‹ Leçons élémentaires sur l'histoire naturelle des animaux. Précédées d'un aperçu général sur la zoologie. ConchyliologieChapitre 111 sur 123 · DEUXIÈME TRI RU. — DÉCAPODES · texte numérisé non relu

DEUXIÈME TRI RU. — DÉCAPODES

Tous les Céphalopodes de cette tribu ont dix bras, et un osselet dorsal médian, des nageoires. Les ventouses ou cupules des liras sont pédonculées et entourées d’un cercle corné.

DEUXIÈME FAMILLE

La famille des Sépidés réunit tous les Céphalopodes dont les yeux sont munis

a une paupière inférieure. Leur membrane buccale rfa pas de cupules ; le tube locomoteur est sans brides, et les bras tentaculaires sont rétractiles en entier.

Ie' GENRE. (3mi icLue. Cranchia , Leacb.

( Cranch , nom d’un voyageur anglais.)

Corps allongé, ovoïde, bursiforme, membraneux, arrondi en arrière ; tète petite et réunie au corps par une bride cervicale étroite; nageoires terminales ovales , unies entre elles çt échancrées à leur jonction postérieure; huit bras sessiles, snbulés, courts, inégaux, ayant des ventouses alternes sur deuxrangs, et deux bras tentaculaires, gros, terminés en massue et portant des ventouses pédonculées sur quatre rangées alternes. Rudiment interne inconnu.

Les Cranchies se distinguent par leurs nageoires postérieures non rhomboïdales ; elles habitent toutes la haute mer, où elles vivent en troupes nombreuses; elles ne se montrent que pendant la nuit, et se nourrissent de Ptérppodes, qui, dès la chute du jour, viennent en grand nombre U54. Oancliic pellucide. à la SUl’face.

Fig. 1135. Sépiole commune.

*2e GENRE. C^cprolV Sepiela , Leacb.

(Diminutif de sépia.)

Animal sacciforme, raccourci, déprimé, arrondi postérieurement ; bras sessiles, presque égaux ; bras pédonculés, terminés en massue; point de ventouses sur les pédoncules. Rudiment interne très-grêle et très-petit. Nageoires latéro-dorsales.

On n’en connaît qu’une seule espèce de la Méditerranée.

5e GENRE. G^ciclsc'. Sepia, Linné.

[Sépia, encre.)

Corps charnu, déprimé, contenu dans un sac obtus posténeuicment, et boidé de chaque côté, dans toute sa longueur, d une aile étroite ; un os libre, crétacé, spongieux et opaque, enchâssé dans l’intérieur du coi'ps, vers le dos. Bouche teiminale, entourée de dix bras garnis de ventouses, deux de ces bras pédonculés et beaucoup plus longs que les autres.

Les Seiches sont des animaux carnassiers, très-voraces. Elles se nourrissent de

Il I ST 0 1 H E NATURELLE.

Poissons et de Crustacés; on les trouve à toutes les profondeurs, et loujouis assez loin des rivages. Elles nagent avec assez de rapidité pour atleindie une pi oie qui fuit. Ces Mollusques sont très-communs; ils répandent à volonté une encre noirâtre

Fig. 1156. Seiche hieredda.

et odorante qui devient pour eux un moyen de défense et peut-être d'attaque. Cette encre est connue et employée sous le nom desépia , et il paraît définitivement qu’elle n’entre pour rien dans la composition de l’encre de Chine. Quoiqu’il en soit, l’encre de la Seiche est contenue dans une petite poche ou vessie qui vient s’ouvrir près de l'orifice anal. Sous la peau du dos se trouve un sac sans ouverture extérieure, et qui contient une coquille légère , celluleuse et poreuse , connue sous le nom d’os de Seiche. Cet os a une forme ovale-allongée, légèrement convexe à ses deux faces et un peu plus large postérieurement qu’antérieurement ; il se termine en arrière par un bord dur et mince. Cet os représente en quelque sorte la colonne vertébrale des Poissons. La bouche des Seiches est armée de mandibules cornées, semblables pour la forme au bec d’un perroquet.

