‹ Leçons élémentaires sur l'histoire naturelle des animaux. Précédées d'un aperçu général sur la zoologie. ConchyliologieChapitre 117 sur 123 · LU1V · texte numérisé non relu

LU1V

Smilium, Leacli.

(Sp.tXvi, lancette.)

Anatife de forme quadrangulaire, aigu au sommet. Treize valves, dont dix latérales, subtriangulaires; deux 'dorsales linéaires, courbées, et une antérieure. Pédoncule lisse.

Fig. 1210. Smilinnt de Sicile.

4e GENRE. Octal’cuuue. Octalasmis , Gray.

(O/.T0 , huit; lame.)

Anatife à huit valves; trois paires latérales, une valve dorsale étroite et ovalaire, et une ventrale linéaire.

Fig. 1220. Oclalasmede Gray.

5e GENRE.

o uce -pi

/eî). Pollicipes, Leach.

( Pollex , pouce; pcs, pied.)

Animal à peu près semblable à celui des Analifes. Coquille composée d’un plus ou moins grand nombre de pièces irrégulières quant à leur forme et à la place qu’elles occupent. Ces valves sont presque contiguës, les inférieures étant les plus petites. Pédicule plus ou moins long, assez gros, chagriné, écailleux.

Fig. 1221. Pouce-pied rouge.

6e GENRE. j?ibl?ofcï/yc'. Lithotrya, Sowerby. (Atôoî, pierre; rpuco, je perce.) '

Huit valves inégales formant un cône comprimé latéralement; les valves centrales plus petites. Pédoncule long, tendineux et écailleux à l’extrémité supérieure, fixé à sa base par une pièce testacée ressemblant à une Patelle renversée.

Fig. 1222. Lilhotrye dorsale. Fig. 1223.

~L GENRE, ‘vonéiive/. ffrismœus , Leach.

(Étymologie inconnue.)

Sept valves squammeuses formant un corps de forme cylindrique. Irois paires latérales et une pièce dorsale unique. Pédoncule inconnu.

Fig. 1224. Brismo de leach.

8e GENRE (Capital u mi*. Capitulum, Klein. ( Capitulim , chapiteau.)

Tfente-quatre valves squammeuses réunies sur un pied court, rétréci à sa base et couvert de petites écailles. Habite les mers de l’Inde.

Fig. 1225. Capitulum couronne.

Fig. 1226. Iblade Cuvier.

9e GENRE. ÆPa. Ma, Gray.

(Étymologie inconnue.)

Quatre valves : une paire postérieure allongée , et une paire antérieure courte et triangulaire. Pédoncule cylindrique, atténué à sa base et velu. Des mers de la Nouvelle- Hollande.

§§ C{dot/id cant/i ^e/emen/ emieCo^^ie fiat te onan/cau , inaù) o^t'an/ une autict/uic an/etecute; /ed/ t ((c/esn en Âette .

10e GENRE. (Ci-uent xt>. Cineras, Leacb.

( Cinereus , cendré.)

Animal allongé, aplati sur les côtés, pédonculé, enveloppé d’une tunique membraneuse, transparente, ornée de flammes de diverses couleurs, renflée supérieurement, et ouverte antérieurement pour le passage des cirrbes ou bras articulés, ciliés, nombreux. Pédicule court. Coquille rudimentaire, composée de cinq pièces testacées, oblongues, distantes : deux aux côtés de l’ouverture, les trois autres dorsales.

Fig. 1227. Cineras flambé.

H« GENRE. ©lieu. Otion, Leach.

(ftncv, petite oreille.)

Animal allongé, globuleux supérieurement, pédicule, enveloppé d’une membrane transparente d’un bleu violâtre; surmonte de deux appendices enjorme d’oreilles, dirigés en arrière, tronqués et ouverts à leur extrémité pour recevoir l’eau destinée à arroser les branchies. Ouverture ventrale pour le passage de plusieurs bras articulés et ciliés. Pédoncule allongé. Coqu ille rudimentahe, composée de deux valves lestacées, petites, en forme de croissant, très-distantes et placées près de 1 ouverture ventrale.

. § § § S/cmd coÿatwe.

Fin. lü2S.Olion de Cuvier.

12e GENRE. cAot/cpe- Ale pas,' Rang.

(A privatif; coquille.)

