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tours d'adresse; d’autres fois il ne dédaignait | nés en Provence : le Languedoc, le Dauphiné ,la pas de se faire entendre lui-même, et le plus | Guienne, le Limousin, le Vélay, le Gévaudan, de souvent ses chants ne manquaient ni d'énergie, | avaient fourni leur part au contingent des muses ni d'âme, ni d'une certaine élégance. La musi- | françaises; les poëtes ne devaient leur dénomique concourait au prestige de la poésie, et ren- | nation commune qu'au langage commun dont ils :*
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trait dans l’office dévolu aux jongleurs. Les trou- | se servaient. «ve badours ayant senti l'avantage de soutenir la ca- Arrétons-nous pour considérer la poésie ro- E %
dence de leurs vers par le son des instruments, | mane dans ses éléments et dans ses formes. On on vit leur escorte se grossir de violars ou joueurs | a souvent demandé d’où venait cette poésie; si < de viole, de juglars ou joueurs de flûte , de mu- | c'était une fleur du sol même, ou si, au consars ou musiciens de toute espèce. A la troupe | traire, le germe en avait été apporté de loin. On ambulante se joignirent aussi des comics quire- | a soutenu que l'antiquité païenne était demeuprésentaient des comédies. rée complétement étrangère à la littérature pro-
L'histoire a constaté les prodigieux succès de | vençale; ce qui n’est vrai que pour quelques trouces poêtes et de ces baladins , courant de pro- | badoursplusoccupésde coups d'épée que d'études vince en province, admis à la cour des rois et | et de manuscrits grecs ou latins. On a prétendu des princes, qui récompensaient le talent par | que cette littérature était une perpétuelle imitades présents magnifiques, en draps, chevaux, | tion de la littérature orientale, et du moins il est armes et argent. Si l’on en croit Rigord, plus | impossible de nier que de vifs reflets d’orientad'un jongleur peu scrupuleux se payait par ses | lisme, empruntés à la Bible ou renvoyés par l'Esmains; mais aussi plus d'un seigneur châtclain | pagne, n'aient coloré ses productions. La controdétacha de ses épaules le manteau dont il vou. | verse s’est particulièrement établie sur la rime, lait gratifier le poétique étranger. Les évêques | cet élément essentielet fondamental de la poésie eux-mêmes ouvraient leurs palais à ces hôtes | romane. L'opinion la plus générale tendait enmélodieux, passaient à les écouter les saintes | core à ne voir dans la rime qu’une importation journtes du dimanche, et, il faut bien l’a- | de la poésie arabe, dont elle a toujours fait parvouer , quelques prêtres, entrainés par le goût | tie intécrante, soit par simple assonance, soit de leur siècle pour la poésie, consacraient au | pleine, redoublée, entrelacée , distribuée par salaire du chanteur le patrimoine de Jésus- | échos; et dans ce système, on affirmait que les Christ. Les comtes de Provence concurent l’i- | Espagnols, l'ayant reçue des Arabes, leurs hô-
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