On trouve des Seiches dans toutes les mers , quoique le nombre des espèces caractérisées soit peu considérable. A l'état fossile, on rencontre quelques os de Seiches dans le calcaire grossier des environs de Paris, et dans les couches plus anciennes on trouve des dents assez bien conservées qui appartiennent sans doute à un .genre voisin des Seiches.

•4e GENRE. ‘ï/cn-lopte-te . Beloptera , Deshayes.

(BîXo;, flèche; tcteoov, aile, plume..)

Animal inconnu ; coquille composée de deux cônes réunis sommet à sommet, soutenus de chaque côté par un appendice en forme d’aile, obliquement incliné ; surface dorsale convexe ; côté ventral concave ; cône postérieur terminé en rostre obtus, comparable à celui de l’os de la Seiche ; cône antérieur lisse, composé d’une

Il 1 ST 0 IKK NATURELLE.

Fig. 1138.

Béloptère bclemniloide.

substance fibreuse, rayonnante comme celle des Bélemnites; creusé d'une cavité

conique dont l’ouverture circulaire a les liords minces et tranchants ; celle cavité est remplie de cloisons transverses percées d’un siphon central. Ce genre est caractérisé par la combinaison d'une cavité cloisonnée conique, comme celle des Bélemnites, avec un bec de Seiche. Ce que ce genre a de fort remarquable, dit M. Desbayes, c’est qu’il ne s’est encore rencontré que dans les terrains tertiaires les plus anciens, à une époque géologique où les Bélemnites avaient cessé d’exister. Ainsi, ce genre offrirait un nouvel exemple de la manière lente dont la nature procède dans ses actes, faisant succéder, dans l’espace et dans le temps, des races qui semblent provenir les unes des autres.

5e GENRE. C’pmiLvootïe. Spiruli rostre, d'Orbigny.

(Spirula, spirulc ; rostrum, rostre.)

Animal inconnu ; osselet interne raccourci, terminé postérieurement en un rostre épais, conique, très-pointu au sommet, et creusé d’une cavité an-devanf de laquelle s’élève une protubérance médiane, obtuse et rugueuse ; cavité étroite, conique, courbée en portion de spirale, contenant des cloisons transverses, écartées, simples, et percées d’un siphon ventral.

Ce genre semble intermédiaire aux Seiches et aux Spirilles. On ne l’a trouvé qu’à l’état fossile dans les couches tertiaires subapennines des environs de Turin ; on n’en connaît encore qu’une seule espèce, due aux recherches de M. Bel lard i.

Fig. 1139.

Spiruüroslre deBellardi.

6e GENRE. ïlh ePcMiiuOc'epia. Belcmnosepia , Ow (Bélcmnitc et Seiche.)

en.

Fig. 1140.

Bclcmnosépia de (lliippenlitun.

Animal ayant le corps conique, pourvu, vers son extrémité antérieure, de deux nageoires larges, demi-circulaires et comparables à celles des Sépioles ; tète médiocre, portant huit bras sessiles et deux bras pédonculés, les premiers armés d’un double rang de crochets. Coquille intérieure semblable aux Bélemnites, conlenant dans une cavité conique une série de cloisons transverses percées d’un siphon ventral ; cette cavité se prolonge en avant en un bord circulaire mince et tranchant, dépourvu de prolongement dorsal.

Ce genre n’est connu que par des empreintes fossiles trouvées dans les argiles schistoïdes de l’Oxforl-Clay, que l’on mit à découvert, à Christian- Hellmnilï; Malefort, pour le passage d’un chemin de fer. Ces

sngiltéc.

empreintes représentent une coquille semblable à celle des Bélemnites, avec un prolongement cornéo-calcaire infundihuliforme; on y distingue la tète de 1 animal, ses yeux, ses bras sessiles, au nombre de huit, armés de grands crochets calcaires, et la base de deux bras pédicules ; enfin on trouve les traces bien conservées des nageoires, qui sont demi-circulaires et occupent la moitié antérieure du sac.

TROISIÈME FAMILLE

ec/eà.

Les Mollusques de cette famille n’ont point de paupières; mais on remarque des cupules à la membrane buccale, et une crête auriculaire transversale ; le tube locomoteur est pourvu d’une double bride ; les bras tentaculaires sont contractiles et en pointe.

