tube et versante aux extrémi-

Fig H00. Ovule des Moluques. Fig. HOU

Fig. 1 1 02. Ovule incarnate. Fig. Ü03.

Fig. 1104. Ovule gibbeuse. Fig. 1105. Ovule birostre. Fig. 1106

tés; sans dents sur le bord gauche, quelquefois des rides ou des dents sur le bord droit. L’animal a une tête peu distincte, munie de tentacules allongés, pointus, oculés à leur base externe ; la bouche donne passage à une petite trompe rétractile. Le manteau est lisse, à bords inégaux : le gauche, plus grand, enveloppe à lui seul presque toute la coquille. Le pied est grand, linguiforme et sans opercule.

Les Ovules ont pour la plupart un brillant de porcelaine ; quelques-unes sont blanches, les autres roses ou rosées. Elles viennent de la mer des Indes et de la Chine.

On en trouve aussi dans la Méditerranée et la mer Noire. On trouve quelques espèces iossiles en Italie.

Les Ovules ont été divisées en trois groupes : le premier comprend les espèces dont le bord droit est denté ou plissé, et dont les extrémités sont peu proéminentes:

Ovules; le second est composé des coquilles présentant un renflement transversal sur le dos: U l limes , le troisième enfin réunit les espèces

Fig. 1107.

Ovule navette.

Fig. 1I0S.

allongées, acuminées à chaque extrémité, et dont denté : Navettes.

l’ouverture a le bord droit non

Fig. 1109. Ovule de« Moluques de grandeur naturelle. Fig. 1110.

2e GENRE. Jrctceîcuue- Cyprœa , Linné.

(Poli comme de la porcelaine.)

Coquille ovale ou oblongue, convexe, abords roulés en dedans, à surface extérieure lisse et d’un brillant de porcelaine, et quelquefois tuberculeuse ou striée transversalement. Ouverture longitudinale, étroite, arquée, dentée sur ses deux bords, versante aux extrémités, où elle est échancrée. Spii’e à peine apparente, souvent cachée par un dépôt calcaire vitreux. L’animal est allongé, à tète distincte, munie de deux tenta-

Fig. il il. Porcelaine tigre.

Fig. 1112. Porcelaine de Kunth. Fig. 1113.

cules coniques assez longs, renflés vers leur base extérieure par le support des yeux. Manteau présentant deux lobes latéraux souvent inégaux, très-développés, se repliant sur le dos de la coquille et se réunissant en avant pour former un siphon très-court, simple ou frangé. Les lobes du manteau sont quelquefois couverts de

•>ü0 HISTOIRE NATURELLE.

tubercules lentaculiformes. Le pied est ovale, allongé, assez grand et sans opercule. 1

Les Porcelaines forment un genre très-nombreux en espèces le plus souvent lisses, brillantes, sans épiderme, très-variées dans leurs couleurs toujours vives • leur tonne et leur coloration varient avec 1 âge, au point que la même espèce, examinée aux diverses périodes de son accroissement, semble devoir appartenir à des genres différents. Dans le premier âge, les Porcelaines sont minces, coniques, al-

Fio. 1114. 1er âge. Fig. 1115. 2c âge. Porcelaine de Scotl. Fig. 1 1 i 6. 3e âge, adulle.

longées, à spire saillante; elles ont un bord columellaire courbé et tronqué à sa base. Le bord droit est mince et tranchant, et l’ouverture est large. Bientôt après, la coquille, sans prendre beaucoup d’épaisseur, devient plus large par les accroissements successifs du bord droit, qui commence à s’épaissir, à se replier en dedans ; l’ouverture se rétrécit. A cette époque de développement, la spire est encore saillante. Pendant ces deux premiers âges, les Porcelaines n’ont pas les couleurs qu’on leur voit à l'âge adulte ; elles sont seulement nuancées de teintes pâles ou présentent quelques fascies transversales sur le dos. Enfin la période de développement complet commence avec le cinquième tour : la spire se trouve masquée par l’enroulement successif du bord droit qui s’agrandit en le recouvrant, devient plus ventru, plus bombé, et par un dépôt de matière vitreuse qui, en se faisant également sur toute la surface, épaissit la coquille. Souvent alors la spire paraît enfoncée ; le bord droit prend les caractères qu’il doit conserver ; l’ouverture se rétrécit encore, ses extrémités se forment et s’échancrent, les dents se développent sur ses deux bords, et les couleurs que doit avoir la coquille se déposent par bandes ou par taches. Ce changement s’opère par le dépôt de la matière calcaire vitreuse sécrétée par les deux lobes du manteau, dont le point de jonction sur le dos de la coquille reste indiqué par une ligne longitudinale irrégulière et ordinairement pâle. Les Porcelaines, ainsi couvertes par le manteau, pourraient être prises pour des Mollusques nus: leur coquille n'a jamais d’épiderme.

