‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 130 sur 914 · DE PARIS · texte numérisé non relu

DE PARIS

SUR LES GENS D'’'ÉGLISE DU XVe SIÈCLE.

Se: U temps heureux où vescurent nos pères,

al | On ne vit onc de ces Prothé-notaires ; ÆE | Qui ont huit, neufdignités ou prébendes, Grans abbayes, prieurés et commandes.

F G\ Maisqu’en font-ils? ils en font bonnechère. | Qui les dessert? ils ne s’en soncient guère. Quai fait pour eux? unautretient leur place.

Mais où vont-ils? ils courent à la chasse.

© Etquilors chante? un ou deux pauvres moines". Et les abbés ? Ils auroient trop de peine.

De contempler ? ce n’est pas la manière.

Et du service ? il demeure derrière.

Où va l’argent? il va en gourmandise.

Et du compte? sont les biens de l'Église.

Et les offrandes? en chiens et en oyseaux.

Et des habits? ils sont tous damoyseaux.

Et les rentes? en bains et en luxure.

Martial, procureur au parlement de Paris , uaquit en

“ On lil dans Boileau :

Sans sortir de leurs lits plus doux que leurs bermiues, Ces pieux fainéants falsslent chanter Malines, Velllalient à blen diner, et laissaient en leur lieu

A des chantres gagés le soin de louer Dieu.

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De prier Dieu ? de cela l'on n'a cure.

Et pauvres gens? ceux-là meurent de faim :

Pour leur donner pas un n’ouvre la main.

Où charité? est en pélerinage.

Où est aumosne? elle va en voyage.

Hé ! que fait Dieu ? il est bien aise ès cieux. Hé quoi ! dit-il? l’on n’en fait pis ni mieux. Au monastère, en lieu de librairie,

Qu'y a t-il donc ? une fauconnerie :

Et où estoient perchés vœux et flambeaux, Ils ont juché maintenant les oyseaux.

Les fondateurs ils sont bien loin de compte.

Et leurs obits ? tant que l’argent se monte.

Réparent-ils cloistres et lieux si beaux ?

Ils attendront qu’on les fasse nouveaux.

Que font évesques ? ils sont de biens remplis, Et sont honteux de porter leurs surplis.

4440. On creit qu’il était originaire d'Auvergne. II mourut en 1508, selon son épitaphe , rapportée par Joly :

Sous Jésus-Christ, en bon sens pacifique, Paitiemment rendit son esprit En mai treize, ce jour-là sans réplique, Qu'on disoit lors mil ciuq cent el huit.

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La plupart des circonstances de sa vie sont ignorécs. Les poésies de nos troubadours lui ont fourai l’idée des arrêts d'amour. On sait que ces poêles portaient leurs pièces de vers et les différends qui s'élevaient entre eux et leurs dames à une espèce de tribunal appelé cour d’amour, et composé des dames et des seigneurs de l'époque. Les arrêts qui émauaient de ce tribuvual se nommaient arréts d'amour. Ceux que Martial composa sont des chansons satiriques. On doit encore à Martial un poëme historique sur Charles VII, composé de six à sept mille

vers de différentes mesures, et intitulé : les Vigiles de la mort du roy Charles VII. Le peuple, la noblesse, le clergé, la France, la paix, la pitié, la justice, le chapelain des dames, tout se réunit pour chanter les louanges de ce prince. Le poëme de Martial est un récit historique et fidèle; on y trouve du jugement, de l'invention dans les détails, des portraits frappants de ressemblance, des tableaux pleins de chaleur. La poésie de l'auteur n'est pas riche, mais elle est souvent éléganle.

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