1" GENRE. GaLicvt.

Loligo, Lamarck.

[Loligo, nom latin employé pour désigner ces animaux.)

Corps charnu, contenu dans un sac allongé, cylindracé, atténué et garni d appendices en forme d’ailes à sa base; une lame dorsale allongée, mince, transparente, cornée, est enchâssée dans l’intérieur du corps. Bouche terminale, entourée de dix bras garnis de ventouses ; deux des bras, plus longs que les autres, sont pédonculés.

Les Calmars ont une forme plus allongée que les Seiches ; ils ont le corps lisse et terminé par des nageoires dont la réunion forme un rhomboïde. L’os des Calmars diffère beaucoup de celui des Seiches ; il est mince, corné, trèsallongé, et il a la transparence du verre; sa forme est à peu près celle d’une plume à écrire dont on aurait enlevé les barbes dans une partie de sa longueur. Les Calmars ont d’ailleurs la même organisation intérieure que les Seiches, et leurs habitudes sont les mêmes ; on les trouve aussi dans les mêmes mers.

Les Calmars sont connus sur les bords de la mer sous le nom d'Encornets des pêcheurs. M. de la Pylaie décrit ainsi les habitudes de ces animaux :

« Les troupes ou bancs de cet animal nous offrent l’image d’une agitation continuelle, qui fournit le spectacle le plus curieux pour l’observateur placé sur un bateau, au milieu de ces Mollusques, lorsqu’ils se tiennent à la superficie des eaux: les uns montent, d’autres descendent ; les autres, immobiles de corps, n’agitent que leurs tentacules, tandis que d’autres courent en tous sens, traversant la masse avec une étonnante vélocité. Quand l’Encornet se divertit, selon le lan- . Caimfr‘®; p'ir^;nMn.

gage des pêcheurs, il se tient étendu horizontalement sur la nier, qu'il hatenla frappant avec les deux côtés de la membrane sagitliforme qui garnit son extrémité inférieure, ce qu'il opère crise renversant alternativement de droite à gauche ; et parfois encore il plonge celle-ci pour devenir perpendiculaire, n’ayant plus que la tête seule à fleur d’eau. Il tient alors ses pieds et bras ou tentacules étalés en roue, et lance à diverses reprises de petits jets d’eau de la grosseur du doigt, à la manière des Souffleurs. Mais les mouvements rétrogrades de ces animaux sont les plus vifs, en ce qu ils sont favorisés par la forme du corps terminé en pointe : celui-ci représente même assez bien un javelot dans son ensemble, étant muni à son extrémité de deux membranes latérales qui le font ressembler au fer d’une flèche ou d’une lance.

L’Encornet, au moindre bruit ou s’il aperçoit un ennemi, se* trouve saisi de frayeur, et c’est un trait qui part comme l’éclair. Ses huit pieds et ses deux bras étalés en roue, selon sa coutume, ont frappé de toute leur force, à la manière d’un ressort qui se débande, la masse d’eau qui était devant lui, et dans l’élan qu’il a pris, il traverse une étendue considérable avec une extrême vitesse, tenant ses pieds et bras réunis derrière lui en un faisceau serré, afin d’offrir au liquide déplacé par son volume le moins possible de surface.

Ce Mollusque a en outre l’avantage de dérober sa fuite par le voile épais qu’il laisse derrière lui, en troublant l’eau par l’émission de sa liqueur noire; mais quand il ne peut plus se soustraire à de nouveaux dangers, il rejette tout ce qu’il lui est possible de cette substance, puis reste immobile au milieu de ce nuage protecteur qui le rend invisible, et détermine ainsi ses ennemis à l’abandonner.

L’Encornet n’a donc, pour veiller à sa conservation, que 1$ promptitude de sa fuite et cette liqueur noire, car son bec est trop court pour pouvoir le défendre : son corps, de même que ses membres tout charnus, ne trouvent point l’abri d’aucune enveloppe testacée. Aussi, chaque fois qu’il craint pour sa vie, recourt-il de suite à ses armes ordinaires.

