‹ Leçons élémentaires sur l'histoire naturelle des animaux. Précédées d'un aperçu général sur la zoologie. ConchyliologieChapitre 32 sur 123 · TROISIÈME CLASSE. — REPTILES · texte numérisé non relu

TROISIÈME CLASSE. — REPTILES

( Reptare , ramper.)

Les Reptiles, emblèmes de la difformité morale et de la laideur physique, n'inspirent généralement qu’un dégoût souvent insurmontable , dégoût que partagent tous les animaux, qui semblent en quelque sorte frappés d’immobilité à leur aspect. Par un contraste singulier, on a fait aussi du serpent l’emblème de la prudence.

Les Reptiles sont des animaux vertébrés, dont les uns ont quatre ou seulement deux membres articulés, tandis que les autres n’en ont point. Leur sang est froid, et leur respiration est aérienne et imparfaite. Le cœur n’est composé que d’un seul ventricule. Dans beaucoup d’espèces on trouve des branchies au lieu de poumons, dans le premier âge seulement. Par leur forme générale, quelques Reptiles semblent peu éloignés des Mammifères; mais peu à peu l’analogie se perd dans la même proportion que les membres, qui disparaissent complètement, et alors ils se rapprochent des Poissons. La forme de leur charpente osseuse varie beaucoup; leur cerveau est peu développé, et leurs sens semblent être bornés à l’ouïe et à la vue. Les uns sont carnivores ou insectivores, quelques-uns seulement sont herbivores; les uns ont des dents tranchantes, les autres des crochets aigus ; d’autres enfin n’ont point de dents, et ces organes sont remplacés par une lame cornée qui rappelle le bec des Oiseaux. Quelques-uns de ces animaux sont venimeux ; ce sont particulièrement ceux qui ont à la mâchoire supérieure des crochets aigus, percés et en communication avec une glande située de chaque côté de la tète, et qui est facilement comprimée par la contraction des muscles temporaux. Le venin de ces animaux, lorsqu’il est absorbé, peut produire des accidents graves, et même la mort. II faut, lorsqu’on a été mordu par un Serpent venimeux, arrêter l’absorption en appliquant une ventouse sur la piqûre, l’élargir et la cautériser, soit avec un fer rouge, soit en employant un caustique. La nature, toujours prévoyante et bonne mère, a le plus souvent placé le remède à la portée de ceux qui sont le plus exposés au mal : c’est ainsi que, dans les pays où se rencontrent les espèces venimeuses, on trouve des plantes, le guaco , par exemple, qui ont la propriété de neutraliser l’effet délétère du venin; M. de Humboldt pense même que l’odeur que répand cette plante suffit pourrepousser l’approche des Reptiles. Quelques-uns de ces animaux sont soumis, dans leur premier âge, à certaines métamorphoses; tous sont ovipares ; ils pondent un plus ou moins grand nombre d’œufs, que l’influence solaire seule fait éclore; dans quelques espèces seulement les œufs éclosent avant la ponte, et cette circonstance a fait distinguer ces animaux sous le nom d’ovovivipares. La plupart de ces animaux passent la saison froide dans un état d’engourdissement analogue à celui de quelques Mammifères.

Les Reptiles ont été divisés en quatre ordres, d’après les caractères qji’ ils présentent.

INTRODUCTION

Page 1