Animal ovale, comprimé sur les côtés, falciforme, arrondi près du pédicule. Bras un peu courts, se recourbant à peine à leur extrémité, et composés d'environ dix à douze articles hispides à leur base. Coquille nulle, remplacée par une membrane d’une seule pièce, épaisse , subgélatineuse, diaphane , avec une ouverture pour le passage des cirrhes. Pédicule court, faisant suite à la membrane. Fig. 1229. Alcpc de Lesson.

Les Cirrhipèdcs pédonculés vivent plongés dans l’eau, le pédicule fixé au bois des navires ou à tout autre corps submergé. Leurs pieds ou bras articulés sortent de la coquille et exécutent des mouvements d’extension et de flexion qui amènent vers la bouche les petits corps marins qui ont été saisis dans cette espèce de filet et q^ii doivent servir à l’alimentation. Les Anatifes sont- ils inquiets, les tentacules i. 45

se rassemblent et se contractent, les valves se ferment par un simple rapprochement déterminé par la contraction d’un muscle transverse situé près de l’ouverture des valves, qui s’ouvrent par le seul effort que font les bras pour sortir. Le pédoncule est très-contractile; il s’allonge et se prête aux diverses positions que veut prendre l’animal; il se contracte quelquefois au point de laisser croire à l'adhérence immédiate de l’Anatife. Ce pédoncule est plissé, ridé en travers et garni à l'intérieur de fibres musculaires longitudinales. Sa couleur varie du fauve au brun et au rouge. Un prolongement de l’épiderme et du manteau couvre le pédoncule comme d’une écorce épaisse et presque cornée qui se replie à l’extrémité et détermine l’adhérence. Cet organe n’est pas seulement destiné aux mouvements de l’animal, il remplit des fonctions plus importantes; il sert de poche aux œufs qui y sont déposés, s'y développent, et de là sont poussés dans le corps de l’animal pour être rejetés au dehors après avoir été fécondés dans le trajet. De sorte que, selon Cuvier, le même appareil organique produit et féconde les œufs. C’est un exemple de la génération animale réduite à sa plus simple expression.

La bouche des Anatifes se présente au centre du corps et à la bas* des tentacules, sous la forme d’un petit tubercule soutenu par un pédicule étroit. Cette bouche, composée de plusieurs mâchoires transversales , est placée de manière à recevoir directement les petits corps et l’eau que les bras, en se recourbant en spirale, amènent sur elle. L’orilice anal se trouve à la partie dorsale et à la base d’un prolongement ou trompe, qu’un auteur moderne, qui s’est particulièrement occupé des Anatifes, considère comme destiné à la fécondation des œufs, et que Cuvier signale comme contenant seulement les oviductes.

L’animal est attaché à la partie antérieure des valves par plusieurs petits faisceaux fibreux dont les points d’insertion se trouvent d'une part près de l’ouverture du manteau, sous le grand muscle transverse, et de l’autre s’épanouissent obliquement sur toute la surface du corps. Le corps ne tient pas immédiatement au pédoncule, puisque, à part les faisceaux fibreux qui l’unissent aux grandes valves, il paraît libre dans le reste de son étendue ; mais il y tient par l’intermédiaire du manteau, qui non-seulement couvre le corps, mais tapisse, en se repliant , les parois internes des valves, et s’introduit jusqu’au fond du pédoncule. D’autres muscles partent du centre du corps et se distribuent aux premiers articles de tous les cirrhes ou pieds. Enfin des muscles plus petits partent de ces premiers articles pour se rendre jusqu’à l’extrémité des derniers.

Les branchies sont plus ou moins nombreuses, suivant les espèces; on les distingue en dehors de la base des tentacules , où elles se présentent sous la forme de petits prolongements charnus.

Quelques auteurs, et Poli entre autres, accordent à ces animaux un cœur et des vaisseaux que n’ont pu reconnaître complètement des anatomistes modernes, parmi lesquels nous citerons Cuvier; mais, en compensation, ceux-ci leur reconnaissent un système nerveux bien développé.

Le nombre des pièces ou valves varie beaucoup; quelquefois elles ne sont que rudimentaires. Enfin , on voit des espèces qui n’en présentent pas la moindre trace.

L’accroissement des valves des Anatiles se fait a la surface interne cl par couches, et l’on peut suivre cet accroissement sur leurs valves comme sur celles des autres coquilles. #

Ce n’était point assez de la difficulté que ces animaux présentent pour la classification ; les Anatifes en particulier offrent l’exemple d’nne transformation d autant plus remarquable qu’elle semble contraire aux lois ordinaires de la nature dans cette série, et qui ferait croire que ces animaux, tels que nous les décrivons, doivent subir encore une métamorphose, si l’acte de la reproduction, qui a lieu à cet état, nous laissait quelque doute.