Quand on prend l’Encornet à la main , il vous l’enveloppe et la serre avec ses tentacules, cherchant à vous mordre avec son bec, qui pourrait pénétrer même assez avant dans la chair; mais l'on se dégage avec facilité. Si l’on a saisi l’animal sans précaution, il vous inonde aussitôt le visage d’abord avec l’eau qu’il contenait, puis avec sa liqueur noire, qui, si elle atteint les yeux, cause la douleur la plus vive. L’eau de mer qu’il rejette ainsi forme un jet de la grosseur du petit doigt, qui parvient jusqu’à trois pieds de distance, et auquel succèdent une ou deux émissions semblables de cette liqueur noire dont nous venons de parler. Ces matières sont alors lancées plus vigoureusement que quand l’Encornet s’amuse , et sortent avec le même bruit que s’il les expulsait en soufflant avec force.

Étant jetés dans le bateau où on les amoncelle, les Encornets s’agitent encore quelque temps et viennent saisir avec leurs bras les pieds des pêcheurs , auxquels ils restent adhérents jusqu’à ce qu’ils aient entièrement^ cessé de vivre. Mais ils ont bien Lôt mis en usage et consommé tou6 leurs moyens de défense, et, dès qu’ils ont rejeté toute l’eau qu’ils contenaient, et leur encre ensuite, ils restent anéantis et ne tardent pas d’expirer, comme si cette substance était le principe de leur .force vitale.

Le noir d’Encornet est très-pénétrant et caustique. Je ne peux mieux faire connaître ses propriétés qu’en rapportant la réponse de divers pêcheurs que j ai ques-

tionnés à ce sujet : « Quand nous ôtons de nos lignes les Encornets qui viennent s’y prendre, nous évitons le plus possible, en les tournant convenablement, qu ils puissent jeter sur nous leur encre, car nos habits en seraient tachés ; et cette matière est si mordante, que dans la saison où l’Encornet abonde, étant obligés de le couper par morceaux pour en faire l’appât, nous avons la peau de nos mains mangée jusqu’au vif : la cuisson qui en résulte est aussi forte que si nous étions brûlés. D’après cette qualité corrosive et la douleur extrême que nous éprouvons quand elle nous atteint les yeux, il est certain que nous aurions bientôt perdu la vue, si nous négligions de nous laver aussitôt.

«Les troupes d’Encornets ne font que courir çà et là. Vous en preniez ici tout à l’heure en quantité; tout à coup il vous manque, et il faut le poursuivre avec votre chaloupe ; mais s’il a disparu en s’enfonçant dans les eaux, vous n’êles averti de sa direction que par le succès continu de la pêche de vos voisins. Ce Mollusque aime les journées les plus chaudes et les plus calmes de l’été ; c’est alors qu’on en prend le plus. Quoique ses bancs se tiennent en général à des profondeurs très-inégales, l’on a remarqué qu’il venait davantage à la surface de la mer lorsque le temps devait changer; et si l’on voit alors les Encornets vivement agiter l’eau dans les lieux où ils se trouvent, et la lancer par jets qui s’élèvent même à deux et trois pieds de hauteur, vous avez la certitude d’avoir de la pluie le lendemain.

«Les habitants des îles Saint-Pierre et Miquelon, ainsique les pêcheurs, font paraître l’Encornet sur leurs tables ; mais ce n'est que comme variété ou par caprice de la part des premiers : on l’y présente en friture, ou à la sauce blanche, ou bien coupé par tranches. Il est préférable surtout lorsqu’il est farci. Sa chair, qui est très-blanche, est toujours coriace et ne fournit qu’un mets lourd. C’est elle qui est l’appât le plus estimé pour la pêche de la Morue, parce que c’est de cette espèce d’animal qu’elle se montre le plus avide. Quand l’Encornet manque, l’on y supplée par des tronçons de Hareng ou de Maquereau, selon les circonstances. »

2° GENRE. G^eincte utlje. Sepioteuthis , de Blain ville.

(Seiche et Calmar.)

Animal charnu, ovalaire, aplati, pourvu d’une paire de nageoires latérales aussi longues que le corps. Tête médiocre, entourée de huit bras sessiles et de deux bras pédonculés, tous armés de ventouses; osselet corné, allongé, élargi dans le milieu, atténué à ses extrémités, soutenu par un axe médian, convexe en dessus et concave en dessous.