Les Porcelaines vivent enfoncées dans le sable , à peu de distance des rivages : ce sont des animaux très-timides, qui fuient le grand jour, et ne sortent de leurs retraites que pendant quelques heures de la journée. On en trouve dans toutes les mers; et si quelques-unes sont très-communes, il en est beaucoup de très-rares, très-précieuses et d’un prix fort élevé. De tout temps on a beaucoup recherché ces coquilles, qui plaisent par leurs couleurs vives et leur brillant poli. Les sauva-

ges habitants des côtes d’Afrique, et généralement tous les habitants des côtes, ont employé les Porcelaines pour faire divers ornements : les uns des biacelels, des colliers ; les autres des boîtes, des coiffures ; d’autres enfin des garnitures de harnais. Quelques Indiens les portent comme des amulettes. A la Nouvelle-Zélande, la 1 01celaine aurore, une des plus précieuses de ce genre, sert de signe de distinction aux chefs de tribu, qui la portent suspendue à leur cou ; c’est pour cette raison que la plupart de celles qui se trouvent dans les collections ont un trou qu’on reconnaît fait par frottement et par une main peu habile. Cette espèce a valu jusqu'à mille francs; mais depuis quelques années elle a été rapportée par les marins, alléchés par un si beau prix, et elle est un peu moins rare. On dit qu’une des premières a été donnée à un matelot par un chef zélandais qui a demandé en échange un de ees couteaux de pacotille connus sous le nom d eustaches. Dans quelques parties de l'Inde et de l’Afrique, on se sert, comme monnaie courante, d’une petite Porcelaine, la monnaie de Guinée, dont le nom local est cauris.

On a divisé les Porcelaines en trois groupes : les globuleuses, les pustuleuses et les striées. Toutes les espèces lisses font partie du premier groupe ; le second se compose des Porcelaines dont la surface est couverte de petits tubercules arrondis et plus ou moins élevés; le troisième enfin comprend les espèces couvertes de stries transversales. ( Voyez planches X et XI.)

On connaît un assez grand nombre de porcelaines fossiles : elles appartiennent toutes aux couches du calcaire grossier.

5e GENRE

cvtietv .

Terebellum, Lamarck.

(7 'erebella, tarière.)

Coquille subcylindrique, enroulée , mince, polie, à spire assez élevée et pointue. Ouverture longitudinale, étroite supérieurement, échangée à sa base. Columelle lisse, longue, tronquée inférieurement ; bord droit simple et tranchant. L’échancrure de la base est irrégulière. L’animal n’est pas connu, mais il est probablement sans opercule. Ce genre ne se compose que de quelques espèces, les unes vivantes des mers de l'Inde, les autres fossiles de France.

Fig. 1117. Tarière subulée. Fig. 1118.

P GENRE. cAoii ci(l aue- Ancillai'ia, Lamarck.

(Étymologie inconnue.)

Coquille lisse, oblongue, subcylindrique, à spire courte ou médiocrement élevée, pointue, à sutures non canaliculées. Ouverture longitudinale large età peine échan-

1I1ST01KË NATURELLE.

Fig. 1119.

Ancillaire à sillons lilancs.

crée à sa base. Bord droit simple; bord colunicllaire chargé d’un bourrelet calleux et oblique. L’animal paraît trop grand pour pouvoir entrer tout à fait dans sa coquille, qu’il couvre presque complètement. Le pied est bifurqué à son extrémité postérieure, et se prolonge antérieurement ; la tète est munie d’une trompe grêle et cylindrique.

Les Ancillaires vivent sur le sable, à peu de distance des côtes : elles sont lisses et brillantes ; quelques especes ont le test ridé. Les Ancillaires fossiles appartiennent aux terrains tertiaires.

Fig. 1120.

Ancillaire mauritienne.

5e GENRE. Olive.

Oliva, Bruguières.

[Oliva, olive.)