M. Thompson, naturaliste irlandais, a annoncé, d’après des observations multipliées, que les Anatifes étaient libres dans le premier âge , et qu’ils avaient des yeux ; mais qu’après une métamorphose ces animaux se fixaient et perdaient graduellement les organes de la vision en même temps que la faculté de locomotion ; de sorte que, contrairement à ce qui se passe chez les animaux qui subissent des transformations , ceux-ci seraient plus parfaits dans leur état embryonaire qu’à leur état de complet développement.

Thompson, dit M. Milne Edwards, fit ses premières observations sur des Balanes ; et il pense que lors de leur sortie de l’oeuf ces animaux ont le corps renfermé dans un test bivalve, et qu’ils ont des yeux et des pattes sétifères. Ce naturaliste ayant placé un certain nombre d’êtres conformés de la sorte dans un verre, avec de l’eau dans laquelle ils nageaient librement, fut très-surpris, après quelque temps, de ne plus les retrouver et de voir à leur place de très-jeunes Balanes. C’est par le dos que le jeune animal paraît se fixer, et le point d’adhérence s’élargit d’abord, puis s’élève en un cône tronqué qui se revêt de six lames calcaires et qui laisse voir à son sommet les deux valves tégumentaires primitives. Le petit Balane n’a, à celte période de son existence , que deux articulations à chacune de ses six paires de bras bifides; mais, par les mues successives, le nombre des articles dont ces appendices se composent augmente peu à peu.

Ces expériences, faites parle même naturaliste sur des Anatifes, des Cinéras et 'des Otions, ont été suivies du même résultat, et renouvelées depuis en Allemagne par Burmeister : elles ne peuvent plus laisser aucun doute.

Les Anatifes ont donné lieu à une fable longtemps accréditée. Jusqu’à la fin du dix-septième siècle, on crut que ces animaux se transformaient en canards ou en oies. Nous ne pouvons manquer de citer un passage qui donnera l’idée d’une semblable erreur. Laissons parler Gérard Herbal :

« Nous déclarerons ce que nos yeux ont vu, ce que nos mains ont touché. Il y « a dans le Lancashire un endroit où se trouvent des débris de vieux navires brisés « ou naufragés et des troncs de vieux arbres pourris qui y ont été aussi jetés parla « mer. On remarque sur ces bois une certaine écume qui se change en coquilles « dont la forme est celle des moules; mais elles sont plus aiguëé et de couleur « banchàtre ; 1 intérieur contient quelque chose de semblable à une frange de soie « finement tissée et blanche; une des extrémités est attachée à l’intérieur de la « coquille, comme le sont les animaux des huîtres et des moules. L’autre extré- « mité se transforme bientôt en une masse rugueuse, qui prend avec le temps la « forme d un oiseau. Lorsqu’elle est développée, la coquille reste ouverte, et la « première chose que l’on aperçoit, c’est la frange ; ensuite vient l’œuf de l’oiseau « qui pend en dehors, et, à mesure qu’il se développe, il ouvre de plus en plus la (( coquille, jusqu à ce qu il sorte tout à fait et ne pende que par le bec. Peu de « temps après il arrive à sa grosseur et tombe dans la mer, où il se couvre de plu- « mes et se transforme en oiseau plus gros que le canard et moins gros que l’oie.

UISTOIKE NATURELLE.

t< Il a les pattes et le bec noirs, et le plumage noir et blanc , tacheté de la même « manière que notre pie. Le peuple du Lancashire ne le distingue pas par d'autre « nom que celui de tree-goose. Il est si commun dans cet endroit, que l’on peut « s’en procurer un des plus gros pour trois pence. Si l’on doute de ce que je dis, « que l’on vienne à moi, et je satisferai les plus incrédules par le témoignage de « bons témoins. »

Ce qu'il y a de vrai dans cette fable, c’est qu’cffeclivement les Analifes adhèrent en grand nombre aux vieux bois submergés, et que les Canards sauvages, qui sont aussi très-communs dans les mers du Nord, en font une partie de leur nourriture. On a donc pu voir ces animaux plongés dans la mer et comme attachés à ces groupes d’Anatifes, dont ils cherchaient à détacher quelques parties, et s’en éloigner dès qu’ils avaient pu s’en rassasier.

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