Les Sé pi ote u thés présentent avec les caractères extérieurs des Seiches une partie de ceux des Calmars ; ils ont le corps aplati, large, et leurs nageoires étroites s’étendent sur toute la longueur du corps comme dans les Seiches. L’osselet dorsal et les appendices tentaculaires sont analogues à ceux des Calmars. Ces animaux vivent dans l’Océan Pacifique; on n en connaît qu’une seule espèce de l’Océan Atlantique.

Fia. 1 143. Sépioteutlic Seiche.

1IIST0IKE NATURELLE.

3° GENRE. Ceutlsopttû). Teuthopsis, Deslongchamps.

(TeuOi;, Seiche ; oiju;, aspect.)

Animal inconnu, probablement voisin des Sépioteuthcs et des Calmars. Osselet intérieur corné, mince, ovale-al- Iongé, atténué à ses extrémités, légèrement concave en arrière, soutenu au milieu par un pli longitudinal.

Les espèces de ce genre ont été découvertes par M. Deslongchamps dans les terrains jurassiques du département du Calvados.

Fie. 1144. Teuthopsis ampullaire.

QUATRIÈME FAMILLE

Les caractères des Céphalopodes de cette famille sont : point de sinus lacrymal ; tube locomoteur sans valvule et sans bride; crête auriculaire nulle; point d’ouvertures aquifères anales ; osselet corné.

1er GENRE. Cafiao^et-.

Loligopsis, Lamarck.

(Diminutif de Calmar .)

Corps charnu, oblong, contenu dans un sac allongé, cylindracé, ailé inférieurement, et légèrement pointu à sa base. Bouche terminale, entourée de huit bras sessiles et égaux.

Les Calmarets sont allongés, d’une consistance gélatineuse. Leur transparence est remarquable, et l’osselet intérieur est pourvu d’une longue tige supérieure. On n’en connaît encore qu’un petit nombre d’espèces.

2e GENRE.

JjUitvoleuï&e. Histioteuthis, d'Orbigny.

(tortov, voile ; veuOt;, Seiche.)

Corps court, bursiforme, pointu en arrière, et portant à son extrémité une paire

de nageoires demi-circulaires, lète grosse, cylindracée, largement réunie au corps, portant huit bras sessi les et deux longs bras pédicules; six des bras sessiles sont réunis jusque près du sommet par des membranes interbrachiales; les bras inférieurs libres. Ventouses en petit nombre, alternes sur deux rangs; un osselet dorsal , corné , étroit, obtus au sommet.

Les espèces de ce genre n’ont que six bras réunis par de larges membranes ; les quatre autres libres. Leur tête est très-grosse , et les bras pédoncules sont assez alongés.

Fig. 1146. Histioteulhe de Bonelli. Fig. 1147. Osselet du même.

5e GENRE. CljitfolmlBe. Chiroteuthis, d’Orbighy.

(Keip, bras; teuOiç, Seiche.)

Ge genre a été établi , aux dépens du genre Calmaret, pour une espèce remarquable par des bras tentaculaires très-allongés, et terminés en massue lancéolée, portant une cupule charnue à son extrémité supérieure, tandis que l’inférieure est armée de quatre rangées de cupules lancéolées.- Les bras tentaculaires ont plus de deux fois la longueur du corps; ils servent à ces animaux pour saisir au loin leur proie.

On ne connaît qu’une seule espèce de ce genre extraordinaire.

CINQUIÈME FAMILLE

cal A ta ci.

Les Teutbidés ont un sinus lacrymal ; le tube locomoteur est pourvu de valvules

et de brides. Crêtes auriculaires nombreuses ; ouvertures aquifères anales très-prononcées ; osselet corne.

Ier GENRE.

Ou yotao lent Lve. Onyckoteuthis, Lichtenstein.

(Ovu^, griffe ; teuOi;, Seiche.)

Animal allongé, étroit, atténué postérieurement, et pourvu à l’extrémité de deux nageoires terminales, triangulaires, réunies sur le dos. Tcte médiocre, portant huit bras sessiles, courts, armés de deux rangs de ventouses ou de crochets ; deux bras pédiculés, longs et grêles, garnis, sur leur empâtement, de crochets nombreux en plusieurs séries. Dans le crypte dorsal, un osselet étroit à ses extrémités, médiocrement élargi dans le milieu.

