PREMIER ORDRE. — BIMANES
(A deux mains.)
Les Bimanes sont caractérisés parla présence de membres supérieurs impropres à la marche, destinés à la préhension, et terminés par une main dont le pouce est opposable aux autres doigts. Les mamelles, au nombre de deux, sont situées sur la poitrine, et le corps, dans la station, affecte la ligne verticale. L’Homme seul appartient à
INT KODUCTION
cot ordre. M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, contrairement aux vues des autres naturalistes, ne veut point admettre l’Homme dans la classification des animaux. «Si l’on « considère, ditce savant, l'Homme tout entier dans sa double nature et dans sa liante « suprématie sur toutes les autres créatures terrestres, il ne saurait constituer, ni « un ordre zoologique, ni même une classe ou un groupe quelconque dans le règne « animal. Il faut reconnaître en lui un être à part et au-dessus de tous les autres, « séparé même des premiers animaux par une distance immense, par un abîme « que rien ne saurait combler, malgré toutes les affinités organiques qu’il présente. « Ce n est pas sans raison qu’on l’a considéré comme devant constituer à lui seul « un règne distinct. Ainsi, d’un côté, l’Homme se lie intimement avec les premiers « animaux, et c’est en vain qu’on chercherait à trouver entre les Bimanes et les Qua- « drumanes des différences de valeur ordinale. D’un autre côté, l’Homme se sépare « au contraire, non-seulement de tous les Mammifères, mais du règne animal tout « entier, dont il forme le couronnement et dont il ne fait pas partie intégrante.»
Il est vrpi que, par le principe insaisissable qui émane de l’âme et qui constitue la pensée, l’Homme doit avoir une place à part. Roi de la création, son existence semble résumer en lui toute la puissance créatrice. Sa naissance, sa vie et sa mort sont, sans nul doute, des voies pour une autre transformation: celle-là, la religion nous l’enseigne, et la saine philosophie nous apprend à en respecter la consolante croyance. Mais si l’Homme règne sur tous les êtres qui peuplent avec lui le globe, s’il a assoupli à ses besoins les végétaux, s’il a dominé les corps inorganisés, décomposé et recomposé les fluides de son atmosphère, il redevient, en face delà puissance organisatrice, un être pétri des mêmes éléments, soumis aux mêmes lois que les animaux, à la tète desquels il faut le placer quand on veut se rendre un compte exact des phases diverses de son existence. Nos prétentions sociales voudraient en vain le nier; une unité de composition, une analogie de fonctions, les mêmes besoins physiques, les mêmes transformations matérielles, ne permettent pas de séparer, à certain point de vue, l’Homme de la brute. Comme elle, il naît faible, s’accroît avec les années, dépérit quand il touche au terme de son existence, meurt, et rend à la terre les éléments terrestres dont il est formé.
L’Homme constitue une espèce unique, mais il présente des modifications permanentes qu’on peut suivre dans sa charpente osseuse, dans les proportions de ses membres, dans la coloration de la peau, dans la nature des cheveux, dans l'accentuation des traits de la face ; l’on reconnaît que ces caractères physiques se lient presque intimement aux caractères sociaux, c’est-à-dire au langage, aux mœurs, aux religions, et l’on ne peut méconnaître des différences réelles et profondes dans les diverses races.
Ainsi Cuvier admettait une seuleespèce présentant trois variétésou raccsbien tranchées : la blanche ou Caucasique, la jaune ou Mongolique, la noire ou Elhiopique. Les différences de ces variétés sont si remarquables1, qu’elles ont pu faire naître le doute sur l’existence d’une seule espèce primitive. Mais les auteurs les plus sérieux n’y ont vu que des altérations plus ou moins profondes de l’espèce. Quelques naturalistes ont multiplié les races à l’infini, et nous sommes trop loin de l’époque de la création de l’Homme pour espérer trouver, dans nos recherches sur les races humaines, autre chose que des détails curieux, fort intéressants, mais trop souvent hypothétiques.
Il est certain que l’Homme, examiné dans les diverses parties du globe, présente