OEUFS PE DIVERS MOLLUSQUES
Fig. 457.
Triton.
Fig. 458.
Pyrule.
Fig. 459.
Natice.
Fig. 440.
Natice.
Fig. 441 .
Fasciolairc.
Fig. 443. Fig. 444. Embryon d’Aplysie.
Lymnée, au 30e jour.
Embryon d’Aplysie moins avancé.
Fig. 446.
OEufs d’Aplysie, grossis.
blent au frai de Grenouille, et d’autres qui sont enveloppés d’un sac membraneux et réunis en chapelets ou en grappes ; d’autres enfin sont enduits d’une matière visqueuse qui les colle aux corps sur lesquels ils doivent éclore, et auxquels les petits Mollusques s’attacheront plus tard d’une manière plus solide. Au moment de l’éclosion, le petit sort de l’œuf avec sa coquille déjà formée, mais très-mince et comme à l’état de pellicule transparente ; ce n’est qu’en grandissant qu’elle devient calcaire. Ainsi les Hélices ou Escargots pondent au printemps un grand nombre d’œufs de la grosseur de petits pois ; ils les déposent dans les endroits ombragés et humides, au pied des arbres, entre des racines, sous des pierres. Ces œufs éclosent vingt ou trente jours après, et les petits sortent tout formés. Les plantes des jardins ne suffiraient pas à leur nourriture, s’ils ne trouvaient de nombreux ennemis dans les oiseaux de passage, qui en sont très-friands. Généralement les espèces terrestres sont celles qui présentent les œufs les plus parfaits ou qui se rappro-
Fig. 417. Fœtuj de Seiche.
client le plus par leur forme et leur consistance de ceux des Oiseaux. Ceux des espèces fluviatiles sont mous, petits et entourés d’une gelée transparente. Los œufs des espèces marines ont les formes les plus diverses et les plus singulières; ils sont presque tous mous ou comme cornés ; quelques-uns sont réunis en chapelet, tandis que d’autres offrent par leur réunion l’aspect d’un gâteau d’ahcilles. Ils sont d’abord très-petits, et, à la différence des œufs couverts d’une
d 0 0^ ^ croûte calcaire, ils grossissent graduelle—
Fie. 451. Hélice pondant ses œufs. ment et arrivent à un volume qui re-
présente sept à huit fois leur première dimension.
Le mode de fécondation des Mollusques est des plus curieux. Dans quelquesuns les sexes sont distincts, on reconnaît des mâles et des femelles; dans les autres les deux sexes se rencontrent sur le même individu. Les Mollusques où les deux sexes sont réunis, et qui peuvent se reproduire seuls, appartiennent particulièrement aux espèces privées d’yeux etde locomotion, comme l’Huître, qui forme et féconde elle-même ses œufs. Pouvait-il en être autrement pour des animaux adhérents aux rochers et condamnés à l’immobilité ! car l’Huître n’a d’autre mouvement possible que l’entrebâillement d’une de ses valves.
D’autres Mollusques présentent aussi la réunion des deux sexes sur le même individu, comme l’Hélice, si commune dans nos jardins; mais elle ne se suffit plus à elle-même, le concours de deux Hélices est indispensable, et toutes deux sont mutuellement fécondées. Certains Mollusques très-voisins des Hélices par leur organisation, les Bulimes, offrent encore un autre exemple de cette singulière disposition ; mais la fécondation n’est plus réciproque si la réunion n’est que de deux Bulimes, tandis qu’on a observé que celte réunion pouvait être multiple, et que plusieurs Bulimes pouvaient se rassembler en formant une chaîne de quelques individus de même espèce, et, dans ce cas, le premier et le dernier seulement ne sont pas en même temps fécondants et fécondés comme ceux qui se trouvent au centre de la chaîne.
Enfin, pour terminer ce que nous pouvons dire en ce moment du mode de reproduction des Mollusques, nous ajouterons que, malgré les difficultés que semblent présenter les recherches de ce genre, on est arrivé à constater que quelquesuns de ces animaux subissent des métamorphoses comme les Insectes, et M. Serres a cru pouvoir dire que les Mollusques , par la diversité de leur organisation et les différences de leurs formes, représentent tous les états par lesquels passe l’embryon des animaux vertébrés.