Les bras de quelques espèces de ce genre sont armés de ventouses et de crochets ou véritables griffes.

On connaît un grand nombre d’espèces de ce genre ; la plupart viennent de l’Océan Indien et des mers du Sud.

Fig. 1149. Oiiychoteuthe péraloptôre. Fig. 1150.

2e GENRE. (£\iuiuxtibïepl?e.

Ommastrephe , d’Orbigny.

(Ou.u.a, œil ; arpEtpM, je tourne.)

Animal semblable à celui des Calmars pour tous les caractères extérieurs empruntés à la forme du corps, des nageoires, de la tête et des bras. Osselet corné, allongé, étroit, un peu élargi en avant, très-atténué vers l’extrémité postérieure, qui se termine en un cornet infundibuliforme, à ouverture oblique.

On trouve les Ommastrèphes dans toutes les mers ; ces Céphalopodes se nourrissent de Pléropodes, et servent eux-mêmes de pâture aux nombreux oiseaux qu’on rencontre en pleine mer.

Fig. 1 151 . Ommaslrèplie géant.

Fio. 1152. Son osselet.

3° GENRE. gJIoccmi tê o I eu bE e . Acanthoteuthis, (AxavOa, épine ; teiaOi?, Seiche.)

Animal fossile, semblable au Calmar pour la forme generale du corps et des nageoires, et la position de celles-ci. Tète médiocre, portant huit bras sessiles et probablement deux bras pCdieulés ; ces bras armes d’un double rang de grands crochets calcaires.

Ce genre n’est connu que par des empreintes fort remarquables découvertes dans les terrains jurassiques de l’Allemagne.

Munster.

Fig. 1153. Acanlhoteuthe de Férussac.

4e GENRE. Couotcnl&i»*- Conoteuthis , d’Orbigny.

(Kôivo;, cône ; teu0i;, Seiche.)

Animal inconnu, probablement voisin des Calmars, des Ommastrèphes et des Bélemnites. Osselet interne corné, très-allongé, terminé postérieurement par un cône alvéolaire contenant une série de loges aériennes. Les lignes d’accroissement dénotent une forte carène médiane, supérieure et longitudinale, et un cône qui s’unit obliquement à la carène. Par la forme allongée de l’osselet, par la présence du cône postérieur, ce genre a la plus grande analogie avec les Ommastrèphes, dont il a l’osselet corné. Par son alvéole pourvue de cloisons aériennes, il se rapproche beaucoup des Bélemnites.

On ne connaît qu’une seule espèce de ce genre; on la trouve fossile dans le département de l’Aube.

Fig. 1154. Conoleutlio de Dupin.

SIXIÈME FAMILLE

etCMzntUaec

Les Céphalopodes de cette famille se distinguent par un osselet corné , élargi antérieurement, rétréci et terminé postérieurement par un godet encroûté en dehors d’un rostre, contenant une série aérienne de loges percées d’un siphon.

HISTOIRE N AT Ull ELLE.

1er GENRE. 'voe!lei\iui\&. Belemnites, Lamarck.

(BeXïvityiî, pierre en fer de (lèche.)

Coquille droite, en cône allongé, plusou moins déprimée, acuminée par un bout et ouverte de I autre ; formée de deux parties distinctes : l’extérieure composée d’un fourreau solide, plein dans sa partie supérieure et offrant une cavité conique ; l’in-

Fig. 1155. Bélemnite symétrique. Fig. 1 156. Animal supposé de Bélemnile. Fig. 1 157. Bélemnite avec son osselet .

térieure formée d’un noyau conique, pointu, cloisonné transversalement dans toute sa longueur, multiloculaire, à cloisons perforées par un siphon central. Animal inconnu.

De tout temps les Bélemnites ont fixé l’attention des naturalistes et des curieux ; vulgairement on les désigne sous le nom de Pierre de tonnerre. On a pensé aussi que ce pouvait être des pointes d’Oursins. Les Bélemnites telles qu’on les trouve sont l’extrémité fossilisée d’un osselet, comme ceux de la plupart des autres Céphalopodes.