Coquille subcylindrique, enroulée, lisse, épaisse, à spire peu élevée, et dont les tours sont séparés par une suture canaliculée. Ouverture longue , étroite, échancrée à sa base ; bord columellaire épaissi , strié obliquement dans presque toute sa longueur, et présentant à son extrémité supérieure une callosité qui concourt à la formation du canal de la spire. Le bord droit est simple et tranchant. L’animal a une tête petite , munie de deux tentacules réunis à leur base et oculés vers la

Fig. 1121. Olive érylhroslorae. Fig. 1122. Olive porphyre.

partie moyenne et externe de leur longueur. Au-dessous de la tête se montre une petite fente buccale. Le manteau , après s’être enroulé en avant pour former un tuyau cylindrique, se replie encore en dehors et forme une petite languette triangulaire libre et flottante, sortant par l'échancrure et placée derrière le siphon. Le canal des tours de la spire contient un petit appendice très-grêle et dont on ne connaît pas encore l’usage. Le pied est allongé, étroit, épais, se relève de chaque côté pour s’appliquer sur la coquille ; il est divisé en avant par un sillon assez profond, et n’a pas d’opercule.

Les Olives, observées par MM. Quoy et Gaimard, se plaisent sur les fonds sablonneux et dans les eaux claires. Elles rampent avec beaucoup d’agilité, et se redressent promptement lorsqu’elles ont été renversées. Les Olives sont des animaux carnassiers; on les prend à Me de France, en se servant de viande pour appât.

Toutes les espèces de ce genre habitent les mers des pays chauds. On en connaît un grand nombre d’espèces, qui ont été divisées en quatre groupes , d’après leur

forme générale : .

1» Les espèces qui ont quelque rapport avec les Ancillaires, et dont les plis colu-

mellaires sont en forme de torsade : Ancilloides ;

2° Coquille cylindracée, à spire fort pointue, avec des plis columellairës trèsnombreux, occupant presque tout le bord gauche : Cylindroïdes ;

5° Coquille globuleuse, ventrue, aspire très-courte: G l and i formes ;

4° Coquille dont la spire est pointue et dont le canal s’oblitère vers le commencement du dernier tour : Volutelles.

Les espèces vivantes sont très-nombreuses et viennent particulièrement des mers des pays chauds. Les Olives sont brillantes et lisses comme les Porcelaines; leurs couleurs sont très-variées, et la même espèce varie du blanc au noir en passant par des nuances différentes et intermédiaires. Les unes sont ornées de bandes transversales, et les autres de lignes ondulées, irrégulières et entrecroisées. Les espèces fossiles , beaucoup moins nombreuses , appartiennent aux couches plus nouvelles que la craie.

, 6e GENRE. C oite- Conus , Linné.

[Conus, cône.)

Coquille épaisse, solide, en forme de cône, roulée sur elle-même, à spire peu ou pas élevée, lisse ou tuberculeuse. Ouverture longue , étroite, à bords parallèles , sans dents et versante à sa base. L’animal a une tète grosse, proboscidiforme , munie de deux tentacules grêles et oculés vers leur extrémité antérieure et externe. Le manteau est court et dépasse rarement les bords de la coquille, qui est recouverte d’un épiderme plus ou moins épais. Le manteau forme en avant un siphon cylindrique qui se renverse sur la coquille. Le pied est très-étroit, tronqué en avant

Fig. 1125. Cône hébraïque.

Fig. 1124. Cône drap d’or.

et muni en arrière d’un opercule corné, rudimentaire et insuffisant pourfermer l’ouverture. Le genre Cône est un des plus riches en espèces et un des plus beaux et des plus variés; toutes les coquilles qui le composent sont fort recherchées des collecteurs; elles sont généralement de taille moyenne , cependant quelques espèces atteignent un développement très-considérable. Les Cônes vivent près des rivages, dans les mers des pays cbauds ; quelques espèces sont très-rares et d’un prix fort élevé. La plus belle collection des Cônes appartenait àM. Hwass, qui permit à Bru-

guières do les décrire et do les figurer dans Y Encyclopédie. Cette riche collection, réunie à celle de M. Sollier, fait aujourd’hui partie du musée de M. Delessert, qui, indépendamment de la collection de Lamarck, y a a jouté celle non moins importante du colonel Teissier. Ce genre, aussi complet que possible, est représenté dansle musée Delessert par plus de deux cents espèces et au moins quinze cents individus. On cite parmi les plus beaux cônes : le Damier, le Cône noble, le Cône d’Orange, le Cédonulli, le Cône de Delessert el le Cône gloire de la mer. Le nombre des espèces fossiles est peu considérable : on en trouve à Grignon, à Dax et en Italie.

Les Cônes ont été divisés en trois groupes pour la facilité des recherches. Le premier comprend toutes les coquilles dont la spire est tuberculeuse; ce sont les Cônes couronnés. Dans le second se placent toutes les espèces coniques à spire lisse : Cônes lisses. Dans le troisième, on range les espèces allongées et plus cylindriques que coniques; ce sont les Cônes cylindriques. ( Voyez planche IX, lig. 5, et planche XII.)

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