‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 131 sur 914 · LE BON TEMPS · texte numérisé non relu

LE BON TEMPS

Cricox vivoit joyeusement Selon son estat et mesnage ;

L'on pouvoit partout seurement Labourer en son héritage,

Si hardiment que nul outrage N'eust esté fait en place ou voye, Sur peine d’encourir dommage :

Hélas! le bon temps que j'avoye'

Lors estoye en la sauve-garde

De paix et de tranquillité;

De mal ou danger n’avois garde ; Justice avoit autorité ;

Le pauvre estoit autant porté Que le riche plein de monnoye, Blez et vins croissoient à planté :

Hélas ! le bon temps que j'’avoye!

Il n'estoit en ceste saison

De logier par fourrier nouvelles, N’ez hostels mettre garnison ; " Mais de faire chère à merveilles,

Boire à deux mains, à grans bouteilles, Le gras fromage par la voye

Qu'on mangeoit à grosses rouëlles Hélas ! le bon temps que j'avoye!

Hé! cuidez-vous qu'il faisoit bon En ces beaux prés, à table ronde, Et avoir le beau gras jambon, L’escuelle de poreaux profonde, Deviser de Margot la blonde

Et puis danser sous la saussoye ?

Il n’estoit d'autre joye au monde :

Hélas! le bon temps que j'avoye!

Du temps du feu roy trespassé,

Ne doutois brigans d’un festu :

Je fusse passé, repassé,

Mal habillé, ou bien vestu,

Qu'on ne m'eust pas dit, « d'où viens-tu ? »

Ni demandé que je portoye;

Chemin estoit de gens bastu :

Hélas! le bon temps que j'avoye !

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… COMPLAINTE DES DAMES SUR LA MORT DE CHARLES VI. si L, S+s .

.. do 5 ho © 2 Poires le dueil, nous, dames, damoiselles, | Mettant la main au bonnet ou la teste, a de D'avoir perdu le feu roy nostre père ; £n respondant une parolle honeste, er | = : CP co <e Jetons atours, couvre-chiefs , et nos voelles, Dont un chacun si se partoit joyeux ; . “ Car de courroux nous avons bien matière : Et n'estoit nul à qui il ne fist feste, us ve Parler ne faut plus que de mort et bière ; | Sans estre aux gens ireux ui desdaigneux. ce do P I | 8 C2 #0 Las! nos plaisirs sont bien tournés en plours : | ve de Ne reste rien, fors que chacune quière : : : co “ : Re d q | Or est-il mort, puisqu'il a plu à Dieu ; fe s Un lieu désert, pour là finir ses jours. es . | À un Las ! n’est pas mort, mais il est trespassé : de je Parquoi prendrons congié, disans adieu, “je Quant nous pensons à ses biens et vertus, Regretans fort le bon temps qu'est passé ; ch +", . . ° © »

he A sa douceur, à son humilité, Nostre plaisir est estaint et cassé, De tost mourir ne nous chaut deux festus , Et n'avons plus que le désir qui vole, AE . Car nous voyons nostre calamité ; Ramentevant le deuil qu'il a laissé, . CS ? A 7 Se . ee) Se Le temps n’est plus tel commne il a este; Et nostre cœur qui en pleurs se console. . de Ce qu'estoit blanc nous est devenu noir ; ne “ De vivre plus n'avons la voulonté, :

Ni ici bas faire nostre manoir. Adieu le roy vaillant et vertueux, vie ca Charles septiesme , et juste et secourable ! “e ie o ee Adieu le ray benin, victorieux, te S V S e LA L L 2 D pe : D res mor dis ee “ dues Humble, courtois, gracieux, amiable! Sn 2 N SDALS : . . . A : on SD DICRNARE se . e . fr Adieu le prince aimé et agréable, A À, roit oui :

. SAS NOTE CIE e . Ne Qui honora les nobles fleurs de lys, de J'ant ai . et Le ee b ii Et la couronne insigne et désirable, . Qui voudra joue nr Dont les fleurons a si fort embellis ! se Tout nous est un, jusque la mort nous vienne, : + K da En passant temps en douleurs et débats, Et ne nous chaut comment tout en advienne. Adieu présens, baguettes, afficquets, e Que l'on donnoit aux dames pour estraines! se 49 Adieu roses, armeries et boucquets = O malle mort ! comment as-tu osé à ne q ,. s on ue 7 Adieu déesses, chantans comme syraines! “a î Te prendre à luy, qui n’avoit point meffait : Le ; | a SE un se “de ; Adieu baisiers , et plaisances mondaines, a cs Toujours au bien il estoit disposé, ses “ Lo re Dont nous portons les douleurs en ce lieu! “a pu Prince il estoit en cœur plus que parfait. . . à je D'aunidcnes- liens -ascrilen Dicoil Adieu plaisirs, liesses souveraines! ol: sn ? è ne Adieu bon roy ! à Dieu soit l'âme ! adieu '! is dé Aux pauvres gens, selon leur indigence ; . de Débats discords entre amis apaisoit ; Je nu . . vc . ; | > Le Veuves, mineurs chez lui trouvoient finance * Gette pièce est pleine de naturel; l'éloge du prince semble ne sortir d'un cœur touché qui dit naïvement la vérité. Seuie- t » . . : a Lot: ] as , œeOIS d . ment, come il arrive presque toujours dans les panégyri- © sa S DRE dame , b LA < Qu: SAmosenes ques, le mort a toutes les vertus et pas un défaut; mais du <> de S'agenouilloit pour bailler sa requeste, moins on ne trouve pas ici les exagérations de nos oraisous cs ss 11 la prenoit par douceur naturelle, funébres : il y a pudeur dans la louange. “te à, Je d, on ce pi PES on : me À 16 "e 1 n ! Ce) CSL R SCORE SEC EEE E CESR RTE ENS SSSR SNS EEE STE ETS ESC SRE RE TEE nes SU

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