‹ Leçons élémentaires sur la rhétorique, la littérature et la versification française, précédées dChapitre 29 sur 34 · C£UM£N'E · texte numérisé non relu

C£UM£N'E

n est de mes amis.

PHILIHTB.

Jerie Ironve honnête homme et d'un air assez sage,

CELIHÈNE.

Oui; mais il veut avoir trop d'esprit , dont j'enrage. 11 est guindé sans cesse^ et aanstous ses propos , On voit qu'JU' se travatUeii dire de bons mots. Depuis que dans la tête il .s'est mis d'être habile, Rien ne touche son goût , tant il est difficile. II veut voir des défauts atout ce au'onéorit , £t pense que louer n'est pas- d'un bel esprit; Que c'est être savant que trouvera redire; Qu'il n'appartient qu'aux sots d'admirer et de rire; Et qu'en n'approuvant rien des ouvrages du tempst U se met au-dessus de tous les autres gens.

Aux conversatiozis n^me il trouve à repi endre ; Ce sont propos trop bas pour y daigner descendre , Et, les aeux bras croisés , du haut de son esprit , Il regarde en pttié'tout ce que chaeau dit.^

Le méaie auteur va aous fournir ua modèle de style du comique bourgeois ^ emprunté des Femmes savantes :

philâminte , aperceifant Martine.

Q.MPi • je vous vois , marauda ?

Vite , sortez, friponne } allons^ quittez ces lieux^ £i ne vous présentez jamais de vaut mes yeux.

.194 UÇONS ÉlÉMEIfTAIRES

CH&ISALE.

ToutdooXr

rniLÂHINTE.

I^on, c'en est fait.

chuisale.

Hë!

fHILÂMmXE.

Je veux qu'elle sorte, ,

CBRI8ALE.

Mais qu'a-t-elle commis^ pour vouloir de la sorte. . . .

fhilâhinte, «

Quoi ! vous ^ soutenez.

En aucune façon.

PHILAMINTE

Prenez-vous son parti contre moj ! ; ,

CHRISALE.

Mon Dieu î non.

Je ne fais seulement q^e demander son crime.

FHILAMINTE.

Suis-je pour la chasser sans cause légitime ?

CHRISALE.

Je ne dis pas cela^ mai3 il faut de n^s^ens. . ,•

PHILAMINTE

Non , elle sortira , vous dîs-je ^ de cëans.]

. CHRISALE.

Eh bien! oui. Vous dit-on quelque chose Ik-conlre?

pmtAM»i;^E.

Je ne veux point d'obstacle aux désirs que je n;iODtr,e^

• CHRISALE;

D'accord,

PniLAVlNTE.

Et VOUS devez, en raisonnable ëpoiix.

Être pour moi contre elle , et prendre mon courroux.

GHUiSAiX. Se tournant i^ers Martinei

Aussi fais-je. Oui, ma femme avec raison vous chasse ^ Coquine ; et votre crime est indigne de grâce.

HARTINB.

Qu'est-ce donc que j'ai fait?

CHRISALE , bas.

Ma foi , je ne sais pas.

philaminte'.

Elle est d'humeur encore k n'en faire aucun cas.

GHRISALE.

Â-t-e11e , pour 4<»nner matière k votre haine y Cassé quelque miroir ou quelque porcelaine ?

FHIUMINTE.

Voudraîs-je la chasser? et vous figurez-vous

Que y pour si peu de chose , on se mette en courroux?

A Martine. A Philaminte,

Qu'est-ce a dire?.. . . L'aflfaire est donc considerabI«j 7

PQILAMINTB.

Sans doute. Me voit-on femme déraisonnait: ?

CHRISALS. ,

Est-jce qu'elle a laisse, d'un esprit négligent, Dérober quelque aiguière, ou quelque plat d'argent?

PHILAMINTE

Cela ne serait rien.

CHRILALE. A Martine»

Oh ! oh ! peste , la belle \ A Philaminte.

Quoi; l'avesc-yous surprise a n'être pas fidèle?

ig6 LEÇONS EliMENTAIHEi

raiLlMINTS.

C'est pis que tout ce]»*

Pis que tout cel^ ?

FHILAHINTE.

Pis,

CHAISALB.

jtf Martine . ^ Philaminte .

Gomment^ diaotie^ frij^nne! Hë! a-t*eiie commU..^

PHILIMINTS.

Elle a , d'ane iaaolçiicc k jiulle autre patreillé , Après trente leçons , insulté mon oreille Par l'jmpropriëtë d'un mot sauvage et bas , Qu'en termes décisifs condamne Y aag^ns^

GHRISALE.

Est-ce la . . .

Quoi ! toujours malgré nos Dsroontranees Heurter le fondement de toutes les sciences , Lajgrammaire, qui sait régenter jusqu'aux rois ^ Et les iait, la main haute, obéir kseslois!

Page 1