Nous emprunterons à M. d’Orbigny les détails intéressants qu’il donne sur des animaux dont nous ne retrouvons plus que des restes souvent fort imparfaits. Les Bélemnites, dit ce naturaliste, étaient des Mollusques céphalopodes, évidemment voisins des Ommastrèphes et des Onycholeuthes, car ils ont un osselet corné, allongé et pourvu d’un godet à sa partie postérieure; l’osselet est spatuliforme , élargi en avant, rétréci en arrière, et pourvu latéralement de deux petites expansions aliformes qui se réunissent postérieurement et constituent une vaste cavité conique , au fond de laquelle sont des cloisons transversales, séparant l’ensemble en un grand nombre de petites loges percées latéralement d’un siphon et contenant de l’air. Cette partie postérieure, appelée alvéole, reçoit en dehors un dépôt calcaire également conique, plus ou moins épais, quelquefois très-long. Cette partie terminale, désignée sous le nom de rostre, est la Bélemnite des anciens auteurs. C est la partie dure de l’extrémité d’un osselet interne, destiné à soutenir les chairs et à résister aux corps que l’animal pouvait rencontrer en nageant.

Les Bélemnites étaient sans doute des Mollusques côtiers, voyageant par grandes troupes, comme on peut en juger par les bancs considérables qu’elles forment.

Les Bélemnites ont paru sur la terre avec les couches du lias. Elles se montrent d'abord sous la forme générale d’un étui conique sans sillon ni canal , et pourvu seulement de quelques plis à l’extrémité du rostre.

Ces espèces disparaissent bientôt et sont remplacées dans 1 oolithe inférieure par d’autres dont la forme est moins conique, et qui sont pourvues d un profond sillon en dessous. Dans des couches supérieures, les Bélemnites sont lancéolées ou fusiformes ; eniin on remarque que, dans les dernières couches, elles sont un peu aplaties et pourvues de deux sillons sur les côtés. Les Bélemnites commencent avec le lias et finissent vers les régions supérieures des terrains crétacés, en présentant, des types de formes nouvelles à chaque époque géologique ; elles n’ont pas survécu aux dernières couches de la formation crayeuse, puisqu’on n’en a jamais rencontré dans les divers bassins tertiaires.

2® GENRE. ^tJeleuuii beCtV Belemnitella, d’Orbigny.

(Diminutif de Bélemnite.)

Ce genre a été établi par M. d’Orbigny, pour séparer des Bélemnites les espèces pourvues d’une fente inférieure au bord antérieur du rostre. Les Bélernnitelles se distinguent encore par deux impressions dorsales latérales qu’on ne voit pas chez les Bélemnites proprement dites. Elles manquent partout où les Bélemnites se montrent, et ne paraissent qu’avec la craie blanche.

SEPTIÈME FAMILLE

La famille des Spirulidés a été établie pour une petite coquille fort singulière, dont l’animal est resté longtemps inconnu ; il est raccourci, et contient une coquille interne spirale et formée de loges aériennes.

GENRE, cb prxul/c'. Spirula , Lamarck.

(Diminutif de spira, spire.)

Coquille multiloculaire, cylindrique, discoïde, mince, presque transparente, contournée en spirale, à tours distants les uns des *

autres , cloisons transverses , également espacées, concaves et nacrees eu dehors. Siphon latéral ; ouverture orbiculaire. Animal bursiforme, ayant la tète >n mée de dix bras, dont deux contractiles, tous munis de \entouses. Corps terminé postérieurement par deux lobes, cachant presque entièrement la coquille, qui est uniformément blanche.

Cette petite coquille, fort curieuse, n’est plus rare 1 IG; Spiruie de Pcron. Fig. 1159. dans les collections; longtemps on ignora la forme de l’animal, que MM. Pérou et Lesueur ont fait connaître. Ce Mollusque paraît être très-commun dans l’Océan

Atlantique. A Saint-Domingue et dans d’autres îles de l’archipel américain , les Spirilles sont si communes sur certains rivages, qu’elles couvrent le sable.

Page 1